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NOUVEAUX SAMBDIS deA défauts, des dissonances que j'ai signalés, on rencontre, dans son livre, des beautés originales et, en quet- <|uo sorte, inattendues. Je n'avais pas eu l'honneur de le connaître personnellement, et de le voir de près. Mais sea amis et ses ouvrages me le représentaient comme plus spirituel que passionné. Eb bien I ce qui me semble le mieux réussi dans Abélard, ce qui obtiendra grâce putir les longueurs, les tirades, les citations grecques <!i latines, tes discussions tfaéologiques, les nuances modtrnUées et les injustices de ta tibre-pensée aux dépens de la foi, c'est la passion, c'est t'amour qui donne son nom an troisième acte et qui lui a porté bonheur ; c'est le caractère d'Héloise, charmant et lonchant d'un bout â l'aulre. U fallait une singulière flnesse de tons, une exquise délicatesse de pinceau pour maintenir intacte, naturelle, séduisante, féminine, pour nous faire accepter, excuser, aimer cette fllte d'Eve qui cneille le fruit défendu au pied de l'arbre de science, et dont on finit par su dire qu'elle serait moins aimante et moins attendrissante si elle était moins savante. Les écueils abondaient. Entre le pédantisme et la sensiblerie, U. de Rémusat a su garder l'exacte mesure.
Le critique qui se permet de taquiner un homme supérieur à lui devrait terminer ses chicanes par une confession. Voici la mienne. Si te drame i' Abélard avait été publié à l'époque où nous gémissions sous le joug du tyran, j'aurais peut4tre mieux apprécié les heauiês.
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moins ressenti les défauts qui çà et là ressemblent à des torts. Aujourd'hui, les conditions sont changées. Nous sommes si délicieusement libres que la liberté de~ Toutrage nous atteint et nous frappe, chaque jour, dans nos croyances les plus chères, dans nos souvenirs les plus sacrés, dans nos sentiments les plus vrais, dans nos fibres les plus intimes. Librement et impunément, avec estampille ministérielle et parlementaire, on insulte notre Dieu, notre Rédempteur, notre Église, nos prêtres, nos rois, notre passé, notre deuil, nos anniversaires, tout jusqu'aux augustes martyrs dont la mémoire est abandonnée aux héritiers de leurs bourreaux. Si c'est là que devait nous mener l'émancipation définitive, la délivrance radicale de l'esprit, de la conscience et de la raison, la conséquence est facile à déduire à propos d'un livre où il est fort question de logique. Du moment qu'un député, un législateur, l'élu et bientôt le maître d'un de nos plus beaux départements, le détenteur inviolable d'une partie des pouvoirs publics, a été libre de dire à la tribune : < Entre les défenseurs des barricades et les massacreurs de Versailles, mon choix est fait, » — je suis LIBRE d'écrire à la dernière page de YAbélardde M. de Rémusat : « Entre Pierre Abélard et Bernard de Clairvaux, mon choix est fait : Je choisis saint Bernard. »
18 février 187 7.
Quoique mon ami Dancourt ait excellemment parlé de M. Zola et de V Assommoir, * je craindrais de laisser une lacune dans ces causeries littéraires et un vide dans ma longue galerie, si je n'ajoutais une page à ses spirituelles critiques. Depuis trois semaines, le succès s*est accentué; les réclames nous parlent de cinq ou six éditions dévorées (quel appétit I) en quatre ionrsrU Assommoir est le livre à la mode ; on m'écrit de Saint-Pétersbourg que la prose de M. Zola fond toutes les glaces de la Neva. A Paris, les belles dames se plongent avec délices dans cette lecture comme leurs arrière-grands-pères allaient se