‹ Nouveaux récits de voyage [microforme]Chapitre 46 sur 57 · SR DA RES · texte numérisé non relu

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La bataille s'engage ; M. de Compiègne et M. Marche produisent un effet terrible par leurs armes de précision. Les Okandas, avec leurs vieux fusils à pierre, tiraillent aussi résolûment. Leurs deux rois, qui ont voulu accompagner l’expédition, n'ont point par malheur le même courage. Cachés derrière des rocs, à l'abri de la mitraille, ils délibèrent, et après une heure de délibération, ils déclarent qu'il faut fuir.

À l'instant même leurs gens de nouveau virent de bord. Le sorcier se tait, Seul, M. de Compiègne, avec son ami, essaye de s'opposer à une si honteuse retraite. « Mais, prières, dit-il, irsultes, promesses, menaces, rien n'y peut faire. Nous pleurions de rage de voir ainsi perdre en un instant le fruit de deux ans de fatigues ct de sacrifices, et il a fallu céder, céder au plus vite. On nous aurait laissés là. Déjà les Okandas commençaient à jeter à l’eau leurs hamaes, leurs moustiquaires. Nous avons dû intervenir, le revolver à la main, pour les empêcher de jeter aussi nos caisses. Quand une fois la panique s’est emparée de ces êtres là, 1ls deviennent de véritables brutes. Nous avons commencé dans les rapides de l'Ogoôué, et sous le feu de l'ennemi, une retraite ou plutôt une déroute insensée. »

Courbés sur leurs rames, les bateliers font voler les pirogues. En douze heures, ils descendent sur un espace de 150 kilomètres les rapides qu’ils n'avaient pu remonter en moins de sept jours. Le lendemain ils arrivaient à Lopé.

De ce village les deux vaillants voyageurs étaient partis avec un si joyeux espoir ! Ils y revenaient avec le sentiment d’un malheur irréparable. Ils étaient obligés de dire adieu à leur rêve d'exploration. A aucun prix, ils ne décideraient le plus hardi des Okandas à remonter l’Ogoôué. Eux-mêmes, dans leur état de maladie et

262 NOUVEAUX RÉCITS DE VOYAGE d’abattement, ne pouvaient entreprendre une nouvelle expédition, Ils devaient rentrer en France. Ils y sont rentrés après deux ans d'absence.

En ces deux ans, ils avaient passé dix-huit mois sous le climat le plus cruel, sans cesse déchirés par les moustiques, et torturés par la fièvre au moins trois jours par semaine, n'ayant plus les bonnes choses de la terre natale, ni pain, ni vin, et dans les six derniers mois de leur pérégrination, pas un brin de chaussure. Si, en se dévouant à tant de faligues, de souffrances et de privations, ils n'ont pu aller si loin qu'ils l’espéraient, 11s ont cependant accompli une tâche importante.

A l’époque où, sans subvention aucune, avec leurs faibles ressources individuelles, ils se dirigeaient vers l’'Ogoôué, l'Allemagne et l'Angleterre, dans cette même idée d'exploration, organisaient à grands frais trois expéditions.

Toutes trois ont échoué, et M. de Compiègne et M. Marche nous ont donné de nouvelles et curieuses notions sur l’histoire naturelle du Gabon, sur la langue, le caractère, les mœurs de diverses peuplades. Ils ont signalé des lacs et des rivières que l’on ne connaissait pas. Enfin ils ont pénétré dans des pays que nul blanc n'avait encore atteints.

La société géographique de Paris a constaté le mérite de leur œuvre, en leur décernant une de ses médailles. L'Allemagne, si fière de sa science géographique, a reconnu l'étendue de leurs observations et retracé sur ses cartes leur itinéraire.

De l’énergie, de la dignité, des sentiments de cœur qu'ils ont gardés dans les phases les plus pénibles de leur entreprise, ils auront une autre récompense. Ils sauront que leur récit de voyage, publié dans l’élé-

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il nous écrivait le 17 janvier 1877 une lettre pleine d'espoir, et nn jours après, il tombait victime d'un duel he Lio gi ‘a 4 U ” 4 Fos qui l'ont connu déplorent sa perte. Ceux-là doivent aussi | sh Ë aus ‘ SU sas qui s'intéressent aux vaillantes et généreuses entreprises ss al' U'u à y Vera n ‘ni k e ne.

nu Le récit de ses av entures dans l'Afrique équatoriale, par d'autres ; que son fidèle éditeur, M. Plon, a recueillis sous le titre le Joyages, chasses el querres, on peut voir de quel intelligent lési il C à à L n acesir se see le noble gentilhomme, quelle bravoure et quel Parts ‘nn ‘ £ a : ï religieux 1l à gardés partout, en toute occasion, jusqu’à sa dernic 0] à +) ÿ cree

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