NUBIE
640. La Nubie (partie septentrionale de ranciennef Ethiopie) est située au sud de l'Egypte et forme avec elle une étroite vallée fertile, entourée de déserts. Ont y distingue trois parties principales, savoir : la Nubie Turque, peuplée par des tribus nomades qui vivent presqu'indépendantes ; le royaume de Dongolah, dont la capitale porte le même nom, habité par un peuple féroce et rusé ; et le royaume de Senaar, qui a pour capitale Senaar, ville qui renferme, dit-on, 100,000 âmes.
64i.-^Climat salubre quoique très chaud.— Le doura,. espèce de millet, est le principal grain; il y a i peu de fruits, excepté ceux du palmier. — Commefee, i esclaves, poudre d'or, plumes d'autruches, bois de san- I dal, ébène, &c.- — Population incertaine, peut-être, 2 millions d'individuSj noirs, musulmans: les Ababdès, I qui habitent les déserts de l'est, s'enduisent le corps et I surtout la tête, de graisse de mouton. Ils enterrent leurs morts en les couvrant de pierres.
ABYSSINIK
642. L'Abyssinie (partie méridionale de l'ancienne Ethiopie) est un pays de montagnes et de rivières, situé au sud-est de la Nubie : elle comprend la côte d'A-
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besch, qui s'étend le long de la mer Rouge. — Climat plus tempéré que celui de la Nubie ; cependant les chaleurs sont étouffantes et les maladies en grand nombre dans les basses vallées.— Sol extraordinairement fertile Jà où il peut être cultivé ; on fait jusqu'à 2 ou 3 récoltes par année. — Productions très variées ; café, myrrhe, gommes, encens, papyrus, &c. — Quantité d'hyènes, d'éléphans, de bœufs qui ont des cornes longues d^ 4 pieds et gros de 21 pouces vers leurs racines — grands aigles dorés — plaines couvertes de sel-gemme. — Commerce, or, ivoire, esclaves. — Population 3 ou 4 millions, qui pour la plupart professent un christianisme mêlé de beaucoup d'erreurs. Il y a aussi des nations sauvages et idolâtres, — Gouvernement très despotique.
Les Abyssins ont la taille bien prise, les cheveux long*s, et les traits du visage assez semblables à ceux des Européens ; mais il se disting"uent de tous les peuples connus par une teinte particulière que les uns comparent à l'encre pâle, les autres au bronzé. On leur donne une réputation de férocité, d'indolence, et de débauche. Ils aiment les viandes crues avec une sauce de sang- frais. L'hydromel, renforcé d'opium, anime la sauvage gaité de leurs festins. Les grands seigneurs se font mettre dans la bouche les alimens grossièrement apprêtés qui couvrent leur table (a).
Les habitans de la côte d'Abesch sont appelés Troglodytes (habitans des cavernes), parce qu'ils demeurent dans le creux des rochers. Ils vivent de pêche et du produit de leurs troupeaux de chèvres. Leur pays renferme, dit-on, des mines d'or, d'argent, et de pierres précieuses*