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l'effort en effort, ps de paix et de nts. Lorsqu’elles ime républicain, anque des périls
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L'ARARAT 227 pouvait se dispenser de voir le célèbre couven‘ d’Etchmiazin.
Au dix-septième siècle, trois Français, Tavernier, Chardin, Tournelort, faisaient une brillante description de cette métropole arménienne.
Tavernier est émerveillé des trésors qu’elle renferme, des tapis superbes, des candélabres en or et en argent qui décorent l’église. Il se plait à raconter aussi le festin auquel il fut invité avec ses compagnons dans l’intérieur du couvent par le patriarche. Ge festin fut suivi d’un combat de huit buflles, où deux de ces puissants animaux furent tués.
Tournefort, en voyant l'excellente culture et la fertilité des jardins et des champs du couvent, s’écrie que ce domaine est une image du paradis terrestre.
Du milieu du monarchique dix-septième siècle jusqu'au milieu de notre heureux siècle de suffrage universel, il y a eu de tout côté de terribles changements, dans la puissance des empires, dans les conditions de la vie sociale, dans les plus nobles châteaux et Les établissements religieux les plus renommés.
Sans être saisi par nos glorieux principes de 1789 et par leur belle progéniture de 1795, le monastère d'Etchmiazin, malheureusement situé sur un long champ de bataille, n’éblouirait plus aujourd'hui les regards de Tavernier par les ornements de son église, ou ceux de Tournefort par la beauté de ses jardins,
Ses bâtiments sont cependant encore très étendus, et il est au loin profondément vénéré.
C'est un siège pontifical, et c’est le plus ancien de tous les couvents. Il fut fondé en l’an 302 par saint Grégoire, qui convertit l'Arménie au christianisme.
Au siècle suivant, les Arméniens ayant admis le dogme des monophysites, et refusé de reconnaitre leur
erreur, furent déclarés hérétiques par le concile de Chalcédoine.
Depuis cette époque, plusieurs communautés arméniennes se sont ralliées à la Papauté, tout en conservant leur rite particulier.
Les autres, et c’est le plus grand nombre, sont
restées en dehors de l” Église bridge: Leur chef spirituel est le patriarche d'Etchmiazin. Il est élu par toutes les heptarchies arméniennes, chaque heptarchie choisissont deux délégués, un ecclésiastique et un laïque, . i doivent se rendre pour le jour de l'élection au court d’Etchmiazin, mais qui peuvent cependant v envoyer leur vote par écrit.
3a normivation doit être sanctionnée par le souverain. Lorsque :: résidence était enclavée dans les domaincs de la Perse, il en coûtait cher, en cette affaire d'élection, pour obtenir le bon vouloir des ministres et l’assentiment du shah. En réalité, le patriarchat était, à Téhéran comme à Constantinople, mis aux enchères, livré au plus offrant.
La Russie a mis fin à ces hideuses exactions.
Dans leur hérésie, les Arméniens ont conservé tous les sacrements de l'Église romaine ?. C’est Le patriarche d'Etchmiazn qui prépare les saintes huiles pour les cérémonies. Cest lui qui institue les évêques et les archevèques, qui réglemente toutes les paroisses et accorde toutes les dispenses. Ses fidèles lui donnent le titre de Catholicos et prononcent son nom dans tous les offices religieux.
Tavernier estimait à environ 600 000 écus le revenu annuel du patriarche. Ce revenu, produit par les
1 Haxthausen. Transkaukasia. T. 1, p.374.
* Perrodil, Dictionnaire des hérésies. T. I, p. 197.
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offrandes des pèlerins qui, à cette époque, affluatent au couvent, par les impositions des prélats et les dons volontaires des paroisses, enfin par le fermage de quelques propriétés rurales, est sans doute aujourd'hui fort amoindri. Cependant, de toutes parts, les Arméniens se font encore un pieux devoir de contribuer à l'entretien de leur vénéré couvent et de l’école qui y est établie. é On ne peut sans une réelle sympathie observer l’état actuel de la nation arménienne. Réunie autrefois en un puissant royaume, elle ne gouverne plus à présent aucune région, elle ne possède plus aucune principauté, Le mot d'Arménie n’est plus qu’une expression géographique appliquée à un pays qui n’a point de limites politiques, car il tient aux domaines de la Russie, de la Perse et de la Turquie; point de limites ethnographiques, car il est habité par des Tartares, des Persans et des Kurdes; et point de limites naturelles par sa situation dans les vallées supérieures de l'Euphrate, du Tigre et de l’Araxe.
Par les envahissements et les désastres auxquels 1ls uont pu résister, les Arméniens ont été, comme les Juifs, dispersés en diverses contrées. On dit qu'il y en
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es et se Mn 4 millions sous la domination de la Turquie, né es paroisses € RARE , sua dal f d Le j 0 dans L empire du tzar, 600000 en Perse ; Ruet es lui donnent ; ie quantité d’autres dans l’Inde ‘, dans les régions ï bn nom dans tous ru de l’Europe, jusqu’en Angleterre, en tout pus plus de 8 millions, selon les documents officiels. 4
Dans leur dispersion, ils ne se confondent point avec En peuples. Ils gardent leur nationalité par leur eligion et leur sentiment de famille. En quelque lieu
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” je joe à 20 000 âmes, dit M. E. Doré, le nombre des Arméniens Fe dus dans les villes de Bombay, Madras, Calcutta, Les plus riche gociants de la ville de Singapour sont Arméniens,
bp. 197.
qu'ils soient, la religion leur fait une patrie dans leur arche de Noé, dans leur couvent d'Etchmiazin, et le sentiment de famille les fortifie contre l'oppression.
« Je ne connais, dit M. Haxthausen, aucune nation où ce sentiment soit plus ferme ct plus intense. A l'autorité du père et de la mère, la famille reste constamment et entièrement soumise. Tant que l’une ou l’autre existe, 11 ne peut être question ni de séparation, ni de partage. Le père est arrivé à un grand âge. Autour de lui sont réunies trois générations : des fils de cinquante à soixante ans, des petits-enfants et des arrière-petitsenfants. Aucun d'eux ne songe à travailler pour son propre compte, ni à se faire une épargne particulière.
« Tout appartient à la communauté, On voit souvent dans les métairies, des familles de quarante à cinquante personnes. Après la mort des parents, la séparation est encore rare. Les frères ordinairement restent ensemble ; l'ainé prend la place du père, dirige et commande. Les autres sans aucune restriction obéissent,
« Ce qui est curieux encore à observer dans les iœurs arméniennes, c’est la situation de la jeune fille et de Ja femme. Pour la jeune fille aucune contrainte. Elle va et vient librement et se marie selon son gré. Mais dès qu'elle a prononcé à l’église le oui sacramentel, elle est assujettie à de rigoureuses prescriptions. Elle ne sortira plus que pour aller à la messe, et sévèrement voilée. Mème à son foyer, elle doit sans cesse porter un voile qui lui cache la bouche et le bas du visage, quelquefois les yeux. Si un étranger entre dans la maison, aussitôt elle doit disparaitre. A personne elle ne peut parler, pas même à son père ou à son frère. Il ne lui est permis de parler qu'à son mari, lorsqu’elle est seule avec lui. Avec les autres habitants du logis, elle ne s’entrelient que par une pantomime, Le:
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-) silence rigide lui est imposé jusqu'à ce qu’elle devienne mère.
Alors elle commence à être un peu affranchie de son mutistue. lle est autorisée à dire quelques mot: d'abord à sa belle-mère, puis à sa propre mère ensuite à sa belle-sœur, puis à sa propre sœur, mais très dot. cement, à voix basse, de telle sorte qu'aucun homme ne puisse l’entendre. Après cinq ou six ans de mariage elle est enfin émancipée, à la condition pourtant de garder encore une grande réserve envers les étrangers et de ne point se montrer devant eux à visage découvert, » i
Que diraient d’une telle coutume ces fortes femmes qui organisent des congrès pour défendre les droits du sexe faible ? Il en est bien dans leur confrérie quelquesunes dont l'aspect, j'ose le dire, n'inspirera ni un madrigal ni un tendre sonnet, Gelles-là peut-être se résigncraient sans trop de regrets au voile opaque. Mais les
. a À A | ) s belles! les éloquentes ! — le plus grand nombre sans doute — que diraient-elles de l'obligation de cacher
leur figure et de ne plus parler?
Les Arméniennes sont belles et ne se plaignent point de leur loi matrimoniale. Les hommes aussi sont remarquables par la régularité de leurs traits et par l’expression grave et fine de leur physionomie.
C’est ce noble, intelligent et religieux peuple, qui a perdu son ancienne royauté, qui est maintenant divisé en trois sections soumises à trois différents souverains.
Ceux qui appartiennent à la Russie sont au moins soutenus dans leur sujétion par une autorité bienveillante et protégés contre les hordes de maraudeurs par un ferme pouvoir.
1 Haxtausen. Transkaukasia. T. I, p. 200.
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Il n’en est pas de même de ceux qui vivent sous le gouvernement du sultan ou du shah. En parlant des Arméniens de l’empire ottoman, M. Bryce s’écrie : « Rien de plus triste que le sort de ces pauvres gens! Ils sont non seulement, comme des raïas de Bosnie et de Bulgarie, outragés et dévalisés par les rapaces collecteurs de taxes, mais constamment exposés aux cruautés des Kourdes qui, l'été, errent sur les montagnes, qui, l'hiver, descendent dans les villages chrétiens et pillent et tuent sans merci. Le Divan ne peut ou ne veut intervenir en ces brigandages. En réalité, les chiens de bergers sont ici plus redoutables que les loups. Le récent incendie et le pillage du bazar de Van ont été accomplis par les soldats musulmans plus que par les Kourdes.
« Pourquoi donc, dira-t-on, les Arméniens ne se révoltent-ils pas contre ces brigands, comme jadis leurs ancêtres contre les Assyriens et les Parthes? Parce qu'ils sont en trop petit nombre et sans armes au milieu des Persans, des Kourdes et des Tartares, parce que la longue servitude a brisé leur énergie, parce qu'ils n'ont personne pour les guider dans leur soulèvement, parce qu'ils ne peuvent compter sur la sympathie et l'assistance des puissauces occidentales. »
Au sein des honnêtes populations rurales de l’Arménie, étrange est l'aspect des Kourdes, avec leurs petits yeux noirs, leur sombre figure, leur éclatant faisceau d'armes et leurs sales tentes en feutre. D'où viennent-ils et à quelle race appartiennent-ils? C’est encore un problème à résoudre. Ils professent la religion mahométane, mais en usent fort à leur aise et ne s'inquiètent guère de manquer aux prescriptions du Coran. Le vaste territoire que l'on désigne par le nom de Kourdistan n’est point leur région spéciale. On les
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