‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 29 sur 36 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

tissai de Clamiaeattan.

Dochalais aurait ^u, arêc taisooi en voyant les nom^ breu^ et nouveaiix types d<Nit s'enriohiBsait, chaque jour » d*ane manière si iBatlenâtt^^ la téde des monnaies At* verneSy s*tpfplaudir de lai avoir donné la |»remière jdace dans son projet de classification. Cette benreuse parti* cuiarlté dont il eût pa tirer meilleur parti» n'était due* tontefob, qu'an haes^d de Tordre préétabli dont les in« coQvénients senti pQur le moins, aussi graves que ceux qui résultent d'un strtot emploi du système géogra« phique prescrit par Eckhel et adopté sans examen par Mionnet.

Ce système, «roeUent d Mllenrs pour la Grèce et le monde romain el qui a servi à débrouiller plus d'un dédale, ne peut s'appliquer qu'avec toutes sortes de restrictions à la Gaule ; encore le voit-on ne servir qu'à égarer et dérouter dans leurs recherches les savants les mieux intentionnés, même alors qu'ils ont pris Strabob pour unique guide.

£a effet, ce géographe, qui a si biea décrit ce qu'il a vu, nous fait connaître la Gaule telle qu'elle était après la conquête, sous Vempire d'Auguste ou de Tihète, mais très'imparfaitement Torganisation politique essentiellement mol^ile de cette grande fédération Gauloise uniBée sous une théocratie et qui, avant de se dissoudre, avait eu ses phases de luttes et de puissance biea antérieures aux travaux de Strabon; aussi, le consciencieux géographe, avant de décrire les mœurs et l'état politique de l'ancienne Gaule, prend-il le soin d'avertir ses lecteurs que ce qu'il en peut dire se rapporte à des époques qu'il n'a pas connues et dont il parle d'après la tradition*

Avant l'extension de la province romaine, la Gaule était encore occupée, au midi, sur tout le littoral des deux mers, par les Ibères et les Grecs Ioniens. L'Armorique occupait TOuest et les rivage de l'Océan ; les Belges, FEst et le Nord. Le Cemtre, le Nord, TËst et rOuest étsûent Galliques ou Kimriques.

A diverses époques, les Séquanes, les iEduens, les Arvernes furent les trois peuples qui se disputèrent la suprématie dans la confédération Gallique; mais ces derniers^ si on en juge par le beau style et le nombre de leurs monnaies d'or, durent exercer leor puissance à l'époque la plus florissante de la civilisation gauloise. Il est constant que TArvernie^ dans la période antérieure à la conquête, constituait avec les peuples, ses clients^ une sorte d'Ëtat ou de royaume uni dont on pourrait, jusqu'à un certain point, rétablir les limites.

Les derniers travaux de M. Lenormant furent une étude sur celte importante question.

Cesl précisément à cette époque de la grandeur Arverne que se rapporte probablement la plupart des aureus anépigraphes que nous avons déjà décrits ; parmi ces types, il s*en trouve d'un style relativement ancien; cependant, la série Arverne du Cabinet impérial commence par une quinaire d*Épasnactus, chef gaulois^ mentionné par César.

L'ordre alphabétique seul a pu causer cette choquante interversion chronologique; un quinaire d'imitation romaine est placé avant les statères arvernes d'imitation grecque. Celte faute n'est pas unique ; elle se renouvelle de temps en temps, d'un bouta l'autre de la collection de Paris. Comme complément du système géographique où l'on tient peu de compte des époques, l'ordre suivi selon les lettres de l'alphabet crée une confusion déplorable, détruit toute espèce d'enchaînement^ rend impossible toute étude comparative.

Pour ne pas bouleverser de fond en coiiible Pencienne classification, il y a lieu cependant^ sauf oJ'importanles réserves, sauf d'indispensables modiGcations déjà probablement opérées, de maintenir les quatre grandes divisions géographiques adoptées par Eckhel et Mionnet et qui partagent le territoire delà Gaule, en Aquitaine, Narbonnaise, Lyonnaise et Belgique. Précisément parce qu'il offre le plus d'élasticité, ce cadre est celui qu'il faut préférer à tout autre, mais aux conditions suivantes :

Il faudrait d'abord renoncer absolument à Tordre alphabétique; puis» adopter au moins trois périodes, en histoire comme en géographie : la première, aniérieure à Timilalion romaine, comprendrait toutes les monnaies coulées de style archaïque ; puis les statères» les didrachmes, les drachmes anépigraphes, Arveroes, Armoricains, Belges, Massaliotes, Lyonnais, etc. Dans la seconde période seraient rangées toutes les monpaies se rattachant au système dénarial romain. Dans la Iroi* sième, postérieure à la conquête, ne figureraient que les monnaies gallo-romaines qui coupent brusquement les séries méridionales par un élément nouveau, sinon tout à fait, étranger; c'est assez dire que les types de cette période, ceux qui soi^t particuliers aux bronzes, de Mmes, Vienne, Lyon et Cavaillon nous paraissent, eux aussi, être empreints, dans une certaine mesure, de ce caractère astronomique spécial à toute la numismatique gauloise.

Cette observation que nous voulons seulement consigner en passant, peut surtout s'appliquer aux bronzes de j>[eraausus dont les revers représentent un crocodile attaché à un palmier ; nous ne pouvons nous défendre d y reconnaître la remarquable analogie de ce type avec les mythes du Dragon vaincu par Hercule et du Dragon attaché au pôle par Minerve. Les anciens astronomes avaient fait du premier groupe, deux des principales constellations du ciel boréal : il faut remarquer que, dans le champ de ce bronze, à gauche du palmier, il y a une couronne composée de neuf annelets, cet accès-

soire fait allusion à un troisième aslérisme, la Couronne d'Ariane, voisine du Dràgoû et d'Hercule. Pourquoi ne Tavouerions-nous pas, nous avons toujours regardé comme très-puérile la supposition que ce type vraiment gaulois aurait été imaginé par des légionnaires venus d'Egypte.

La même remarque doit encore, nécessairement^ trouver son application au sujet des revers de plusieurs bronzes de Vienne et de Lugdunum-Copia, oîi le type de la proue de navire apparaît accompagné d'étoiles, de globes rayonnes et de disques placés datis la partie supérieure du champ de la médafille ; ce sotit là, évidemmentf les derfiters Vestiges du symbolisme gaulois.

€ette courte digression nous était nécessaire pour motiver fa çoAvenatice d'une période exclusivemetit gâllo-romainé, mais elle nous a éloigné quelque peu dé notre sujet principal auquel il nous faut revenir.

La première période historique, la plus importante, «mbra^sant les quatre grandes divisions territoriales, partagées, à leur tow, en diverses classes, selon Fim- |)ôlrtaiice dttn^onilayage de chaqde peuple, laisserait am inorinaîés de style archaïque d'abord, puis aux types Arvernes €^ Armorfcarûs la large placequ il convient dé létff £siirér. If y atiraft, de plus, un grand avantage & pouvoir ranger autour de ces types primitivement gênéfkttU, ôeux qtri, p(us fard, tendirent à se localiser. A lètH* suite se placeraient led groupes des incertaines.

Pour là âecondé période historique et géographique, oti îfttefviennettt tes ressources de Tépigraphie , on

n'aufait qu'à suivre la méiQ6 méthode : on plBC0rait d'abord les monnaies aY«c des noms da peuples et de cités, puis selon leur style, eeUes qui portmit des noms de chi^ ou de maj^istrais ^mmus ou inconnus dans Thii^ toire; enfin, les médailles qui û£friraient simpl^oaeiit i)ntre elles des analogies de style ou de type. Ceila ^assification mettrait ^n relief f importance de chaque peuple ; ain^, mt ne vervait pas les meiinaies des Rémi repoussées presque à la fin du monnayage belge ; elle supprimerait des lacunes et rendrait très-faciles les rapprochements qui, dans la plupsurt des cas» suggèrent les meilleur^s explications.

Tout en procédant de la 8<Ml;e, si on usait, peur favenir, d'une critique plus rigoureuse, moins aiOûSinmodée à chaînes déférences envers des opinions aujourd'hui jugées, 09 parviendrait, nous nen doutons pas, avec les nouvelles sources d'information que nras apporte la numismatique gauloise, à asseoir sur des bases solidos notre archéologie i^ionale. Il est permis, dès à présent, de reconnaître que cette branche de la eoience, si injust^aient négligée, peut nous ùmrm un grand nombre de données posilàives qui nous manquaient &ur la reii^^, Las sde^ees, les miBtHS, la iangua, las relations eommercifties, ^eafai, sur tout ee qui constituait lia vieHleoivîlisatiea oekîque. )EUa itaît loin d'être aussi barbMo qu'on ^est plu à le su{qposery et nous ^en serons pbis fiers quand nous f auroAs mieus connue, quand la science miadero^ am reetitaé les chaînons qui la rat-

tachent, d*une part, aux époques les plus reculées, de l'autre, aux origines du moyen âge.

Disons le sans détour, afin qu'on y porte remède le plus tôt possible, un des grands obstacles aux progrès de la numismatique gauloise, a été l'isolement dans lequel on l'a jusqu'à ce jour maintenue* Loin de procéder pour elle comme on l'avait fait pour les séries gi^ecques et romaines, qu'on peut comparer sur place avec les monuments des arts et de l'industrie, souvent si utiles pour expliquer les types monétaires, on n'a jamais songé â réunir à notre riche collection de monnaies gauloises les statuettes, les armes et ustensiles sur lesquels sont reproduits fréquemment les symboles et emblèmes que nous avons eu occasion de signaler sur les revers de tant de médailles.

Nous pourrions clore ici notre œuvre, tout en reconnaissant volontiers qu'elle comportait de plus larges développements; il nous eût été facile, en effet, d'en doubler presque l'étendue, s'il nous avait été possible d'étudier certaines collections particulières tout aussi importantes que celles de Paris qui, d'ailleurs, a dû s'enrichir de nombreux et nouveaux types depuis 1853, L'an dernier, nous n'avons pu qu'examiner sommairement la série gauloise du magnifique musée offert à la France par M. le duc de Luynes ; nous ne connaissons pas la collection encore plus spéciale de M. de Saulcy. Il est donc juste que nous fassions nos réserves pour un avenir prochain, où il nous sera peut-être permis d'aj^randir le cadre de nos recherches. Quoi qu'il arrive.

nous sentons vivement le désir de pousser plus loin les limites de notre système qui ne saurait, dès à présent, être complet, du moins quant aux détails; car le symbolisme des monnaies gauloises se présente sous des formes si nombreuses et si variées que nous ne pouvons prétendre les avoir toutes saisies dans ce premier travail.

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