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ï : 1 : i à k St les Russes inquiètent l'Angleterre par leurs : marches vers l'Inde, ils ne se pavanent point de leurs f ! % succès; ils se frayent de nouvelles routes sans jac- #1 tance ; ils accroissent leurs domaines sans forfanterie. ; il A les voir maitriser les Kirghizes et les Turcomans, À 1 asservir le khanat de Khiva, dominer la Bokharie L.
et planter leurs drapeaux jusque sur les conlins de l'Afghanistan, on dirait qu'ils accomplissent tout
shnplement une modeste tâche de pionniers et de à soldats. 2 Les Américains, au contraire, les Yankees, ces 1 autres redoutables rivaux de lAngleterie font grand if 3] bruit de leurs entreprises et proclament hautement ‘ fl leurs ambitions. à ji Voici un diplomate des États-Unis, un homme de 1 mérite, M. Squier, qui a fait une intéressante descrip- À
tion de l'Amérique centrale, où 1} a été pendant plusieurs années le représentant du glorieux congrès de
Washington. Dans cet isthme de l'Occident, il a étudié les divers moyens de transpercer la barrière qui sépare les deux océans. Il est sûr que ce rempart sera brisé comme celui de Suez et il s’écrie avec enthousiasme : «A travers un petit terrain s'ouvrira le passage qui fut le dernier rêve de Christophe Colomb. Par là nous pourrons braver les forces de l'Angleterre et de la Russie. Par là nous arriverons à ces conquêtes de l'Inde où Alexandre fut déifié, où Clive et Hastings se sont fait une infâme immortalité ; par là, nous nous emparerons de l’incalculable commerce qui constitue la colossale puissance de l’Angleterre *. »
Ce que M. Squier appelle cette petite tache de terre (small spol of eurth), c’est l'Amérique centrale ani réunit deux continents : l'Amérique du Nord et l’An:é-
“rique du Sud, et sépare deux océans : l’Atlantique et le
Pacifique. Sa longueur est de 1600 kilomètres ; sa larseur de 170 à 590.
Longtemps elle à été fort délaissée. Elle était encore tres peu visitée et très peu connue, lorsque la découverte des anciens monuments indiens dispersés dans ses bois comme dans ceux du Yucatan attira l'attention des artistes et des archéologues*. Puis soudain son nom retentit au loin. C'était au teraps de la fièvre calilornienne, de la fièvre d’or qui enflamma tant de pauvres cervelles humaines. De tout côté on ne demandait que le plus prompt moyen d'arriver à la région
1 Nicaragua. Introduction, p. 7
2 J. M. Guardia. Les République imérique espagnole.
5 Ces monuments ont été dessinés et déerits par M, Stephens dans ses Incidents of travels in centrat Am viea ; par M. Squier dans ses livres sur le Nicaragua. Ils ont été décrits par M, Morlet qui en a lui-mênie
vu plusieurs des plus curieux ; par M, de la Renaudière dans l'Univers pitloresque, et par M. L. Enault dans son intéressant ouvrage sur l'Amé-
rique centrale.
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de l'Inde où ;s se SON fait 1$ emparerons e la colossale
fortunée, aux brillantes pépites, aux magiques placers. Pour la plupart des nouveaux Argonautes, la route la plus directe était dans les parages de l'Amérique centrale et dans les deux isthmes qui lavoisinent. Des légions d’aubergistes et de marchands, de muletiers et der bateliers s'établirent à Tébuantepee ct à Panama,
appelant à eux les voyageurs par toutes les trompettes de la renommée eivilisée, c’est-à-dire par toutes les subtilités des programmes et toutes les impostures des journaux, Pour faciliter le mouvement universel de migration, des projets grandioses s’élaboraient sur divers points, entre autres celut d'ouvrir par la rivière de San-Juan et le lac de Nicaragua un large et profond canal de l’un à l'autre océan.
Dans ces multitudes de crédules émigrants qui abandonnaient leurs champs, leurs ateliers, ou leurs comp- Loirs pour courir aux fascinations de l'Eldorado, combien il en est qui trop tard ont reconnu linanité de leurs rêves ; combien qui ont péri dans le travail des mines, ou se sont perdus dans les bandes des dépravés! Les plus heureux sont rentrés à leurs foyers et se plaisent à garder le souvenir des belles contrées qu'ils ont parcourues.
L'une des plus belles est sans contredit l'Amérique centrale. Elle à, 11 est vrai, comme toutes les régions tropicales, ses fléaux; des marais pestilentiels, des nuées d’insectes qui rendent certains districts totalement inhabitables, des myriades d'énormes fournis armées de cruels crochets, des plantes vénéneuses, des serpents dont la moindre piqûre est mortelle; de plus une quantité de volcans, de perlides volcans qui | charment les regards par la grâce de leurs contours, et l’éclatante végétation dont ils sont revèlus jusqu'à À leur sommité. À les voir si calmes, ces terribles géants
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