‹ Nouveaux samedisChapitre 9 sur 38 · X. DOUDAN · texte numérisé non relu

X. DOUDAN

(lue trop leur majorité ? Non, non, le pli esx fait, et ils se gardent bien de le défaire.

Servat odotem

Testa diu, .

La citation est d'autant plus exacte, qu'ils demandent également leur brevet de génie aux cruches et aux urnes du suffrage universel.

Ce qu'il y a de singulier dans tout ceci, c'est que je plaide contre Doudan une cause qui devrait être la sienne. Quels sont, en effet, les traits caractéristiques de son esprit et de son livre ? La haine du fanatisme ; puis ce penchant au persiflage dont je parlais tout à l'heure et dont je vais montrer les inconvénients. Le fanatisme, on le sait, est le cauchemar des neutres. J'avoue qu'il est presque toujours incommode, souvent fâcheux, quelquefois funeste; et pourtant ! êtes- vous sûr, en le supprimant, de ne pas supprimer du même coup la passion, c'est-à-dire la vie, les battements du cœur, l'abnégation, l'àpre volupté de l'immolation volontaire, ce je ne sais quoi qui fait que l'on se sacrifie avec délices, que l'on aime à souffrir et à mourir pour l'objet de son culte ? La passion 1 n'en dites pas de mal I Elle anime, elle échauffe, elle transforme tout ce qu'elle touche: peu s'en faut qu'elle ne justifie les fautes mômes qu'elle fait commettre. La conscience, quand elle s'aveugle , la jeunesse

quand elle s'abuse, le roman quand il s'égare, la femme X*"*** 2

quand elle chancelle, ne peuvent pas invoquer d'autre excuse. Il lui suffit d'un léger contact, d'une apparition tardive pour donner un intérêt nouveau aux existences qui se détachaient de tout, pour rendre un moment à la vieillesse l'illusion d'un sentiment qu'elle ne*peut plus connaître, d'un souvenir qu'elle devrait effacer. Elle sait que, en se passionnant, elle se prépare un supplice; mais ce supplice lui semble préférable aux glaciales inerties de l'hiver, aux mornes ténèbres de la nuit. C'est comme une gerbe de fleurs d'automne s'épanouissant tout à coup sur les ruines d'un temple ou à travers les fentes d'un tombeau.

Aux yeux des hommes tels que Doudan, le fanatisme est d'ailleurs proche voisin de la foi la moins t>Tannique, pourvu qu'elle soit sincère, vivace et ardente. S'il parle du père Lacordaire à qui l'on a tant reproché son libéralisme catholique ou son catholicisme libéral, il dira sèchement : Albert (de Broglie) a fait route avec M. Lacordaire, de Lyon à Paris, je crois. Il faut être singulièrement organisé pour aimer mieux être un personnage à Paris que de vivre obscur à Rome. Aurait-il de l'ambition? » Si le nom du comte de Maistre se rencontre sous sa plume, c'est bien pis : « Ton père ( le vieux duc de Broglie) est charmé du ton de simplicité aimable et de l'élévation des sentiments qu'on trouve dans M. de Maistre. Pour moi, je n'aime aucun genre de possédés (!!). Comme le diable est un être fort entendu, je suis con-

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