‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 89 sur 128 · SAHARA · texte numérisé non relu

SAHARA

650, Le désert de Sahara (ancienne Lybie intérieure), couvert de sables mouvans, parsemé d'oasis que Strabon comparait aux taches qui se voient sur la peau d'une panthère, occupe presque toute la largeur de l'Afrique, entre le 31e. parallèle de latitude septentrionale et le 24e,

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Aucune rivière ne traverse le Sahara; on y trouve seulement des cours d'eau peu considérables, qui arrrosent de petites vallées fertiles où s'élèvent quelques villag-es solitaires. Les collines de sable, souvent transportées par le vent, sont rang^ées en lignes, semblables aux flots de l'Océan. Elles ensevelissent quelquefois des caravanes entières. On ne connaît d'autre minéral du désert que le sel-g-emme, dont il y a de vastes couches aussi blanches que le plus beau maîbre.

651. Population : 1 million d'habitans d'origine maure et berbère, qui professent le mahométisme et sont gouvernés par une foule de chefs indépendans, La plupart vivent sous des tentes, et vont d'oasis en oasis faire paître leurs troupeaux de chameaux, de chèvres et de moutons. Souvent ils sont obligés de disputer l'approche des sources d'eau qu'ils y cherchent, aux ser pens, aux lions, et aux panthères.

Les peuplades voisines de la côte Atlantique, passent pour très féroces ; ils font soulFrir d'horribles traitemens aux malheureux naufragés dont les tempêtes et les courans rejettent les vaisseaux sur ces parages, couverts de rescifs et de rochers.

Des caravanes ou akkabahs parcourent continuellement le Sahara. La principale est celle qui se rend de Fez à Tombouctou sur le Niger, voyage qui est de 129 jours, dont 54 de marche et 75 de repos dans les dilFérentes oasis ; elle est accompagnée de soldats pour la défendre contre des tribus errantes qui vivent de pillage La violence du vent de samum est telle que souvent sa chaleur desséchante absorbe l'eau renfermée dans les outres des voyageurs qui se trouvent par-là dans une situation affreuse. En 1805, une akkabah composée de 2,000 personnes et de 1,800 chameaux, n'ayant point rencontré d'eau aux places ordinaires, hommes et animaux, tous périrent de soif. Les Arabes préfèrent marcher pendant les nuits brillantes de ces climats, et alors ils se dirigent au moyen de l'étoile polaire.

Les marchands de caravanes se nourrissent de dattes, de farine d'orge et d'eau. Ils chantent pour abréger les long-ues heures du voyage, et pour ranimer le courage des chameaux. C'est surtout lorsqu'ils approchent de quelques habitations, ou lorsque les cha meaux semblent prêts à succomber de lassitude, que leurs concerts offrent plus de mélodie et de douceur. A quatre heures du soir on dresse les tentes, on récite en commun les prières ; et après le souper, qui succède à cet acte de dévotion, tous s'asseient en cercle, causent ou content des histoires, jusqu'à ce que le sommeil vienne fermer leurs yeux.

Géographie de l'Afrique,

SENEGAMBIE.

652. — Située entre le Sahara, la Nigritie, la Guinée, et TAtlantique — arrosée par le Sénégal, le Rio-Grande, et la Gambie. — «Contrée extraordinairement fertile, chaude et malsaine — ouragans désastreux sur les côtes. — Productions, animaux, &c., de toutes espèces. — Commerce, esclaves, or, ivoire, ambre, poivre, gommes^ cuirs,.peaux brutes, plumes d'autruche, huile de palmier, &c. En. échange, les nègres reçoivent de Feau-de -vie, des armes à feu, des indiennes, des articles de coutellerie, de la verroterie, des jouets d'enfans, &c. Population, 12 millions, composée de Foulahs, de Mandingues, d'Yolofs, de Féloupes, de Maures, àc, qui habitent une foule de petits royaumes.

Les Portugais, les Anglais, et les Français ont plusieurs établissemens de commerce sur les principales rivières de la Sénégambie. Celui des Anglais à Sierra-Leone, chef-lieu, Free-town f ville libre), a pour but de travailler à la civilisation des nègres ; en 1820, cette colonie renfermait 15,000 âmes, dont 8,000 nègres émancipés : elle fut fondée par la Société Britannique Africaine de Londres.

Une société philanthropique des Etats-Unis a fondé récemment une colonie semblable au cap Mesurado, sur la côte des Graines, en Guinée ; elle porte le nom de Liberia.

GUINEE.

653. — Vaste contrée qui s'étend au sud de la Sénégambie, le long de la mer, jusqu'au Congo. Les principales parties qu'elle comprend sont : 1 . la côte des Graines, ainsi nommée à cause du poivre qu'elle produit en abondance ; 2 ® . la côte d'Ivoire ou des Dents, où l'on achète beaucoup d'ivoire ; 3 ® . la côte d'Or, qui tire son nom de la poudre d'or qu'elle fournit au commerce — ^il y avait autrefois environ 40 établissemens européens, la plupart abandonnés aujourd'liui ; 4 ^ . la côte des Esclaves, où se faisait particulièrement^

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et où se fait même encore, le trafic honteux des esclaves. 5 ® . dans l'intérieur, les royaumes d'Asliantee^ de Dahomey, de Yaribba, de Funda, de Bénin, de Waree, et les pays des Biafras et des Calbongas. — I^roductions, Sec, de la Sénégambie.— Climat moins brûlant, excepté sur la côte d'Ivoire. Pour la population, &c., voyez le numéro suivant.

Les Ashantees ou Assientes, au nombre d'environ 1 million, paraissent être la nation la plus brave, la plus civilisée et la plus commerçante de TAfrique occidentale. Dans la guerre qu'ils soutinrent contre les Ang-lais en 1806, ils s'avançaient jusqu'à la bouche des canons du fort, et tiraient avec tant de précision que quiconque se montrait à une embrasure, y trouvait une mort certaioe.

Le roi de Dahomey est le despote le plus absolu qu'il y ait au monde. Ses palais sont des espèces de chaumières distinguées, et enfermées, par un mur de terre, dans un enclos d'un quart de lieue, Huits cents à mille femmes, logées dans cet enclos, sont armées de fusils ou de flèches : ce sont les troupes .légères du roi ; elles forment sa garde ; c'est de leur corps que sont tirés ses aides-decamp et les messagers de ses ordres. Les ministres déposent à la porte du palais leurs vètemens de soief ils n'approchent du trône qu'en rampant ventre à terre, et en roulant leur tête dans la poussière (a). La cabane du roi est pavée de crânes humains ; le& murs sont ornés de mâchoires («). Le roi marche en cérémonie sur les têtes sanglantes des princes vaincus ou des ministres disgraciés. A la fête des tribus, oii tous ses sujets apportent leurs dons, il arrose de sang humain le tombeau de ses ancêtres ; cinquante cadavres sont jetés autour, et autant de têtes plantées sur des pieux. Le sang de ces victimes est présenté au roi, qui y trempe le bout d'un doigt et le lèche ensuite. On mêle le sang humain à l'argile pour construire des temples en l'honneur des monarques défunts. Les vèuves royales se tuent les unes les autres, jusqu'à ce que le nouveau souverain mette fin au massacre. Le peuple,au milieu d'une fête joyeuse, applaudit, dit-on,à ces scènes d'horreur, déchire avec joie les malheureuses victimes, mais s'^abstient de manger leur chair.

Les habitans de Bénin ont lesmêmes lois et les mêmes usages que ceux de Dahomey. Sur le marché de la ville de Bénin, on étale de la chair de chien, que les nègres aiment beaucoup, des feinges rôtis, des chauves-souris, des rats, et des lézards ; mais on y vend aussi des fruits délicieux et toutes sortes de marchandises.

(fl) Traits confirmés par les M. M. Landers à l'égard de quelques souverains (le la Nigritie.

Géographie de l'Afrique. 251 CONGO.

654 Le Congo, qu'on nomme souvent Guinée-Méridionale, se divise en plusieurs royaumes dont les plus remarquables sont ceux d'Anzico, de Loango, du Congo propre, d'Angola, de Matamba, et de Benguela. Le Congo propre et une grande partie des côtes, dépendent des Portugais. — Climat très insalubre pour les Européens. — Variété infinie de productions admirables.— Commerce de la Guinée et de la Sénégambie. — Population des deux Guinées, 15 millions d'habitans, nègres féticliistes. Les tentatives des missionnaires portugais pour répandre la religion parmi ces peuples les ont seulement amenés à mêler quelques pratiques du christianisme à leurs croyances superstitieuses. Le royaume de Loango renferme des Juifs noirs, originaires peut-être du Portugal.

La capitale du royaume d'Ang-ola et de tous les établissemens portug-ais dans l'Afrique occidentale est la ville de Loanda; il y a un évêque, plusieurs églises et couvens, et une population de 3,000 blancs outre un bien plus grand nombre d'esclaves, un riche marchand portugais en ayant quelquefois 100 à son service. Il paraît que cette ville communique par terre avec le Mozambique au moyen de caravanes qui côtoient le fleuve Zambèze.

On a prétendu que les Anziquois livraient leurs prisonniers invalides aux bouchers, qui en étalent, dit-on, la chair dans les marchés publics. D'autres fois, ajoute-t-on, les naturels, dégoûtés de la vie ou égarés par un faux point d'honneur, vont s'offrir eux-mêmes à la boucherie. Les Anziquois sont excellens archers et manient supérieurement la hache d'armes. Ils sont très agiles, courageux, intrépides. On leur accorde beaucoup de loyauté dans les transactions.

Les habitans du Congo paraissent inférieurs en intelligence à beaucoup d'autres nations africaines ; ils sont maladroits, même à la chasse et à la pêche. Leurs mœurs sont très dépravées. Un usage bizarre veut qu'à la naissance d'un enfant, le père se mette au lit, pour recevoir les félicitations du voisinage (a).

(çij On a observé une coûtume semblable dans la Tartarie, dans les Indes, et parmi les sauvages de l'Amérique, La femme n'étant qu'une esclave chez ces peuples, les complimens doivent s'adresser au mari, qui se couche dans son hamac ou sur son lit, afin de les recevoir avec plus de solennité. Pendant ce temps-là, sa femme le nourrit et le soigne.

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Leurs rois sont fiers de pouvoir chausser des bottes ou de se couvrir de quelques débris d'uniformes européens. Ils sont les ju^es suprêmes de tous les procès. L'audience est publique; les spectateurs, sans armes si l'affaire n'est point criminelle, se rangent en cercle autour d'un tapis sur lequel on dépose, aux frais des partis, une quantité de flacons d'eau-de-vie proportionnée au nombre des assistans : car point d'eau-de-vie, point d'affaire. Tout le monde a droit de pérorer, et chaque plaidoyer est accom* pagné de libations et de chansons. Lorsque la sentence est prononcée, on achève de vuider les flacons. Le vin de palmier remplace souvent l'eau-de-vie dans ces circonstances.

Quelques habitans du Beng-uela s'habillent de peaux d'animaux et de serpens, percées d'un trou pour y passer la tête.

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