‹ Nouvel essai d'interprétation et de classification des monnaies de la GauleChapitre 8 sur 36 · Môme légende ; tôte d'Apollon à droite · texte numérisé non relu

Môme légende ; tôte d'Apollon à droite

Jjc. — Bœuf marchant à droite; au-dessus un Rameau, au-dessous un petit sanglier et derrière lui un globule dans un annelet. — Vis-à-vis le Taureau, feuille de trèfle se rattachant à une tige recourbée.

Les deux consteUaikMfto du Verseau (ou du DkMa) et dllercule apparaissent ensemble en juiUetet en août dans la partie orientale du ciel ; voilà le sens du premier revers; quand au second, il indique probablement, au contraire, l'opposition d^Hercule et du Taureau, aux environs des deux edures solsticiaux d'été et d'hiver. La présence du petit Sanglier que nous avons supposé être l'équivalent de l'Ourse, précise l'intention de caractériser spécialeBient cette dernière époque (novembre) oïl Y<m voit, en effet, la petite Ourse au pôle boréal. Dans le premier cas^ les annelets entourant un globule et placés, à droite et à gauche du Diota, sont les emblèmes du partage de la course du soleil qu'il vient de finir et qu'il recommence. — Dans le second cas, le globule, dans un annelet, placé derrière le Sanglier, semble indiquer que le soleil va terminer la seconde phase de sa course.

On n'aura pas manqué de faire cette remarque ; nous avons négligé de déterminer un des symboles du bronze n** 444 ; c est la feuille de trèfle qui se dresse sur sa tige devant le Taureau; notre intention n'est pas de passer sous silence cet accessoire, bien que sa signifia cation astronomique, si toutefois il en a une, nous échappe. Cependant, nous soupçonnons fort qu'il est employé ici comme la iéuille substituée au point dans l'épigraphie antique et qui est destinéo à marquer la terminaison d'un mot ou d'un membrede phrase. Ainsi, d'après cette donnée, la feuille triM)é6t de même que

le symbole à troU lobei^ <}ue nouB avons déjà signalé, pourrait se rapporter à la mesare du taoQps.

Dans deux dissertations successives que nous avons publiées sur le symbole en forme de lampe qu'on remarque, à la fois, au-dessus du type du Taureau des revers de Bridiers et au-dessous du cheval des monnaies d'or attribuées à la Pannonie, pous persistions à consi- * dércr cet accessoire uniquement comme un emblème du soleil. Nons nous étions engagé dans une fausse voie. Cependant, nous désirions d'autant plus donner une exacte dét^mination de ce symbole, que nous pensions avoir été le pranier à le faire connaître.

Cette prétendue lampe existe sur dix-sept revers, au type du Taureau, dans la trouvaille de Bridiers; nous en avons publié quatre résumant les principales variétés, à signaler,' trois figuraient sur la planche explicative de notre premier travail, et nous donnons aujourd'hui le quatrième. (V. la planche.)

Après avoir étudié les planches d'un grand nombre de publications numismatiques, nous n'avons trouvé notre symbole de la lampe hémisphérique et suspendue par des chaînes que sur un seul aureus provisoirement attribué à la Pannonie (n*" S, Cat. Duch«) et gravé dans la planche III; n"" 1 2, du même ouvrage ; mais cet accessoire réduit^ à de petites proportions, n'a pas été posi^ Uvemeat reconnu ; voici la description que Duohalais doAM de cette médaille*

— Tête jeune, imberbe, les cheveux courts et frisés, tournée à droite.

— IÇfc. Cheval galopant à droite, un oiseau de Tespèce des éperviers, les ailes éployces, cramponné à sa crinière et semblant becqueter ses oreilles; vis-à-vis lui un S ; derrière, un objet semblable à un épi dépourvu de sa tige; sous le cheval, un • vase terminé par un demi-cercle, muni de deux boucles en forme d'oreille, aux- ' quelles s'attache par des crochets une double chaîne qui sert à le soutenir; à Texergue séparée du champ par un trait, un ornement composé de quatre » groupes les uns à côte des autres (sic) » ^ » > ; sur Ja séparation de Texergue et du champ est un fleuron formé de trois feuilles circulaires imbriquées les unes dans les autres et posées, un et deux.

Ce vase hémisphérique soutenu par une chaîne, c'est bien la lampe que nous avons décrite sur les didrachmes deRridiers; mais^ dans ce dernier cas, elle est trèsvisiblement suspendue dans la partie supérieure de la médaille ; ici, au contrairCi elle occupe une toule autre place et, par cela même, elle doit prendre une nouvelle signification. On peut tirer beaucoup d'inductions importantes, comme nous l'avons prouvé, de la place qu'occupent les symboles, une fois qu'ils sont reconnus

comme tels, sur une suite de monnaies gauloises. Nous allons en trouver ici un nouvel exemple^ et comme nous Tarons déjà fait en plus d*une circonstance, nous ne négligerons pas de le signaler.

En nous efforçant de préciser le caractère emblématique de la Lampe, nous y retrouvions un des attributs d'Apollon; car c'est de la lampe assimilée au Soleil, que lui vient le surnom de Lampeoion; comme le cheval au galop indique la course du temps, la Lampe représente celle de la lumière qui le suit. La même idée apparaît dans une image homérique, aa^^^ov ^aoç nixtoto (Lampas ctarissima sotis.)

Mais, sur Taureus dont il est ici question, ta lampe (la lumière) placée sous le ventre du cheval et décrivant en conséquence, un arc très-court, préciserait une époque de Tannée différente de celle indiquée sur les didrachmes de Bridiers, où Ton voit la lampe décrivant son arc au-dessus du Taureau.

Ce déplacement remarquable du symbole nous avait toujours inspiré des doutes sur la certitude de notre première interprétation eL semblait, par analogie avec nos précédentes inductions, nous indiquer qu'il devait s agir encore, dans celte circonstance, de la configuration d'un astérisme. Nous inclinions d*autant plus vers celte pensée qu'elle se rapprochait des données générales de notre système; mais, il faut aussi le dire, nous avions d abord vainement cherché dans le ciel astrologique des anciens une constellation à laquelle ce symbole en forme de

lampe pût s'appliquer. Plas tard, on va le voir, nous avons été plus heureux dans nos investigations.

Du moment que notre conviction s'était entièrement modifiée, il eût été mieux peut-être de supprimer ce qui précède et d'éviter, par là, au lecteur, le tableau des tâtonnements et des hésitations de noire esprit; mais, d'un autre côté, il nous semblait utile de montrer combien il est facile aveo des tesites de s'égarer dans le champ des conjectures; enfin, nous voulions faire couoattre le chemin par lequel nous étions rentré dans les conditions à peu près rigoureuses de la méthode que nous avions toujours suivie avec succès.

En recherchant, parmi les descriptions du ciel des anciens, les figures qu'ils avaient adoptées pour la désigna* lion des divers astérismes, il ne nous était pas échappé que Germanicus Caesar, dans s^ traduction d*Aratus» avait donné à la constellation australe de l'Autel, l'Ara de Cicéron et de Manilius, le nom de Turibulum.

c Quidam dicunt Turibulum, ut Germanicus. > (Note du vers 426, lib. I. Manîlii. Ed. Lemaire.)

Plus tard, nous étions frappé de Fidentité de forme qu'offrait ce vase hémisphérique suspendu par des chaînes, avec celui que nous avions d'abord supposé être une lampe. Enfin, la constatation ultérieure de plusieurs concordances de ce symbole céleste avec d'autres astérismes, nous conduisit à reconnaître d'une nwtnière définitive que ce vase suspendu représenté sur

nos monnaies, devait désigner Fa constellation de TArrtel, sous nne autre forme, celte de fencensoir ou du Turibulum, tel qtfîl est décrit dans Je schollaste ancien de Germanicus Caesar.

c Habet stellas quator, duas in superficie^ m qua prunae fuisse dicuntur, duas in Vase ejus. i»

Nous verrons dans la suite, que celte division du groupe stellaire en deux parties se retrouve sur des revers gaulois.

Turibulum vicinum austris, sacro igné videbis.

(Qermanici Cœsaris Aratea, vers 91. Éd. Lemaire.)

En effet, si nous voyons apparaître le vase en question avec le Taureau sur les monnaies d^argent de Bridiers, c*est que FAutel ou le Turibulum dont le lever concorde avec celui du Sagittaire et du Capricorne» apparaît au-dessus du Taureau qui se montre vers la même époque dans la partie orientale du ciel. - Maintenant, pour peu que Ton veuille, bien se reporter à la description que nous avons déjà donnée plus haut, dans ce même chapitre, du prétendu aureus Pannonien, on reconnaîtra sur le revers, le cheval ayant sur son dos un oiseau, derrière lui un épi, en face de sa tête le signe S posé verticalement et sous le ventre, le vase à encens ou le Turibulum ; ce dernier symbole est probablement figuré, dans ce cas spécial, à son coucher. L'Épi représente Tune des principales étoiles de

la constellation de la Vierge ; Foiseau celle du Corbeau, et le S vertical la portion de la Grande Ourse qui porte ce nom et que cette lettre est censée désigner ordinairement. Ce dernier astcrisme est au pôle boréal, quand les trois autres constellations qui font partie de Thémisplière austral sont à Torient ou à l'occident du ciel.

Ces quatre signes célestes combinés dans un môme ensemble, sur un môme revers, reproduisent selon toute apparence, un de ces aspects sidéraux sur lesquels sont basées les fables astronomiques et que les anciens désignaient sous le nom de Paranatellons. On n'aura pas oublié que nous avons déjà eu occasion d'en signaler de nombreux exemples. Toutefois, il convient de dire que l'astérisme l'Autel ou le Turibulum est au nombre de ceux qui ne se montrent point sur l'horizon de Paris; mais on ne perdra non plus de \1ie que ces combinaisons d'astres sont variables selon les temps et les lieux d'où on les observe. La loi des précessions modifie à la fois les levers et les couchers héliaques et les positions relatives des astres par rapport à l'horizon. Si le spectateur change de latitude, il voit se lever ou se coucher simultanément des étoiles différentes, et cela doit ôtre, puisque le milieu d'aspect n'éiant plus le n.ême, on aperçoit d'un cô:é certains groupes nouveaux d'étoiles, tandis que de l'autre, il e est que Fœil ne peut plus retrouver.

Ces considérations ne sont pas étrangères à notre sujet, car ce qu'elles ont de spécial pourrait servir au besoin à expliquer les anomalies que doit certainement

offrir parfois la sphère céleste des Gaulois, Très-probablement, à l'exemple des Grecs et des Bomains, ils avaient emprunté leurs notions astronomiques à d'autres peuples plus anciens qu'eux, et les avaient avec plus ou moins de succès appropriées à leur usage.

Cela posé , nous reprendrons le fil de nos descriptions.

Préoccupé de rechercher tous les emplois numismatiques du vase à encens ou Turibulum substitué à TAuteli nous avons cru le retrouver sur un groupe de monnaies d'argent provisoirement attribuées aux Bituriges; mais ainsi que nous l'avons antérieurement fait observer, le symbole divisé dans celte circonstance, en deux portions, n'est représenté qu'à demi, sous son aspect supérieur et sans le vase hémisphérique qui constitue la partie inférieure. En confrontant avec soin ce détail accessoire avec les médailles de Bridiers, où le symbole est reproduit en son entier, au-dessus du Taureau, il nous a paru impossible de méconnaître sur les revers des monnaies bituriges tous les caractères de la partie supérieure du Turibulum.

Pour plus de clarté, nous allons d'abord décrire une de ces drachmes.

— Tête d'Apollon jeune, tournée à droite, avec une chevelure disposée par grandes masses détachées et comme flamboyantes.

B^. Cheval galopant à droite, monté par un ca-

valier Wà et ailé ; an-deesow un ^nbole par raissaat affecter la forme d'ime grosse fleur de lis dont la partie inférieure aniait été oonpée par suite de Fiosoffisanoe do flan.

Cest ainsi qu'on avait to^îoars cra jusqu'à présent devoir désigner cet emblème accessoire qui nous paraît 4tre, en réalité» comme nous Tavons dit» la partie supérieure du Turibulum des Âratea de Germanicus.

Notre opinion aurait pu s'établir de vim ; vm& soumise à notre observation habituelle des types célestes, elle emprunte une grande autorité à la (Mrésence constante du cavalier ailé sur les revers de ces dradunes; c est sous cette forme qu'est représenté le Sagittaire dans la plupart des zodiaques antiques oit ce personnage ailé figure au nombre des qua^e signes doubles symétriquement disposés; déplus, comme le Scorpion, le Sagittaire est voisin dans le ciel austral de la cons^ tellation de TÂutel ou du Turibulum.

Uaautrc symbole sollicite ma internant notre atteotion, c'est celui du Corbeau, on m'aura pas oublié que nous l'avons cru reconnattje dans l'oiseau placé au<lessas du Cheval galopant qui est le type du reversde l'aureuspré tendu Pannonien que nous avons déjà décrit. Cet oiseau semble becqueter les oreilles du Cheval, et ressemble, quoi qu'en ait dit Duchalais, plus à un corbeau qu'à un épervier. Dans notre hypothèse, c'est le corbeau céleste t|ui était consacré à Phœbus, phœbo sacer aies ; en outie, c'est encore Tune des constellations de l'hémi-

$pbère austral, où elle ligure dans la forine et avec Tattitude qui est donnée à Toiseau posé sur le garrot du cbevalt dont il s'efiforce de becqueter les oreilles : Roitrû tundit (V. Aratet Ciceronis, vers 405).

Cette attitude caractéristique donnée au Goitieau^ si on veut bibn adiaaettre avec nous qu'il pourrait s*agir dans ce cas de la constellation qui porte ce nom, mérite d'être étudiée à son tour avec un soin particulier. D'abord il faut constater que cette attitude donnée au corbeau est conforme en tout point à celle qui lui est attribuée dans les anciennes cartes célestes; en outre, la présence de la constellation du Corbeau figurant audessus du cheval qui selon les croyances astronomiques gauloises symbolise la marche du soleil^ mdiquerait les rapports de cet astre avec le signe zodiacal de la Balance dont le lever concorde avec Tapparition au méridien de la constellation du Corbeau, selon la sphère dVudoice et d'Aratus; il résulterait donc encore de ce fait que nous aurions sur le revers de cet aurons Tindication précise d'une époque de l'année; toutefois au temps ou cette médaille a été frappée, car il faut toujours tenir compte de la précession des équinoxes et des calculs astronomiques qui établissent que les signes coïncidaient avec les constellations du zodiaque, vers Tan 417 avant notre ère.

Les mêmes remarques, comme nous l'avons déjà suffisamment fait pressentir, pourraient se répéter dans de nombreuses circonstances ; surtout pour les diverses positions de la Lyre et du Sanglier, sur les monnaies Ar-

moricaines. Nous aurions pu en consigner un autre exemple plus concluant encore, quand nous avons eu à décrire la médaille anépigraphe en potin (n^ 687, Cat. Duch.) sur le revers de laquelle nous avons signalé la constellation du Serpentaire.

En effet, si le lecteur veut bien se le remettre en mémoire,.le personnage d'Ophiucus est dans cette circonstance représenté à mi-corps, exactement comme dans les hémisphères célestes, ou on le voit apparaître ainsi, tronqué au moment précis du lever à Topposite du ciel, de la constellation zodiacale des Gémeaux. Cest par une allusion directe à ce fait, et dans ce sens, que le poëte Aratus a pu dire :

Ambo pedes, usqne ad geminnm genus, Anguitenentis, Gedentes cœlo, aique immenso sub œquore, lapei, Surgentes alibi poterunt monstrare Gemellos.

(V. jiratiphanomena, aà H%g(m Grotio Mme reddita,yeTsl6\ à 763.)

Il n*est pas besoin d'insister davantage sur ces faits, qui ouvriraient à la science une voie nouvelle et féconde, et il nous semble avoir déjà prouvé par un assez grand nombre d^exemples que des conjectures très-fondées pourn^ient désormais naturellement s'appliquer aux symboles astronomiques placés tantât au-dessus, tantôt au-dessous, soit encore à droite ou à gauche des types essentiels du droit ou du revers des médailles gauloises. Ces signes ou emblèmes, d'après nos observations précédentes, doivent évidemment correspondre à toute la

suite des constellations zodiacales ou extra-zodiacales, telles que : les Gémeaux, l'Aigle, la Lyre, les Poissons, rOuTse, le Verseau, la Couronne, la Vierge, le Serpentaire, Cassiopée, Orion, le Cocher, Persée, Hercule, etc*

Bien que nous ayons, le plus possible, étendu le cercle de nos études dans cet ordre de faits, il restera toujours un très-vaste champ à explorer par des déterminations ultérieures. Nous ferons appel désormais au concours de tous les archéologues qui ont sous la main d'importantes collections de monnaies gauloises; alors, peut-être sera-t*il permis de compléter les déductions des principes généraux que nous nous sommes efforcés de poser. Quel que soit l'accueil qu on leur fasse dans le présent^ ou la valeur qu'on leur reconnaisse dans l'avenir^ ce n'est pas notre affaire de le prévoir. Un intérêt plus actuel nous préoccupe, c'est celui d'appliquer immédiatement notre méthode d'examen à un grand nombre de revers monétaires. Indépendamment de ceux que nous aurons à déterminer, nous avons besoin de revenir sur ceux dont il a déjà été question ; ainsi^ nous avons encore beaucoup de choses à dire au sujet des types oh se montre le Corbeau.

On ne peut guère, dans Tordre naturel, séparer ce dernier symbole astronomique, le Corbeau, d'un autre astérisme qui est son plus proche voisin dans l'hémis* phère austral, celui de la Coupe ; on ne sera donc pas étonné, si notre hypothèse est juste, de voir se produire ce fait de concordance sur un certain nombre de revers.

Parmi les incertaines du Sud-Ouest de la Gaule, on

remarque une importante suite de monnaies de bronze^ à la Mgende YLLYCCÏ vel DLLUCCl, au reversdesqueîles est représenté un oiseau tourné à gauche et le bec penché dans la direction d'un petit vase, comme s'il voulait y boire. Sur d'autres exemplaires/ il becqueté une branche d arbre. Le type principal, l'oiseau, est toujours accompagné de ces signes astronomiques dont nous avons préalablement fixé la valeur, et qui sont les globules dans un cercle, le </> , la croisette cantonnée de besants^ Téloile à six pointes, etc.

La Coupe et le Rameau, ou la'branche d*arbre avec ses fruits, sont une allusion très-frappante aux principales circonstances de la fable astronomique du corbeau désobéissant par gourmandise à son mattre Apollon, qui fen punit en lui interdisant l'eau; en voici le texte latin extrait du commentaire des Aratées de Germanicus.

n Gorvus in lutela ApoUinis, a quo miasus est ad foin

A t^m^ ut diis ad libendum aquam deC^rrel, quiim vi-*

9 disset arbores grossos ficus habeates \6iM& cooBedit

9 in iis. donec maturae tierent, et aquam déferre distiv

» lit; post paucos autem dies peracto sacriâcio» quum

)i illQ ficos comedisset, et se diis peccasse seosiâseï,

» denuQ ad fonM^m ut iiquam hauriret rediit et ab Hydra

9 Qxterrilus vas vacuum reportavit, diceaa, exceaais^e

9 aquam quae Tuera t in fonte. Gognosceps ApoUo sibi

* corvum peccasae, probibuit eum eo lempore aquam

* bibere. »

(Srholium XXXIX, ad Germanici Aratoa. Ed. Lemaire),

La position do corbeau par rapport à la coupe à la* quelle il ne peut atteindre, indique selon les Astrono^ miques le supplice qui lui fut infligé par Apollon. La branche d'arbre, le figiiî^r» 1^ trois cercles entourant un globule,* désignent, selon nous, la troisième périodto dans laquelle est entré le soleiL

On reconnaîtra les mêmes symboles, plus celui de THydre, mais avec d*autres formes, sur une curieuse suite de didrachmes en billon, de style armoricain^ trouvées près d'Âvranches en 4846, et publiées par 11. Lambert dans la planche X de son atlas, V" partie*

Au-dessus d'un cheval à tète hybride et apointie en forme de bec, on voit une sorte de cordon sinueux en grénetîs auquel s'adaptent : une patère gauloise munie d'un manche assez semblable, autant que la petitesse du symbole permet d'en juger, à celles de Dijon et de Gué^ ret, plus quatre globules disposés en forme de trapèze.

Ces symboles nous paraissent devoir désigner les, trois constellations australes ou concomitantes, de l'Hydre, de la <]k)upe et du Corbeau , disposées comme elles doivent Tétre, dans un môme ensemble.

Sur d'antres didrachmes de ce même groupe armori-* cain, nous avons cru reconnaître au-dessus du cheval, la constellation australe (f Argoon du Navire, caractérisée par la marche à reculons que lui donne Aratus.

Sic conversa retus saper œthera labitur Argo.

(Âratiphanomenà a M. T. Cicérone latine rediita, fid. Pingre, vefs 879.)

-. 48ft —

D'autres combinaisons d'astérisroes de Théinisphère austral se maDifesleut évidemment sur ces mémos mon* naios ; par exemple on y rencontre Orion caractérisé par son symbole quadrilatéral, FEridau, par un large ruban constellé; lenfin, la figure du TS'avire:

Il faut observer que ces diverses concordances sont tQUtes prises dans un même milieu du ciel et se trouvent rjeproduites sur une suite de monnaies homogènes, toou-* vées dans le même dépôt et dont le nombre d^^assait le chiffre de cinq cents : si nos déterminations sont justest il n'y a {dus là d'hypothèse, mais une entière confirmation de Texactitude de notre syst^e.

Le Fleuron, les Oiseaux, la Flèehe, l'Epi.

£n décrivant le statère, prétendu pannonien [(n"" 5, Cat. Duch.), au revers duquel figurent à la fois les types du Corbeau et celui plus curieux encore de l'Autel ou Turibulum, nous avons omis d'expliqii^r un autre point de concordance qui semble résulter de la place occupée sur cette médaille pour un accessoire que nous désignerons provisoirement, comme on l'a fait jusqu'à ce jour, sous le nom de Fleuron. Dans Tespèce que nous avons sous les yeux, il importe de le bien constater, ce signe

OU cetemblèiQ6 se voit au-dessus de la ligne de Texergue et tout à fait à son extrémité gauche, ce qui, selon nous, doit indiquer le terme d'une certaine période de temps. Frappé de la mobilité constante de gauche a droite, de droite à gauche, de ce symbole suivant, tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, la ligne de l'exergue, nous avions conclu de ces remarques faites sur dix des types du trésor de Bridiers, qu'elles devaient avoir pour signification une sorte de mesure du temps ; depuis Abus avons eu occasion de faire de pareilles remarques 9àx un nombre considérable de médailles, et dès lors ces faits acquis nous ont autorisé à persister dans la première opinion que nous avions émise, à savoir : que ces fleurons méthodiquement espacés sont une sorte de calendrier des mois lunaires; nous étions même tenté dlaller jusqu'à induire de ces observations que les mon* naies oii se remarquent ces signes aussi bien que des emblèmes des constellations du zodiaque, auraient été frappées par séries multiples de douze, correspondant à une taille légale de la monnaie.

Ces fleurons, d ailleurs, il importe de ne pas perdre cela de vue, aussi bien que l'oiseau sur le dos du chevaly sont des signes particuliers à un grand nombre de nu>nnaies dérivées du type hispano^rec d'£mporium ; seulement il y a des réserves à faire au sujet de ces oiseaux qui afl'ectent, évidemment, des attitudes et des formes très-diverses ; aii^, parfois* ils planent au-dessus du cheval ou figurent au-dessous ; on y reconni^t, tantôt un oiseau de proie assez semblable au Milvus des

cartes célestes des Grecs et des Romains, tafttôt un aigle, un paon, une cigogne, une grue ou une colombe. Ce n'en sont pas moins des emblèmes d'astérismes, si on veut bien prendre garde à ce fait, qu'ils sont toujours accompagnés de signes astronomiques. Qiacpie peuple* dans Tantiquité, avait modiié, à sa guise, les sphères castes des Égyptiens et des Perses. Dans le sodiaque à figures doubles, de la Villa Borghèse, que nous avons déjà cité et dont naus parlerons encoroi le signe du Bélier est accompagné de la Colombe^ les Oémaux de la tùriuê nilée^ fe Cancer de ïmgley le Capricorne du pAm^ les Poissons de la cAonella. Il n'y aurait donc rien d'étrange dana la conjecture que ces oiseaux pourraient représenter sur les monnaies gauloises des constella* tiens eodiacales ou extra-zodiacales^ comme ceUes de l'Aigle, du Corbeau^ de la Colombe, du Vautour, du Cygne, etc.; l'oiseau accosté de cercles centrés qui figure au«dessus du cheval, sur des statèresendectrum (n"^ 760 à 76S. Cat. Dueh.) n'est pas un paon; ce serait plutôt le Phénix qui, chez les Égyptiens, était FemblèaM d'une révolution solaire.

On comprmd, pour peu qu'on étudie le style de ce statère, n^ 5, que Duchalais ne l'ait classé qu'avec une siMTte de regret parmi les aureus pannoniens du cabinet de Paris; mais, si on le compare, quant au style, à la piàce d argmt imitée des types d'Emporium, que nous avons publiée, sous le n^ 9, dans la première planche que nous donnâmes, lors de la découvwte du d^t de Bridiers, le doute n'est plus possible; c'est une mon«

naie gatiloise, et la même • attribution doit s'appliquer aux six premiers aureu$ de cette catégorie qui sont dans les cartons du Cabinet impérial.

Parmi ces médailles qu'il ftiut rendre à la (Saule, nous sommes heureux de compter le quart de statère qui a fourni à M. de la Saussaye le motif d'une très^ remarquable dissertation; le revers de cette pièee, différent de celui du n° 564 (Gat. Duch.), dont nous avons déjà parlé, représente un génie volant à gauche, les jambes traversées par une flèche; ses bras sont rem -^ placés par des ailes, et sa tète est environnée de rinceaux se terminant en volutes semblables au signe ^^ que nous avons déjà si souvent rencontré; ils^agit trèsprobablement dans ce revers, selon les raisons concluantes qu'en donne M* de la Saussaye, du druide Àbaris, Scythe de nation, et voyageant dans les cieux sur la flèche qui lui a été donnée par Apollon. Ce my-the, d'un caractère si poétique, peint à merveille IW prit investigateur du druidisme qui tendait à résumer en lui l'uni versalité des connaissances humaines.

A notre point de vue, ce petit monument offre des détails qui méritent d'être expliqués ; ainsi, nous re* connaissons dans les rinceaux qui environnent la tète éà génie symbolisant Abaris des signes astrcmomiques; nous ajouterons Hième, quant à la Flèche, qu'on pourrait^ wns contrarier la donnée de M. de la Saussaye, recon<^ naître à ce symbole la signification d'un ast^isme, at qu'il n^y aurait rien que de conforme aux febles astvol<^ques dans la supposition que cet emUème repré^

senterait, ici, tout à la foisi la flèche d* Apollon, et la constellatioD boréale connue sous la désignation de la Flèche.

Nous attendrons, disait Duchalais» à propos de Fat* tribution prématurée à la Pannonie de ces six aureus, pour adopter un avis définitif, des observations ultérieuresy et l'apparition de monuments nouveaux ; ces monuments sont venus et ont été mis notamment en lumière parM. Ed. Lambert, l'homme qui les a le mieux étudiés; mais Duchalais n'était plus là pour contrôler leur témoignage* A nous, qu'il a fait en quelque sorte l'héritier de sa dernière pensée, le soin d'effiauser une petite lacune qui déparaît son œuvre.

Déjà cependant, il y avait une forte présomption à tirer du reflet grec complexe dont sont empreintes en général les monnaies gauloises du centre de la France qui appartiennent à un style intermédiaire qu'on a eu raison d'appeler Gollo*Grec. Il suffira de relire la savante dissertation insérée par notre ami dans son Catalogue descriptif des monnaies de la Gaule, pour se convaincre que cette particularité ne lui . avait pas échappé, puis q^'il avait voulu, en raison de ces faits, rapprocher les imitations maoédoniennes de cdles d'£mporium. Ce demi^ type, d'ailleurs si répandu dans toute la Gaule, selon l'autorité puissante de M. de Luynes, à dû né* ceesairement se fondre dans le style adopté par les Arvernes, et on peut dire que les^témoignages ne font plus défaut sur ce point. 11 y a beaucoup d'autres remarques très-importantes à faire au sujet de cette classe

— 441 ~ de monnaies ; toutes, arvemes ou armoricaines ont, quant au droit, un cariactère flagrant d'imitation du type Emporitain ; mais, quant au revers, elles se distinguent les unes des autres, par des variantes sensibles. Ainsi, sôus le chcfvat Androcéphale, on voit une petite figure^ tantôt armée de deux lances, tantôt ailée ou à mi-corps; à la même place, on trouvera la roue à quatre rayons, la ligne ondulée, le globule entouré d'un cercle, des lyres, des sangliers, des hippocampes; or, la constante mobilité de ces symboles accessoires exclut la pensée qu^ils sont des différeîits destinés: à indiquer que ces monnaies appartiennent à telle ou telle localité, mais il en résulte pour nous la croyance que ces signes ou emblèmes ont un sens astronomique et se rapportent à des aspects de constellations, soit à leur lever, soit à leur coucher. (V. Cat. Duch. n** 751 à 805.)

On se souvient que sur Taureus (n* 5, Cal. Duch.) tious avons constaté, derrière le cheval, la présence de l'Épi ; on le rencontre également, mais dans une position différente, sur un autre groupe de statères trouvés en Bourbonnais et catalogués sous les n^ 720 et suivants de Touvrage cité plus haut. Ces monnaies étaient clas*sées dans les incertaines des Gaules; mais désormais leur attribution à i'Arvemie ne pourra plus soulever le moindre doute; il suffira pour, s'en mieux convaincre, de rapprocher ces aurons des monnaies de Pionsat et de Bridiers. Ces deux découvertes, on en conviendra, jettent un grand jour sur cette question trop longtemps réservée.

— 4ii —

L'épi qui se trouve sur les didi^achmes é» Bridiers et sur presque unités les médailles de ce type« figure éfgÊt^ lement avec le Taureau sur les drachmes de BbanâUe 6l se voit Oficore sur une suite de mounaies^ à la légende ATEYLA YLATOS^ incertaines de Co/oi^tlmffii. (1^364 et suivants. Cat« Duch.) L'Épi est encore placé soua le ventre du Taureau^ et sur un exen^plaire* on voit^ en plus, un croissant, les cornes en Tair. Il y a une niwA de ces faits, c'est que TÉpi de la Vierge se lève le soir, quand le Soleil est dans le Taureau^ Le croissant indique une néoménie ou nouvelle lune ; or, le Soleil et la Lune sont au printei^ps dans le Trarean et indiquiâent autrefois^ avec le coudier de Sirius, la venue 4u prin* temps.

Nous caroyonfl powoir, à certains indices, présumer que ce sont ks prétendus différents de TËpi, du Tris^ quàle, du monogramme arverne, de rÉtoîle à six. pointes et du triple Fleuron constaté» sur divers groupes anar logues à oelui de Pionaat qui faisaient dire à Duchfiteis, dans un moment d'expansion» qu'il eroyût tenir le fii du m<HUMayage arveme. Il y a bieûf Ba effist, la tiaee d'an «ichatnement dtfonologique liidle à saisiri depuis les $tatéres du j^us ancien style jusqu'à ceux de Vercingétoril, qui se rapproebeatt des petits brenaes d'Epednaotos et de Yergasillaume^ maisaussif ces indices ont évidemment un autre oaiactère qui échappait aux investigations de notre savani ami«

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