‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 6 sur 36 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

La e#lle€tlon da eaMnet iMipérial de Paris (11»»].

Il était logique de ne négliger aucun moyen dlnformation avant de se prononcer siur une question d'ar-* chéologie si nouvelle, si intéressante; nous n'avons donc pas voulu borner le champ de nos études au seul examen des médailles provenant des découvertes de Pionsat et de Bridiers ; nous avons, pour ét^idre mur une plus vaste échelle nos observations, parcouru avec le plus grand soin tout le Catalogue des monnaies gauloises de la Bibliothèque impériale, dressé avec tant dart par notre ami feu Duchalais et enrichi par ses soins de notices ingénieuses qui cmt eu« en leur temps, l'approbation de tous les maîtres de la science.

Après avdr étudié, comparé l'un après l'autre, chaque type décrit dans l'excellent guide dont nous avions fait choix^ nous sommes arrivé à ce résultat inespéré que, dans une énumération de plus de huit cents pièces, pas une de celles ayant un caractère symbolique, n'est v^oiu ccmtrarier nos idées préamçues; un très-grand. nombre

au contraire, les corroborait par de nouveaux exemples; enfin, est-ce une illusion de notre part? nous avons retrouvé dans cette grande cdiection tout un curieux ensemble de symboles nous fournissant des explications acceptables des principales constellations de rhémis* phère septentrional ou boréal, presque au complet, c'eslà dire dans la forte proportion d'au moins vingt-cinq sur trente.

Serait-ce là un rapprochement sans valeur, un résultat du hasard ? Nous ne pouvons le croire, et nous sommes très-enclin, au contraire, à y reconnaître une voie trèsplausible d'explication, pour cette quantité singulière de symboles et d'emblèmes obscurs que nous offre, ooime.autant d'énigmes, la numismatique gauloise.

Si on examine, d'un point de vue général ou synthé* tique, une grande collection de médailles gauloises, on y observe, au premier abord, parmi les symboles essentiels qui occupent le champ des revers, les types du Cheval, du Taureau, du Sanglier y de XAigle^ du Xton, du Cavalier et de l'Offre.

De ces types nous allons former une première caté* gorie.

Dans une seconde, beaucoup plus nombreuse, nous rangerons cette foule de signes, le plus souvent astronomiques, ordinairement accessoires et exceptionnelleméat essentiels, qui sont : le signe c^, h$ globules entùurén de cercles^ les cercles concentriques, les étoiles à cinq y sia>ou huit pointes, tes astres rayonnes oufiùm^ b&ffcmtSj tes crdêsêmt»^ le triangle, la rone à ^atre

rayonit la tm^lê, le œ, le G lumire, h *iffmg et les divers signes que nous reproduisons ici.

Dans une troisièma catégorie nous clasaenms les types le plus ordinairement accessoires^ représentés par des images d'objets réels ou des figures d'animaux, tels que : la Lyre, le Dicta, le Serpent, la Hache, YOBU Miifiotii, le Glaive, le Rameau, la Lampe, le Fieunmy YOiseaUy la FUehe^ VÈpi, lee Paineùns^ etc.

Le premier type monétaire que nous rencontrons dans notre première catégorie» le Cheval, est celui qui est le plus généralement adopté dans la Gaule, oii il paraît avoir pris naissance de bonne heure, car on le voit sur les re» vers de médailles dont le style est ancien ; son caractère symbolique est de représenter sur les^ revers gaulois, quel que soit le métal, le module ou le style, la course du Soleil ou plutôt cdle du temps et tfen marquer

ifiéme^ dans la plupart des cas, les divisions et les principales périodes.

Plusieurs peuples de Fancien monde : les Grecs, les Campaniens, les Ibero-Grecs, les Africains^ etc., ont adopté le type numismatique du cheval qui, selon les idées religieuses et cosmogoniques de ces divers peuples, était consacré au culte du Soleil. C*est simplement à ce titre qu'ils l'ont reproduit sur leurs monnaies, d'une manière constante, mais sans l'associera d'aut< es symboles ; au contraire, le type gaulois analogue se distingue de celui des autres peuples, précisément par ce côté essentiel qu'il est» de tous^ celui qui apparaît le plus fréquemment accompagné de nombreux signes et emblèmes accessoires, occupant, une grande variété de positions dans le champ des médailles; se traduisant le plus souvent par de simples signes conventionnels, d'autres fois, par des images d'objets inanimés, ou enfin par des groupes d'animaux employés, à leur tour, comme désignations ou attributs des corps célestes ou des lois astronomiques qui les régissent.

Une remarque importante est à consigner avant tout, c'est que le cheval allant tantôt à droite, tantôt à gauche, est représenté avec trois allures : le pas, le trot et le galop ; quelquefois au repos, et enfin la tête retournée comme s'il voulait revenir sur ses pas. — Sur le n*" 8 du Catalogue de Duchalais on voit un cheval arrêté sous un temple distyie : l'observation de ce cas et de celui du cheval retournant la tête nous a conduit à y voir l'indication des équinoxes et des solstices.

De nombreux ex^nples de modifications au type ordinaire méritent d'être mentionnés. Nous citerons, entre autres, le cheval ailé et androcéphale des monnaies armoricaines sons lequel sont placées, le plus souvent, de petites figurines couchées horizontalement, dans le sens de la marche du quadrupède; leurs attitudes sont trèsvariées, ainsi que leurs attributs et accessoires ; il en est de même pour tous les petits personnages campés sur la croupe du cheval , et qui font flotter devant sa tête une espèce d'ornement carré retenu par un lien. On suppose que cet emblème est le voile mystique de Diane ou dlsis; cela se pourrait, mais toujours est-il qu*à notre sens ce symbole opposé à la course du Pégase androcéphale, marque les divisions du temps et prend un caractère astronomique. Les figurines si diverses qu'on voit audessus et au-dessous du quadrupède, les animaux qui souvent les remplacent, et les autres emblèmes figurant au droit et au revers de ces médailles représentait tour à tour, soit des signes zodiacaux, soif d'autres c<mstel* lations.

Notre opinion, quant à ce point délicat, repose sur les observations générales suivantes : la/ettt//e, Tept, etc., élant placés de la même manière, dans les mêmes conditions que le voile carré, au devant de la tête du cheval en course, doivent avoir, sinon un sens, au moins nnà destination analogue. De plus , sur un certain nombre de médailles, le personnage conducteur du cheval tient au-dessus de sa tête une clef à double panneton, ou plutôt un niveau, la Libella^ emblème iden-

tique à la BalotHie. Aux deux bouts de cet accessoire aont Buspendues, par un double tieti^ les deux pièces ffétoflfe carrées ou voiles mystiques qui flottent ainsi devant et derrière le cheval.

Ce double emploi du symbole» avec son caractère d'équilibre et de partage» nous a semblé préciser répoque de Féquinoxe d'automne; en effet, comme preuve à Tappui , nous trouvons sous le coursier qui n'est plua» il est vrai le Pégase androcéphale» une lyre posée horizontalement et les cordes à droite ; or, il est À noter que» en automne» la oonstellation de la Lyre se trouve dans la partie occidentale du ciel.

Au même groupe armoricain appartiennent des mon*naiea d*or (n"" 795 et suivantes^ Imit. d^Emporium. Cat. Duch.) représentant au droit une tète d'Apollon d'où partent, à droite et à gauche, quatre rinceaux ayant dttcun à leur extrémité une petite tôte de profil. Les revers sont oomipés par des chevaux androcéplmles.

Oims un exemplaire (le n^ 796 du Gat. Duoh»), les rinceaux^ à l'extrémité desquels sont adaptées les quatre létes» vont se rattacher à la nuque et à la gueule d'un irippocampe placé au-dessus de la tête d'Apollon*

U y a, il n'en fkut pas douter^ sur ces curieuses médailles, b manifestation de tout un ensemble de mythes religieux particuliers à la Gaule. Quant au type de l'Hippocampe» dont nous venons de parier, nous rappellerons que oet animal^ souvent reproduit sur les sarcophages» était eonaidéré par les anciens comme te symbole de l'Vmpifée ou du séjour des bienbeur^ix* Donc, il serait

pertnis de voif daûB c^ tètes âuspenduçs à des rinceaux, 8oit une allusion à des âmes qui seraient en voie d'accomplir leurs dernières migrations, soit encore une sorte de cadran des quatre saisons , ou bien et mieux encore» les figures des principales planètes. Nous préférons celte dernière conjecture, parce que ces petiteB tétee qu'on retrouve aussi sur les revers sont réduites, dans certains cas, à deux, l'une devant, l'autre derrière le cheval androoéphale, comme pour indiquer les deux aspects antiques de la planète Vénus, le matin et le soir, è savoir t Lucifer et Vespet.

Ces emblèmes ne sont pas tout à fait spéciaux au monnayage armoricain, car au revers des médailles (n^ 14 à 20, incertaines des Combolectri^ Gat. Duch*) il y a au-dessus du cheval une petite tète à laquelle se rattache le symbole «/>; faut-il y voir Tastre de la lu*mière accomplissant sa course, ou, comme nous lavoniji déjà dit, l'une des cinq planètes ?

Ce n'est pas tout , ces petites têtes nous ont bit penser aussi aux figurines sigillaires offertes à Àdès en place des tètes humaines, comme les flambeaux offerts à Saturne en plaoe des sacrifices humains; réforme dont la fable antique feisait honneur à Hercule et quil fit adoptei'5 lors de son retour en Italie, après qu*il se tût emparé des IXBUfe de 6érion (V. Macrobii Satui^ nalia, LiK U ch. viietch. xi).

Toutefois, il n'est guère besoin de le dire, nous préférons à toute autre interpi<etation celle qui ti un aens astronomique, parce que, en efiet» ces médailles portât

au droit et au revers de nombreux emblèmes donl nous avons déjà déterminé positivement le caractère et la signiBcation.

Ainsi, sur un autre groupe de monnaies gauloises en bronze, attribuées par M. de Saulcy aux Âduatuques du pays de Tongres, on remarque, au droit, quatre têtes de cheval disposées selon le mode cruciforme, et au revers, un cheval libre galopant.

Ces quatre têtes placées en croix , parfois accompagnées de quatre cercles centrés^ reproduisent évidemment la marche du chevaL personniOcation du soleil à travers les quatre saisons de l'année, et de plus, nous expliquent le vrai sons qu'il faut donner à ce type cruciforme qui ne fut pas employé exclusivement^ comme on a pu le croire, par les Yolces Tectosages et les peuples des régions méridionales de la Narbonnaise.

Dans un certain nombre de cas, le Griffon, Pégase, THippocampe et autres animaux fabuleux consacrés à Apollon sont substitués au cheval sur les monnaies de la Gaule. Parmi ces emplois exceptionnels et détournés du type principal^ il convient d'en distinguer quelquesuns : par exemple, on voit sur les médailles (n'' 518 à 620, incertaines de la Lyonnaise, Cat. Duch.), au droit, une tête de monstre, et au revers, Pégase. La tête de monstre fait allusion à Torigine de Pégase, né du sang de la Méduse ; peut* être a-t-elle trait à une fable astronomique ; celle de la Chimère qui se rattache d'ailleurs, comme la première, aux mythes célestes des diverses constellations de Pégase^ de Persée et du Cocher.

La présence du cheval sur les revers gaulois, il importe de le bien constater, se complique ordinairement du signe S avec ses diverses applications.

En 1848, M. Ed. Tambert, dans son très-remarquable essai sur la numismatique du Nord-Ouest, publia, d*a* près Grivaud de la Yincelle, un petit bronze, ronde* bosse, représentant un cheval dont le pied droit antérieur est posé sur le symbole S , et dont le corps est couvert d'emblèmes astronomiques.

Après avoir fait ressortir la frappante analogie qui le portait à rapprocher ce petit monument et son principal accessoire du cheval symbolique des monnaies de la Gaule, le savant bibliothécaire de Bayeux a eu le mérite de donner le premier une explication du S, qu'il considère comme un signe se rapportant au cours des astres.

En 1853, Duchalais, ainsi que celsi résulte de ses lettres écrites à l'occasion de la découverte de Pionsat, adoptant en partie les idées de M. Lambert, eut la pensée de publier un nouveau mode d'interprétation des monnaies gauloises. Dans ce travail , Tauteur se proposait d'expliquer comment, d'abord empruntées à des types Grecs et Romains, ces médailles devinrent par l'emploi de nouveaux symboles, une expression des croyances religieuses et scientifiques particulières à la Gaule.

Là y se bornent les termes de l'hypothèse de Duchn* lais, mais il convient de ne pas le dissimuler, ce qu'elle

ataii de nouveau et de hardi effrayait son auteur qui tnourut avant de la produire.

De même que Dnchalais s'était en partie rangé aux l^'emières conjectures émises, en 1844» par M. Lambert ; de même , à notre tour, nous acceptâmes pour point de départ les vues confidentielles de notre ami Duchalais ; voilà toute la filiation suivie par cet ordre d'idées. Il nous a paru nécessaire de bien établir ces faits, dans leur ordre chronologique , afin de rendre à chacun ce qui lui appartient.

Le TaiiB*eiMi.

Le second type de notre première catégorie, celui du Taureau^ adopté par les Campaniens, les Grecs, les Massaliotes aussi bien que par les Gaulois^ ^e rattache aux mêmes croyances religieuses et astronomiques que la présence du cheval , et comme ce dernier symbole, on le voit participer à la représentation de mythes par* ttculiers au culte du soleil et des astres qui existait chez les Celtes, ainsi que le rapporte Plutarque. (In ma* rio, p. 419.)

On remarque fréquemment le Taureau , associé sur des revers, au Cheval, à l'Aigle, au Sanglier et a^ec divers ^nMèmes qnî te caractériBent comme constalla»

lion zodiacale; son attitude est presque toujours celle que donnent les anciens au taureau cornupète ou céleste. (I est tel d'ordinaire que nous avons eu déjà occasion de le décrire dans le groupe des monnaies de Bridiers^ où il est représenté, selon nos conjectures, concourant à Ja reproduction d'un mythe céleste de Bel ou Belen^ dieu du soleil, sons une des formes spéciales à ce culte chez les Celtes ou les Galls. Ce que nous avons déjà dit dans cette circonstance lious dispensera d'entrer dans de plus longs détails. Il se pourrait, cependant , que Texplication que nous avons donnée de la Lampe en Tassimilant au soleil ne soit pas exactement vraie , et sur ce point nous faisons nos réserves ; il nous suffira de dire, pour résumer notre pensée quant au culte sidé^ rai du Taureau, que celui de Bel, comme celui du Hu- Gadam , comme le Tarvos Trigarannos , se rattachent à un type primitif dont Torigine est orientale. En s ap^ propriant ce mythe du Taureau, comme l'avait foit avant elle TÉgypte, la Gaule, lui a d'ailleurs fait subir au point de vue de Fart, qui n'est pas, il faut en convenir, celui de la symbolique, les plus barbares transformai^ lions ; de sotte qu'on serait tenté de voir sur ses médailles un tout autre animal que c^lui dont il s'agit.

Les imitations plus ou moins directes du Taureau oomupète de Massilia, considérées selon notre hypo^ thèse , offrent pourtant un intérêt en ce qu'elles sont accompagnées d'emblèmes qui doivent certainement s'appliquer à des astérismes, paranatellans du Tatireau ; mais notre attention se concentre principalement sur

— biles pièces anépigraphes (n*** 583 à 605. Cal. Duch.) qui non-seulement offrent beaucoup d'analogie ayec celles que nous avons déjà publiées, mais ont leurs revers chargés d'accessoires astronomiques ; si bien qu'on ne peut y méconnaître le Taureau figuré comme constdlation ou comme symbole équinoxial. Nous citerons encore comme preuve à l'appui le n"" 650 (incertaines de la Belgique, etc., du Cat. Duch.) sur le revers duquel on voit un taureau galopant à gauche, et au-dessus un oiseau les ailes semi-éployées semblant s'abattre sur son dos ; vis-à-vis la léle du taureau, un annelet et un autre sons la queue de Toiseau ; au-dessous du taureau un croissant les cornes en Tair ; ce dernier signe, d'un sens non équivoque et souvent employé daûs l'écriture hiéroglyphique de l'Egypte, nous autorise à croire que nous avons sur ce revers une indication de la nouvelle lune ou néoménie ; par les raisons suivantes : le Soleil et la Lune étant au printemps dans le signe du Taureau, annonçaient autrefois le retour de la nouvelle saison ; à cette époque, la constellation du Corbeau est à Torient et le Taureau est à Toccident.

Sur les revers 592 à 594 (Cat. Duch.), l'extrémité de la queue du taureau est bifurquée; ce détail nous a fait penser à VJpis lunaire qui, parmi les signes destinés à le faire connaître, devait avoir sur le dos la figure d'un aigle et les poils de la queue doubles; de plus, il éteît engendré par un éclair qui, venu du ciel, allait frapper le flanc d'une génisse; sur nos médailles defiridiers, un traitpartant de la lampe suspendue semble venif tou-

oher le flanc de l'animal. Nous n'insisterons pas sur ces analogies plus ou moins lointaines, mais nous dirons cependant qu'elles ne sont pas les seules qu'offre le symbolisme sidéral des monnaies de la Gaule avec lés croyances deFÉgypte. Sur le revers n^ 595, du « même groupe, le taureau est surmonté du symbole x dont nous nous réservons de donner plus loin l'explication, lorsque nous aurons à examiner tonte la série des signes et emblèmes que nous avons réunis dans une même catégorie.

Fréquemment, le symbole sidéral de VÉpi accompagne le Taureau zodiacal parce que VÉpi^ du groupe de la Vierge, se lève quand le soleil est dans le premier de ces signes. Si la grappe de raisin devient à son tour uo emblème caractéristique du taureau massaliote, c'est que l'étoile, la Vendangeuse^ appartient aussi à la constellation de la Vierge.

La même remarque est à faire pour le Serpent qui est un paranatellcn du Taureau ; c'est probablement à ce titre qu'il figure, ainsi que VEpi, sur les sidrachmes de Bridiers : nous citerons le revers n*" 364 (Cat. Duch. ATEVLA, VLATOS, chef incertain de Caladunuro) où Ton voit le Serpent au-dessus du Taureau et à Texergue Y Épi : les dispositions des symboles sont changées dans ce cas, parce que la Vierge se couche quand le Serpent se lève.

Nous venons de nous servir du mot paranatellon qui appartient à la langue de la vieille astrologie divinatoire ; il est nécessaire que nous définissions ce terme

parce qu'il nous fournira, dans la suite de ce travail^ la clef des combinaisons variées ou des aspecls des signes astronomiques que nous rencontrons sur les médailles de la Gaule. Selon le savant M. Francœur, qui ses! appliqué autrefois à débrouiller les obscurités de la science antique, les prêtres Égyptiens conçurent et les Grecs, leurs disciples, désign^ent en leur langue, sous cette dénomination de paranatellons (ir«pàAi«rM«, se levant ensemble)^ les aspects corrélatifs des astres; spécialement ceux des constellations extra-zodiacales qui apparaissent sur I*horizon, au même instant, oii y arrive aussi Tun des douze signes du Zodiaque. Celui des deux astérismes qui se lève est censé triompher de cdui qui se couche, ou bien ce dernier est encore réputé comme faisant naître Fautre : de là cet adage hiératique : Taurus Draconem genuit et TaurumDraco. (Le Taureau engendre le Dragon et le Dragon, à son tour^ engendre le Taureau.) En effet, quand le taureau se couche, on voit se lever le serpent, et par contre^ quand le serpent se couche^ le taureau se lève.

Dans Tâge des théocraties, la grande étoile rouge, nommée VOEildu Taureau, était dans le signe de Téquinoxe dii printemps et annonçait cette saison. On sait que les traditions lui conservèrent ce privilège long^ temj^^après qu'elle ne Tavait plus, par suite du phéno* mène de la précession. Il n*y a rien d'étonnant à ce que le taureau fût encore censé marquer pour les Gaulois, comme pour les Grecs, le partage des signes, et c est pourquoi sur le bronze n° 447 (Catr Duch. Incertaine

de lu Lytmrmiséjf le bucrane substilaé aa taureau se fait voir accosté des SS (sic) posés verticalement et qai probablement font allusion à la marche du ooleil; clans les deux hémisphères célestes .

t^e SMi||1lei**

Notre type n» S, celui du Sanglier ^ appartient d'u^e manière exclusive à la Gaule qui le choisit^ «ans nul doute, parce qu'il hii offrait des rapports directs avec Tune de ses principales croyances religieuses; maisquetle était cette croyance? Nous avons cru m retrouver des traces dans un mythe céleste se rattachant à Tantique fable phénicienne d'Adonis; on y raconte dans une variante entée sur la légende primitive par les Grecs ou les Celtes, que Proserpine émue des plaintes de Vénus, promit de lui rendre pendant six mois de l'année Adonis, pourvu, qu'à son tour, elle, la déesse de l'enfer, eût en sa possession le beau chasseur pendant l'autre période de six mois. Jupiter intervint pour sceller le pacte des deux déesses.

Selon l'explication de Macrobe, dans ses Saturnales (lib. P^ chap* xxi), Adonis symbolise le soleil et le Sanglier Thivér, saison pendant laquelle T^^stre du joiit^

semblait défaillir, alors qu'il s*ioclinait ea parcourant le zodiaque» seulement à côté de nouSt selon la science antique. Ainsi, ce mythe signifiait que pendant les six mois de Tannée, où les jours sont courts et les nuits longues, Adonis demeurait avec Proserpine, et que durant les autres six mois, où les jours sont longs et les nuits courtes, il habitait avec Venus.

Ce mythe cosmogonique, d'une haute antiquité, on doit le croire, pénétra de bonne heure dans la Gaule et dut s'y implanter, d'autant mieux que la déesse Proserpine qui eut parmi ses surnoms celui de Mère des Gaulois^ y possédait des sanctuaires et était comme Cybèle en Gaule, l'objet d'un culte fervent. Quant à la division en signes diurnes et nocturnes qui seraient alternativement représentés par le Sanglier et le Cheval, elle était adoptée dans d^autres pays, ainsi que le prouve le passage suivant extrait des Astronomiques de Manilius.

« Quin etiam, sex continuis dixere diurnos » Gaslris esse vices, quoD sunt a principe signo » Lanigeri) sex a Lil^a, noctuma viderî. »

{Lib. I, Vers 248, Éd. Lmaire.)

Le vieux mythe religieux et cosmogonique d'Adonis nous parait expliquer d'une manière très-plausible la présence du Sanglier dans la symbolique monétaire des Gaulois; d'ailleurs, ce type appartenant aux divers peuples de l Aquitaine, delà Narbonnaise, de la Lyonnaise ou de la Belgique, ne saurait dtre localisé; il faut

donc y voir le résuKat d'une croyance nationale à un mydie céleste adopté par toute la Gaule.

Ces considérations feront comprendre, en la motivant, la présence simultanée du Sanglier et du Cheval, Tun au droit, l'autre au revers de la même monnaie: sur certains revers, le Cheval et le Sanglier placés lun au-dessus de l'autre; enfin le Lion, Pégase et le San*glier placés dans des positions analogues.

En face de la plupart de ces petits monuments si chargés d'emblèmes, il est difficile de ne pas leur reconnaître un sens astronomique. Nous nous empressons de signaler, à ce propos, le curieux revers du bronze, no 367 du Catalogue de Duchalais, 206 de celui de Mionnet.

On y voit un génie ailé tourné à droite et combattant un lion tourné à gauche : entre les deux antagonistes, un cercle perlé dans lequel est un globule ; au bas, un sanglier marchant adroite.

La signification de ce revers nous paraît concluante : le génie ailé qui semble combattre le lion, c*est J?rtgoncy la constellation de la Vierge, toujours représentée dans les zodiaques antiques avec des ailes et mise, à cause de cela, au nombre des quatre signes doubles.

Les signes du Lion et de' la Vierge placés en opposition sur ce revers et se chassant l'un l'autre, l'astre intermédiaire (le soleil) qui se trouve entre les lutteurs au-dessous desquels on voit marcher le sanglier, enfin tout l'ensemble du groupe semble indiquer rapproche de réquinoxe d'automne et le moment où le Swglier,

marchant i droite, va bientôt prendre la place du Lion et de la Vierge ; dans une antre hypothèse, on pourrait voir sar ce revers trois constellations en triple aspect.

An snjet de ce type si intéressant du sanglier, nous avons eu occasion dé faire quelques autres reflaarquea qui ne sont pas sans importance et qu'il est bon de aea» tkmner dans ce travail, avant de passer outre.

Depuis que nous avons observé sur un certain nombre des didrachmes de Bridiers, au revers du Taureau, ce rayon ou ce trait indiné qui part de la lampe figurant le Soleil pour aller attein* dre le flanc du quadrupède, nous hésiterions, dans certains cas, à prendre pour la hampe d*une enseigne le trait incliné qui semble frapper le Sanglier ; encore moins, consentirions-nous i voir constaflHnent Fimage dTune douille (Renseigne dans ce petit fronton en forme de toit qui est placé derrière le sanglier ; ce serait bien plutôt, à notre avis, le signe indicateur d'une dea sla* tiens zodiacales du Soleil, et le trait incliné préciserait, à son tour, le point de départ des signes nocturnes.

En second lieu, il parait constant que sur quelquesunes de leurs cartes célestes, les anciens disaient figurer, dans la constellation de la Grande Ourse, un sanglier; selon les uns, celui d*Adonis ; selon (f autres, celui de la forêt d'Erymante, tué par Hercule. Ce fait peut donner à penser ; il ne contrarie point notre principale conjecv ture, il ajouterait plutôt à sa vraisemblance. Le sanglier des monnaies gauloises porte ordinairement sur son dos hérissé sept traits qui semblent correspondre aux sept

étoiles de la Grande Ourse avec laquelle il partageait d'ailleurs, dans la mythologie grecque, le nom d'Erymanthis. Le Sanglier, dam le symbolisme astronomique des Gaulois, il n'est guère permis d'en douter, quand on examine avec attention les types armoricains, se confondrait avec la constellation de l'Ourse et néanmoins caractériserait à ce double titre, par son association avec le Cheval, avec Pégase, avec le Lion, la division du zodiaque en signes diurnes et nocturnes dont nous avons déjà parlé. Dans le groupe que nous venons de citer et que nous a fait mieux connaître l'excellent oih vrage de M. Lambert, le Sanglier n'est évid^oament plus un type, mais un symbole accessoire: au droit, il figure sur le sommet de la tète de Belenus ; an revçrs^ il est constamment placé sous le cheval. Ce double emploi de Femblème pourrait bien avoir rapport à la position soit héliaque^ soit sidérale de Tastérisme ; mais ce qui achève de nous convaincre que dans ce cas l'emblème représente bi^i en réalité une constellation, c'est que sur les médailles de la trouvaille de Morlaix (4845), le sanglier placé au revers, sous le chevalt est grotipé avec un oiseau volant, le Cygne^ le Yantour oii l'Aigle, astérismes dont les aspects se combinent sur l'horizon avec l'Ourse. Ce fait unefoi& constaté^ acquerrait une très-grande importance en ce qu'il nous conduirait à reconnaître un système d'orientation dans les médailles gauloises et par cobséquent à user d'un moyen sûr pour déterminer par leurs positions respectives les ncMnbeux symboles astronomiques dont elles sont eoiH vertes.*

L'Aigle.

Dans notre examen de ce qnatnème type, nous ne sommes pas sûrs de ne comprendre que \ Aigle; car il est assez difficile parfois de le reconnaître avec certitude^ on est exposé à le confondre avec d'autres oiseaux, avec le vautour, avec le cygne et même ce qui serait plus grave, avec le corbeau. Cependant, autant que nous avons pu en juger, FAigle, pas plus que le Sanglier, n'est un type localisé; il se présente avec une grande variété de style et sous divers aspects, dans la symbolique monétaire de la Gaule, et semble participer à la reproduction de plus d'un mythe céleste.

Nous avons eu occasion déjà de nous arrêter à la signification que pouvait avoir X Aigle luttant avec un serpent, nous l'avons vu groupé avec le Iton, avec le Taureau et plusieurs autres constellations zodiacales ; dans ces circonstances, il n'est guère douteux qull représente l'astérisme de \ Aigle. Enfin, nous allons retrouver ce type ayant un autre rôle dans la suite des médailles attribuées au chef inconnu PIXTILOS.

Ces bronzes qui sont décrits sous les n®* 461 à 464 (Cat. Duch.) ont donné lieu à une savante dissertation de M. de Barthélémy. M. de la Saussaye en a rendu compte dans la Revue numismatique et Duchalais, à son tour, avait fait ressortir, dans une note de son livre,

rintérél qui pouvait résulter du curieux rapprocbemenl de ces médailles d'ua bas-relief publié par Montfaucon. (Antiquité expliquée^ t. II, p. 427.)

Voici la description qui a été donnée de ce basrelief :

« Une jeune homme imberbe, vêtu d*une chlamyde » jetée sur répaule, tient delà main droite une grappe » de raisin qui est becquelée par un oiseau posé sur » sa main gauche ; entre les doigts de la même main, » on remarque un fruit qn'il est difficile de déterminer, » et au-dessus de Tépaule droite du personnage, on * lit :

DEOBE

MILVCIO

M. de Barthélémy pense que cette inscription devrait se lire ainsi : DEO BEMILVCIOVIO^ et ce bas-relief serait alors un eœ voto dédié à un dieu topique du nom de Bemiluciovius.

Selon Montfaucon et Dom Martin, il faudrait lire DEO BEMILVC. lOVI et Tinscription s'adresserait à Jupiter bemilucusj vel bemilucitis.

M. de Barthélémy n'entend pas assimiler son Demiluciovim à Jupiter, mais à Bacchus ; sous ce rapport, nous nous rangeons à son avis. Duchalais qui est d'abord séduit par ce rapprochement ne taide pas à en trouver le côté faible, et il finit par conclure que le

chef Piœtilos a bien, en réalité, voulu i*eprésenler un Jupiter sur les médailles qu ila fait frapper.

Quant au type de la télé du droit, il y a des raisons pour y voir l'image de Vénus aussi bien que celle de Gérés. Cette question nous paraît de peu d'importance, puisque Tune ou l'autre de ces déesses peut convenir à rinterprétation que nous allons proposer.

Il feut, avant tout, se bien pénétrer du sens vrai que d'après les étymologies paraît offrir cette inscription.

Mais en admettant la réalité d- un Jupiter bemilucius^ ou même d'une divinité topique du nom de Bemiluciovitu, on ne peut se dispenser de rapprocher ces deux premières dénominations d'une troisième, celle de Milichiuê qui était un surnom de Jupiter chez les Eléens, surnom que ce dieu partageait même avec Bacchus. Nous l'avouerons sans peine, nous nous sommes tout d'abord laissé entraîner à supposer une erreur de lecture qui serait après tout bien possible : nous imaginions que le B avait été pris pour H, et nous lisioos cette curieuse inscription de la sorte : DEO HEMILVCIO VI...

Quand oette forme ne serait ni grecque, ni latine, il suffirait qu'elle fût gauloise. Nous pensons bien qu'à la rigueur on pourrait admettre Hemiluciot^ au même Utre qu'on admet Hemitheos.

Mais à quoi bon, il y a mieux ; en conservant littéralement l'inscription telle qu'elle a été donnée par Montfeucon, on arriverait à un sens analogue à celui que nous nous proposons de trouver y il fendrait alors i

DEO BE MILVCIO VL... c'esl-à-dire DEO UELENO MILVCIO VITIS (i^ei) VITIFEUO.

Si on accepte celte hypothèse, le bas-relief, avec son inscription , explique convenablement et selon les croyances cosmogoniquesgauloises, le personnage assis et les divers symboles des monnaies (n®* 461 à 464) du chef PiœtUos. Il suffira, pour mieux s'en convaincre, de rapprocher les bronzes et rinscription votive de ce mythe consacré à Adonis, où Ton voit cette divinité secondaire devenir le symbole du soleil, au moins durant six mois de l'année.

Adonis serait alors représenté, danscette circonstance, avec le triple privilège qui lui appartenait, selon la fable antique : d'être souvent assimilé à Bacchus, à Hercule et à Phœbus; et de nous donner les beaux et longs joursl qui font fleurir la vigne et mûrir son fruit Mais, qui plus est, on arriverait naturellement de la sorte à comprendre le motif des bons soins donnes à l'oiseau de Jupiter par Adonis, s empressant de reconnattre envers l'iéfgrfe, serviteur du mattre des dieux, rintervealioû de ce dernier dans le traité d'alliance qui était venu concilier les prétentions rivales de Vénus et de PiT>serpine.

Il ne sera pas hors de propos d'exposer ici une dei^ nière hypothèse présentée par Duchalais et qui tendant à substituer Ganymède à Jupiter et à Bacchus, pouvait encore se rapporter à l'inscription citée plus haut; cette conjecture, en présence des divers bronza à la légende PIXTILOS, qui sont illustrés de nombreux signes a«tnH

nomiques, acquiert^ selon nous» un certain degré de vraisemblance : en effets elle peut s^élayer à son tour de ce fait important que la constellation de V Aigle, selon les astronomes grecs, au temps d'Eudoxe, se composait de deux figures, aujourd'hui séparées : celle de l'Aigle et celle de Ganymède, à laquelle on substitua dans la suite celle qui porte le nom d'Antinous.

Nous nous empressons de le reconnaître avec plaisir, c*est à ridée première émise par M* de Barthélémy que doivent remonter ces diverses conjectures, sur lesquelles peut s*appuyer une partie de notre système d'interprétation.

Il nous reste encore à citer quelques revers de la série des monnaies de PIXTILOS; ainsi sur le n** 462 (Cat. Duch.) on voit un aigle becquetant une grappe de raisin. Ce fait rap[>elleà Fesprit queï Aigle solsticial concorde par son lever avec le coucher de l'étoile la Vendangeuse du groupe de la Vierge.

Sur un autre bronze faisant partie de la trouvaille de Vouvray (Sarthe) et publiée par M. Hucher, nous trouvons, au revers,, un aigle perché sur une tige recourbée, ou sur un tronçon de serpent, au-dessous duquel sont placés les deux </i %/* {sic)^ inclinés et posés de façon à ce qu*une partie seulement de la dernière soit visible ; enfin derrière Taigle semi-éployé figure le cercle entourant un globule; ces divers symboles, par la place qu ils occupent, semblent indiquer l'approche de Téquînoxe d'automne où les constellations de V Aigle, et du Serpent apparaissent ensemble, Tune à l'c^ient, l'autre

à Toccident. Il faut noleren oulre, que le cercle entourant un globule (le Soleil), n'occupe pas le centre, mais la parlie droite de la médaille, et confirme par sa posi-tion notre conjecture.

L'Aigle Massaliote se présente lui aussi, les ailes semiéployées et quelquefois en face d'un astre.

Sur un bronze dont le type paraît appartenir aux Carnutes, Yaigte éployé et la tête tournée à gauche, a audessus de sa tête un grand cercle et à sa droite un serpent ; or, il faut noter qu'en septembre, les astérismes, la couronne^ le ser/^enfetVar'^/e^ apparaissent ensemble dans le ciel ; le dernier au méridien et les deux autres à l'occid^t.

Le UieM.

Le cinquième type essentiel dont nous ayons à parler, est celui du Lton, il appartient plutôt à la colonie des Massaliotes qu'aux autres peuples de la Gaule ; sa fréquence sur les médailles d'argent de ce dernier pays, s'expliquerait au besoin suffisamment par les relations commerciales qu'entretenait chez une nation voisine la puissante colonie marchande. Les Gaulois, cependant, se sont à la longue approprié ce type en l'accommodant

à leurs oonvenaoces nationales, oomme cela avait eu lieu pour tant d'autres empruntés à la Grèce ou à la République Romaine ; ce fait se manifeste, par exemple, d'une manière non équivoque, toutes les fois que le Lûm apparaît sur un revers groupé avec les signes et les symboles astronomiques que nous avons déjà décrits; alors, c'est évidemment à nos yeux la constellation zodiacale du Lion que le graveur a voulu représenter, car on y reconnaît à de nombreux indices le Lùm solsticial que le Soleil faisait disparaître sous ses fonx et qui, selon la fable astronomique des Douze Travaux, rappelait la victoire d'Hercule sur le lion de Némée.

On voit même ce type, sur un certain nombre de re* vers, usurper la place et les attributs ordinaires du cheval; ou encore être associé au sanglier. Ces emplois modifiés sqnt seuls vraiment empreints du génie gaulois ; les autres ne peuvent être considérés que comme des produits destinés aux besoins des échanges commerciaux. Malgré la barbarie de leur style, ces drachmes se rapprochaient pour la plupart du poids monétaire de Marseille, c'était tout ce qu'il fallait. Ces pièces, trèscommune& dans le midi de la France, deviennent rares sur le sol des Arvernes. Le type massaliote n'est d'ailleurs pas le seul qui ait eu cours dans la Gaule, il y a aussi le lion de Galatie et celui des derniers Romains et Campaniras. Mais ce n*est pas là notre point de vue, qui se concentre d'une manière exclusive sur le symbolisme céleste, et selon notre méthode, nous y revenons par h vole des preuves.

FréqueBDiuent le Lion estaocompagné des Gimea/M^ en voici deux exemples :

l"" Sur le revers du bronze a'' 550 (Rémi, Gat.. Duch.) on voit un lion tourné à gauche, la queue passée entre les jambes, au^essus de lui deux annelets réunis par un trait ; derrière, le même symbole posé verticalement^ tandis que le premier est posé horizon*^ talement : ces emblèmes accouplés par un lien désignent les deux signes doubles, hi Balance et \&èGémeaux qui paraissent, à l'orient et à Toccident du ciel, vers l'époque du solstice de juin«

2"" Dans les incertaines de la Narbonnaise, la médaille d'argent n^ 305 (Gat. Duch.) représente au droit deait tètes jeunes nues et imberbes^ accolées et tournées à droite (les Gémeaux) : au rwem : un lion gmrcbant à droite et entre ses pattes un V. En juin, le Lim et les Qémeawc sont ensemble au c6té droit du eiely et un autre astérisme qui est désigné par te Vy et que nous délerminerons plus tard avec d'autres signes^ ocoupe le pôle boréal.

Nous signalerons en outre, dans la série d^ bronzes attribaésaux Rémi, la médaille avec la légmde ATISIOS REMOS, au revers de laquelle on voit un lion, la queue passée entre les jambes et relevée sur le dos; âu-ddssous du lion, un Dauphin, et derrière le symbole 8 ressemblant au huit de chiffre. Le Lion et le Dauphin sont deux constellations opposées, l'une se lève quand Vautre se couche, et c'est pourquoi le graveur les a représentées Tune aunlessus de l'autre; quant au

symbole du S fermée se rapprochant de la forme du chiffre 8, ce serait une des meilleures preuves à Fappui de notre hypothèse, si on consentait à y voir, comme nous sommes tenté de le faire, un signe gnomonique. Nous aurons une autre occasion de constater remploi de cet emblème, quand nous déterminerons la valeur symbolique du c/>.

Le Cavalier.

Nous avions d*abord eu la tentation de négliger ce type, parce qu'il ne paraît pas être, à proprement parler, d'origine gauloise, parce qu'on ne le trouve dans les cartons du cabinet imp^ial que sur une trentaine de médailles en bronze ou en argent, presque toutes d'un même style et appartenant à une époque peu éloignée des campagnes de César. Mais nous sommes revenu de cette idée« quand nous avons connu les statères du nord-ouest de la Gaule, qui échappent à l'imitation romaine. Quant au type des derniers temps, bien qu'il n'ait été introduit dans le monnayage gaulois que par voie d'assimilation avec les deniers et les quinaires de la République Romaine dont les têtes sont notamment copiées dans une plus grande proportion, nous avons pensé, d'une part, à la grande importance qu'avait eue, dans les premiers temps de la période consulaire, la

personnification céleste des Dioscares; deTantre, aux modifications significatives qne lui avait fait subir la Gaule ; et en somme nous ayons compris que nous aurions laissé une lacune dans notre travail en voulant trop circonscrire nos observations. Il y avait donc encore quelque chose à dire au sujet de ces cavaliers qui sont, pour la plupart, des images des Dioscures, toujours réduites à un seul personnage, mais parfois armé de deux lances ; en outre, il faut noter les cas assez nombreux où les Dioscures sont accompagnés de symboles astronomiques gaulois, tels que, le </> simple, redoublé ou allongé, caractéristique des longs jours, les globules dans un cercle, les disques, les croissants, le sanglier, rétoile, le rameau, etc. — Les Dioscures sont aussi figurés par deux tètes de profil accolées ou posées en sens inverse, souvenir du type d'Istrus (Maesie inférieure).

Alors, dans ces cas spéciaux, on comprend ce que devient ce type qui, mieux que tout autre, se prêtait d'abord aux convenances de la symbolique céleste particulière au monnayage gaulois : par exemple, on ne saurait méconnaître, soit dans le cavalier accompagné du ^ redoublé, soit dans les revers aux deux léles de profil accolées ou posées en sens inverse, soit encore dans les deux cercles accouplés par un lien, des emblèmes de la constellation des Gémeaux.

Il ne faut cependant pas l'oublier, il y a des réserves à faire au sujet de quelques-uns de ces types du cavalier; spécialement pour ceux des aureus n** 743, 744

(Imitations MacédoDiennds. Gat. Duch«)t armés d'un bouclier;^ pour les cavaliers armés â*une épée et d*ua bouclier; enfin, pour ceux à la légende LITAVICVS^ armés d'une enseigne : les premiers procédant de l'art grec semblent se rapporter aux coiistellations d'Orion ou du Centaure; les seconds, aussi bien que le guerrier à pied des sr asnactus et des nuMNOUX rappellent à l'esprit les fobles de la Perséide.

L'OSM.

Nous aurions pu, d'une façon encore plus absolue, négliger ce dernier type, qui est le septième de ceux que nous avons qualifiés d'esseoitiels, car nous ne connaissons d'ailleurs que les deux pièces publiées sous les n"^ 348 et 447 (Cat. Uucb.), qui soient au type de ÏOurse; la dernière, qui est gravée dans la planche 11, n* 7, du même ouvrage, représente, au droit, une tète de bùBuf Accostée de deux S avec un rameau aimlessus; nous avons déjà démontré que ce symbole offire un ct^ ractère astronomique ; le Rameau dont nous aurons à parler plus tard, ne contrarie en rien cette supposition ; quant à l'ours du revers, il parait avoir aussi un sens analogue.

JLie savant Miennes avait cru reconnaître sur la mé*

dailleD^'ôSO (Cat. Duch.) incertaines anépigraphes de la Belgique, et n° 306 (Cat. Mionnet) la reproduction d'un ours ; Duchaiais croyait y voir un cheval, et il donne pour raison que l'ours a une queue très-courte. Nous répondrons pour Mionnet, que l'ourse céleste a une longue queue, sur laquelle sont disposées trois étoiles, et que le Dragon placé au-dessus du type principal, aurait pu justifier encore cette attribution.

A la gueule de Tanimal figuré sous le n"" 447 (incertaines de la Lyonnaise) s*adapte une bride ou une longe repliée qui traîne sous les pieds de l'animal ; c'est là un détail remarquable, pour peu qu on veuille se souvenir que la constellation boréale de la Grande Ourse^ Hélice^ était, selon la tradition conservée par les poëtes an« oiens, soumise à la volonté de Tastérisme voisin, U Bouvier^ qui était censé la faire tourner sous sa main (V. Anacréouv ode III, etThéocrite, idylle XXIX). Nous avons cru reconnaître Tindication des mouvementé propres à d'autres astérismes sur les monnaies de la Gaule; spécialement pour le Taureau, se levant à reçu* Ions, le Vautour volant, le Vautour tombant, la Lyre, Cassiopée, le Navire^ etc. On sait d'ailleurs que ce sont surtout les constellations situées autour du pôle, qui présentent ces variations d'une manière remarquablOjr et ce fait n'avait pas échappé aux astrologues gauldis.

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