‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 122 sur 128 · PAYS VOISINS DE LA JUDÉE · texte numérisé non relu

PAYS VOISINS DE LA JUDÉE

Les pays voisins de la Judée étaient, au nord, la A%ne et la Phénicie ; au sud-ouest, le Pays des Philistins et VEgypte ; au sud, V Arabie Pétrce; à l'est, V Arabie déserte.

L La Syrie, dans le texte hébreu de l'ancien Testament, est appelée Aram, du nom du cinquième fils de Sem, de qui descendaient les Syriens. C'est là que se trouve le mont Liban d'où furent tirés les cèdres dont on se servit pour la construction du temple de Jérusalem»

Entre plusieurs cantons que l'écriture distingue dans la Syrie, on remarque particulièrement la Syrie de Damas, ainsi nommée de la ville qui en était la capitale. Elle fut assujettie par David; mais, sur la fin du règne de Salomon, il s'y éleva un royaume très puissant, dont les princes firent beaucoup de mal aux Israélites. La ville de Damas, célèbre par la conversion de saint Paul, était située dans une belle plaine, arrosée par un petit fleuve que les Grecs appelaient Chrysorrhoas (c'est-à-dire, courant d^or), lequel s'y partage en trois bras.

Palwyre, à l'est, dans un terrain très fertile, mais environné de sables, fut bâtie sous le nom de Tadmor par Salomon, dont les états s'étendaient de ce côté-là jusqu'au bord de l'Euphrate.

liste fait aussi mention de Lysanias, tétrarque de VAbilène: ce dernier pays était au nord de Damas.

Plusieurs géographes croient que VIturée était la mênfie contrée que Vu4u' ranilis: celle-ci, qui s'étendait dans l'Arabie, à l'orientde la Batanée, renfermait la ville de Bostra, qui, au troisième siècle, fut métropole d'une province romaine.

(s) Les auteurs ne sont point d'accord sur le nom de ces villes, ni sur leur situation. Après Scythopolis, d'Anville nomme les neuf autres dans l'ordre suivant : Gadara^ Hippos, Gérasa, Canaiha, Fella^ Diiim^ Philadelphie, Abila, Capitolias.

(^) Après la bataille de Gelboé, les Philistins suspendirent aux murailles de bethsan le corps de Sbiil et ceux de ses fils; mais les habitants de Joèè^- Gala.ad les enlevèrent pendant la nuit, et leur donnèrent la sépulture. Quant au nom de Scythopolis, que la ville de Bethsan portait déjà au temps des Maccabées, ellesemble l'avoir pris plus anciennement des Scythes, qui, suivant le récit d'Hérodote, après avoir vaincu les Mèdes, s'avancèrent dans la Palestine.

{u) Cette montagne se divise en deux branches: l'une occidentale, qui est le Liban proprement dit; et l'autre orientale, qui est connue sous le nom

Anti-Liban, parce qu'elle se trouve dans une situation opposée à celle du Liban. Une dislance à-peu- près égale sépare partout ces deux chaînes, et

Géographie Sacre. 8-

Après la mort d'Alexandre, Séleucus-Nicanor, l'un de §eé lieutenans, eut en partage la Syrie, à laquelle il joig-nit ceiS grandes et riches provinces de la haute Asie, <]ui avaient composé l'empire des Perses. Ses successeurs, dont la plupart ont porté le nom Antiochus, affligèrent beaucoup les Juifs, surtout du temps 'des Maccabées. Antioche (Antakiéh), la capitale, avait été fondée par Séleucus sur la rive gauche de V Oronte (El-Asi), et a tenu long-temps le premier rang entre les villes de l'Orient: ce fut là que les diciples de Jesus-Christ commencèrent à prendre le nom de Chrétiens,

II. La Phenicie, dont les habitans étaient comptés parmi les peuples Chananéens, ne comprenait qu'une langue étroite déterre, entre la Méditerranée et les montagnes de la Syrie. On y distinguait deux villes principales : Sidon (Séiàe), qui était originairement la plus puissante, et qui se rendit, célèbre par ses verreries; (Sour), que le prophète Isaïe appelle la Jille de Sidon, et qui, à raison de son commerce et de son opulence, fut long-temps regardée comme la reine des mers (z?).

Sarepta, entre Sidon et Tyr, est connue par le séjôur d'Elie, qui y fut nourri par une pauvre veuve, dont il ressuscita le

fils. ;•• ^

\ A l'ouest de la Phenicie se trouvait l'île de Cypre (Chypre); où était né saint Barnabé, qui, avec saint Paul, y vint prêcher l'évangile ; c'est h Papliôs, sur la côte occidentale, qùè celui-ci convertit le proconsul Sergius Paulus. \

III. Les Philistins avaient la même origine que les Egyptiens. Ils occupaient cinq villes principales, qui formaient autant de satrapies ou de gouvernemens. Ces cinq villes étaient^ du nord au sud: Accaron, oh Ochosias, roi d'Israël, qui avait fait une chute dangereuse, envoya consulter le dieu Béelzébub ; Getky patrie du superbe Goliath ; Azot (^), où les Philistins placèrent l'Arche d'alliance dans le temple de leur dieu Dagon ; Ascalon (y)^

forme une vallée extrêmement fertile, qui, suivant Strabon, était la principale partie de ce qu'on appelait la Cœlé-Syne (ou Syrie creuse.)

{v) Tyr, dont le nom primitif est J'.sowr, existait du tems de Josué; Hiram, allié de David et de Salomon, fut l'un de ses rois. Cette ville résista pendant treize ans à Nabuchodonosor-le-Grand, roî de Babyîone. Avant qu'elle fût réduite à la dernière extrémité, les habitants se retirèrent dans une île voisine, où ils bâtirent une nouvelle ville. L'ancienne Tyr (P^latyrus), qui dès lors ne fut plus qu'un village, fournit à Alexandre des matériaux pour construire le môle par lequel il joignit l'île au continent, Ce môle, par la suite des temps, s'est changé en un isthme solide.

(x) Azot soutint contre Psammitichus, roi d'Egypte, le plus long siège dont l'histoire fasse mention, s'il est vrai, comme le dit Hérodote, que ce siège dura vingt-neuf ans,

(î/) Le territoire d' Ascalon était renommé pouç les petits oignons appelés e'cAa/o^es. Delà le nom latin ascatonia (soiis-entendu c^j^a/j en français, on disait autrefois eschaloigne*

AbrÊgb i)E lA

qui donna le jour au fameux Hérode, surnommé le Grande Gaza (z'), qu'a illustrée la mort de Samson, et qui, rasée par Alexandre-le-Grand, fut rétablie peu après, et détruite une seconde fois par Aiexandre-Jannée, Tun des princes Asmonéens.

IV. L'Egypte est toujours désignée, dans le texte hébreu de l'écriture sainte, sous le nom de Mesraim^ qu'elle prit de Tdesraïm, second fils de Cham, dont les descendans la peuplèrent dans les premiers temps ; quelquefois aussi on la trouve nommée Terre de Cham, C'est dans la partie orientale de la Easse-Egypte et à la droite du Nil, qu'était le pays de Gessen (a), où Joseph établit ses frères. Les Israélites, durant leur servitude, y bâtirent la ville de Mamessèsy qui dans la suite fut le rendez-vous général de leur armée, lorsqu'ils partirent de l'Egypte.

Tanisy dans le Delta (b), sur la bi anche Tanitique du Niï^ était, du temps de Moïse, la résidence des rois d'Egypte (c) ; et c'est dans son territoire que ce célèbre législateur opéra les prodiges qui contraignirent Pharaon à laisser aller les Hébreux.

Memphisy sur le bord occidental du Kil, tint long* temps le pre» mier rang parmi les villes de cette contrée : près de là étaient les trois grandes pyramides, qui subsistent encore aujourd'hui.

Alexandriey fondée par Alexandre-le-Grand, devint, sous les rois Lagides, ses successeurs, la capitale de la monarchie Egyptienne (d),

V. L'Arabie Petree, partie occidentale de l'Arabie, est le désert où les Israélites errèrent pendant quarante ans, après léur sortie d'Egypte, Elle s'étend au midi jus.qu'à la mer Rouge^ qui, par d€ux bras avancés, le golfe Héroopolite et le golfe Elaniti" que, y forme une espèce de presqu'île. C'est dans cette presqu'île que l'on voit les deux fameuses montagnes èiHoreb et de Sinaïy à peu de distance l'une de l'autre. Le mont Horeb est le lieu où Dieu^parut à Moïse au milieu d'un buisson ardent ; dans la 6ui««

{%) Gaza, qui tenait le premier rang entre les cinq saffapies des Philistins, était située sur la pente d'une montagne, à sept stades de la mer, où elle avait un port appelé Mqjuma.

(a) Suivant Gosselin, le pays de Gessen était situé vers le milieii de la largeur de risthntie de Suez, auprès des îacs ou des marais amets, que Ton y trouve encore, et qui répandent quelque Fertilité dans leurs environs.

{b) Le Delta est l'espace compris entre les deux principales branches du Nil : ce nom lui a été donné à cause de sa forme triangulaire, semblable à celle de la quatrième lettre de Talphabet grec.

(c) M. Malte-Brun prétend que cette ville de Tanist qu'il qualifie d'msignifiantey n'est point celle dont il est parlé dans l'ancien Testament, comme étant la capitale de l'Egypte. CelJe-ci, dit il» qui dans le texte hébreu est nommée iain ou Tsaïn, était située vers la pointe du Delta; c'est la ville f]ue Platon appelle Saïsj et à laquelle les Grecs ont donné le nom

Héliopolis: elle était détruite avant le temps de Strabon.

(d) C'est dans l'ile de Pharos, voisine d'Alexandrie, que le roi Ptolérnée Philadelphe plaça les 72 docteurs juifs que lui avait envoyés le grand-prètre Eléazar, ^qui y travaillèrent à la version grecque de TEcrilure Sainte, si connue smt le nom de Version des Septante*

Géographie Sacre.

te, le prophète Elie s'y retira, pour éviter la perséeutîon de Jézabel, reine d'Israël. Le mont Sinaï, plus à l'orient, est fort célèbre, parce que Dieu y donna la loi à son peuple par le ministère de Moïse.

Les principaux peuples établis dans l'Arabie Pétrée étaient, de l'ouest à l'est, les Amalécites, les Iduméem, les MadianiteSy les Moabite^s, et les Ammonites,

\ ® . Les Amalêcites, qui habitaient Ters les confins del'Eg-ypte, faisaient origin ai rement partie des Iduméens ; ils tiraient leur nom d'Amalec, petit-fils d'Esaii. Comme ils nourissaient une haine implacable contre les Israélites, Saiil les extermina par l'ordre de Dieu.

2 ® . Les Iduméens ou Edomites descendaient d'Esaii, autrement Edom, frère de Jacob. Leur pays, appelé Idumée ou Terre d*E'doMy s'étendait depuis la Judée jusqu'à la mer Rou^e (e). David assujettit les Iduméens ; et ils demeurèrent soumis aux rois de Juda, jusqu'au règ-ne de Joram, fils de Josaphat.

jElana, que les livres saints indiquent, sous le nom ^ Aïlathy comme une ville de l' Idumée, était à l'extrémité du golfe Elanitique, qui en a pris son nom. ' Asiongaber, sur la côte orientale du même golfe, avait un port célèbre du temps de Salomon, dont les flottes partaient de-là pour aller au pays d'Ophir (f).

3 ^ . Les MadianiteSy issus de Madian, l'un des fils qu'Abraham eut de Céthura, formèrent une colonie considérable, qui parait s'être divisée en deux grandes parties, dont l'une habita au nord vers la mer Morte, et l'autre au midi vers la mer Rouge.

Les Madianites septentrionaux opprimèrent pendant sept ans le peuple Hébreu, et ne cessèrent point de ravager ses campanes, jusqu'au moment où ils furent entièrement défaite par Gééon.

Les Madianites méridionaux occupaient la côte orientale du |rolfe Elanitique. C'est dans leur pays que Moïse se retira, lorsqu'il fut obligé de quitter l'Egypte; il y épousa Séphora, fille de

{e) Esaii s'établit d'abord avec sa famille à l'orient de la Terre de Chanaan, aux en virons de la ville de Bosra ou Bostra, à-peu-près dans le canton qui depuis a été appelé Auranitis: c'est le pays que plusienrs interprètes de l'Ecriture nomment Idumée orientale. Delà les descendans d'Esaii se répandirent au midi de la Judée, dans l'Arabie Pétrée; et ce nouveau sé* jour des Idunvéens est ce que les mêmes interprètes appellent Idumée occi-dentale ou méridionale.

Suivant l'opluion commune, Job était Iduméen. La Terre de HuSf ou i\ faisait sa demeure, devait être dans le voisinage de la Chaldée, puisqu'il est dit que les Chaldéens enlevèrent les troupeaux de ce saint homme : ainsi die se trouvait dans l'Idumée orientale.

(/) Le pays d' 0;?Âir, d'où les flottes de Salomon rapportoient de l'or, 4es pierres précieuses et des bois odoriférants, semble à M. Malte- Brun devoir être cherché dans Tlnde, et non pas sur la côte sud-est de l'Afrique. Eu effet, ajoute-t-il, les Phéniciens, qui dirigeaient la navigation, ignorant

(la

. ^brÈoe la

Jéthro, âTMjuei r Ecriture attribue la qualité de prêtre de Madian (g),

4 * . Les Moahites descendaient de Moab, l'un des fils de Lot, neveu d'Abraham; ils habitaient le lon^ du torrent d'Arnon, à l'orient du lac Asphaltite. Balac, leur roi, engagea Balaam à maudire les Israélites, qui s'avançaient vers la Terre promise. Eglon, autre roi des Moahites, asservit dans la suite le peuple Hébreu que Dieu délivra par le ministère d'Aod, Enfin, les Moahites furent assujettis par David ; mais ils secouèrent le joug des rois d'Israël, après la mort d' Achah.

Rabbath-Moahy leur capitale, autrement nommée ^r, prit sous les Romains le nom Aréopolis.

5 ^ . Les Ammonites, qui tiraient leur origine d' Ammon, frère de Moab, demeuraient plus au nord, à l'orient de la tribu de Gad. Après avoir tenu les Israélites en servitude pendant dix-huit ans ils furent défaits par Jephté. Vaincus par Saiil, subjugés par David, ils tentèrent à plusieurs reprises de se soustraire à la domination des rois de Juda, dont ils furent tributaires jusqu'au rè- ^ne d'Achaz.

Habbath- Ammon, appelée ensuite Philadelphie, qui était la capitale des Ammonites, fut prise par David après un long siège (A).

probablement la nature des moussons ou vents périodiÉjues, pouvaient bien avoir besoin de trois ans pour aller à la côte de THindoustan méridionale, pour y faire leurs achats, et pour revenir au port d' Asiongaber.

Le savant Gosselin observe que T Ecriture distingue formellement les wojBges (.V Ophir d*avec ceux de T/tarsis: les premiers se renouvelaient tous les ans, les seconds demandaient trois ans pour leur exécution. Il place Opkir sur la côte orientale de la mer Rouge, dans la partie septentrionale de l'Yémen, où il existe encore une ville sous le nom de Doffir: c'était le pays des SabéenSt dont la reine vint visiter Salomon.

Pour ce qui est de TharsiSf les opinions ne sont guère moins divisées sur son emplacement que sur celui d'Ophir. Gosselin, s'appuyant sur Tauto. rité des Septante et sur celle de saint Jérôme, a démontré que le mot Tharsist dans les divers passages de la Bible, ne signifie autre chose que la mér en général. Suivant lui, le voyage de T/iarsis, que faisaient les Hébreux et les Phéniciens en partant du port d* Asiongaber, était renfermé dans l'étendue de la mer Rouge, dont il embrassait toutes les îles et tous les ports qui offraient quelques objets de commerce, et principalement la côte Africaine, qui fournissait Tivoire: c'était, dit-il, une sorte de cabotage lent, qui pouvait bien exiger trais ans.

(g) C'est vers l'entrée du goîfe Elanitique et sur le bord oriental que d'Anville fixe la position de Madiany la même ville, selon lui, que celle qui est appelée Modiana par Ptolémée. En admettant son opinion, il s'ensuivrait que Moïse aurait dû faire au moins soixante lieues pour conduire delà éu mont Horeb les troupeaux de Jéthro, son beau-père. Cette diflSculté, qui parait grave, a déterminé plusieurs géographes à placer Madian^ séjour de Jéthro, de l'autre côté du golfe Elanitique, dans la presqu'île de Sinaï.

{h) A ce siège périt le brave Urie, exposé par l'ordre de David dans les attaques les plus dangéreuses.

Géographie SacreI

VI. Dans L'arabie Déserte habitaient les Ismaélites, ainsi nommés de leur père Ismaël, fils d'Abraham et d'Agar. Comme Ismaël avait eu douze enfans, ce peuple fut d'abord divisé en douze tribus, dont la plus connue est celle des Nabatêens, qui, au temps d' Auguste, formaient une nation nombreuse et puissante. Les Nabatêens dominaient alors dans l'Arabie Pétrée, et s'étendaient fort au loin dans l'Arabie Déserte : Péira, qui était la résidence de leur roi, et qui, selon l'opinion commune, a donné le nom à la partie occidentale de l'Arabie, se trouvait à-peu-près à égale distance de la mer Morte et de la mer Rouge,

Page 1