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frère fut reprise, enchainée, et dans la nuit exécutée. On lui écrasa la tête sous un tronc d'arbre, et comme elle respirait encore, on lui arracha les entrailles.
Telles sont les coutumes du pays délivré de la traite par les négrophiles et soumis à un despote, dont un écrivain anglais nous trace l’image en quatre mots : ivrogne, sanguinaire, vendeur d'hommes. [l n’y a rien de plus bas dans la race humaine !,
Malgré l’état de débilité auquel la fièvre l'a réduit, M. de Compiègne veut accomplir son projet d’exploration. Il parvient à se procurer des pirogues. Il recrute, non sans peine, parmi les Inengas et les Gallois, des rameurs qui s'engagent à le conduire jusque dans le domaine des Okandas, à la condition que leurs services seront payés d'avance,
Tout étant ainsi ponctuellement organisé, il s’embarque sur l'Ogooué, et sans cesse 1l sera obligé de lutter contre de “nouvelles difficultés.
D'abord les bons nègres, ayant reçu comme ils le voulaient leur salaire, ne pensent qu'à s'éloigner le plus promptement de leur besogne. En quelques jours la moitié d'entre eux a déserté. Ceux qui restent font un autre calcul. Ils exigent une augmentation de solde. Si elle leur est refusée, ils s’en iront. Une attitude énergique les intimide dons leur révolte; une menace les ramène à leur devoir. Mais à tout instant on les voit de nouveau vaciller par l'effet de leurs superstitions ou de leur lâcheté. Voici une pointe de terre fétiche : e’est une limite infranchissable. Voici le bruissement du fleuve sur des pointes de rocs : 11 y a là un grand péril.
J'ai vu les périls des rapides sur les. fleuves de l’Amé- |
rique du Nord et sur les fleuves de Finlande. Pas un de } |
4 Ch. Dickens, the long Voyage.
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| | k L'AFRIQUE ÉQUATORIALE 200 11 1 L exécutée. ; nos braves bateliers canadiens ne s'en effraye, et pas ! | et comme À un batelier finlandais ; mais le nègre a si peur ! 1 { trailles. 1 Puis voici, de distance en distance, les petits rois 11 de latraite M rapacesavec lesquels il faut avoir de rudes palabres pour | | te, dont un passer le long de leurs terres. Un seul d’entre eux, le 411 atre mots : M chef des Okandas, a fort amicalement recu la visite de (À jl Hn’yarien M \.de Compiègne, hélas! et cette réception lui coûte la nr, | 1 vie. M. de Compiègne, pour le remercier de son courtois HE e l'a réduit, “ accueil, lui donne un casque de pompier, Le bon roi est ai et d’explora- . si ravi de cette parure, qu'il la met sur sa tête par un 14 il 8. ft recrute, M soleil ardent, et ne peut se résoudre à la quitter. M. de bi , Gallois, des L Compiègne lui a donné une bouteille de rhum. Le bon 4 | isque dans le | roi, craignant que ses courtisans ne la lui prennent, la ‘4 à que leurs ser- 0 boit tout d’un trait et tombe mort, LL | | À Au delà des domaines des paisibles Okandas est celui V4 inisé, il s'em- & des Osyébas, ‘annibales terribles, de la même race et du k. era obligé de M mème pays que les Fans ou Pahouans. “4 ti ‘ « Evidemment, dit M. de Compiègne, 1l y a au centre
comme ils Île k de l'Afrique, un peu au nord de l'équateur, un immense
soigner Île plus : loyer de populations cannibales qui rayonne à la fois sur | | iques jours la : | occident et] orient de l'Afrique. À l'occident, il envoie 1 | restent font un M les Pahouins et les Osyébas; à l'orient, les Monbouttous 1
on de solde. Si % et les Nia-niams. Tous sortent, sans aucun doute, d’une 4 | e attitude éner- 1 mème souche qui a produit des rejetons innombrables. ti une menace les à \. le docteur Schweinfurth évalue la seule famille des .àl 1
ton les voit de « \onbouttous à 1 million d’âmes , M. l'amiral de Langle erstitions où de M estimait à 60 000 le nombre de Pahouins qui, il y à {iche : c’est une # sept ans, entouraient nos établissements. Aujourd’hui, ment du fleuve & il doit être triple. Quant aux Osyébas, à notre connais- Land péril. .W sance seulement, ils s'étendent avec une extrême densité euves de l’Amé- À
lande. Pas un de M ‘Au Cœur de l'Afrique, publié en 4874 dans le Tour du monde, « reproduit en 1876 en 2 vol. in-8°, une œuvre des plus intéressantes et
… des plus instructives à mettre en première ligne dans la collection des livres sur l'Afrique,
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sur une longueur de plus de 100 lieues. Il n’est pas possible de dire exactement les causes qui ont poussé cette grande famille à se démembrer ainsi, Mais il est plus que probable que la densité toujours croissante de la population, la destruction du gibier et le désir de se rapprocher des établissements commerciaux, sont les principales raisons de leurs émigrations à l'occident comme à l'orient. »
Les Osyébas ont, comme les Pahouins, terrifié, vaincu,
refoulé les peuplades qu'ils rencontraient dans leurs migrations.
di Au delà de Lopé, la principale station des Okandas, ils dominent, sur un espace de huit à dix jours de marche, les deux tiers du fleuve. Impossible de le remonter sans leur assentiment. Pour connaître leurs dispositions, M. de Compiègne s’aventure dans un de leurs villages et demande à voir un de leurs chefs.
Il n’est pas doux, ce chef, et ceux qui l'entourent n’ont pas l'air amical, et le commencement du dialogue ne présage rien de bon. À un certain moment, dans cette cabane d’ogres sentant la chair fraîche, M. de Comce piègne a bien dû penser à l’histoire du Petit Poucet, et “oh envier les bottes de sept lieues. Cependant, grâce à sa à prudence et à la distribution de divers objets fort re- | cherchés dans ce pays d'Afrique, il finit par obtenir M quelques bounes paroles et se décide à faire sa grave expédition.
Aussitôt les bateliers reprennent leurs rames, et les pirogues remontent le courant. Les Osseybas les attendent. Cette fois, ce n’est plus un petit nombre de guérillas à emhusqués sous les rameaux de la forêt, ce sont des À bandes nombreuses rangées avec leurs armes de chaque f côté du fleuve, défiant toute la cohorte nautique par | leurs injures et leurs vociférations. |
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