PETIT ENFANT, PETIT OISEAU
À mon cher petit Paul.
Petit enfant, petit oiseau, Quand tu fredonnes dans ma chambre, Je me crois eu plein renouveau, Fût-ce aux tristes jours de décembre.
Petit oiseau, petit eufant.
Les murs noirs, les pages méchantes, L'enuui, le brouillard étouffant.
Tout s'éclaircit lorsque tu chantes.
Il fait soleil dans la maison Sur chaque meuble où tu te poses ; Ton sourire à chaque saison Donne des lilas et des roses.
• Je cesse un moment de souffrir ; Tes baisers sont mes seules trêves, Danp tes yeux je vois se rouvrir Le ciel clos de mes anciens rêves.
Des fleurs vives de ta gaieté Dieu veut que ma force renaisse...
Sitôt que Tenfant a chanté, Le père reprend sa jeunesse.
J'ai choisi la pièce la plus courte, parce que, si j'appuyais davantage, tout le volume y passerait. D'ailleurs, c'est à peine si je changerai de sujet et de cadre en vous recommandant un autre livre dont les enfants sont aussi les héros, et qui semble procéder de l'ouvrage de Laprade, en y ajoutant cette nuance de gracilité féminine et de faiblesse maternelle, où se laisse deviner le sexe de Tauleur. Ce n'est pas tout à fait le livre d'une mère, mais plutôt le livre de joe^i/e maman. La Volière ouverte! quel joli titre ! Je crois la voir, cette volière élégante, au treillage tapissé de toutes les verdures qui entremêlent aux cris de Paris ce cri cher aux âmes sensibles : « Mouron pour les petits oiseaux ! » La porte s'ouvre, et les voilà tous, bouvreuils et chardonnerets, fauvettes et pinsons, alouettes et linottes, serins et bengalis, s'envolant à travers la chambre ; mais ils ne vont pas loin. Un instinct de tendresse égoïste les ramène bientôt aussi près que possible de la main qui les réchauffe, de la bouche qui les caresse. Ils n'ont quitté la volière que pour revenir au nid. Alors une voix aimée murmure :