EMPIRE DU JAPON
546. Cet empire, sitiiâr entre le Grand Océan à l'est, et la mer du Japon à l'ouêst, se compose des îles lesso, Niplion, SikofF, Kiusiu, des trois Kouriles méridionales (No. 516), d'une partie de l'île Tchoka (No. 545), et de plusieurs autres îles moins considérables,
(a). On pense que ce culte informe est le christianisme des nesîoriens travesti, et que le Dalaï-Lama pourrait bien être le fameux prêire Jean dont 11 a été tant parlé au aïoyen âge,
188 Abrège de la
Les îles du Japon furent découvertes en 1542 par Mendez Pinto, navigateur portugais. Ceux de sa nation y formèrent un établissement à la faveur duquel beaucoup de missionnaires, entre autres le grand St. François Xavier, prêchèrent le Christianisme aux indigènes et fondèrent un bon nombre d'églises. Deux grandes persécutions, en 1590 et en 1638, anéantirent presque cette chrétienté naissante. Les marchands portugais furent supplantés par des Hollandais, qui seuls avec les Chinois ont aujourd'hui permission d'aborder au Japon.
Les Japonais font remonter la succession de leurs empereurs ou daïrisk 660 ans avant J. C. Les Mantchoux envahirent le pays en 779, et les Mongols en 1281 ; les uns et les autres furent repoussés, et leurs flottes et leurs armées entièrement détruites. En 1585, le chef militaire de l'empire, qu'on nomme Kubo, enleva au dairi toute son autorité politique, lui laissant tout son prétendu i^ouvoir spirituel avec des revenus immenses.
547. Climat^ Productions 8fc. : Ces îles éprouvent tour à tour les extrêmes du chaud et du froid : à Nagasakij dans l'île Kiusiu, le thermomètre monte jusqu'à -"|-43 ^ i en été et descend jusqu'à — 29 ® en hiver. Leur position entre des mers orageuses les expose à des variations de température continuelles, aux tempêtes, aux ouragans, aux pluies abondantes. Presque toutes les nuits d'été le tonnerre se fait entendre. La neige reste quelques jours sur la terre, même dans les parties méridionales. Le sol, montagneux, volcanique, agité fréquemment par des tremblemens de terre, est peu fertile : mais une agriculture industrieuse lui fait produire toutes les richesses végétales de la Chine, auxquelles il faut ajouter l'arbre à gomme-résine qui fournit l'inimitable vernis noir du Japon ; diverses espèces d'orangers, de figuiers, de lauriers, de mûriers, de bois précieux, &c. ; et beaucoup de plantes utiles dans la médecine.
Il y a des mines abondantes d'or, d'argent, et de cuivre. Les sources d'eaux chaudes minérales sont
assez communes. ,. •
Le g-ing-embre, le poivre noir, le sucre, le coton, et l'indigo /
sont cultivés en grande quantité. Le riz est le grain principal;
on le sème en avril et on le récolte en novembre.
On a banni de tout l'empire du Japon les boucs, les moutons,
et les cochons. 11 y a peu de chevaux et de bétail. Pour les tra-
Géographie de i/Asie.
. vanx des champs, on emploie des buffles qui ont une bosse sur le dos et des vaches très petites. Les chiens sont nourris aux dépens des villes ; on les chérit, on les respecte. 11 y a peu d'animaux sauvacres; les renards sont détestés, parce qu'on les considère comme de mauvais esprits revêtus d'un corps d'animal.
La principale nourriture des Japonais consiste en poisson, en riz et en légumes. Ils font une espèce d'eau-de-vie de riz, nommée zalikiy boisson très enivrante.
548. Commerce : Cuivre excellent, eamplire, vernisj ouvrages en laque, porcelaine, tapisseries, papier, thés, soiries, &c,, &c.
549. Capitale : leddo, dans une baie à Test de l'île de Niplion. Le palais de l'empereur est entouré de murs et de fossés ; on lui donne 5 lieues de circuit, et 21 à la ville entière; les logemens, en nombre prèsqu'infini, que renferme ce palais, n'ont pour tout ameublement que des nattes blanches garnies de franges d'or. Il n'y a ni sièges ni tables ; l'empereur même, pour donner audience, ne s^assied que sur un tapis. Le salon des 100 nattes a 606 pieds de long sur 300 de large. Les toits sont ornés de dragons dorés ; les colonnes et les plafonds sont de cèdre odoriférant, de camphrier, et d'autres bois précieux. Pop. 1,300,000.
550. Villes principales : La seconde ville de l'empire est Méaco, située dans la même île, à 54 lieues au sud-ouest d'Ieddo. Elle est le centre des fabriques, du commerce, et de l'imprimerie japonaise. On y voit le palais du dairi qui vaut à lui seul une ville, et entre une foule d'autres temples, celui du dieu Daibouts, qui surpasse en richesse tous les édifices du Japon. La figure dorée de cette divinité assise dans une fleur, a 4 toises de largeur entre les épaules ; plusieurs personnes pourraient tenir dans le creux de sa main.
Osacca est le port de Méaco, et l'une des plus florissantes villes de l'empire ; les canaux dont elle est coupée, et qu'on passe sur des ponts de cèdre, rappellent Venise. — Le fameux port de î^agasaki dans l'île de Kiusiu, est le seul oii il soit permis aux étrangers de jeter l'ancre.
551. Population : Environ 25,000,000, partagés en deux principales sectes, celle des bouddhistes, et celle
des sitouistes qui croient que l'être suprême est trop élevé pour s'occuper des humains, mais qui adorent une multitude de divinités d'un ordre inférieur. Armée, 460,000 hommes dont 60,000 de cavalerie.
552. Le gouvernement est une monarchie absolue, que soutiennent un grand nombre de princes héréditaires absolus, chacun dans ses domaines, mais obligés de livrer des otages à l'empereur pour garans de leur fidélité. Les lois pénales portent, dit-on, le caractère de la plus grande cruauté ; hacher en pièces un coupable, lui ouvrir le ventre à coups de couteaux, le suspendre au moyen de crocs de fer enfoncés dans les côtes, le faire cuire dans l'huile bouillante; voilà les punitions les plus communes.
Les Japonais ont des écoles ou collèges qui paraissent supérieurs à ceux de la Chine. Ils ont d'excellens ouvriers en fer, eu cuivre, surtout en armes blanches. Ils ont beaucoup de verreries, mais ils ne connaissent point Fart de souffler le verre, ils font des télescopes.
Un Japonais prête sans doute souvent à rire ; sa tête rasée à moitié, le reste de ses cheveux relevés sur le sommet ; l'énorme couverture de papier huilé dont il s'enveloppe en voyageant ; ses salutations, qui consistent à s'incliner plusieurs fois jusqu'à terre ; l'éventail qu'il porte constamment à la main ; tont cela est un coup d'œil extraordinaire. Mais le Japonais, fier d,e sa propreté minutieuse, traite les Européens de peuple sale; il ne conçoit pas leur vivacité dans les disputes; accablé d'injures, il n'y répond par aucune parole véhémente ; son arme inséparable, le poignard, lui sert à se venger au moment qu'on n'y pense plus, ou à se donner la mort, si la vengeance est impossible.