‹ Nouveaux souvenirs et portraitsChapitre 8 sur 11 · PICHEGRU · texte numérisé non relu

PICHEGRU

J'ai promis de parler encore une fofs de Pichegru. C'est un devoir que j'accomplis envers sa mémoire, une des obligations les plus chères et les plus sacrées de mon cœur.

Malheureusement pour moi je n'ai pas les loisirs d'un livre , et c'est un livre au moins

qu'il faut i la mémoire de Pichegru. D'autres le feront , mais je n'aurai rien épargné pour leur fournir quelques matériaux. Ce n'est ici ni un plaidoyer , ni une suasoire, ni une apologie, c'est un sommaire.

Commençons par tracer rapidement la vie de Pichegru ; elle sera peut-être jugée tout à l'heure.

Pichegru est né en 1761 aux Planches, et non à Ârbois, qui ne réclame plus cette gloire. Laissons-la au lûodeste village où il a conservé quelques vieux amis ; c'est dans leur cœur qu'il aimeroit à vivre , et non dans les monuments maladroits qui l'ont fait si cruellement méconnoitre.

La famille de Pichegru étoit pauvre, mais honorée ; rustique, mais libre. Elle ne cultivoit pas ses propres terres , parce que l'ambition des propriétés étoit chose inconnue dans tout bamme qui a porté son nom. Le blason de ces nobles paysans, c'étoit honnêtement travaillera vii^re de peu; et depuis quatre cents ans on les app^loit Pichegru parce qu'ils tiroient le gru ou la graine au bout du/^/c ou du boyau.

Cette noblesse en vaut une autre.

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Pichegru vio t au monda estimé dans les sienp. C'étoit alors un héritage,

La propriété protégeoit natureHemeal; l'en* faut du prolétaire, qu'elle redoute aujourd'hui.

Charles Pichegru reçut une édueatioa soIt gnée chez les minimes d' Arbois, qui dirigeoieat le collège de cette ville.

Ces minimes le devinèrent. Ils envoyèrent à leurs frjsiis au collège de Brienne l'écolier qui promettoit un grand homme , et il y fut , peu de temps après, le répétiteur de Napoléon.

Ce point de contact est le premier qui se soit établi entre les deux plus fameux capitaines d'un siècle qui ne l'a cédé à aucun en illustration militaire. I^e dernier, nous le verrons.

Napoléon sortit de Brienne comme lieutenant par tin acte spontané de la justice de Louis XYI; Pichegru en sortit comme sergent au premier régiment d'artillerie , par le seul ùdt de son application et de son travail.

Il fit avec éclat la dernière guerre d'Amérique, et passa au grade d'adjudant.

Il toucboit à vingt-huit ans aux honneurs de l'épaulette, quand la révolution arriva.

Pichegru en avoit embrassé tous les prin-»

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cipes généreux. Elle ou^roit une si belle voie aux grandes pensées l elle déployoit Rêvant elle tant d'espérances et d'avenir !

Il présidoit la société populaire de Besançon , au passage d'un bataillon des volontaires du Gard ; et il échangea sans peine sa sonnette contre une épée. Ce bataillon Tavoit choisi pour commandant.

Deux ans après Charles Pichegru étoit général en chef de l'armée du Rhin.

Cette armée n' étoit plus qu'une cohue en déroute. Les lignes étoîent prises, Strasbourg étoit menacé.

Avecces troupes, réduites à un petit nombre et vaincues d'avance par l'habitude des défaites , Pichegru parvient à semer la défiance parmi les coalisés. Il invente et il organise une guerre d'escarmouche et de tirailleurs, la seule possible à ses armes , et il reprend nos frontières naturelles. Il est proclamé le sauveur de la patrie, et chargé de la sauver encore une fois à l'armée du Nord.

Pichegru va rejoindre les débris de celle-ci à quarante lieues de Paris ; il les rassemble , les fortifie de sa présence et de la confiance

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attachée à ses exploits , les mène vainqueurs â Cassel, à Gourtray, à Menin, à Rousselaër, à Hooglède, prend Bruges, Gand, Anvers, Bois-le-DuCy Yanloo, Nimègue, passe la Wabal sur la glace, entre dans Thielt, rompt les Hollaodois, force les Ânglois à se rembarquer, s'empare d'Amsterdam , et dix jours après de toutes les Provinces - Unies. Ses ennemis avouent qu'il ne s'arrêta qu'à l'endroit où il ne trouva plus d'armées à combattre.

Le sergent d'artillerie fut tout à coup investi alors de la plus haute puissance militaire qu'une démocratie eût jamais mise à la merci d'une épée. Il joignit la direction des armées du Nord et de Sambre-et-Meuse au commandement de l'armée de Rhin-et-Moselle. Jourdan et Moreau furent placés sous ses ordres, et Moreau l'en a fait souvenir. Son système étoit de ne pas effrayer l'Europe des succès d'une propagande qui ne cherchoit qu'à se ranimer.

G' étoit le temps de se reposer des conquêtes , et de rassurer le monde sur les projets de la république. Une perdît pas une goutte de sang inutile, pas un pouce du territoire, et on Taccusa de nonchalance. On alla plus loin peut-

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être. Le couperet qui avoit tué Luckoêf) Gtistines, Houchard, Beauharnais et Biroiii s'éloit usé sur trop de tètes héroïques : la calomnie Tenoit d'être inventée cototre les gloires importunes : on calomnia.

Dans cet intervalle , Pichegru avoit refusé les présents de ia Hollande et les hautes récompenses de la France reconnoissante. Pichegru avoit besoin de si peu de chose! Deux fois sauveur de son pays , à l'est et au nord , et tenu pour tel par deux décrets, il sauve Paris, en passant) des bandits de germinal , il sauve la convention, qu'il pobvoit renverser d'un souffle, laisse rugir les furies de l'ingratitudoi et se retire dans un pauvre village , où il pend ré|)ée de Scîpîon à ia charrue 4e Cincinnatus»

Ici commence son influence d'homme d'état»

LéO vœu de plusieurs départements le porte à la législature ; le vœu unanime des législateurs le porte à la présidence. Le voilà mattre de la France encore une fois , par l'ascendant de sa popularité, comme il Tavoît été par celui de ses victoires. Que fait Pichegru ? Il hausse les épaules aux propositions des partis; il sovrit de piiié à leurs doléanees. Il méprise le diree"

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toire sans doute ; et qui ne le mèprisoit point I Mais il l'attaque tout au plus de quelqqes pa-r rôles dédaigneuses. Pichegru étoit trop grand pour se prendre à de tels enoemis. S'il avoit daigné se lever, se montrer à hauteur d'howqie, le directoire tomboit.

Fatigué , comme la France , de l'instabilité d'un gouvernement sans force morale, il a pu, il a dû alors, en loyal député, jeter les yeun sur un autre ordre de choses. Ce qu'on ne pourroit lui reprocher , rien 4e prouve cepeii* dant qu'il l'a fait.

L'histoire dira que Pichegru, insouciant par philosophie , dédaigneux des hommes par expérience, n'avoit pas la force de résolintion nécessaire pour user de sa \xamie position au profit d'un peuple qui n'attendoii que log ^ppel ; et cependant conspirer ainsi étoit u« acte de vertu.

A. le supposer aussi énergique dans les applications de sa pensée politique qu'il l'étoft peu réellement , à lui accorder cette puissance de volonté que je lui refuse comme la nature^ il auroit conspiré de son droit de suprématie populaire , comme Vergniaud contre la Mou-

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lagoe, comme Robespierre contre ce qu'il appeloit le parti des intrigants , comme la convention contre Robespierre , comme Napoléon conspira depuis contre la constitution de l'an m , le directoire et les conseils.

Ce qui est gloire en eux , suivant l'opinion , n'auroit pas été trahison en Pichegru.

Il împortoit donc peu k la pureté de sa réputation que cela fût vrai , et cela est faux.

Pichegru étoitavant tout un sage consommé, stoïcien dans ses mœurs , sceptique dans tout ce qui touchoît à la question sociale , trop indifférent aux résultats pour accepter un rôle actif dans les causes. Il n'y a rien là qui se concilie avec le caractère d'un conspirateur.

Toutefois si Pichegru n'étott pas un moyen, IKchegru pouvoit être un prétexte. Il y avoit en lai sinon un chef, du moins un drapeau ; on mesura son ombre, et on eut peur.

Quand les lyraus ont peur, ils font des coups d'état , et les coups d'état ne prennent au dépourvu que les honnêtes gens qui ne con' spirent pas. Pichegru fut arrêté ;i son poste.

Le lendemain du 18 fructidoi', les coups île pied honteux ne manquèrent pas nu lion gar-

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roué. Il fut royaliste alors , parce que c'éloit le reproche banal , royaliste comme l'a voit été Yergniaud au 31 mai, Danton le 11 germinal, Robespierre le 9 thermidor; comme Tauroit été Napoléon le 18 brumaire, si Napoléon n'avoit pas réussi.

N'a-t-on pas dit , n'a-t-on pas imprimé à

Paris que Robespierre pensoit à épouser Madame de France , que le mamelouck Roustan étoit Louis XYII déguisé?

La vertu est plus difficile à détrôner que la gloire. On sentit qu'il falloit entasser, accumuler les preuves; et quelles preuves! On verra, quand je les discuterai , sur quoi peuvent se fonder dans une république la dégradation morale et la proscription d'un grand homme.

Les complices de Pichegru dans cette prétendue conspiration en faveur des Bourbons , c'étoient Bourdon de l'Oise, qui avoit élé régicide; André Dumont, qui avoit été régicide; Cochon, qui avoit é(é régicide ; Tbibaudeau , qui avoit été régicide , et qui fut rayé par feveur ; Garnot , qui avoit été régicide , et que la France nouvelle aime à citer comme

son Gaton , comme son patriote sans taohe.

Ces messieurs sont aujourd'hui de fort honnêtes gens , et Pichegru est un conspirateur.

Pichegru aToit en effet conspiré au conseil , précisément comme il avoit trahi l'armée en battant l'ennemi.

Il fut traîné au Temple sur une charrette , emporté en Amérique à fond de cale d'un vaisseau , jeté dans un cabanon , aux affreux déserts de Sinnamari.

De là il parvint à s'évader avec quelquesuns de ses amis sur une frêle pirogue , et à gagner , au travers de mille périls , les bords hospitaliers de Surinam.

Il se réfugia en Angleterre , j'y consens ; il faut pourtant bien se réfugier quelque pcirt. H y a vu les Bourbons , cela est vrai ; on voit ses compatriotes en pays d'exil ; n'avoit*il pas vu Billaud-Yarennes à la Guyane, BîUaud^Va* rennes, ce tigre des jacobins, qui ne s'étoit apprivoisé aux idées humaines que parmi les bétes sauvages ? li avoîi vu Biilaud-VarenB^eSi et il ne conspiroix pas le rétablissement de la terrenr. Le général ou le maréchal Maison , je ne suis pas sûr des titres , a vu l'infortuné duo

de Reichstadt à Viennei et il ne consptroit pas le rélablisscment de l'empire. Soipion a con^ \ersé avec Annibal^ et il ne lui a pas vendu Rome.

Mais Pichegru a-l-il du moins pris dâ service chez l'étranger , comme Thémistoole ou Gorfolan-? Non ; il en a reftisé partout.

Mais a-t-il jeté le poids de son nom sur un des plateaux de la balance politique ? A-t-il fait lever le nôtre? Non : il entra une fois par curiosité au parlement d'Angleterre ; le parle^ ment se leva par respect , Pichegru salua et sortit*

Mais a^t*-il essayé de se faire de b popula<rité dans la nation, et de l'appui auprès des grands ? Non : il s'est livré à son penchant aatuMl pour la solitude ^ il s'est retiré au viltoge.

Mais a*4-U risçu de l'Angleterre une pension «t des «eoours? Héla^ I oui ; et il faut convenir que tbus ceux de nos généraux de ce temps-iè qui ont pm p^H ^nx afiaites s'étoîént mis de*pufs iong^-teiips à l\bn d'une pareille humiliaCfon. Ils^votent sat les banques de l'Europe assez de fimds em plein rapport pour ee passer

de la compassion des peuples. Pichegru , arrivé en Angleterre avec 400 francs d'emprunt, a obtenu sans le demander ce tribut d'une respectueuse pitié que les nations civilisées paient au malhear d'un illustre ennemi dont la fortune a trahi le courage; l'aumône de l'admiration à la gloire , l'obole du soldat à Bélisaire. Pichegru n'avoit pas été mis par sa proscription hors du ban de l'humanité.

ËQÛn il est revenu à Paris, et cette fois il y avoit conspiraUon. Il seroit diflBcile de nier celle-Ii : les neuf dixièmes de la France en étoient. Mais n'est-il pas surprenant qu'après trente ans écoulés cette entreprise fatale n'ait jamais été réduite à sa véritable expression î Sa véritable expression , la voici :

L'ambition de Napoléon marchoit à découvert depuis l'acte extra-constitutionnel qui lui conféroit le consulat à vie. C'étoit mieux que César, pour qui celte dignité n'avoit été prorogée qu'à dix ans.Onsavoit à n'en pas douter que la monarchie des Gaules lui étoit décernée d'avance dans son Capitole, et qu'il ne restoit pas un Brutus pour l'empêcher de ceindre trots mois après le bandeau impérial. Le

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peuple effrontément trompé cherchoit un ven* geur à ses droits usurpés par la fraude , et ne le trouYoit pas.

Moreau représentoit à la vérité les idées les plus populaires et les plus énergiques , et je suis convaincu que la multitude n'auroit pas hésité à suivre son cheval dans les rues de Paris, si Moreau, qui étoit sur son cheval un fort gr^nd homme de guerre, n'avoit pas été à côté de son cheval quelque chose de moins qu'un homme , une bonne femme étourdie et hâbleuse. Il n'osa pas le monter.

11 seroit trop rigoureux de dire pourtant qu'il n'eut pas quelques prétextes , dans l'occasion dont il s'agit , pour s'en tenir à cette alternative de velléités et de réticences qui formoit son caractère politique.

La France étoit alors divisée , autour du nouveau trône et de ses appuis, en deux camps parfaitement distincts qui demandoient chacun un symbole. Un engouement justifié par sa belle vie militaire avoit fait de Moreau le symbole de la république ; les fructidoriens s'étoient chargés à leurs risques et périls de faire de Pichegru le symbole de la monarchie ; et

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tout en le défendant d'une ooUusion dont sa sincérité le rendoit incapable , je crois qu9 c'étoit là son penchant, car il étoit impos* sible de prévoir dans aucune autre combinaison sociale le retour de Tordre et de la liberté.

M oreau , qui ne voyoit probablement dans une concession apparenté qu'un moyen de temporiser, et qui , comme Fabius dont nou9 lui avions donné le nom , aimoit à temporiser, parce que les formes dilatoires de la prudence étoient agréables à sa paresse , rédama le ooocours de Pichegru.

Avoit-il pensé qu'il ne falloit rien moins que deux grands hommes et la patrie pour prévaloir contre le grand homme et sa fortune?

G'étoit peu.

Lajolais fut chargé de la périlleuse mission qui deYoit les rapprocher, et mille bruits en courent à sa honie. On a supposé , fort gratuitement à mon avis , que cet officier entretenoit à fkart lui d'autres connivences avec la police, et mon cœur a toujours répugné à ces aceu* sations qu'il faut rappeler seulement pour les effiicer de l'iiisloire. Quoi qu'il en soit , Piefae«

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gru triompha de 8on antipathie contre Moreau, et se rendit à son appel.

De quoi s'agissoit^il P de montrer aux Fran çois deux grands capitaines qui avoient été leurs idoles, de rendre la liberté au pays, et de le convoquer, suivant les formes populaires de l'époque , à se choisir enûn un gouvernement.

C'étiMt une conspiration , sans doute , et ce n'est pas celle-là dont j'ai contesté l'existence : la conspiration de I^lopidas contre Léontidès, de Thrasybule contre Critias. Je crois aujourd'hui que son succès auroit été une calamité , car la mission de Napoléon est devenue pour moi évidemment providentielle ; mais cette en* treprise n'en étoit pas moins faîte pour le peuple , et fondée sur la vertu.

Pkdiegru rratra en France avec des royalistes et des Yendéens ! Qu'auroit-on dii s'il y étoit rentré avec des Anglois ?

Pour être royaliste , on n'a pas perdu peutêtre le titre de François 1 La Vendée est on France encore, quoiqu'on puisse en douter a«x lois exceptionnelles qui la régissent. Jamais le crayon insolent d'un cosmographe éhonté

n'a osé la retrancher de la carte de nos provinces.

Le proscrit de fructidor ramenoit sur la terre commune les proscrits de toutes les épo* ques , des députés , des soldats , des ouvriers, des paysans. Rassurez-vous I ils n'étoient que soixante ; et ces soixante hommes, faut-il dire que ce n'étoit pas une armée P C'étoit un cortège pour le triomphe, ou des compagnons pour Téchafaud.

Qu'auroit pu ramener Pichegru d'ailleurs , si ce n'étoit ces hommes qui avoient droit à coopérer pour leur part à la réhabilitation du pacte universel? Le parti de Moreau étoit autour de Moreau , et s'y tenoit suspendu sur l'abîme creusé par ses irrésolutions homicides; les républicains énergiques étoient à Sainte- Pélagie , à la Force , i Bicôtre ; on les entas* soit aux lies de Rhé et d'Oléron ; ils achevoient de mourir à Gayenne et à Mahé.

Pichegru a péremptoirement répondu pour moi aux inductions qu'on pourroit tirer de ce rapprochement fortuit par une phrase que l'instruction a naïvement conservée, parce qu'elle ne s'est pas avisée de tout. < Je suis ici

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