‹ Nouvel abrégé de géographie moderneChapitre 91 sur 128 · CAFRERIE · texte numérisé non relu

CAFRERIE

659. La Cafrérie, située au sud de la Nigritie, occupe toute la partie méridionale de l'Afrique intérieure, et s'étend même au sud-est, sous le nom de Cafrérie propre ou Terre-de-Natal, jusqu'à la mer. Cette vaste région est presqu'entièrement inconnue. On dit qu'elle est composée en grande partie de liantes montagnes, de plateaux élevés, de déserts arides et sablonneux ; que les mines de fer et de cuivre y sont abondantes ; que les habitans du côté du nord et au centre, sont des tribus nomades et barbares, entre lesquelles on distingue les Jagas, qui sont extrêmement féroces. Du côté méridional sont les Cafres, remarquables, surtout la nation des Betjouanas, par leur taille avantageuse et leurs traits agréables, par la douceur de leurs mœurs, et par leur industrie. Les hommes gardent les troupeaux et font la chasse; les femmes sont chargés des soins de l'agriculture. Des missionnaires travaillent à convertir les Cafres au christianisme.

La couleur de la peau des Cafres est un gris noirâtre, mais il se peignent le visage et tout le corps en rouge. Ils ont peu de barbe, i-eurs cheveux sont noirs, courts^ laineux, rudes au toucher, et

i Géographie dé l'Afrique. 255

I réunis en mèches éparses. Leurs vêtemens sont faits de peaux dé I mouton. Leurs mets sont le lait caillé, la viande^ le millet, le I maïs, et les melons d'eau qu'ils apprêtent de plusieurs manières. I ils ne se servent point de sel ni d'épiceries. Ils ne mang-ent point ! la chair du cochon, parce que cet animal se nourrit de toutes sortes I d'immondices ; ni du lièvre, parce qu'on en devient fou ; ni des i oies ou des canards, parce que ces volailles ont un vilain cri et ! ressemblent aux crapauds ; ni du poisson, parce que tous les poisi 'sons sont de la race des serpens ! Tous les Cafres ont un goût pas- I sionné pour le tabac. Leurs armes sont la zagaie, espèce de jave-^ j line, le bouclier, et la massue. Ils font de grandes parties de chasse j qui durent jusqu'à deux ou trois mois. Pour forcer un lion, ils j commencent par former un cercle autour de lui, et se rapprochent peu à peu du centre. L'animal blessé ne manque pas de se précipiter sur l'un des chasseurs, qui l'évite en se jettant subitement à terre, et en se recouvrant de son bouclier ; alors les autres aceou^ rent et le percent de leurs zagaies. Le vainqueur rentre en triomphe dans son hameau. La chasse des éléphans est la plus pénible ; rarement les Cafres parviennent à le percer assez profondément pour rendre la blessure mortelle.

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