‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 4 sur 36 · Tête d'homme nue et à gauche · texte numérisé non relu

Tête d'homme nue et à gauche

]^. Bige conduit par un auriga armé du stimuluSé (Quart de statère.)

41. — Tête d'homme nue et à gauche, à cheveux courts et ondulés symétriquement.

^. Cheval galopant ; au-dessus et au-dessous, annelets et cercles concentriques.

i'i, -^ Tèle d*hoiniDe noe et à gauche,

^. Cheval libre et galopant; an -dessous un diota.

i3. — Tête d*ApoUon à gaucke*

^« Cigogne déqhmint un serpent.

U- — ETORIXS. Tête nûeàdroite; les cheveux

soift frisés* 1^. Cheval galopant à droite; ao-dessous un diota* 15. — Tôle d'homme nue et à droite ; en face, figurine j^amiâsaAt appuyée sur im bâton.

1^. Cheval tibreet galopant; an-dessus «aducée ; au-dessous triquetra dans la fome du monogramme arverne.

Ce qui sollicite avant tout notre attention dans ce groupe de monnaies, ce sont les signes symboliques qu'on y remarque. Dans son excellent Catalogue, Duchalais a eu te tort de n'en parler que comme d'accessoires insignifiants, trop communs ou trop fréquents pour être utilement indiqués ; pourtant, il leur a consacré une planche qui n^esl pas ta moins intéressante da quatre ajoutées à son volume, et il est juste de rappeler que, dans l'explication qu'il en donne, Duchalais r4pfire en partie sa faute par le passage suivani ; <c Gomme les types principaux, ces symboles doivent > avoii une origine complue ; les uns sont nés de Tii> mitation de types étrange^s^*«^ d'autres doivent avoir

» cerlainement an rapport avec des croyances pure- » ment nationales. Mais quelles soûl ces croyances et » que peuvent-elles signifier? nous TigDiHxnis entière- » menu i» Il est à crcMre que Dodiaiais ne ti^idrait pas aujourd'hui ce langage et qu'il reconnaîtrai^ comme nousy que la valeur de ees types résulte précisément de leur conslaBte reproduction me les monnaies gau- Imses.

Nous avons vu que déjà notre ami s*étaif rangé à Topinion de M. Lambert quant à Tinterprétation du signe «^, symbole du coure des astres; il était allé pfus loin, te cheval au galop du revers des aurons de Pionsat devenait pour lui femblème évident de la course du soleil.

L'explication donnée du premier de ces symboles n'a plus rien de conjectural pour nous depuis qu'il nous a été possible de le rapprocher de plusieurs monuments qui jettent un grand jour sur la question.

U s*^git d'abord d'une statuette gauloise, en argile blanche, décrite déjà par Montfaucon, et dont un exemplaire existe dans les collections du Musée de Guéret ; elle représente une fciume assise ei allai tani deux enftints; la tète de cette ligorine manque, mais feu M. Tudot, de Moulins, en a publié ime toute pareille, assise comme la nôtre dans un fauteuil à dossier élevé et qui paraît revêtue de nattes tressées; maïs elle a pour coiffure une espèce de grand diadème sur lequel sont iguréft à la fois le </» etles petits cerdes coocen-

Iriqaes, ou entourant des globules, si fréquemment représentés sur les médailles gauloises. (Y. la pi. 1 .)

Cette statuette a tour à tour été désignée comme une Isis, une Latone, comme un symbole de la nuit, ou une Proserpine, h Mère des Gaulois; quel que soit le vrai caractère qui appartienne à cette idole dont nous ferions volontiers une Proserpine, ce qui est incontestable pour nous, c'est que ces symboles ainsi placés sur le diadème circulaire de la déesse sont bien une représenlalion du firmament et deà astres. — Les cercles entourant un globule, mêlés aux €/>, indiquent évidemment deux symboles distincts qui doivent s'appliquer aux deux principales évolutions du soleil et aux époques des solstices ; ces cercles avec un globule au centre se voient aussi sur les tiares des Colosses, Taureaux à face humaine de Khorsabad qui sont au Musée Assyrien du Louvre, et on les rencontre sur une foule d'objets d'origine celtique ; de plus, il ne faut pas négliger la constatation d'un autre détail, selon nous Irès-significatif : ce large diadème, de forme circulaire, mais partagé au milieu par un ornement ou trait vertical, reproduit à coup sûr la division en deux hémisphères du globe céleste des anciens.

Ce n'est pas tout encore, une autre idée nous a été suggérée par un examen plus attentif de ce curieux monument : la prétendue natte tressée qui recouvre, à la fois le fauteuil, les bras et les jambes de l'idole, nous paraît représenter bien plutôt que des tresses, la disposition des glumes dans l'épi : ce tissu singulier.

vêtement de la déesse cosniogonique gauloise^ deviendrait alors un emblème de la terre couverte de moissons, et elle aurait pour coiffure la voûte céleste parcourue par le soleil et les astres.

n n'y a dans cette dernière hypothèse rien d'étranger à la physionomie mystérieuse de ce monument, rien qui ne soit parfaitement conforme aux idées religieuses des Gaulois ^ on peut l'admettre ou la combattre^ cela ne tire pas à cx)nséquence, mais il nous importe qu'on ne puisse désormais élever aucun doute contre la signification astronomique des symboles accessoires qui ornent le diadème de cette idole, et que nous trouvons si fréquemment reproduits sur les médailles gauloises, et divers autres monuments que nous aurons occasion de signaler.

Les deux principaux emblèmes caractéristiques du soleil et de sa marche ; le «/> et le cercle entourant un globule^ nous les observerons immédiatement sur les revers, n^ 2, 3, 4, 6, 6 et 1 1 du groupe des statères de Pionsat que nous venons de décrire.

Sur les revers 1, 12 et 14, au-dessous du cheval galopant^ est représenté un autre symbole ; c'est un diota, amphore à deux anses : nous y reconnaissons^ quant à nous, l'amphora zodiacale et non pas un symbole dont le sens serait emprunté aux poésies lyriques de Pindare, Vathlon ou prix de la course, comme Tavait supposé Duchalais. Pourtant, notre ami s'étonnait, dans son Catalogue, d'avoir à signaler ce vase comme servant de colonne et placé au-dessous du fronton d*un temple,

GooqIc

sur le revefs d'un bfonte à la légende PIXTILOS. — Le Diota, selon nous, ne se trouve ainsi placé que danft une intention évidente, et d'après les nombreux exem^ pies que nous aurons à donner, il désigne en quelque sorte renseigne de Tune des dourc stations visitées par le soleil ; notre opinion, comme on le verra plus tard^ se trouvera corroborée par bien d'autres cas» ei celui-ci qui avait fixé Tattention de Duchalais n'a pourtant rien d'exceptionnel •

Nous n'hésitons pas cependant à le dire, il nous est venu un doute au sujet de ce mot ùthlon^ que Duchalais n'avait fait que nous indiquer en passant et d une façon plus obscure que le vieux Pindare lui-même dont Tobscurilé n'est pas le défaut habituel. — Nous avons beaucoup réfléclii sur ce point; peut-être, notre ami ne disant pas toute sa pensée dont la hardiesse l'effrayait, avait-il en vue le sens astronomique ou plutôt astrologique donné à ce terme ou è son synonyme athla^ par les savants grecs et Manilius en particulier, quand il ti-aile des horoscopes? On sait d'ailleurs que pour toute l'antiquité l'astrotiomie et raslit)logie ne forment qu'une seule et même science sur laquelle se greffèrent les plusanciennes pratiques divinatoires.

Selon la doctrine du f oPie Manilius, empruntée atix astronomes de la Gi-èce, le ciel astiologique se divisait en dou7e signes zodiacaux, en dou»e maisons céle^los, enfin en douKe atlita ayant chacun une influence pro^ pic et déterminée ; selon les mêmes données, la constellation zodiacale du Verseau, urrtttj présidait spéciu-»

Iraient à la connaissance de la sphère céleste et auK lois qui la régissent, ff. ManilU Astrânomioan, Lib. 1IK Vers 168, 164 et Lib. IV, Vers 266, 267) :

€ Qutpp6 etlam mtttuU fàciMii, sedeftque movèbit » Sidereas, cœlum que novum vdtsdiit in.arbeiii. »

Ailleurs, le môme poite nous représente le jeune nomme à l'urne^ le Verseau^ comme vamquemr d'antres signes:

< Tmfaa «nb imiui Jntiidé virtote feramm* »

Nous insisterons feur le caractèire divinatoire qne paraîl prendre sur les revers des médailles gauloises, le Verseau, Turna des Latins et le dicta des Grecs, parce qu'il nous conduit é constater des analogies ftappantès qui existaient entré les coutumes des Gaulois et cdies des Perses : on sait d'ailleurs que beaucoup tf usages, entrfe antres, ceux relatifs aux formes extérieiTres dn culte, à Têducation des enfants, aux repas de famille et d'affaires paraissent avoir été communs aux théocratiei? de fa Gaule et de te Perse.

CScéton, dûns uû passage de ^n Traité de la dîtitialion, afBmé que Hnitiation à la science des Mages était une condition essentielle de Texercice du frouvoir toyalî *

< Nec quÎBqoam rex Penaram potes t tt&t, ^ wén

» anteaMagoriun d^ciplinam scientiamquepercepent. » (Gicéro. de divin. Lib. 1. G. m.) »

Cette scieDce élait l'astronomie ou Fastrologie que les Druides pratiquaient comme les Mages et dont le symbole suprême était le Diota.

La présence constante du diota sur les revers des statèresdeVercingetorix paraît donc s'appliquer à la fois a un signe de la scieiM^ astronomique et à l'exercice du pouvoir que la Gaule avait remis entre les mains du grand chef militaire. La gravité des circonstances expliquerait d^ailleurs un retour soudain aux vieilles traditions nationales.

Ge n'est pas tout, là ne s'arrêtent pas nos conjectures ; il résulte d un texte d'Hérodote (BIBA. À. G. GXXXK.) que les Perses avaient pour usage de faire suivre les noms des personnages illustres de la lettre S; le sigma des Ioniens ou le san des Dorions; or, sur quatre médailles à noas connues, la légende Vercingetariœ se terminepar unS(««c)... ETORIXSet VERQNGETORIXS; comme sur le bel exemplaire de M. de Longpérier. Gette coutume, ainsi que tant d'autres^ empruntées à la Perse, pourrait s'être conservée dans la Gaule^ et on y trouverait alors une explication plausible de cet S complémentaire ajouté au nom de Vercingetorix ; cela tendrait à établir, aussi bien que le diota divinatoire qui se voit sur les revers des mêmes statères, que la tête du droit de ces aureus arvemes est bien un portrait de Vercingetorix. On pourra nous objecter que cet S ajouté

à rX« n'est qu uoe forme de Torthographe archaïque latine; nous répondrons à cela que parmi les nombreuses légendes terminées par le mot RIX» celle-ci serait la seule qui offrirait cette particularité; que, d'ailleurs, le caractère profondément individuel de la tête n'appartient nullement à Tépoque archaïque et rap* pelle les types contemporains de l'invasion romaine.^

L'étoile àsix pointes formée par deux triangles enlacés qui figure, comme type accessoire, sur le revers n"" 8, est la reproduction d'un astre : comment en faire l'objet d'un doute quand, par exemple, on observe sur beaucoup de monnaies, ce signe suspendu tantôt à l'extrémité, tantôt aux deux extrémités à la fois du symbole «9 ; nous verrons d'ailleurs, dans la suite de nos démonstrations ultérieures, que ce symbole de Fétmle à six pointes caractérise spécialement, sur des médailles grecques et romaines, la re|Mrésentation des cinq jdanètes.

Parmi les empreintes que nous avions accueillies, en 1853, se trouvait celle du revers n^ 13| au type de la cigogne déchirant un serpent ; la signification de ce groupe sur nombre de médailles gauloises paraît être astronomique ; Fanliquité lui avait toujours donné ce caractère qui se manifeste dans ces vers empruntés à Virgile.

.... cùm yere rubenti

Candida yenit avis, longis invisa colubris.

{Georgiconm, lib. II.)

La cigogne n'est pas seuleaient évoquée dans cette

circonstâfice comofie roiseau qui annonçait la jeune saison, mais aussi ccmnie Fennemi naturel ded serpents; selon une .cix)yance populaire rapportée par Pline , on arait en Thessalie une espèee du culte pour cet rnsean qui était censé ftiire k diasse aux reptiles dont ce pays était infesté.

On trouve d'ailleurs ce mythe mêlé partout aux plus anciennes traditions : sur les aureus art emee où il dpparatt tantAt comme type prindpal, tantôt comme ao^ cessoire» il nous ofRre on emMème du printemps et de Son équinoxe.

Tous ces re^vers, emepté c^ui que nous venons de dédrire et le n^ 1 1 où l'on voit un bige, ont pour type essentiel le cheval an galop, symbole aujourd'hui généralement reconnu de la course du Soleil, mais le n"" 7 se distingue par cette particularité qu'au-dessus et au-dessous du cheval, sont poséesdeux lyres : représententelles dans ce cas la constellation de Vhémispbère 1m>réal désignée sous le nom de la Lyre ? nous incline* rions à le croire; parce qu'on peut, jusqu'à un certain point, s'expliquer le redoublement du symbole dont il existe d'autres exemples et d'autres emplois ayant une signification idenlique* Nous reviendrons sur cet important sujet, car nous aurons à examiner ce type ctens d'autres conditions.

Les douze têtes d'hommes nuc> et laurées, placées au droit de ces belles médailles, sont toutes conçues dans un style idéal et pour la plupart d'une harmonie do lignes, d'une ampleur demod^é, qui tendent à rap-

peler les caractères de la beauté 8p<^ale em dieux de la Grèce. Cest Belenus^le dieu de la dirinatîM, « quem divinationis deum esse véluerwmt. j Nom Be ferons qu'une seule exception^ qui noua paratt, d'ailleurs, justifiée en faveur du n^ 14, à ta légende

ETORIKS; la lélc qui n'est pmnt laiirée s'éloigne de l'idéalisme grec» tant par le style que pat* la pose, el in* dépendamment des motifs qne nous atons développés plus haut^ tout nous porte à croire que c'est bien réelle^ ment un portrait.

L*oiseau de proie déchirant un serpent q«i figure seol^ au droit de la médaille n*' 3, peut être interpiétéde ph» d'une manière : d'abord est-ce un aigle ? Si noua neua prononçons pour l's^rmative, nous avons soos les yt/n . un sujet homérique familier à toute la haute antiqeilé^ le symbole de la victoire» OmenûquU^e. En outre, noua voyons que cet oiseau prend place à o6té du lion^ dana un zodiaque à figures douUes dont nous aurons occasion de parler de nouveau ; ce fait avait sa raison d'être daaa la pensée du sculpteur, parce qu'en effet le groupe de l'aigle dirigeant son vot vers le pôle, était antreibia oon* sidéré comme reuiblème de Télévation du soleil solsli-*^ cial. Nous rencontrerons souvent sur les monnaies de la Gaule, l'image de cette constellation boréale du globe céleste des anciens, elle s'y trouve même, dans le plus grand nombre des cas, en compagnie du Soleil et d'autres astres dont la dispo^tion très^variée se prête à de nom«breuses interprétations qu'il nous sera facile de justifier par de cuneuK exemples.

Toutefois, Faction dans laquelle Faigle est ici repré«senté, se rattache peut-être au vieux mythe Greco- Gaulois du serpent déchiré et dispersé dont on croit retrouver des souvenirs dans les lignes bizarres et ondulées qui sont tracées sur les pierres écrites de la Bretagne* Remarquons d'ailleurs que le Serpent, qui, lui aussi, a donné son nom à Tune des constellations septentrionales, ne se présente pas toujours groupé avec r Aigle; sur les monnaies de la Gaule, on le rencontre tantôt seul, comme type essentiel, tantôt comme symbole isolé ou accompagné d'un astre; mais, fréquemment, au-dessus du sanglieTy au-dessus du cheval^ au* dessous ou au^essus du taureau^ avec le Diota^ ou Verseau, avec le RameaUy caractéristique d'Hercule, et chose très-remarquable> les diverses positions et as* pects de ce symbole coïncident avec les apparitions du Serpent dans le ciel astronomique.

L'Étoile du droit, n<» 4, qui, inclinée à gauche, occupe seule le champ; c'est une des cinq planètes, ou bien Sirius, la plus belle étoile du ciel, ou tout aufre astre en vénération particulière chez les Gaulois. Il est difficile de lui assigner un nom; mais ici, le type est direct, sans emblème ni obscurité possible, et c'est bien ici le cas de rappeler un curieux passage extrait de la descripticm des médailles gauloises du cabinet impérial de Paris. Après avoir constaté la présence fréquente de divers astres, comme symboles accessoires, sur le groupe des aureus avec la légende VOCARANA et LVCOTTINA, n^ 490 à 493 de son Catalogue, Duchalais ajoute t

€ iNous ignorons si ces astres qui, sur nos pièces, se » trouvent si fréquemment représentés, ont quelque » rapport avec le culte du Soleil, à qui, comme on sait, I» le cheval était consacré chez tous les peuples de Tan- )» tiquité. Nous nous contenterons d'indiquer en passant » cette particularité à ceux qui, plus que nous, se sont » occupés de la religion des Gaulois .... »

La lyre qui occupe seule, au droit, le champ du sta-> tère n^ 5, ne fait qu'usurper la place réservée ordinairement à latêted*Âpollon-Belenus ; mais il faut bien considérer qu'il ne s'agit plus là de Temblème accessoire dont nous aurons à citer de fréquents emplois ; de plus, le type n'étant pas redoublé, comme dans le revers no 7, il doit signifier autre chose que les deux lyres placées au-dessus- et au-dessous du cheval. Nous aurons d'ailleurs occasion de mieux préciser les caractères astronomiques de ce symbole, considéré comme astérisme; par exemple ce pourrait être la constellation de la lyre à son zénith, ou un souvenir des honneurs accordés à la puissance de la lyre. Selon Manilius, elle continuait à exercer son charme dans le ciel.

« Tune silvas et saxa trahens, niinc sidéra ducit. ...» (Lib. I, Vers 327. Éd. Pingre.)

Le tête placée au droit du statère, n"" 15, diffère des autres, d'abord par sa grande dimension, puis par celte singulière particularité que, en face d'elle se trouve un petit personnage paraissant appuyé sur un bâton. L'en-

semble de ce type semble procéder d'une imitation des monnaies grecques, en aident, sur lesquelles on roit une petite figure accessoire placée près de mcrcnle d'Héraclée» de la nymphe TeriooL o« de la Minerve de Gorinthe, dans les mêmes conditions, et sans doute pour accentuer la grandeur colossale du dieu , au moyen de la disproportion des deux personnages.

Cette manifeslatioik paraît surtout évidente dans les médiôlles grecques, quand on considère les petites figurines en pied qiâ mesurent, à Faide d*un fil, Ténorme tête de Minerve.

Mais, dans notre statère Gaulois, évidemment ioûté, r intention n*est prc^blenaent plus la même et se détourne du sens primitif : le petit homme a^^uyé sur un bfttoB serait le J^oumer, selon les fables astronooniques, Imculo innixuSy en face du Soleil, durant les derniers mois de Tannée. Un autre détail caractéristique expliquerait cette circonstance .: la couronne de laurier qui entoure la tète du diou a ses feuilles placées à rebours ; or, cette disposition indique, comme nous le verrons par d'autres exemples, la marche rétrograde du Soleil. Quant au revers que nous n'avons pas décrit avec les autres, parce que nous avions besoin de le rapprocher du type du droit, il a une physionomie toute nationale ; c'est toujours le cheval solaire au galop ; mais au-dessus on aperçoit un symbole singulier, une sorte de sc^tre asse» semblable à un caducée dont la tète serait formée par trois anneaux ou trois cercles ; que signifie cet embl^e? Su désigne une constellation, il nepeuts'appli^

quer qu'à Céphée; s'il est un attribut de Theut ou Mercure, il fait allusion au mythe des trois cercles de l'existence que les âmes parcouraient sous la direction de ce dieu.

Cette médaille nous offre, dans tous les cas, un nouveau et curieux spécimen à ajouter à la série des imitations grecques déjà observées dans la numismatique gauloise.

Aux observations précédentes doit, se borner, du moins pour le moment, notre interprétation desstatères du trésor de Pionsat simal heureusement dispersé dès le principe, et dont nous n'avons eu que les épaves. Nous avons hôte, pour effacer ces regrets, de revenir à la trouvaille de Bridiers, si biœ conservée dans son ensemble, dans scm homogénéité, par feu notre excellent ami et conflrère le docteur Montandon-Bara qui, non content de nous avoir réservé toute la primeur d'une intéressante découverte, a voulu gratifier le musée de notre ville de huit des principaux types du petit trésor de Bridiers ; nous éprouvions le besoin de maintenir dans cette seconde édition de notre œuvre ce constant témoignage de notre reconnaissance, avant de reprendre de nouveau l'examen de ces monnaies qui, ayant servi de point intenpédiaire à nos conjectures, devait nous fournir encore d'autres documents pour les confirmer et les appuyer*

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