‹ Nouveaux souvenirs et portraitsChapitre 9 sur 11 · PICHEGRU · texte numérisé non relu

PICHEGRU

avec vous , dit-il au brave Gadoadal , mais je n'y suis pas pour vous. »

Il ne falioit pas livrer ce mot immortel aux presses impériales , car toutes les prétendues trahisons de Pichegru y sont jugées.

. Je laisse de côté ici l'imputation de brigandage et de tentatives d'assassinat , si loyalement proclamée par la police dans ses incroyables placards. Elle prouve seulement que le roi de Boutan n'avoit pas épuisé les fécondes ressources de Fart de se jouer du peuple. Pi^ chegru et Moreau brigands , c'étoit une impertinence assez plaisante. Moreau convoquant Plch^ru à Paris pour voir assassiner Napoléon des mains d'un homme de peine, c'est la balourdise la plus grossière qu'on ait jamais jetée à la canaille.

Pich^u étoit intervenu dans la conjuration de Moreau , sans autre vue que celle du bien public, et il ne pouvoit pas en avoir d'autres ; il vit l'éternel euncUUeurj et il le retrouva plongé dans ses incertitudes ordinaires. Le sens exquis et profond qui distinguoit ce héros (c'est de Pichegru que je parle maintenant ) pénétra facilement un mystère que

MO POftTRAIVfl.

Noreau méconnoiasmt pettt-*étr6 luninésie I Celui-ci vouloit le pouvoir , et attendoit qu'on le lui apportât tout fait, parce qu^il ne savoit si le oréer , ni le prendre.

« Cet bomoio aosai est ambitieux! 9 dît Pi<- -diegm atec dàdain en rentrant dans aon asile, A ita^enveloppa dès oe moment de son manteau de mot t.

Cette antre parole, qui exclut dans Pichegra fusqu'i l'idée d'un ambition personnelle, n'est fias plus apocryphe que la première. C'eeten- <3Me l'instructioQ qui me la donne.

■ Vjpliegru , tout entier à sa confiance dans l'ittamme qui Tavoit mandé 9 tout résolu aux plane de Moreau , et la modestie n'est jamais aUéei plot loin, ne.s^étoit pas méôse ménagé un refuge sous le toit de quelque ami de coBitf ett ^Tnpinion. &\ Ptohegru avoît conspiré avec un parti,; si Pîchegra avoit laissé, le 18 fruc* tiéer, des affîdés ou des complices , il auroit trouvé une porté où frapper à Paris. Ceci a teute L'évidence de la chose démontrée.

' Que fiât Picbegru ? que fait le cbef de cette conspiratiofi monarchique prête pour une vie* teîte? il se rappelle 1 -adresse d'un avocat fraac«

eomtots , fort étranger aux mouvements de la politique, et tout au p]us épicurien , sHl étoh quelque ehose, qui te cache chez une fille entretenue. Le dernier asile d' AlciLiade ne caq<- \enoi| pas i l'austérité de ses moeurs ; il y reste à peine quelques Jieures. Pendant ee temps*Hi le nom de son ancien valet-de-cbapibre est i^ venu à sa piémoire. Cet homme doit demeurer rue Chabapais, et Piohegrq le trouve sans difficulté, car il n'y a rjen de plus facile à trouver qu'un traître qui nqus cherche déjà.

Qn peut imaginer qo6 le malheureux gé* néral y Ait accqeilli avec empressement; il avoit été vendu la veille 400,000 francs, et il fut livré le lendemain.

Pichegra n'étoit pasauqsî fecile à saisir qu'à surprendre. Il avoit ouvert la porte lui-même, et il étoit en chemise. Accablé par le nombre, le vainqueur de l'Europe tomba sur dix hommes ffui étoiçnt tombés. On se contenta de lui tailler les jambes à coups de sabre , pour se ménager l'honneur de l'emporter vivant. Un gends^rme lui ayant imposé le pied sur la tète, le pied ()'un gendarme sur la tète de Pichegru! Pichegru lui enleva d'un coup de dents le

talon de sa botte et une partie du caUaneum avec. Pendant ce temps-là on remmailiottoit dans de fortes cordes, serrées avec un tourniquet, que le commissaire de police eut l'humanité de faire relâcher un peu au corps-degarde de la barrière des Sergents, pour laisser respirer le prisonnier; il alloit mourir.

C'est ainsi que Pichegru fut emporté dans le cabinet de son premier interrogateur , qui ne lui demanda d'autre garantie contre luimême que sa parole , et qui ne le laissa manquer d'aucun soin. Ces égards, dont la sensibilité fait un devoir à quiconque est doué d'une âme , et que l'esprit conseilleroit tout seul , n'étonneront personne de la part de M. Real, dont les admirables plaidoyers annoncent tant d'âme et tant d'esprit.

Il parolt, à l'interrogatoire imprimé, que les réponses de Pich£||ru furent âpres et presque brutales. Il refusa de dire son nom paternel ; il refusa d'avouer d'autres rapports avec Moreau que ceux dont l'Europe étoit informée; il refusa de signer. Je parle d'après la procédure publique, ainsi que parle le vulgaire.

Je sais d'autres détails. Oo n'avoit saisi

PIGHEGRU. 213

aucun papier mystérieux dans la chemise de Pichegru ; mais les agents de police faisoient quelque fond sur un volume perfidement imprimé en chiffres inconnus, qui s'étoit trouvé sous son oreiller, et qui devoit receler des mystères bien inconnus ; c'étoit un Thucydide grec.

M. Real sourit , et demanda au prisonnier s'il lui seroit agréable de se munir au Temple de quelques autres conspirateurs de la même espèce. Pichegru , adouci par des procédés si délicats, et dont nul homme n'étoit plus digne d'apprécier toute la valeur , témoigna Tenvie de relire Sénèque.

« Sénèque ! vous n'y pensez pas , lui dit le

• ministre-adjoint , le Joueur de Regnard • ne

• s'avisa de cette lecture qu'après avoir perdu

• sa dernière partiel... •

Elle n'étoit donc pas perdue aux yeux de Napoléon et de ses amis, la dernière partie de Pichegru !

Et si Piehegra n'avoit été qu'un misérable traître , eapaUe de vendre à l'étranger la terre et le sang du pays, nloit-il qu'on s'occupât de

Ittî dônnel' une chance et un bénéfice dans le jeu de Napolé(m?

Cependant ^ peu dé temps après on lui oF* froit le gouvernement de cette Gniatiis fran* çofse où il avoît été déporté.

Pichegiru promît «a réponse jpfeur te (tede^ main , et le lendemain on le trouva morU

Avant d'arriver à Fénigme de ce dernier événement, qui restera une énigme, et ce n'est pas ma faute, il faudroit peut-être expliquer comment j'ai pénétré dans les mystères de celle-ci.

tle que je viens de rapporter , en effet , n'a jamais été écrit , et il y avoit cependant deux excellentes raisons pour donner. à cette aneccote la pllis grande |;>ûblicitè possible ; c'est qu'elle avoit pour conséquence nécessaire la rénabihltation des deux gran^ personnages àe la révolution , de Pichegrù comme traître , et ^ lYà^ôlébn comme assassin.

Noù , sahs dè'ùte ! Napoléon n^à 'ôràoûïié bî permis l'assassinat de Pichegrù , pùîs()fa'il nliteendmt que 'sa iréponse ponr Itii cofnfëlrer une )[>artte de h puissance souveraine sut Isn Atatre point de k terre» ii sentoit âe^nàent

piciiTOm% tW

qm Taiicien Inonde étoit timp ârdt pour ite contenir à la fois toln deût.

Non^ teM doute j Kcbogrn n'avlMt |Ms tray le pays, puisque k plus lévère «t le plus far-» tial de s€ss îta^ 4«i dfélégikoit spontaliéaieill rboMieiir de représMier k f^rance datas «dès eoeirées où elle ne peot être reptrésentée que par im pouvoir s&ns lÎMâkes^ «et d'y régner «a son nom airec dei; nillioss et des soldats.

Mais pour faire sortir œ feit du rang des fio*^ trions àÎ8torM|ue8 •a«(xM|aeUes mm m'accuse de Aoe c(ân]^lsâre^ te bon sens *da ^publie eiigem î t astre cime «fM i» béiBbigna|g[e d'^n famnoiè quVm n*a jamais soutenue, grâce au cîel, d'avoir éa paart ^ ^seus aucMi régime^ «ix wmk^ fidenees de la police. 0»n «rigeroh pwit^(btita de MM, côBatee des muàéa& oànéliens ^ etilm éé Duvidet delasibyUe^

Ob'bîeù) €i> feroit mieUK ,<oil «'infetinfètéit de la vérité de ces dérm^^ ci^tonstattces^auproft de a. 4e comte Réal^ dont la vteikiesee vi*-

1 Ces détail» m'a^oiêot été raicontés par M. Aéal devutiiliir sieurs témoias , au nombre desquels se trouvoit M. Dayid, notre célèbre statuaire, et c'est ce qui explique cettfc illusion. Lfe <îhafjlklÉt entier a M imprimé da Mvant de M. Béaletâte jflnVMa.

2fft PoitnuiTS.

rile a conservé toute ta verdenr des soaTentrs de la jeunesse ; de H. Real , seul intermédiaire et par conséquent seul garant digne de foi de cette n^Dciation. La seule dénégation de If. Héal détroiroit toute la crédibilité de mon récit. Je me soumets Tolonliers à celte épreuve:

Nous partirons donc de cette hypothèse , qne je tiens pour admise, dans Texamen des pensées qui durent occuper Pichegru jusqu'à sa dernière résolution.

Pichegru étoit coupable de &it envers le gouvernement consulaire, comme l'eût été Thrasybule tombé à la discrétion des trente tyrans, comme l' étoit Pélopidas , si un mouchard thébain l'avoit livré & l'oligarchie.

Il n'y avoit pas un juge à Paris qui ne pât le condamner en conscience , d'après le texte de la loi. Il n'y avoit qu'un homme à Parisqol pût lui faire grâce, et cet homme étoit Napoléon.

I4apoléon étoit disposé à lui feire grâce : il lesavMt. Napoléon vouloit le traiter plus largement, et il le savoit aussi. Pichegru n'étoit pas seulement menacé de vivre} il étoit menacé d'une faveur, d'un gouvernement, d'une vice-royauté; à lui, captif promis au bour-

PIGHEGftI).. 217

reau , on lai promettoit une portion de Tautorité impériale.

Si Pichegru avoit été le traître qui vendit indignement son épée pour donner son nom à un village , il n'auroit pas balancé à sauver sa tète quand on lui jeloit presque un monde.

Mais pour sa grande âme une flétrissure honoriûque n'en étoît pas moins une flétrissure. Il ne trancha pas le nœud gordien comme Alexandre; il le serra. Je ne sais aucune autre manière d'expliquer son suicide.

. Quant à Passassinat , il seroit heureusement plus di£Scile encore à expliquer. L'intérêt du crime n'y est pas, et les crimes de notre civilisation ne vont plus sans intérêt. Laissons sur Bonaparte, et j'y consens à regret, le sang innocent du duc d'Enghien , tant que l'his»

tojre ne l'en aura pas lavé. Connivence ou foiblesse, déférence ou cruauté, cen est déjà trop pour sa mémoire. Ce sang criera plus haut que celui de Clytus et de Callistbène.

Un très-petit nombre de ces attentats sont l'ouvrage de l'homme qui en recueille le profit — et la honte ! mais les meurtriers oflScieux foisonnent partout où il y a des tyrans.

ils pôfcirhliiT6.

AvaM d'arrïyer A Ane ttoQtltovelrië 1)iett radiM embarrassaote qu'on ne croit et qflf ii'boïA)^e¥& qu« la tDoindra i^aitie de ce diMdttH -, qUbiqu'ëlte en soit te principal objet , J^'âMi «defr* HKt quelqœ idiée de Pi«hegr« ^ «oMs te ï«^oH phy^ue el monri. Je ne coïnjWeAiilb pas h biographie «ans parti^'ri.

I>iefce|g^u û'avoit quie tïHenve-deux latia (qtiMi il ftit<élé<^ an twttKOHddaieM en drtrf de t^ihndadv ttiiiai bmik, eomtte daâs loM 4ieA hommes qui «te'vieniieni des t;pï»t I^KpMI* num de m phyiioBtHÉie avoit ^«aaoé tevaMurite de t'ftge. -Ainsi «fie le }cmi6 Gavtfks 46M la^^ttamortMsseiffbletotila rimate^ ftj iiii ia eii««n', il iinaposoit d^ le reis^eot. 'Deux «M aopamVuA , M. de fOsHMone , HorA rnritristmè de la gmtre > «S>oit idh <de lui oe dMt ^AfftMel (ftri équivav^ â mu Biguatentem 1 1 Qu^ort dwa ■"dffvâtMi Oè ieune'sovs-oflkierdewtit leqMt M ■ cdloMteétoicnt tentés de parier ehapcMbaBÏi

Pioheg^ me paroiasoit viebx, bt saiwiifir Étatian prâtoit â cette -eHreiar co«iflnrà*e «ui enfsns. Sa tntte , au-^lessDS de lamt^esm, éloit pilotât •bi&m 'plautée que hîen iprise ; eHS n'avoit^d*ei«^a)Wte>qjleice qoi isied à ta fiM«e*

QuoitiHe peu charnu , il étoit large. Son buste tDU¥ert ^ son dos un peu YOûté, ses vasleé épsu^ les qui soutenoient tin cou ample ^ bôurt et nerveux ) lui donnoieni quelque chése d'bn athlète comme Milon ^ ou d'un gladiatsfur eomme Sf^àrtacus. Sbn visage partibipoit de cette foIrÉie quadt^angulàire qui è&i assez pi^o^ pre aux Franos- Comtois de bonne race, fies es mandibulaii^es éloient énofines ^ Son front iim «ense et très-^anouï vers ses teUdpes dég»*^ nies de cheveux , son nez bien proportionnelle ^ ceupé de la base à rextrémtté par un ptan Ani qui f^bioit wie iàrge arftte. Rien Â'égbleît la éouceur de son regard quand il n'avoit IpoiM de raison polir le nèodre impérieux xm veiaé^ table. Si un grand artiste voulmt exprimer ««r une face hutnuîne i'MipassiMh'té )d'«ni deihiéieu \ il faudreît «qu'il mvdfrtài te 4ète de #î» efic^ru'.

<Son iné|tat8 profond ppiir lès hommes «èl pour. les >événeBrènts<, sur ilcfifqueifi il n^expri« moit JàitaaÂs son opîAion iiu'avec ùnfe ironie dédaigneuse, ajoutoit enacore à eewraet^.' Ptêfaègru selrvôtticyâlement l'ordre soeîalqa'il àvwt trouvé ^ paa^ee^fue'c'^ît'te'nnsfiimiq

il ne restimoit pas , et il ne pouvoit pas l'estimer. Son cœur ne s'émouvoît qu'au souvenir d'un village où il espéroit passer sa vieillesse, a Remplir sa tâche et se reposer , dîsoit-il sou- » vent, c'est toute la destinée de l'homme. »

Pour lui supposer d'autre ambition que celle qui aspire à Toisiveté rêveuse, à la nonchalance occupée du sage, il faut n'avoir jamais approché de Pichegru. Je m'en rapporte i ceux qui l'ont connu , sans excepter ses ennemis.

Qu'on fasse un vice , je m'y soumets , de sa vertu dominante , mais qu'on ne la défigure pas. Un empire auroit été trop petit pour son génie ; une métairie auroit été trop grande pour son indolence.

Son voyage même à Paris , sans éclaircissements, sans conseils , sans {Nromesse écrite , \ la merci d'un rival dont il avoit éprouve la foiblesse et la mobilité , n'est que l'acte d'un paresseux plein d'âme et de dévouement , qui change laborieusement de place au soleil pour être encore une fois utile.

Qu'auroit-il fait d'un trésor ? Il n'avoit jamaispu apprendre à compter l'argent. Ce grand

^ICHEGRU. 22i

mathématicien de l'école de Brienné étoit inca* pable dérégler en monnoie courante le compte d'une blanchisseuse. Quand on lui appôrtoit , au quartier-général, ses appointements du mois (c'étoient alors des assignats en feuilles) , il en Goupoit au jour le jour ce qui lui étoit nécessaire pour payer la dépensé en nombre rond.

Le surplus traînoit sur son matelas , sur sa table , sur sa chaise , ou à côté.

Pichegru n'a jamais été marié , quoiqu'on l'ait fait maladroitement stipuler , dans le fameux marché des fourgons de kinglin , pour des enfants qu'il n'avoit pas; la restauration s'est cependant hâtée de pensionner une petite aventurière qui se donnoit pour sa fille. L'étourderie bienveillante de la récompense étoit la conséquence nécessaire d'une étourderie malveillante dans l'accusation. Au fond de l'une et de l'autre, il n'y avoit heureusement qu'un mensonge.

Pichegru, sous-officier, s'étoit fait ce que les sous-officiers appellent une bonne amie } et celle-ci, pour un homme tel que lui, ne pouvoit être qu'une amie décente, sérieuse et respectable. Cette pauvre fille /que je vois

Stt P0RVRAK8.

d^id et qui s'appeloit Rose , étoit à peu près de l'Age de Bichegro ; elle était fort médioeroT ment jolie et boitoit. Son état d'ouvrière en robes , dans lequel elle exeeiloit , lui permeltoil de vivre honnélement sans recourir à personne. J'ai ouvert dix lettres d^elle» surTautotisation que n'avoit donnée le général d'ouvrir toutes miles qui ne provenoimt pas du gofivOTneiment , et je n'ai jamais vu de lettres plus no« Mes, plus raisonnables et plus toitcbantes.

Elle ne le tutovoit point ; elle Tengageoit ^ avec une confiance fondée sur son caractère, à ne pas se laisser éblouir par les prestiges de la fortune, à rester le t¥>n Charles qui s'étoit foit aimer dans une condition obscure, et à foire , quand il le pourroit , quelques économies pour ses parents pauvres. Pour elle, ce n'était que peintures exagérées de son bien-être et de ses succès. Elle avoit foit six robes pour la femme du représentant, elle en coupoit six autrqs pour la femme du général ; elle av(Mt même de Tor , ce qui étoit fort rare dans ce temps-là. Digne et honnête créature!... Pichegru reli* soit ces lettres avec une émotion si douce , et il disoit si fièrement en les serrant dans son

pertrffii^â : « C'ett pouptasl aïoi qui luiî m Il apparia l'ûrthQgFaphe ! ^

OAiMt qind Fî«begru »'av<âtjainaisi d'argent m réwrve* j'^i 4H coniment U pajfQît : oom-r «iMt U ^QQît , on le devise. Quand je le

quittai h Wmfs^mhQwg^ Iw feuiUaa d'ai^sigaau étfflOQid^ fwtane arrivera la veillât et lea cî^ fm93L y aveient déjà fait m larg^ trayail. » tl ^Qt 09peodiQt , mcidit^il, que j'envoie une petite marque de souvenip à Iiû«e* » Ç^tt^ laarque de aouvenip du premier homme du la république pour une tailfeuse ^m étpii sa mijllaure amie , e*eat moi qui la rapportai ; on para^uie, un beau parapluie vraîm^^t 9 qm avoit «oûté 38 francs en assignats au pair |

le saia que tout ûsla est biao puéril; pais q^m ! Je ne Téeris ci^iendant pas sans atten^ drJsaement : j'aime à trouver de semblables d^île dans Plutarque , et Piehegru étoii un kooime de Plutarque , ou il n'y en eut jamais.

Des détails, en voici encore : trois aqs après, yHfM encore un epfant , mais un enfant de cette époque, nourri d'études fortes et de sen* timents exaltés , capable de se passionner pour tout, et eurtout pour les causes périlleuses 1

ambitieux de dévouement et de dangers. Pi« chegru rendu à l'état de citoyen, mais dictateur universel de Topinion, traversoit alors en triomi)hateur ces villes de Franche-Comté où une populace imbécille devoit un jour traîner ses statues dans la boue. Une de ses premières pensées fut de m'appeler. Je l'accompagnai à Arbois. Tai fait seul avec lui dans sa voiture cette partie de son voyage. De Besançon , il y a onze lieues de poste.

Je venois d'embrasser avec toute la ferveur d'un néophyte le parti tout aussi absurde i mais non plus absurde qu'un autre, auquel on ose prétendre que Pichegru s'étoit vendu plus d'une année auparavant, comme si Pichegru avoit pu se vendre ! j'exerçois sur la classe jeune un certain ascendant d'expansion, et si l'on veut de turbulence. J'espère au moins qu'on ne me contestera pas celui-là , même dans mon pays* J'étois un Séide tout fait, et j'en valois bien un autre. Si Pichegru avoit conspiré , il l'auroit pris. Hais Pich^ru ne conspiroit pas.

U m'aimoit cependant, et je ne lui ménageois pas, les aveux. Eh bien!.... s^ conseils sont

^ICHBGRV. S26

devenus la règle de ma raison quand ]*ai été afiranchi de toutes les erreurs dont il m'avoit détourné. La politique de Pichegru, c*étoit Vordre , le devoir , la morale , la politique des gens de bien d'aujourd'hui, au désespoir près« Arbois ne l'accueillit pas comme un de ses enfants, mais comme le roi de ces jours de nécessité. Rien n'étoit plus fait pour lui déplaire que ce pompeux cérémonial sous lequel se déguisoient gauchement les secrètes vues des partis. Il savoit trop que tout cela ne s'adres* soit pas à lui ; il avoît résolu d'y couper court une fois. Après ces manifestations générales de reconnoissance et d'affection qui ne coûtoient rien à une âme si naturelle et si tendre, après ces effusions d'un abandon plus intime que sollicitoient d'anciens souvenirs : c Mon • cher compatriote , dit-il au président de la » députation qui étoit venue le recevoir, je n'ai > qu'un très-petit nombre d'heures à passer . dans mon pays natal, et je les dois presque » toutes à mes parents des villages voisins. Si » l'amitié qui m'unit à vous m'entratnoit à » négliger mes devoirs de famille , vous m'en

B blâmeriez le premier , et vous auriez raison »

is

iê

)» YovjB yei^ez cependant me proposer un diner

f ^t Uf^ bal. Quoique j'aie perdu depuis long-

f l^pQips l'habitude de ces plaisirs; , j'y partici-

I nçrpis volpntiers. Je serpis |ie,ureux de vider

I pff, 81 bonne compagnie quelques verres de

? pe^re excellent vin mousseux , et de voir

j i^ifàseT les jeuçes filles d'Ârbois qui doivent

,f^e bien jolies si elles ressemblent à leurs

I mèri^ : mais un soldat n'a que sa parole , et

I ie ypji^ jure sur l'honneur que je suis retenu.

I f ai prpmis i| y a lopg-temps à Barbier le

^ îiignpron «Je faire avec lui ç^on premier re-

;i P9f qjuand je reviendrois au pays ; et , en

. ji conscience , 4'ici au çoijicher du soleil, je

f U'^^ P^u^ P^ ^^^ deux* »

y étpit ti^pis heures, après-midi. L'émotion l9( gfan4e. Il i^'étoit plus question que de êF9fFfff jce vigneron ^i dédaigné la veille , qui ^vj^ijt eu rboiineur d'èjtre Ta^i du général. Q'éiffti iun pauvre diable qui po^édojit un petit 1^ 4(f yig»e pour lioute fortunp, et qui ajrro- ;0)j| ^i^ueUeo^c^t de i^oiji prp^pil upe maïuvs^se ;prj^^p 4^ pain ^oir. L€^ eqfai^s l'^ppcAoîent .J|af^^ te Désespéré j à caj^^e .d'un certain |jb»^9 #l9A0Qliq^e &, ktomb» (|ui u» ro-

nom lui est probablement resté s'il yit eil.QPfÇ.

i)i| 9Hepdaqt, op çsqoçtoit pjroc^$$iopp^ll6-

in«fft )e général. ^M hPRt (t'pne PfOfflen^fïP

nu'on appçllp, je crpïs, (q Fotffe,, |1 ^.^fr/èf^ y^^

WPQMspt d^v^i}^ Ig ^e^x tiilçi^l oj^ tm. Rpfi(j|p

le capitaine Claude Morel , dit l^ ftpftfifi > V^p

l^ pjCjires de Bf>OJ?. • Poi)gçrv,e:| J)jçn pft| j^f J)ré-

là ! dit-il avec éjpo^jop.... pe fjç^y^ hoipsip

î 9 joui «l'pn ï)ojpli<?iir gjjj (^^ J'objeç î|e |o"8

• ISS? dé§|r§! Il est mqrt pq^r la ïwtftiel... .

Pq étoitpjjcvçpf^ à trqpyçç lep«se^péi;4îJ^i^

pa >igr}e, et on Jl^i avoi» ppicté, pfeapie^» jt^j^,

l'ipyjtgiliop jrjçspeptqeuse f}e? ^utpçit^s df ji?

yii^ç. U g'.^lojj yen^u ^y fcanqug^ 9iM SMtfP

p^ilqapwe, ç> apTèjf pvoir .#p.Qs^ ^m pp p^ip

ses outils et sa hottç, || s'4fpit jeté çn p(€^f^

,dç joip (îftn§ ^ fejffis die FwflçgFM-

— f -Ç'ÇSt «Jonc Jpi , Pbarlot , i|^9« PSPWP Chariot ! s'écrioit Barbier-le-Désespéré. »

— ff Ç'esl; (}pnc tqi, mop cber caiparude!

lui jrépDDdoit PÂçi^i^gru »n p|euraat94S$i. t

4ç puis ipe trpipper sqr un horowe qap j'qdfuire p9r*de^sms toujs 1$^ homipes qu'on

gimr^f mm jam»i$ la siqiplicii^} ^9 e^iy^^té

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