‹ Nouveaux samedis (volume 2)Chapitre 17 sur 44 · UN DÉGL-ASSÉ DE PREMIÈRE CLASSE · texte numérisé non relu

UN DÉGL-ASSÉ DE PREMIÈRE CLASSE

littéraire, que Ton ne pouvait discuter sans passer pour un iconoclaste deBrives-la-Gaillarde, — (gaillarde vousmême!) — devant laquelle se sont pâmés Lamartine, Villemain, Hugo, Théophile Gautier, Méry, Dumas, Ghassériau, Alexis de Saint-Priest, et vingt autres; sans compter Paulin Limayrac, le caniche de la maison t Le temps fait un pas; survient un condottiere d'outre-tombe, un capitaine Fracasse, un. déclassé que ses aventures placent au-dessus ou au-dessous des conventions sociales ; — et €'est lui qui écrit le mot juste, le mot de la fin; « — poète en chrysocale, moraliste en filigrane I »

Que ne puis-je citer encore, citer toujours? Jouy, Chateaubriand, Balzac, Déranger, Bertin, Malitourne, Musset, Mérimée, Sainte-Beuve, Théophile Gautier, madame de Staël, Cousin, le groupe des Débats, du Constitutionnel, delà Revue dé PariSy quelle galerie! Et, en guise de porte entr'ouverte sur une des salles — fort sales — du Musée secret de Naples, le marquis de C... et le marquis de F.. .s! (cherchez!) L'apparition du marquis de C... chez la comtesse Merlin est certainement la page la plus étonnante de ces étonnants Mémoires, Seulement, si Philarète Chasles revenait en ce monde, et s'il nous parlait encore, comme dans presque tous les chapitres de ce volume, de son innocence, de sa vertu, de sa confiance, de sa candeur, de son austérité de puritain aux prises avec les corruptions de son époque, des pages telles que celles-là nous donneraient le droit de lui ré-

pondre: < Vieux brceur 1 c'est donc la femme de Loth (jui vous Tournit votre provision de sel î • — Quant au marquis de F. ..s, commensal, ami, héritier universel du marijuis de C... voici quelques traits de sa flg^ure:

• Giand chasseur, buveur solide, beau joueur, il con-

• tait bien, bavait feime; mais c'était un i»iôle... > NOTRE BANniT DU TiEOX H0ND8 alla hardiment, etc., etc. • Je m'arrête; le narrateur, lai aussi, va un peu trop hardiment !

Et dire que, lisant en tunille, vers 1843, les chastes récits de ce m&me marquis de Fou... s, Suzanne (fEstouville, Tristan de Beaitregard, le Décaméron des hotmétes ffens, publiés pir la Quofiiiennï pour servir de correctif au: Mystères de Paris et à la Befne Vorg')!, nous répétions dans notre ingénuité provinciale : < Quel brave liomme ce doit fitre I >

Résumons-nous, et concluons. Ce qui nous attriste surtout dans ces trop piquants Uémoiret, ce n'est pas cette série de coups de boutoir, de coups de stylet et de coups il'épingles, dont la plupart, après tout, sont de bonne guerre, et nous donnent le plaisir de constater une centième fois tout ce qu'il y avait de vice, de libertinage. de perversité, de sottise, de mauvaise foi, chez les démolisseurs de la monarchie. C'est la pensée ijue Pbilarète Chasles n'a été si acharné contre ses contemporains que parce qu'il a mal vécu. Les désordres de sa vie, qui explifjuent ses cruautés, les discréditent. L'homme qui

UN DÉCLASSÉ DE PREHIËRE CLASSE iH-i vent jouer les Saint-Siiuon doit préluder à son rôle Aa justicier par un luxe de verm. C'est pourquoi, dirai-je en finissant, si nous voulons écrire nos Slitnoire$, commençons, avant tout, par être excessivement honnêtos. L'bonnëlelé, qui nous donnerait le droit d'Stre méchanis, nous donnera l'envie de n'en pas profiter.

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