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plus fait le mal, allaient au delà de ce monde, dans une région à demi voilée, vivre d’une vie terne, uniforme, mais paisible. La plus éclatante récompense était réservée aux vaiilants hommes qui expiraient noblement sur les champs de bataille ou sur l’autel des sacrifices. Îls entraient dans la zone lumineuse. Ils accompagnaient avec des instruments de musique et des chants le soleil dans sa course à travers le ciel et se délectaient dans l’arome des fleurs du paradis.
Ces mêmes Indiens, prosternés devant les idoles qu'ils croyaient honorer en les couvrant de sang humain, parlaient d’un Dieu suprème dans un langage biblique. « Dieu à qui nous devons notre vie, Dieu incorporel, “inbisihls, omnipotent et présent partout, Dieu pur et parfait. Sans lui nous ne serions rien; sous. ses ailes est la paix. »
Ainsi disaient-ils dans leur barbare polythéisme. Par une mystérieuse intuition ils avaient conçu l'idée du Dicu vrai, du Dieu chrétien.
Sans rien savoir du christianisme, ils s'en rapprochaient encore par une autre religieuse pensée, par le dogme de l’expiation et par le baptème. Bien plus, ils touchaient au catholicisme par la confession.
Les prêtres se réunissaient trois fois par jour pour prier, et souvent ils jeûnaient. Les laïques s imposaient aussi, à certaines époques de l’année, de rigoureuses privations.
Le nouveau-né était baptisé solennellement au milieu d’une assemblée de parents et d'amis. On lui versait de l’eau sur les lèvres et sur la poitrine pour laver le péché engendré à l’origine du monde *.
Au sujet de la confession, Oviédo, qui était en 1534
1 Sahayune. Historia de Nuera España, lib. VI, cap. xvu.
historiographe des Indes, rapporte le très explicite en-
de, dans + | pes fige tretien de Bobadilla, provincial de la Merci, avec un
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PARERE habitant du Nicaragua.
LA à ge « Quand un Indien a commis quelque faute, dit {|
islrdés Bobadilla, va-t-il l'avouer aux prètres du temple el 1F
Pere demande-t-11 pardon à Dieu en isant pénitence ?
Mteique: à — Nous avouons nos péchés, répond l'Indien, non pas ! aux prêtres, mais aux vieillards les plus âgés. Après tal
le ciel et se dis.
les idoles de sang huun langage re vie, Dieu ent partout, s rien; SOUS.
nous avoir bien écoutés, 1ls nous disent : « Allez, et ne : Qi « faites plus cela une autre fois. » Et notre conscience est apaisée. — Vous confessez-vous en public ou en secret à un ou plusieurs vieillards? — A un seul élevé |
l'emploi de confesseur par nos suffrages. Nous lui faisons notre confession debout. Il ne peut la révéler à personne. Il doit la garder au fond de son cœur. — Quelle pénitence vous impose-t-11? — Ordinairement il nous ordonne de balayer le temple et d'apporter du bois pour léclairer. Nous lui obéissons serupuleusement. À sa mort, nous nous réunissons en conseil et nous choisissons pour le remplacer celui qui nous semble le plus vertueux. Une des conditions essentielles pour son élection est qu'il ne soit pas marié ! >
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)11, ge à , , Q . LE Les vieillards de l'Amérique centrale remplissaient | \r jour pour ‘ À k A ire : , fl Ë bien d’autres fonctions, c'était parmi eux que le cacique
J | s’imposalent nu (0 TR ou tt 4 | choisissait ses conseillers et ses ministres. Là où il n°y fl | rigoureuses : ange ses fi avait pas de cacique, c’étaient les vieillards qui gouver- î naient la communauté. L ment au mi- D te : 7 ‘4 dati: vas La tribu se divisait en plusieurs castes, non point par put une règle absolue comme dans l’ancienne Égypte, ou ue
ne pour laver | ; a APTE 4 sur les rives du Gange, mais par une coutume héréditaire M
était en 4534 les enfants continuaient ordinairement la profession de i ‘4
1 Histoire du Nicaragua, dans la collection de M. Ternaux-Com- | | pane, p. 47. '
ape XVIIe
leur père. Le tatouage servait à indiquer diverses situations sociales. Le tatouage a été imaginé par la vanité humaine comme le luxe des vêtements et des bijouteries. Pour les peuplades qui, en raison de leur climat, ne peuvent s’accommoder de nos lourdes étoffes, et qui ne peuvent acquérir nos autres ornements, le tatouage est un heureux expédient. Il annonce par le développement de quelques arabesques la fortune du marchand, le grade du fonctionnaire, les exploits du guerrier. Il remplace aux yeux de tous l’épingle en diamants, et l'habit brodé, l’épaulette et le grand cordon. Par quelques traits distincts, il signale une haute noblesse; par d’autres, une décadence, une affliction. |
Ces derniers traits, nous les connaissons. Une invisible main les dessine sur nous sans que nous puissions nous y opposer. Les rides de notre front, les sillons creusés dans nos joues sont les tatouages de nos années et de nos deuils.
Avec toute leur intelligence les bons Américains n'avaient pas la moindre idée d'un bel établissement universitaire, de la science d’un bachelier, des prérogatives d’une institutrice brevetée. Leurs prêtres et leurs prêtresses expliquaient tout simplement aux enfants les principes de religion et de morale; puis la mère enseignait à sa fille les devoirs du ménage. Le père associait son fils à sa tâche d’agriculteur, d’ouvrier ou de marchand.
L’agriculteur n'ayant qu'à jeter dans le sol quelques grains pour en tirer une abondante récolte adjoignait à cette tâche facile le labeur du bûcheron. Avec son machete à la main, il pénétrait dans l'épaisseur des forêts, détachait les rameaux de vanille, abattait les bois de rose et les palmiers.
La corporation des artisans ne connaissait point l'em-
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