Il ne s'est pas arrangé* C'est nous qu'il a dérangés
n NOUVEAUX SAMEDIS
gents de ville... Ah! la jeunesse ne possède-t-elle pas déjà assez de privilèges sans qu'on lui adjuge le droit d'absurdité politique? Elle a le prinlenaps, Tavenir, l'espérance, l'amour ; elle a le monopole de ces radieuses tendresses que la vieillesse est forcée de fuir comme le plus redoutable des ridicules ou des malheurs. Faut-il encore y ajouter les faciles honneurs de la guerre au pouvoir? Placeriez- vous par hasard, sur la même ligne, le sourire d'une femme aimée et le sourire d'un tribun bavard ? On nous dit : « C'est une gourme; qu'il la jette, et il n'y paraîtra plus. Le jeune séditieux retournera dans sa province ; il épousera sa cousine,et il deviendra le modèle des notaires, des médecins, des avocats, des propriétaires, des pères de famille, voire des marguilliers et des défenseurs du gouvernement. » Soit ! mais, en vérité, il sera bien temps ! Votre héros auira fait plus de mal en cinq années de tapage, de mouvement, d'effervescence, de verve, de propagande et d'audace qu'il ne pourra faire de bien pendant trente ans d'une vie somnolente et taciturne. Il sera septuagénaire avant d'avoir raccommodé le quart des vitres qu'il aura cassées. Qu'en- savezvous d'ailleurs ? S'il suffisait de vieillir pour devenir un politique de centre droit, le radicalisme compterait-il tant de vieilles barbes*^ Aurions-nous de si nombreux exemples d'impénitence finale ? Aurions-nous vu surgir, notamment en février 1876, cette nuée de docteurs, d'avoués, d'avocats en cheveux gris, qui n'avaient hélas!