X. DOUDAN
plus efticac;^ pour dominer les volontés, dompter les passions et régenter les consciences. Quant à lui, assistant au naufrage de ses illusions, il reconnaît, un peu tard, que, pour se faire obéir par les peuples, il ne faut pas des essences d'idées, mais des dogmes, des lois, et, au besoin, des gendarmes.
Des gendarmes! ce mot malsonnant va me servir à justifier mon premier grief contre Doudan et son livre. Il écrit de Coppet — 20 novembre 1841 — à madame la comtesse d'H... une lettre d'ailleurs fort joliment tournée. J'y rencontre une demi-page (89) à laquelle des circonstances récentes donnent une saveur particulière : — « Je trouve Albert trop mondain; (Albert, aujourd'hui duc de Broglie, garde des sceaux et président du conseil des ministres) * il est toujours chez les grands. Il ne bouge, dit-on, des affaires étrangères. Je vois qu'on l'engraisse pour en faire un minist...ériel. Je ne suis pas sûr qu'il soit bon de s'accoutumer de bonne heure à trouver que le pouvoir a raison. C'est une de ces vérités qu'il ne faut admettre que sous les coups répétés de l'expérience. On ne doit être porté à donner raison au pouvoir que quand on a mesuré toute la faiblesse et toute la méchanceté de l'homme en société ; alors, on renonce à l'idéal, et l'on se jette dans les bras des gendarmes, du procureur du roi, du contrôleur des contributions : mais ce sont des divinités bien sévères pour les rêves de la