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d'industrie laitière 137
Au Canada, on trouve quelques exemples de bons troupeaux de vaches laitières. Celui de Madame Jones, de Brockville, Ontario, est justement renomme.
L'une de ses vaches, Massena, âgëe de 16 ans, une Jersey pure, a donne, dans le courant de l'année 1892 deux veaux et 8290J Ibs de lait d'où on a tire 6541 Ibs de beurre, pendant la période de lactation séparant ces deux veaux ; cette vache a fait, pendant ce temps, un voyage en chemin de fer de 1100 milles, est restée pendant trois semaines à l'Exposition de Chicago, tout cela sans recevoir une nourriture trop abondante. Pendant les deux mois qui ont précédé le second vêlage, elle ne reçut pas de grain. Dix-neuf semaines avant la inise bas elle donnait encore une moyenne de 9 j Ibs de beurre par semaine. Pendant toute la période de lactation,jusqu'aux sept dernières semaines pendant lesquelles elles ne reçut absolument que du son très léger, il ne fallait que 11 J Ibs de son lait pour faire une livre de beurre. Pendant les six premiers mois seuls de cette période de lactation, elle produisit 541 8 J Ibs de lait qui ont donné 416 Ibs et 10 onces d'un beurre magnifique.
Les autres vaches, du même troupeau de Jersey, donnèrent en 1892 de 14 à 23 Ibs de beurre par semaine.
Dans Ontario, on conseille de ne pas garder de vaches donnant moins de 6OO01bs de lait ou 285 Ibs de beurre. Des vaches donnant moins que cela ne sont pas considérées, par beaucoup, comme avantageuses.
Dans la province de Québec, il y a quelques bons troupeaux et des bonnes vaches isolées par ci par là. La moyenne de la province est encore bien faible, 2500 Ibs à 3000 Ibs, mais s'améliore rapidement, et les renseignements ci-dessus, relatifs à la capacité des vaches laitières, sont pour engager les cultivateurs à entrer plus activement encore dans la voie de l'amélioration de leurs troupeaux de vaches laitières.
Les prix du beurre, du fromage et du lait sont très bas à l'heure actuelle et l'emploi de bonnes vaches, puis la diminution du prix de revient des récoltes, sont les moyens les plus puissants pour relever le taux des bénéfices.
L'un des troupeaux que l'on peut citer dans la province est celui de Monsieur Roach, d'Abbotsford, comté de Rouville. Il se compose de douze Holstein- Friesian et voici les chiffres relatifs à la production en lait de ce troupeau depuis le 1er mai 1895 jusqu'au 1er mai 1896. Ces chiffres sont pris sur les
livres de la beurrerie où était vendu le lait, à Ab-
botsford.
Ibs Ibs
Mai 8615 Novembre 6688
Juin 9001 Décembre 7523
Juillet 9988 Janvier 10,092
Août ..7241 Février 9236
Septembre 5300 Mars 7987
Octobre 6440 Avril 6969
A rapporter . . 46,585 Production totale
pour l'année 95,080
Soit 7923 Ibs par vache en moyenne. La richesse moyenne de ce lait a été de 3.7 ^2ô ce qui représente 293 Ibs de gras par vache.
Caractères des différents fourrages et aliments que peuvent utiliser les vaches laitières.— Dans le chapitre précédent, nous avons vu ce qui est relatif à la production, sur la ferme, des différentes récoltes à transformer en lait, par le moyen des vaches laitières, et aussi ce qui se rapporte à la diminution du prix coûtant de ces récoltes sur la fermâf ainsi qu'à leur rendement à l'arpent ; il faut maintenant étudier les caractères généraux de ces différents fourrages au point de vue de leur transformation en lait.
Les fourrages et autres aliments des vaches peu
vent être caractérises, au point de vue de la production du lait, par leur richesse, 1^ en éléments azotés analogues à l'albumine de l'œuf, connus sous le nom d' " albuminoïdes " ou " protéine " ; 2*^ en matières grasses ; 3^ en éléments hydrocarbonnés, facilement digestibles, analogues à l'amidon, au sucre, qu'on classe sous le nom de " sucres '' ; 4o en éléments hydrocarbonnés fibreux, difficilement digestibles, analogues aux fibres du bois (cellulose) et qu'on appelle" fibres " ; 5^ par leur richesse en eau.
Ceux qui contiennent une grande quantité de protéine, comme les tourteaux de coton, sont connus sous le nom (Valiments concentrés.
Ceux qui contiennent beaucoup d'eau sont connus sous le nom d'aliments aqueux.
Ceux qui contiennent beaucoup de fibres sont connus sous le nom d'alivœnts fibreux.
Herbes et fourrages verts. — Ces aliments sont caractérisés par la grande quantité d'eau qu'ils contiennent. L'eau forme environ ^0 à 90 °]^ de leur poids. Ce sont donc des aliments aqueux. Leur richesse en albuminoïdes, qui n'est pas très élevée, varie beaucoup avec leur nature, leur mode de culture et de récolte, le terrain oii ils ont poussé et surtout avec l'époque à laquelle ils ont été coupés. Ils sont
d'industrie LAITIÎCRiL 141
plus riches en albuminoïdes lorsqu'ils poussent sur un terrain riche Quand ils sont coupés jeunes, ils sont beaucoup plus riches en albuminoïdes que lorsqu'ils sont coupes vieux, c'est-à-dire après la floraison. On admet généralement maintenant que, pour tirer d'une certaine étendue de terre, par les fourrages verts, tous les albuminoïdes qu'il est possible d'en obtenir en une récolte et sous la forme la plus digestible, il faut couper vers l'époque de la floraison. En année ou en terrain humide, ces fourrages sont souvent plus pauvres en azote qu'en année sèche ou en terrain sec. L'herbe et les fourraofes verts de bonne qualité ne contiennent pas en général un excès de fibres. Leur richesse en eau stimule chez les vaches la production du lait. Ils composent pour l'été l'alimentation la plus saine et la plus économique des vaches laitières. Leur richesse en matières grasses et en sucres est plutôt faible. Ce sont les trèfles, les pois, les vesces et certaines graminées qui contiennent le plus d'albuminoïdes. Le blé-d'Inde fourrage et le mil sont plus fibreux. Le dactyle pelotonné devient rapidement fibreux après la floraison.
Voici la composition moyenne cle quelques uns de ces herbes et fourrages verts par 100 Ibs sans tenir compte de la matière minérale :
ce
ce co
co
ce
Bon pâturage
Blé d'Inde coupé en vert
Avoine coupée en vert
Pois en vert
i^om — Le foin n'étant autre chose que de l'herbe ou des fourrages verts dont on a retiré par dessication la plus grande partie de l'eau, sa valeur comme aliment dépend beaucoup de celle des plantes d'où il provient. Il ne contient en général que 15 à 20 ^2o d'eau, et, par le fait de la dessication. sa richesse en albuminoïdes, en graisses, en sucres et en fibres, est nécessairement plus considérable que dans les herbages d'où il provient.
Voici la composition moyenne de quelques-uns de ces foins, par 100 îbs, sans tenir compte de la matière minérale :
d'industrie laitière 143
ce
ce 0) .
Vesce commune i4-3o 4 53 35-36 13,06 25,14
Trèfle rouge avant la fleur 9.45 5.25 42.30 11.85 23.10
Trèfle rouge en fleur 8.55 ,438 47.42 1455 ^7-50
Trèfle rouge mur 8.15 3.65 49.90 17.55 ï4-oo
Mil (jeune) 7.85 4.20 50.05 18.35 ii-55
Mil (début de la floraison) 5.60 3.63 54.01 21.43 9-63
Mil (mur) 5.95 3.20 47.09 22.48 11.38
Dactyle pelotonné (jeime) 5.75 3.88 47.94 17.68 15.05
Dactyle pelotonné (au début de la floraison) 7.35 3.03 50.32 23.78 8.92
Millet de Hongrie 13-40 2.20 38.50 29.40 10.80
On considère en gênerai le foin de trèfle, de vesces et de certaines graminées comme le plus riche en albuminoïdes. Le mil est plutôt riche en iibres.
Le bon foin forme à juste raison la base de l'alimentation des vaches pendant l'hiver. Sa richesse en éléments nutritifs divers est moyenne.
Ensilage. — L'ensilage s'obtient, comme on l'a vu, au moyen de fourrages verts que l'on veut conserver pour rhiver sans leur enlever leur eau. Pour cela, on les comprime dans de grandes chambres étanches à l'air. Mais comme cette opération ne peut
se faire sans qu'une fermentation active se produise dans la masse ainsi tassée, par le fait même de cette fermentation, il se produit dans les albuminoïdes et les liydrates de carbone des transformations qui modifient la composition des fourrages verts avec lesquels cet ensilage est fait.
Sans être devenue analogue à celle du foin, puisque l'eau n'est pas enlevée, la composition de l'ensilage n'est plus la même que celle des fourrages verts avec lesquels il est fabriqué. La différence cependant n'est pas bien considérable.
La qualité dépend encore de celle des fourrages qui le composent. Il y a une perte d'albuminoïdes et d'hydrates de carbone pendant la fermentation, et cette perte varie avec la manière dont l'ensilage est fait et la chaleur produite dans la masse pendant cette fermentation.
L'ensilage bien fait est, pour les vaches, un aliment succulent, agréable, et supérieur à un aliment sec d'égale qualité.
On emploie le plus généralement pour l'ensilage le blé-d'Inde et le trèfle. L'ensilage de blé-d'Inde contient par 100 Ibs, 8Sh Ibs d'eau, 0,9 Ibs de graisse, 8.9 Ibs d'hydrates de carbone, 5.3 Ibs de fibres et 1.2 Ibs d'albuminoïdes. L'ensilage de trèfle
contient pour 100 ]bs, 79.2 Ibs d'eau, 2.2 Ibs de graisses, 6.4 d'hydrates de carbone, 5.9 Ibs de fibres et 4.2 d'albuminoïdes.
L'ensilage de blé-d'Inde et de trèfle est plus riche en fibres que l'herbe des prairies, le blé-d'Inde et le trèfle servis en vert ; il est aussi nourrissant que les racines. L'ensilage est un aliment aqueux. L'importance de l'emploi de l'ensilage en industrie laitière provient de ce qu'il permet de conserver pour l'hiver de grandes quantités de fourrages verts, sous une forme très propre à la production du lait.
Racines. — La composition des racines se rapproche, dans une certaine mesure, de celle des fourrao-es verts et de l'ensilao^e ; mais elles contiennent beaucoup plus d'eau, moins de fibres, moins d'albuminoïdes et plutôt plus d'hydrates de carbone. Les racines donnent de fortes récoltes à l'arpent, sont favorables à la production du lait à cause de la grande quantité d'eau qu'elles contiennent, et permettent d'améliorer beaucoup l'alimentation des vaches pendant l'hiver, lorsqu'on ne dispose pas d'ensilage. On ne saurait trop en recommander la culture.
Voici la composition par 100 Ibs, sans tenir
compte des matières minérales, de quelques racines
usuelles :
Hydrates A Ibu mi-
Eau G-raisse de carb. Fibres noides
Betteraves 88.0 — o.i — 9.1 — 0.9 — i.i Carottes 85.0 — 0.2 — 10.8 — 1.7 — 1.4 Panais 88.3 — 0.2 — 10.2 — i.o — 1.6
Comme ce tableau le montre, les racines ne peuvent pas, par suite de leur composition, ser\^ir seules à l'alimentation des vaches et elles ne doivent être destinées qu'à compléter une ration trop pauvre en eau ou en hydrates de carbone spécialement.
Les principales racines qui conviennent à l'industrie laitière sont les betteraves fourragères ; les choux de Siam, connus en Angleterre sous le nom de Swedes et en France sous celui de rutabagas ; les navets, les carottes, les panais et les choux moëlliers. Les racines très développées fournissent une alimentation moins riche que celles qui sont de grosseur moyenne. Les choux de Siam sont plus iibreux que les betteraves, surtout lorsqu'ils vieillissent ; les betteraves, au contraire, s'améliorent en vieillissant.
Aux racines on peut ajouter les choux et les pommes de terre qui, comme elles, sont des aliments aqueux. Les pommes de terre sont très riches en a-
d'industrie laitière 147
midon et se rapprochent plutôt des grains, les choux se rapprochent plutôt des fourrages verts.
Grains. — La composition des grains diffère beaucoup de celle des fourrages, de l'ensilage et des racines. La diff"érence provient surtout de leur richesse en hydi'ates de carbone et en albuminoïdes et de leur pauvreté en fibres et en eau. Ils sont relativement riches en albuminoïdes, c'est pour cela qu'on les appelle quelquefois aliments concentrés ou seraiconcentrés suivant leur richesse. Ils conviennent bien pour augmenter la richesse d'une ration en hydrates de carbone et en albuminoïdes. Ils ne contiennent que 10 à 15 °2^ d'eau. Ce sont les fèves qui contiennent le plus d'albuminoïdes, viennent ensuite par ordre de richesse, les pois, l'orge, l'avoine, le blë, le blë-d'Inde, le seigle. Le blë contient environ 12 °2o tle matières azotëes ; les pois à vaches en contiennent 20 à 21 S^o.
Pailles. — Les pailles des diverses cërëales, des pois, des fèves, du blë-d'Inde sont caractërisëes surtout par leur richesse en fibres et leur pauvretë en eau, en hydrates de carbone et en albuminoïdes. Ce sont des aliments fibreux et pauvres par excellence. Voici la composition de quelques pailles :
Eau
Albuminoides
• Fibres
Hydrates de carb. Grais.
Paille de blé
" avoine
" orge
" seigle
'' blé-d'Inde
" pois
La paille la plus riche serait donc d'après cela la paille de pois, viendrait ensuite celle d'avoine puis celle de blë-d'Inde.
Aliments divers. — Lorsqu'on dispose dJiin surplus de jourrages sur la ferme, il e,-»t souvent avantageux de vendre ce surplus pour acheter, avec le produit de cette vente, certains produits industriels qui, donnes aux vaches, augmentent beaucoup Fefficacitë des rations et leur rendement en lait. Parmi ces produits industriels, il faut citer en première ligne les tourteaux oléagineux, comme les tourteaux de lin et de coton, les moulées de coton, de lin, de pois, de blë, de blé-d'Inde, d'avoine, le son de blë, les graines de malt, les drèches de brasserie, etc.
Les tourteaux oléagineux sont remarquables par leur richesse en aibuminoïdes. Les tourteaux de coton se trouvent dans le commerce sous deux formes : décortiqués et non décortiqués. Ce sont
d'industrie laitière 149
les résidus de la fabrication de l'huile au moyen de la graine de coton. Les tourteaux de coton communs, provenant de graines non décortiquées, contiennent une relativement grande quantité de fibres non digestibles, environ 23 °2o 5 dans les tourteaux provenant de graines décortiquées, il n'y a que 9h^2o environ de fibres non digestibles. Dans les premiers, il y a 5| ^^o d'huile et 17J ^/o d'albuminoïdes digestibles, tandis que les seconds peu v^ent contenir 12 J à 13 J ^';,, de matières grasses et jusqu'à 30 '^](j d'albuminoïdes.
Les tourteaux de lin proviennent de la fabrication de l'huile au moyen de la graine de lin. Les matières carbonnées s'y rencontrent en plus grande quantité que dans les tourteaux de coton, et la proportion d'albuminoïdes y est aussi plus considérable.
Certaines moulées proviennent aussi de la fabrication de l'huile par des procédés spéciaux. La moulée de coton contient 33 ^2o d'albuminoïdes, 17| ^^^ de carbo-hydrates et 16 ^2o ^^^ graisse. La moulée de lin contient 27.8 ^^o d'albuminoïdes, 34 ^^^ de carbo-hydrates, et 2.1 ^2ô d^ graisses.
Le son de blé contient 16 ^^o d'albuminoïdes, 53 J *^2o d'hydrates de carbone, et 4 "^^o de gras.
^i ^lo ^Q fibres et seulement 12 ^j^ d'eau. Les germes de malt contiennent 24.8 ^],^ de protéine, 11 *^2o ^^ fibres, 47 ^/o d'hydrates de carbone, 1.7 ^2o ^^^ graisses, et OJ^^o d'eau. Tous ces aliments sont donc très riches en albuminoïdes et peuvent être employés avantageusement pour augmenter la richesse en albuminoïdes des rations. Quant aux drèches de brasseries, qui contiennent 76 ^],^ d'eau, 5.4 ^2o d'albuminoïdes, 8.8 ^jo '-^^ fibres, 12J '^jo d'hydratco de carbone et 1.6 *^y^ de graisses, elles peuvent s'employer avantageusement pour remplacer les racines et l'ensilaçye dans les rations.
Voici un classement des différents aliments que nous venons de passer en revue, qui pourra servir lorsqu'on aura à combiner des rations et à substituer un aliment à un autre dans une ration :
l**' — Aliments pauvres en albuminoïdes et riches en fibres : pailles diverses ;
2^^ — Aliments aqueux, normalement riches en albuminoïdes (sans tenir compte de l'eau) : herbes fourrages verts, drèches de brasserie ;
3^ — Aliments aqueux, pauvres en protéine, riches en hydrates de carbone : racines diverses, choux, pommes de terre ;
d'industrie laitière 151
4**^ — Aliments secs, normalement riches en albuminoïdes, hydrates de carbone et graisses ; foin de trèfle, de prairie et autres foins divers pas trop grossiers.
5*^ — Aliments très riches en albuminoïdes, (aliments concentres) et plutôt riches en graisses : tourteaux et moule'es de coton et de lin.
6^ — Aliments riches en albuminoïdes et en hydrates de carbone : pois, fèves.
7^ — Aliments moyennement riches en albuminoïdes et en hydrates de carbone: graines de céréales, blë, orge, avoine, seigle, blë-d'Inde.
8*^ — Aliments riches en graisses et en albuminoïdes : graine de lin.
Lorsqu'on dessèche complètement à la chaleur un fourrage ou un aliment quelconque, on obtient ce qu'on appelle la matière sèche du fourrage ou de l'aliment en question.
Lorsqu'on brûle complètement un fourrage ou un aliment quelconque on obtient ce que Ton appelle vulgairement des cendres. Ces cendres contiennent toute la matière minérale du fourrage ou de l'aliment calciné.
Bien que la partie minérale de la ration joue un grand rôle dans l'alimentation des animaux, on ne s'en occupe généralement pas parce que les aliments sont presque toujours assez pourvus de ces éléments pour que les animaux n'en manquent pas et qu'il est du reste assez difficile d'en ajouter à la ration qui soient directement assimilables par eux.
Les fourrages ne manquent des éléments minéraux nécessaires que quand ils poussent dans des terrains pauv^res et dépourvus eux-mêmes d'éléments minéraux ; et il n'y a qu'une chose à faire dans ce cas, c'est d'enrichir le sol lui-même par des engrais chimiques. C'est la chaux qui fait le plus souvent défaut dans les fourrages de cette Province.
Pour la composition de tous les aliments employés en industrie laitière, nous ne pouvons faire mieux que de renvoyer le lecteur au tableau publié dans le Handbook for Farmers and Dairymen, de F. W. Wool, (John Wiley & Sons, New-York) pp. 3 à 9.
Principes d'alimentation des vaches laitières.— Digestihilité des aliments. — Comme nous l'avons vu dans le ehoipitro précédent, la composition des différents aliments varie beaucoup et, nécessairement, pour produire tout leur effet ils
d'industrie laitière 158
ont, en gênerai, besoin d'être combines les uns avec les autres et de manière à se compléter mutuellement.
Tout ce qui est absorbé par les animaux n'est pas complètement assimile et une partie de leur nourriture se retrouve, non digérée, dans leurs déjections.
La proportion pour cent qui en est digérée s'appelle le coefficient de digestihilité ou simplement la digestihilité de ces aliments. Il n'y a que la partie réellement digérée et assimilée qui serve à la production du lait, de la viande, à l'entretien de la chaleur de l'animal, etc., le reste ne sert à rien et retourne à la terre en passant par le fumier.
La digestibilité moyenne de la matière sèche des divers aliments employés pour les vaches est très variable suivant la nature de ces aliments comme le montre le tableau suivant :
Digestibilité moyenne de la matière sèche des prineipaiix
aliments des vaches en pour cent de la quantité
coîisommée.
Maïs fourrage vert(tiges Foin de trèfle rouge . . 53 ojo
et grain 68^/<? Foin de trèfle blanc .66 "
Mil en vert.. 63 " Paille de pois 59 "
Millet de Hongrie en "Betteraves fourragé- .• vert (^T^^^ res 78 "
Herbes de pâturages. .6 g(fy(? Choux de Siam 87 oja
Trèfle rouge en vert.. ..66 " Navets 93 '•
Ensilage de blé-d'inde.66 " Pommes de terre 77 "
Maïs fouri âge sec 66" Moulée de blé-d'Inde. 87 "
Paille d'avoine 50" Moulée de pois 87 "
Millet de Hongrie sec. 65 " Moulée de doton 76 "
Foin de dactyle pelo- Moulée de graine de
tonné 56 " lin 80 "
Foin de Mil 58 " Germes de malt 67 ^^
Foin de prairie 72" Sonde blé 61 "
Foin de graminées mê- Blé-dTnde en grains. 86 lées 56" Pois ...90
Les chiffres de ce tableau sont le résultat d'expériences faites dans différentes fermes expérimentales des Etats-Unis.
On voie que, d'après eux, la digestibiîité de la matière sèche des aliments serait comprise entre 50 et 93 ^2o-
Mais dans un même aliment, les différents composants de cet aliment ne sont pas tous digérés aussi complètement : ainsi, pour le blé-dTnde consommé en vert, il n'y a que 68 ^^'^ô ^^ ^^ matière sèche totale digérée, et dans cette matière sèche les cendres ne sont digérées qu'à raison de 35 ^2oj ^©s albuminoïdes de 61 ^z^, les fibres 61 ^""^o? l<^s carbohydrates 74 ^'^o ^'^ 1©^ graisses 74 '^2^,.
En général pour toutes les expériences faites dans ces fermes expérimentales, la digestibiîité des
d'industkie laitière 155
cendres des aliments essayes est reste'e comprise entre 10 et 90 ^j^ 5 celle de la protéine entre 10 et 90 ^']^ ; celle des fibres entre 25 et 100 ^'/^ ; celle des hydrates de carbone entre 50 et 100 ^'^o ^^ celle des graisses entre 50 et 100 '^^o-
La digestibilitë des aliments est très variable suivant les aliments considères, et l'association de ces aliments dans les rations ; c'est ce qui fait justement que la composition des rations est une chose si importante et si difficile. Dans certaines rations bien combine'es, la digestibilitë d'un fourrage pourra être considérable, tandis qu'elle sera faible si ce fourrage est associé à d'autres aliments mal choisis.
On admet généralement que les fibres et les aliments fibreux sont les moins digestibles, tandis que ceux qui contiennent beaucoup d'hydrates de carbone (sucres, amidon) sont très digestibles. Les fibres sont mieux digérées quand la quantité d'hydrate de carbone est faible dans un aliment ou une ration que si elle est forte. Les albuminoïdes et les graisses sont moyennement digestibles dans les aliments usuels. C'est dans les racines que les différents composant des aliments sont le plus digestibles, et dans les pailles qu'ils le sont le moins en général.
Les chiffres du tableau précédent sont intéressants au point de vue théorique et donnent une
idée générale approximative de la proportion de la viatière sèche des aliments qui peut être digërée.
Pour le calcul de la digestibilitë, on ne tient pas compte de l'eau de ces aliments, parce que Feau peut être considérée d'nne façon générale comme étant toujours totalement digérée. Cependant on remarquera que les aliments les plus aqueux, comme les racines, ont une digestibilité plus forte que les aliments secs.
Pour utiliser le mieux possible les récoltes produites sur une ferme il faut donc s'arranger pour qu'elles soient aussi bien digérées que possible par les vaches et les autres animaux qui les consomment.
Or l'expérience a démontré que pour atteindre ce but, et pour les vaches laitières en particulier, il fallait que le poids des albuminoïdes susceptibles d'être digérés, dans une ration déterminée, et la somme de ceux des hydrates de carbonne et des graisses digestibles ; de la même ration, soient dans un certain rapport pouvant varier entre |- et ij . Ce rapport est ce qu'on appelle la relation nutritive de cette ration. Cette relation nutritive à^ \k\j est à peu près celle du bon foin (matière en partie sèche de l'herbe) et, si le sol pouvait produire économique-
ment de l'herbe et du bon foin, à haut rendement pendant de longues années sans s'épuiser et sans se salir de mauvaises herbes, la nourriture la plus naturelle des vaches, serait l'herbe ou le bon foin ; mais pour l'entretien de la richesvse du sol, aussi bien que pour augmenter la sécurité et le rendement des récoltes et en diminuer le prix de revient on est obligé de les alterner et de les varier. C'est avec les fourrages divers, les racines fourragères, les grains provenant des cultures variées qu'il faut combiner les rations, de manière à ce que leur composition moyenne se rapproche de l'herbe ou du bon foin, si on ne tient pas compte de l'eau.
Quantité de nourriture nécessaire aux vaches. — Pour le calcul du poids de nourriture à donner aux vaches on ne tient pas compte de l'eau et on ne s'occupe que de la matière complètement sèche des aliments.
La théorie, de nombreuses expériences, ainsi que la pratique des meilleurs cultivateurs ont démontré que les vaches consomment en moyenne environ de 20 à 30 Ibs de matières sèches par 100 Ibs de poids vif, suivant la quantité de lait qu'elles donnent. C'est là une première base pour le calcul de la quantité de nourriture nécessaire aux vaches.
Si nous prenons la moyenne des rations employées par 15 des meilleurs cultivateurs du Wisconsin, en 1881-92, nous trouvons que leurs vaches recevaient une ration journalière de 26 Ibs de miatières sèches par 1000 Ibs de poids vif dont :
Eléments azotés (albuminoïdes) . . 2.20 Ibs Hydrates de carbone (sans amidon) 13*55 " Matières grasses 0.76 '•'
soit un total de 16.51 Ibs
étaient digestibles sur les 26 Ibs. Avec cette ration ils ont obtenu cette année-là une moyenne de 5,792 Ibs de lait par vache, et ce lait a donné 290 Ibs de de beurre par vache.
Ces chiffres s'accordent assez avec ceux qui sont indiqués par Kiihn et Wolfe, deux savants allemands considérés comme des autorités en fait de science alimentaire pour les animaux. Nous pensons que les cultivateurs de cette province pourraient prendre ces chiffres comme base pour le premier calcul approché de la quantité de nourriture à donner à leurs vaches.
■ Calcul des rations. — Etant admis tout ce qu'il vient d'être dit au sujet de la nature des aliments, de leur dio-estibilité, de la relation nutritive et de
d'industrie laitière 159
la quantité de matière sèche à faire consommer chaque jour aux vaclies, on peut arriver facilement à combiner -le 1) ).i!ies rations avec les récoltes de la ferme.
Pour cela, il faut se servir de tables de composition des fourrages et autres aliments, qui indiquent pour chacun d'eux les poids des différents éléments nutritifs qui les composent, ainû que celui de leur matière sèche, et la digestibilité probable de ces aliments et de leurs éléments. On trouve de ces tables dans la plupart des traités d'agriculture et d'industrie laitière et ces tables sont accompagnées d'exemples de calculs de rations. Cependant, les cultivateurs auxquels ce livre s'adresse n'ont pas toujours à leur disposition de pareilles tables, ni le temps de les consulter, ni l'habitude de ce genre de calculs et le résultat des ca'culs que l'on peut faire av^ec le secours de ces tables n'est jamais qu'une première approximation, qu'une indication générale, qu'il faut ensuite modifier un peu en pratique. D'un autre côté, une foule de rations types ont été essayées et ont donné de bons résultats. C'est donc un bon moyen pour ces cultivateurs de simplifier les choses en prenant de suite, comme première approximation, des rations types qui sont déjà sanctionnées par une pratique sérieuse, et de choisir celles qui peuvent le mieux convenir dans leur cas
particulier, puis de les modifier suivant les circonstances. C'est la méthode à conseiller de préférence
Voici quelques exemples de ces rations types :
ler exemple. — Avec beaucoup d'ensilage
Ensilage 50 Ibs
Foin 10 "
Son et avoines par vo-
lumes égaux 10 Ibs
Tourteaux moulus. ... 2 "
2ème exemple. — Avec une moindre qicantité d'ensilage et sans foin.
blé-d'Inde et d'avoine moulus ensemble {yz en vol. de bléd'Inde et 3/3 en avoine) avec quelques pois dessus. .10 Ibs
Blé-d'Inde ensilé . -.-30 Ibs Tiges de blé-d'Inde
hachées 12 à 14 Ibs
Mélange, moitié en
volume de son de
blé et l'autre moitié
d'un mélange de
'^ème exemple. — Rations avec raci?tes.
Racines fourragères | Son de blé 6 Ibs
(betteraves) 40 Ibs Farine de blé-d'Inde. 3 "
Foin de trèfle 3 " |
/^ème exemple. — Rations sans aliments aqueux.
Mil 10 Ibs I Son de froment 6 Ibs
Trèfle 8 " [Avoine 6 "
^ème exemple. — Sans ensilage 7ii racines
Trèfle 40 Ibs
Tiges de blé-d'Inde coupées 10 "
Son 4 Ibs
Avoine 4 "
Blé-d'Inde (grains)... 4 "
d'industrie LAITIÈRi.
^ème exemple.
Ensilage de Blé-d'Inde ......40 Ibs
Foin de trèfle 73^ "
Paille d'avoine 3 "
Avoine ....xYi "
Orge lyi Ibs
Moulée de pois. i^^ "
Son de blé 3 "
Moulée de coton.. . . i '^
On trouve de nombreux exemples de rations combinëes dans les différents journaux et traités d'agriculture, et pour peu qu'il veuille se donner la peine de chercher, chaque cultivateur n'aura pas beaucoup de peine à trouver une ration qui convienne à ses vaches, étant donnés les aliments dont il dispose. Ces rations, comme on le voit, sont indiquées en poids d'aliments à l'état naturel, et non en poids de matière sèche de ces aliments.
Le poids total de chacune de ces rations est calculé pour 1000 Ibs de poids vif. Pour déterminer le poids de chacun des aliments à préparer pour lés vaches il faut déterminer combien pèse le troupeau et multiplier chacun des poids indiqués dans la ration par le nombre de fois 1000 livres que pèse le troupeau.
Supposons qu'un troupeau de 10 vaches, pesant 700 Ibs chacune, soit nourri avec la ration indiquée au Sème exemple. Le poids total des vaches étant
de 7000 Ibs il faudra peser ou mesurer chaque jour 7 X 40 = 280 Ibs de racines : 7 x 3 = 21 Ibs de foin de trèfle ; 6 x 7 = 42 Ibs de son de blé et 3 x 7 = 21 Ibs de farine de blë d'Inde. On donne ensuite à chaque vache tout ce qu'elle peut manger de ce iriëlange à chaque repas sans en laisser ; moitié de sa part, environ, le matin, et l'autre moitié le soir. Si le premier jour on s'aperçoit qu'on n'en a pas préparé tout à fait assez, ou un peu trop, le jour suivant on en préparera un peu plus ou un peu moins, de façon à ce que chaque vache en ait son compte sans en laisser.
Mais, comme nous l'avons vu ; la composition des différents fourrages varie beaucoup avec les terrains où ils ont poussé, la manière dont ils ont été récoltés, le degré de maturité auquel ils ont été fauchés. Les rations types calculées en se servant de tables donnant la composition moyenne des différents aliments qui y entrent, peuvent parfaitement ne pas donner les résultats qu'on était en droit d'attendre si la composition des fourrages dont on se sert s'écarte de la composition moyenne indiquée dans ces tables. Si, par exemple, on se sert de foin de trèfle mal fait, dont une bonne partie des feuilles sont restées sur le champ pendant la récolte, ou qni a subi l'action de la pluie et du
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soleil pendant la fenaison, ou qui a été coupé trop vieux, ou qui a poussé dans un terrain trop pauvre, dans ce cas, il faut savoir modifier les rations ; et la chose est facile en se reportant à ce qui a été dit plu3 haut. Si on examine les rations précédentes, on reconnaîtra bien vite qu'elles se composent 1*^ d'une certaine quantité d'aliments normaux comme le foin ; 2**' d'aliments aqueux, comme les racines, l'ensilage ; S^ d'aliments semi- concentrés ou concentrés, comme les grains, les moulées, les tourteaux ; 4*^ d'aliments fibreux, comme les pailles, et que ces difierentes rations ont été obtenues en substituant simplement aux aliments d'une catégorie d'autres aliments de la même catégorie, à peu près dans la même proportion. Dans un des paragraphes précédents, fpages 150 et 151) nous avons classé les différents aliments au point de vue de leur composition et nous renvoyons le lecteur ici à cette classification qui lui fera connaître quels sont les aliments que l'on peut, sans trop modifier les rations ou pour les modifier dans un sens ou dans l'autre, substituer les uns aux autres.
Les foins, par exemple, peuvent se substituer entre eux ; les racines, l'ensilage, l'herbe, les choux, les pommes de terre sont de la même catégorie.
Le blë, l'orge, l'avoine, le blë-d'Inde et leurs moulées, le son de blé, peuvent se substituer les uns aux autres.
Les divers tourteaux oléagineux et les germes de malt sont analogues.
Entre les céréales et les tourteaux, nous avons les pois et les fèves.
Les pailles ont des propriétés semblables.
Quand les animaux sont au pâturage, il faut compléter leur nourriture par des grains et des tourteaux, parce que l'herbe n'est pas toujours assez riche en albuminoïdes.
Quand un foin est très riche en fibres, on peut supprimer la paille ; au contraire, quand on n'emploie que peu de foin et beaucoup de graines, on peut en augmenter la quantité pour maintenir la quantité voulue de fibres dans la ration.
Quand on emploiera une grande quantité de racines contenant beaucoup d'hydrates de carbone, on pourra diminuer la quantité de grains qui en contiennent eux aussi beaucoup, et rattraper la quantité d 'albuminoïdes qu'auraient apporté les grains supprimés, en employant une plus grande
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quantité de tourteaux oléagineux ; puis pour introduire dans la ration des fibres nécessaires que ne peuvent apporter les racines, il faudra augmenter la quantité de paille.
Quand on emploie un foin riche en albuminoïdes, comme le bon foin de trèfle, on peut diminuer la quantité d'aliments concentrés, comme les grains, les tourteaux.
Si, au lieu de racines, on emploie de l'ensilage de blé-d'Inde, qui contient beaucoup plus de fibres qu'elles, il faut diminuer ou même supprimer la paille.
Si, dans une ration adoptée, on s'aperçoit que le foin est pauvre et fibreux, on augmentera la quantité de grains ou de tourteaux et on diminuera celle de paille.
Pour augmenter la quantité d'eau dans une ration, il faut augmenter la proportion des aliments aqueuxg En un mot, il faut toujours s'arranger pour que, dans la ration, les rapports des albuminoïdes, des graisses, des sucres et des fibres entre eux et par suite, la relation-nutritive, soient à peu près constante, cette dernière devant être dans le voisinage de l comme nous l'avons déjà dit. Les tableaux des pages précédentes peuvent beaucoup servir dans ces substitutions.
C'est dans l'adaptation d'une ration type aux besoins du moment que se reconnaît le bon cultivateur, car il lui faut pour cela beaucoup de coup-d'œil, une connaissance sérieuse de la qualité des aliments et fourrages divers qu'il emploie, ainsi que des besoins de ses animaux.
Bien qu'elles ne soient pas très digestibles, les fibres jouent dans les rations un certain rôle qu'on ne peut méconnaître et ces dernières doivent toujours en contenir une certaine quantité. D'après certains expériirientateurs, leur objet serait de diviser dans l'intestin les matières nutritives, et d'en faciliter ainsi l'attaque par les sucs digestifs. Elles auraient aussi pour but de produire une certaine distension des intestins favorable à la digestion.
Quant à l'eau contenue dans les fourrages, et en , particulier dans les aliments aqueux, elle joue un ^rôle important dans la production du lait, et cette eau, qui excite fortement la sécrétion du lait et facilite la digestion des aliments, ne peut pas être comparée, quant à ses effets, avec l'eau que les animaux boivent. Il y a là un fait que n'a pas encore suffisamment expliqué la science, mais auquel les praticiens ne se laissent cependant pas méprendre.
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Pour le calcul de la relation nnfcritive, il y a plusieurs manières, plus ou moins équivalentes au point de vue pratique, de le faire. Ce calcul ne se comprend pas de la même manière dans les différents pays, ni par les différents savants ; c'est une question pour ainsi-dire encore à l'étude, aussi n'ai-je pas insisté dans ce livre sur ce sujet, me contentant de conseiller aux cultivateurs de partir de résultats déjà acquis en pratique. Que ceux-ci ne se troublent donc pas s'ils rencontrent dans divers ouvrages, diverses manières d'in^ .,. <t,>,. ^.
chose. Toutefois, on peut dire que i.i .-..^^..Lwa u • ce problème est maintenant proche, car pluï<ieurs bons pas ont déjà été faits dans cette voie importante.
Soins à donner aux vaches laitières. — Alimentation d'été. — Pendant l'été, les vaches doivent être nourries au pâturage. Mais, dans la province de Québec, à cause des gels et des dégels de l'hiver qui nuisent fortement aux prairies lorsqu'elles ne sont pas suffisamment protégées par une bonne couche de neige, et aussi à cause des sécheresses fréquentes dans le courant do l'été, le rendement moyen de ces prairies est relativement faible et il arrive fréquemment que les vaches en souffrent. Il serait fort à désirer que les cultivateurs aient plus largement recours aux fourrages verts et d'une
manière systématique. Nous avons déjà parlé suffisamment de ces fourrages dans le premier chapitre pour qu'il soit inutile d'y revenir ici.
Les fourrages verts et les herbes de prairies ne sont pas toujours suffisamment riches en albumiminoïdes, surtout à la fin de la saison d'été, il est donc fort à recommander de relever leur relation nutritive en les complétant par une certaine quantité de grains, ou de tourteaux, ou de moulée. Trois livres de gru par vache et par jour, par exemple, peuvent suffire pour les vaches en pâture.
Les fourrages verts doivent toujours être coupés plusieurs heures avant d'être servis aux animaux. On les laisse se faner un peu avant de les leur donner. On évite ainsi la météorisation, maladie qui, si on n'y prend garde, cause souvent la mort des vaches et diminue toujours leur rendement en lait. On les donne soit dans des racks portatifs au pâturage, soit étendus sur le sol. Dans ce dernier cas, par le piétinement des animaux, le gaspillage est plus grand.
Il faut compter par vache pesant 1000 Ibs, environ 110 Ibs d'herbes ou de fourrages verts par jour. Trois arpents de fourrages verts pour cinq vaches pour la soison d'été est un estimé très modéré. Des
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essais très sérieux faits aux Etats-Unis, ont prouve qu'en nourrissant les vaches à l'ëtable exclusivement de fourrages verts, on pouvait tirer d'un acre de terre, de deux à cinq fois plus de lait que de la même terre en pâture. Dans cette Province, les fourracres verts donnent les meilleurs résultats à ceux qui les emploient.
Le pâturage bien entendu a un effet salutaire sur la santë des vaches, parce que celles-ci y sont exposées au grand air et qu'elles peuvent y prendre de l'exercice, puis parce que l'herbe dont elles s'y nourrissent est la nourriture la plus naturelle et la plus saine qu'on puisse leur donner. Le pâturage diminue beaucoup leurs dispositions à la tuberculose. On sait, en effet, que les vaches en stabulation permanente, et en même temps fortement nourries, échappent difficilement à cette terrible maladie qui épargne celles qui jouissent de pâturages durant la saison d'ëtë.
Au pâturage, les vaches doivent avoir à leur disposition de la bonne eau : l'eau contaminée nuit à la qualité et à la conservation du lait aussi bien que de celles du beurre ou du fromage fabrique avec ce lait. Des défauts graves dans l'arôme et la saveur du beurre et du fromage n'ont souvent pas d'autre
cause que la mauvaise qualité de l'eau mise à la disposition des vaches.
Pendant les chaleurs des mois de juillet et d'août les vaches devraient toujours avoir un abri. L'ardeur des rayons du soleil à cette époque nuit beaucoup, non seulement à la production mais encore à la qualité du lait.
Les mouches sont encore une autre cause de la diminution et de la mauvaise qualité du lait. On recommande contre la mouche des cornes, en particulier, l'émulsion de pétrole que l'on peut appliquer sur les vaches tous les trois ou quatre jours.
Contre la chaleur et les mouches, certains praticiens recommandent de rentrer les vaches à l'étable pendant les chaleurs du jour et leur y servir un repas de fourrages verts avec des grains et de ne les laisser sortir que quand la chaleur du jour a diminué et pendant la nuit ; cette recommandation est bonne mais à condition que les étables soient bien ventilées et bien propres.
Il faut écarter des pâturages et des étables tout ce qui peut empester l'air que les vaches respirent, car ces mauvaises odeurs peuvent nuire à la qualité du lait produit par elles.
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Enfin, il faut avoir soin de diviser les pâturageS' et de mettre les vaches successivement dans les diverses parties ainsi ''erméespour permettre à l'herbe d'y repousser ; sans cela les vaches finissent par n'avoir plus à leur disposition que de la mauvaise herbe, ce qui nuit encore à la qualité et à la quantité du lait. Cette méthode de ne pas diviser les pâturages a, du reste, un efiet désastreux sur le rendement et la durée de ceux-ci ; car, continuellement tondue par les animaux, l'herbe n'a pas le temps de reprendre de la force ; les rayons du soleil, très vifs à cette époque, concourent à l'afiaiblir et, en cet état, les gelées de l'hiver ont vite fini de la tuer. Cha(jue fois qu'on retire les vaches d'une des parties du pâturage, il faut y passer une légère herse à dents courtes et fines et y étendre les bousesde vaches afin que l'herbe puisse repousser uniformément partout, pour empêcher le développement des mouches dans ces bouses, et pour répartir également cette fumure sur toute la surface de la prairie. Le hersaoe a en outie l'avantao^e d'aérer la surface du sol et d'exciter la végétation de l'herbe puis de détruire les mousses. Il est bon aussi de passer la faucheuse pour couper toutes les mauvaises herbes que les vaches ont laissé, et les empêcher de mûrir et de se ressemer, sans cela, la prairie finirait par en être envahie.
Avec des pâturages ainsi entretenus, on peut compter qu'il en faut de 1| à 3 arpents pour la nourriture d'une vache pendant l'été, suivant leur richesse.
Passage de la nourriture dliiver à celle de l'été ^À réciiyroquenient — Lorsque les vaches passent de la nourriture d'hiv^er à celle de l'été, il faut prendre bien des précautions. On donne une ration de foin aux vaches à l'étable avant de les envoyer au pâturage où ne les laisse d'abord qu'un temps relativement court. Puis, de jour en jour, on augmente progressivement le nombre d'heures de pâture en diminuant la quantité de foin jusqu'au moment où on les laisse complètement à l'herbe.
Lorsqu'on change trop subitement le régime alimentaire d'une vache, elle en souffre et la quantité ainsi que la qualité du lait s'en ressentent. Cette règle s'applique non seulement aux passages de l'alimentation d'hiver à celle d'été, et de celle d'été à celle d'hiver, mais encore chaque fois que l'on modifie les rations ; dans tous ces cas, ils faut toujours opérer ces changements petit à petit comme il vient d'être dit.
Alimentation d'/f^ver. — L'alimentation d'hiver est fondée sur les rations combinées que l'on calcule
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comme cela a ëtë explique prëcëdemmont. La ration type à choisir dëpend des fourrages dont on dispose ; une fois cette ration adoptëe, on la modifie, comme nous l'avons dit, suivant la richesse en fibres, en hydrates de carbone, en albuminoïdes et en graisses des difFërents autres aliments qui entrent dans sa composition et de façon à augmenter le plus possible le rendement en lait des vaches.
La base de ces rations est presque toujours le bon foin que l'on complète par un mëlange d'aliments aqueux, (racines, ensilage,) d'aliments plus ou moins concentres, (grains, moulëe, tourteaux,) et d'aliments fibreux, (pailles.)
On fait consommer à chaque vache le plus grand poids possible de cette ration afin de tirer de chacune d'elles la plus grande quantitë possible de lait. Les vaches ëtant des machines à transformer les fourrages en lait, plus elles en transformeront dans le courant de l'annëe, mieux cela vaudra.
Il ne faut cependant pas croire que la même ration peut convenir en tout temps ëgalement à toutes les vaches d'un troupeau. Il faut la modifier autant que possible, suivant le tempërament de chi-xcun des animaux, suivant leur ëtat de santë, la quantitë de lait qu'ils donnent, et surtout à 1 epo
que du vêlage, aussi bien avant avant qu'après. C'est justement là la difficulté que rencontre le cultivateur, qui doit connaître ses vaches parfaitement, savoir les exigences de chacune d'elles, suivre leur état de santé et approprier les rations à chacune d'elles, suivant ses besoins et sans trop augmenter les frais de maiiipulation des fourrages et autres aliments. Ici, il y a peu de règles générales à donner. Un cultivateur (}ui aime son métier, aime ses vaches, sait toujours trouver les mille petits moyens, les mille précautions à prendre pour tirer le meilleur parti de ses récoltes en les tronsformant en lait, tout en maintenant chacune de ses vaches dans le meilleur état de santé. On peut trouver des cultivateurs qui, avec un genre de nourriture particulier et dans certaines circonstances particulières, vont obtenir des résultats merveilleux, alors que le vo.sin, avec les mêmes aliments, la même ration générale et dans les mêmes circonstances n'obtiendra rien de profitable. Le premier aime et connaît son métier, l'autre n'y a aucun goût, agit sans réflexion et n'est pas observateur. Au point de vue de l'organisation générale de l'entreprise, il faut considérer les vaches comme des machines à transformation ; mais dans les détails de la pratique, il n'en est plus de même, car ce sont des machiner délicates comme tous les êtres vivants ; la question
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d'instinct, di n»'i'f, de .sensibilité, de tempérament, et une foule d'autres circonstances peu connues encore scientifiquement, interviennent ; il faut largement tenir compte de cela.
Observations générales sur V alimentation des vaches. — Voici cependant quelques règles bien connues des praticiens :
Bien examiner chaque jour les déjections des vaches ; si elles deviennent trop claires, diminuer la proportion des aliments aqueux et augmenter un peu celle des grains, moulée ou tourteaux ; si elles deviennent dures, augmenter un peu la proportion' des aliments aqueux et diminuer celle des grains moulées, tourteaux. Le son, dans ce cas, est une bonne chose ; c'est un rafraîchissant, et on peut en augmenter la dose.
Si les vaches ont une propension à l'engraissement diminuer la quantité des hydrates de carbone en diminuant celle des farineux comme les grains, mais pas toujours celle des tourteaux. Une vache ne doit pas être trop grasse. Tous les aliments qui se transforment en graisse sont perdus pour la production du lait. Les farineux ont une tendance à se transformer en graisse si les vaches y ont des prédispositions.
Lorsqu'une vache dépérit, il faut augmenter sa ration, et si l'animal mange déjà à sa faim, augmenter un peu dans la ration la proportion des tourteaux, oléagineux, des grains, des moulées. Le poil des vaches doit être luisant et la peau souple, si elles sont en bonne santé; leur nez est alors humide et couvert de gouttes de sueur, l'appétit fort et régulier, les yeux sont brillants, les cornes légèrement chaudes, la respiration facile, le pouls régulier, la rumination constante et commençant aussitôt après le repas enfin la production du lait est abondante. Ce sont là les principaux caractères de bonne santé.
Tarir les vaclies six semaines à un mois avant le vêlage, en supprimant petit à petit les grains dans la ration pour les i-emplacer par une quantité équivalente de foin et de paille, puis éloigner progressivement les traites. Cependant ne pas persister à vouloir tarir celles qui, malgré tout, continuent à donner du lait.
Le système de tarir les vaches en les trayant chaque jour de moins en moins à fond n'est pas recommandé par tous les bons praticiens.
Les vaches taries ne doivent pas recevoir d'aliments riches, mais plutôt des fourrages grossiers. Après le vêlage, on augmentera petit à petit la ri- |
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chesse de leur alimentation jusqu'à ce qu'elle soit ramenée à la composition normale de celle des autres vaches en lait.
Brosser ou bouchonner, chaque jour, avec un bouchon de paille, les vaches ; les étriller (carder) à fond de temps en temps, mais pas plus de deux fois par mois. Cette pratique de bouchonner et d'étriller les vaches est excellente pour leur santé et favorise les sécrétions de la peau qu'elle débarrasse, du reste, d'une foule de mauvais germes qui peuvent tomber dans le lait pendant la traite et en altérer la qualité par leur développement consécutif. Cette opération empêche aussi les maladies de la peau dont sont souvent atteintes les vaches malpropres.
Les vaches doivent recevoir une bonne litière bien propre, capable d'absorber toutes les déjections liquides de l'étable, retardant ainsi leur fermentation, et, par suite ,1a production des mauvaises odeurs. Une bonne litière empêche du reste les vaches de se salir et les maintient au sec, chose nécessaire à leur santé. Le fumier devrait être enlevé chaque jour, matin et soir,, de l'étable, et les dallots à purin nettoyés avec soin. Une bonne chose serait de semer dans ces dallots et derrière les vaches une matière comme la tourbe qui absorbe les mauvaises odeurs
qui peuvent se dégager des urines et du fumier. Lorsqu'on se sert de paille, comme litière, il est préférable de la hacher.
L'air pur est une chose aussi nécessaire dans les étables que dans les pâturages et nous traiterons spécialement cette question au paragraphe des étables.
La qualité de l'eau joue aussi un rôle très important au point de vue de la qualité du lait et des produits qui en dérivent. Les cultivateurs ne devraient donner à leurs vaches que de l'eau de première classe.
Mettre une pierre de sel à la disposition des vacher, afin qu'elles puissent en prendre à volonté. Le sel est un stimulant pour la digestion ; on peut dire qu'il est nécessaire à la santé de ces animaux. Il vaut mieux le leur offrir sous forme de pierre de sel, qu'elles peuvent lécher à leur gré, que de l'ajouter aux aliments.
Il est, en général, préférable de couper on tranches assez fines les racines, comme les betteraves, les choux de Siam, les carottes, les navets. Certains praticiens recommandent de donner le foin sans le hacher. La paille doit de préférence être hachée uis donnée mélangée aux racines hachées
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et aux moulées, grains et tourteaux. Lorsqu'on emploie des tourteaux non broyés, une bonne chose est (Je les faire dissoudre dans de l'eau puis d'arroser avec cette eau le mélange de paille hachée, de racines coupées et d'une partie du foin que l'on hachera. Ce mélange poarra être fermenté pendant douze heures avant d'être servi ; il acquérera, par la fermentation, un petit goût alcoolique qui le rendra plus appétissant aux vaches.
De bons praticiens recommandent de servir d'abord une partie du foin à l'état naturel et non haché, pour empêcher les vaches d'absorber trop avidement le mélange de paille hachée, de racines coupées et de foin haché dont on leur sert la moitié aussitôt qu'elles ont consommé leur Foin. Lorsque cette première partie du mélange est mangée, si les vaches n'ont pas d'eau continuellement à leur disposition dans Tétable même, il faut les faire boire puis leur donner la seconde partie du mélange dont il vient d'être parlé et, pour terminer le repas, leur jeter dans la crèche de la bonne paille non hachée dont le surplus non consommé pourra servir à la litière. Pour les autres genres de rations, il faudra toujours s'arranger pour que les vaches n'en absorbent pas trop avidement les parties les plus sùccùTentes, en commençant le repas par du
bon foin, en gênera], et en mélangeant les grains, moulées ou tourteaux soit avec de la paille, soit avec un aliment grossier.
Tous les bons praticiens ne recommandent pas la cuisson des aliments, en particulier celle du foin, de la paille et des racines, à cause de la maind'œuvre et des frais que nécessite cette opération qui ne sont pas toujours suffisamment compensés par les avantages obtenus dans l'alimentation. La fermentation est plus recommandée pour l'amélioration des aliments.
Le foin ou la paille hachés, humectés d'eau, fermentent difficilement s'ils ne sont pas accompagnés d'autres aliments comme les racines, les moulées,. parce que les hydrates de carbone, et en particulier le sucre, sont nécessaires pour que la fermentation se produise. Un mélange bien fait de foin et de paille hachés et humectés d'eau, sucrée ou non, et de betteraves coupées, fermente très facilement en douze heures ; par la fermentation, le foin et la paille subissent dans leur composition des modifications qui les rendent plus digestibles.
En hiver, par les temps froids, les bouettes chaudes ont un très bon effet.
La propreté des crèches et de tous les instruments nécessaires à la préparation des aliments est une-
chose importante ; car tous les aliments gâtés qui peuvent rester, par exemple dans le fond des crèches, sont absolument nuisibles à la santé des vaclies.
Ne jamais donner aux vaches de foin moisi, d'ensilage trop sûr, de racines plus ou moins gâtées, de moulées ou de tourteaux fermentes ou de grains avariés ; tous ces aliments sont nuisibles à la santé des vaches ainsi qu'à la qualité du lait. Pour les vaches pleines, ils peuvent amener l'avortement et quelquefois plusieurs abortements de suite dans la même étable.
L'hiver, on commencera par les choux, les navets, l'ensilage, les choux de Siam, qui perdent de leur qualité en vieillissant ; on réservera les betteraves pour la fin de la saison., car ces dernières, au contraire, s'améliorent à la cave.
Les repas doivent se donner à des heures régulières, deux fois par jour, matin et soir. Certains praticiens recommandent de donner le repas avant la traite, poilr que les vaches soient plus tranquilles pendant cette opération et donnent mieux leur lait ; c'est la méthode généralement suivie ; d'autres préconisent la méthode de donner le repas immédiatement après la traite pour qu'elles ne soient pa? dérangées dans leur digestion. Mais un fait admis
généralement, c'est que lorsqu'on emploie de l'ensilage, il faut traire les vaches avant de le leur servir. L'ensilage, en effet, répand souvent dans l'étable une odeur qui pénètre facilement dans le lait. Nous reviendrons sur ce sujet à propos de la traite.
Effets d'une hoiina alimentation sur les qualités laitières des vaches. — Lorsqu'on s'est procuré un bon troupeau de vaches laitières, il ne faut pas croire qu'il suffise, pour améliorer encore ce troupeau, d'avoir un bon taureau et de pratiquer la sélection. Un troupeau nourri et soigné d'une façon quelconque, ne peut pas s'améliorer, quelles que soient les qualités des reproducteurs et l'habileté avec laquelle la sélection est faite. 11 faut que les animaux élevés reçoivent continuellement une nourriture substantielle, aient suffisamment d'exercice, respirent un air pur, pour que tous leurs organes, ainsi que les qualités dont ils ont hérité de leurs parents, puissent se développer convenablement. Il y a là une gymnastique nécessaire et ce fait est admis des meilleurs praticiens. C'est une des choses les plus importantes pour l'amélioration des troupeaux.
Dangers d'une nourriture forcée. — Si on recommande généralement pour les vaches laitières une alimentation forcée, on doit cependant prévenir en
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même temps les cultivateurs de ne pas pousserai es choses trop loin, parce que, à la longue, une alimentation trop substantielle, dont la qualité ''s'ëloigne trop de la qualité moyenne du foin,**surtout si les vaches sont renfermées dans une étable^ peu aérée et si elles prennent peu d'exercice, finit ''par les prédisposer à certaines maladies et, en particulier, à la tuberculose. C'est pour cela que je conseillais tout à l'heure de toujours faire entrer dans la ration une certaine quantité de bon foin et^de paille à l'état naturel. Avec cette précaution, 'avec une étable bien aérée, bien éclairée et tenue ^^bien proprement, et des aliments sains, si la race de vache choisie est rustique, on évitera cette terrible maladie qui décime bon nombre de troupeaux^excellents, pour lesquels cette règle a été méconnue.
Ce sont le foin et la paille ébouillantés ou cuits, en excès et aussi un excès d'aliments fermentes, de drèches de brasseries qui, d'après certains praticiens, favorisent le plus la tuberculose. On voit souvent cette maladie se répandre dans les étables des laitiers des villes, qui pratiquent la stabulation permanente et l'alimantation forcée à outrance.
On doit donc ici recommander la prudence aux iultivateurs des campagnes, qui ne peuvent pas, comme les laitiers des villes, renouveler leurs ani-
maux aussi facilement sans perte, et qui ne vendent pas leur lait à un prix aussi élevé.
Vêlage. — Une vache porte neuf mois et une semaine environ. Sur 760 vaches dont la période de gestation a été observée par Lord Spencer, 600 vêlèrent entre le 279e et le 29 le jour. La moyenne fut d'environ 284 jours. Les veaux mâles viennent un peu plus tard que les veaux femelles.
Lorsque la mise bas approche, les organes génitaux se dilatent et les mamelles se gonflent ; ces dernières atteignent leur gonflement normal un jour ou deux avant le vêlage. Lorsqu'on s'apperçoit de ces choses, il faut conduire la vache dans une stalle spéciale, fermée, propre, bien aérée et pourvue d'une bonne litière, et on lui donnera du bon foin et de l'eau. La vache ne doit pas être-attachée, pour éviter les accidents. Il faut la surveiller. Lorsque le veau se présente bien, les pattes de devant les premières, aucune assistance n'est nécessaire généralement. S'il est nécessaire d'aider, il faut le faire avec précaution. Si le veau se présente mal, il vaut mieux recourir à l'aide du vétérinaire.
Une fois la mise bas terminée, on laisse quelque temps le veau avec sa mère. Il faut s'assurer que
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l'expulsion du placenta se fait bien. Il ne faut pas laisser la vache le manger. Lorsque l'expulsion du placenta tarde, il faut y suspendre une pierre au moyen d'une corde fine. Cette pierre exercera sur lui une légère traction qui aidera à son expulsion. Le placenta peut quelquefois rester plusieurs jours sans venir ; dans ce cas, il y a à craindre un empoisonnement du sang, et il faut avoir recours à des injections dans les organes génitaux, au moyen d'une seringue, d'acide carbolique dilué dans de l'eau (1 d'acide pour 50 d'eau), une fois ou deux par jour ; il faut aussi tirer légèrement de temps à autre sur le placenta pour le décoller petit à petit, ayant soin de ne pas déchirer les organes de la vache en faisant cette opération trop rudement.
Après le vêlage, on a généralement l'habitude de donner à la vache une ou deux bouettes chaudes de son, on y ajoutera avec avantage des racines cuites. Le bon foin, l'eau tiède, les racines bouillies et le son sont les meilleurs aliments à employer pendant quelques jours après la mise bas. Il ne faut jamais exposer les vaches fraîches vêlées au vent froid et à la pluie tant qu'elles n'ont pas recouvré leurs forces.
Le nouveau lait, connu sous le nom decolostrura, n'est pas utilisable avant quatre ou cinq jours. Il
est très riche en albuminoïdes et convient parfaitement au jeune veau, et ce qu'il y a de mieux à faire c'est de le lui donner.
Les vaches en bon état, pas trop maigres, pas trop grasses au moment de la mise bas n'ont généralement à redouter aucun accident de vêlage : aussi faut-il prendre toutes les précautions voulues pour qu'elles soient en excellente santé à ce momentlà. Les vaches trop grasses sont assez sujettes aux accidents de la mise bas. Les présentations défectajuse du veau viennent souvent de ce que les Taches ont été malmenées ou brutalisées par ceux qui en ont la charge ou par les chiens.
Maladies des vaches. — Fièvre de lait — C'est une maladie dont les vaches sont soudainement atteintes après le vêlage surtout si elles sont trop grasses.
(Symptômes.)— Assoupissement, mouvement dift^eile des pattes de derrière, tête et cornes chaudes ; l'animal s'affaiblit i-apidement et ne peut bientôt plus se lever, il porte sa tête en arrière sur le flanc oh l'incline sur le sol, il est constipé et perd la sensibilité.
(Traitement,) — Donner une dose de sels purgatifs ; appliquer un sinapisme de moutarde le long de
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la colonne vertébrale, recouvrir l'animal d'une couverture et le tenir au chaud. Donnez lui des injections d'eau de savon tiède, et faites lui prendre aussi à l'intérieur tous les trois heures : whisky, J pinte, extrait liquide de belladone ^ once, noix vomique en poudre, 2 dr.
(Prévention.) — Pour prévenir cette maladie, ne pas nourrir les vaches trop fortement quelque temps avant la mise bas, et leur donner beaucoup d'exercice. Pour une vache trop grasse qui y est exposée, il n'y a rien de mieux, quard la chose est possible? que de la mettre, aussitôt qu'elle est tarie, dans un pâturage pauvre oii elle sera forcée de beaucoup marcher pour se procurer sa nourriture. On pourra, surtout si elle est constipée, lui donner un purgatif composé de J Ib de sel d'Epsom dans de l'eau chaude, vingt-quatre heures avant qu'elle ne vêle,
AvorteTTihit. — L'avortement a plusieurs, causes qui sont les chutes, les coups, les courses lorsque les vaches sont poursuivies par les chiens, par exemple, une pression trop forte sur le ventre lorsque les vaches rentrent précipitamment dans uneétable dont la porte est trop étroite, l'excitation nerveuse,, la peur, des odeurs trop fortes, l'exposition prolongée à la pluie et au mauvais temps, une mauvaise alimentation qui amène le dérangement des autres-
organes ; des fièvres, des maladies intérieures qui causent la mort du fœtus, l'emploi d'aliments avaries et en particulier de ceux qui sont moisis ou qui ont subi la fermentation acide, parce qu'ils peuvent tuer le fœtus ; l'emploi de racines gelées, d'eau trop froide, l'emploi d'un aliment trop riche avant la mise bas.
Il y a encore l'avortement contagieux, qui peut atteindre toutes les vaches d'une même ëtable. Cet avortement provient d'un mauvais germe introduit dans le sang des va,ches et qui peut se transmettre d'an animal à l'autre. Aussi faut-il faire bien attention à cela quand on introduit une nouvelle vache dans une ëtable.
Dans le cas d'avortement contagieux, il faut désinfecter 1 etable et séparer des autres les vaches <^ui en sont atteintes. Leur faire, dans l'utérus^ des injections d'acide carbolique dilue, (un d'acide <3arbolique pour cinquante d'eau.) Il faut aussi laver les oro^anes extérieurs avec la même solution. Le fœtus ainsi que toutes les matières rejettes par elles doivent être brûlés ou mélanges à de la chaux et enterrés profondément. Ne pas conduire au taureau avant un certain laps de temps les vaches qui ont avorté de cette façon.
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Si toutes les mesures de désinfection possibles ne sont pas prises de suite, toutes les vaches du troupeau seront exposées aux atteintes de cette maladie.
Pour arrêter l'écoulement dans le cas d'avortetement, il faut employer des calmants. Le laudanum, à raison de 1 once, deux fois à une heure d'intervalle, est excellent.
Il suffit d'indiquer les causes des avortements pour montrer qu'on peut presque toujours éviter cette maladie si les vaches sont soignées comme elles doivent l'être, et l'attention des cultivateurs doit être attirée sur ce sujet important. Une vache qui a avorté une fois avortera encore, et la plupart du temps elle n'est plus bonne que pour la boucherie ; les suites de cette maladie sont, du reste, très dangereuses ; elles amènent souvent la mort de l'animal.
Inflammation du pis. — Cette maladie prend des caractères bien différents suivant les cas. Dans tous les cas, si on n'y porte remède de suite, on s'expose à une foule de désagréments.
(Causes.) — Les causes sont une alimentation irrégulière, une nourriture trop forte, l'exposition au froid des vaches fraîches vêlées, des coups sur le
pis, une course exagérée lorsque le pis est plein, la rétention du lait, etc.
(Symptômes.) — Cette maladie atteint rarement le pis entier. Généralement, il se gonfle, devient brûlant, dur, la partie enflammée rougit souvent, le lait ressemble (juelquefois à du lait caillé, d'autres fois à du petit lait, il est souvent visqueux, mélangé de sang et d'humeurs. Parfois, on sent dans diverses parties du pis des durillons. Lorsque le cas est grave, il est accompagné de fièvre et d'autres troubles constitutionnels.
(Traitement.): — Quand le temps est chaud, on peut commencer par baigner le pis malade dans de l'eau chaude pendant une heure ou deux.
Il faudra essayer de traire la vache' et si le lait ne sort pas, recourir à l'emploi d'un petit tube d'argent que l'on introduira dans le trayon ; l'emploi de ce tube amènera souvent l'écoulement du lait et le dégagement du pis. Lorsque les trayons sont engorgés on peut aussi y injecter une dissolution d'une cuillère à thé de soda à pâte dans une pinte ou une demi-pinte d'eau chaude, puis traire ensuite doucement.
On peut employer, avec avantage, à l'extérieur un mélange : extrait liquide de belladone, 1 once\et
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de glycérine, 2 onces, avec lequel oii frictionnera légèrement la partie malade du pis trois fois par jour. On fera prendre à la vache une purgation composée de sel d'E'psorii 1 Ib, gingemhve 1 once et eau une chopine. On pourra aussi, si l'animal est fiévreux employer avec avantage à l'intérieur des sels alcalins comme le soda à pâte.
Si l'atteinte n'est pas trop forte on pourra venir à bout de la maladie siniplement en baignant le pis dans de l'eau chaude, entrayant la vache fréquemment et en massant le pis avec le pouce et un peu de graisse.
Lorsque l'enflamation provient d'un coup sur le pis on peut maintenir sur la partie malade un cataplasme bien chaud de farine de lin et traire fréquemment, puis le frictionner avec l'onguent dont nous venons de parler plus haut si l'enflamation est forte. Si le pis est très gonflé il est bon de le soutenir avec un linge que l'on passe sous le pis et qu'on lie sur le dos de l'animal.
Lorsque la mamelle suppure, que le lait est mélangé de pus qu'il y a des durillons ; on peut, avec avantage, faire prendre à l'animal chaque jour une once d'hyposidphite de soude jusqu'à ce que tout danger soit disparu. On emploie en même temps à
l'extérieur sur le pis, un mélange de quatre oncesde glycérine avec un dragme d'iodure de potassium dissouts dans le moins d'eau iJos^ihle. Ce remède eert excellent pour ramollir les parties durcies du pis et combattre les abcès. Pour l'employer on commencera par baigner le pis dans de l'eau chaude pendant un quart d'heure au moins, on en frictionnera ensuite les parties dures du pis, doucement, mais cependant avec une pression suffisante pour faire entrer cet onguent dans les pores de la peau.
11 faut toujours faire disparaître en même temps les causes de la maladie et, en particulier; si le mal vient d'une nourriture trop substantielle, commencer par supprimer les tourteaux oléagineux et les o^raines, employer des bouettes chaudes de son de blé. Dans tous les cas, il faudra faire en sorte que le pis ne reçoive pas de courant d'air et ne soit pas exposé au froid. Si la maladie est combattue trop tard, il est souvent impossible de ramener à leur état normal les parties durcies du pis.
Obstruction des mamelles. — Il se forme quelquefois de petites tumeurs à l'intérieur des mamelles le long du canal par lequel le lait sort. Ordinairement ces boutons crèvent sans causer d'autre trouble. Mais parfois le canal se rétrécit et la traite devient difficile. On peut employer, pour traire la
vache pendant ce temps, un petit tube en argent nue l'on introduit dan? le trayon atteint et qui laisse couler l(î lait. Si la maladie se prolonge, il 'faut avoir recours à un vëtërinaire qui, par l'emploi d'une sonde spéciale, pourra rélargir facilement le canal de manière à permettre la tr.iite.
Variole des vaches. — Une des maladies les plus ennuyeuses est la variole. Cette maladie est une lièvre ëruptive qui peut se transmettre d'un animal à l'autre, aux chevaux, à l'homme. Une éruption de boitons purulents apparaît sur le pis et les trayons, et les vaches se laissent traire difficilement, parce que les trayons deviennent douloureux par suite de l'inflammation produite et des boutons. La maladie se termine par une gale qui finit par tomber. On peut, dans ce cas, recourir, pour la traite, à un tube en argent que l'on introduit dans le trayon. La maladie se communique rapidement d'une vache à l'autre, surtout par l'interme'diaire de celui qui fait la traite.
Lorsque cette maladie apparaît sur une vache, il faut l'isoler, et celui qui la soigne ne doit pas toucher aux autres vaches. Si la maladie apparaît pendant l'hiver, lorsque toutes les vaches sont à l'étable, il faudra désinfecter l'ëtable. On donnera
à la vache malade, chaque jour, une dose d'une once d/hyposuljMte de soude qu'on mélangera aux autres aliments. On pourra, par mesure de précaution, en donner la même dose aux autres vaches du troupeau, et .si cette médecine ne les préserve pas de la maladie, elle la rendra au moins plus légère. Cette maladie dure de 20 à 30 jours et, si la vache atteint ce terme au chaud et à l'abri de la pluie, aucune complication ne sera généralement à craindre. La maladie doit suivre son cours. L'important pendant cette maladie est de traire à fond deux fois par jour les vaches qui en sont atteintes, car sans cela elles pourraient perdre un ou plusieurs trayons. Le lait des vaches atteintes de la variole ne doit pas être mélangé à celui des autres vaches, ni vendu en ville ou dans les beurreries ou fromageries, car il peut être infecté de germes qui peuvent communiquer la maladie à l'homme. Le mieux est de le donner aux porcs.
Indigestion. — Lorsque la nourriture n'est pis digérée, elle/este généralement dans le troisième estomac dont elle provoque l'inflammation de la muqueuse. La nourriture, par suite de la chaleur de cette inflammation, se durcit dans les replis de cet estomaC; causant de sérieux désordres au système nerveux.
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La rumination cesse d'ubord, la vache parait beaucoup souffrir, puis elle s'assoupit ou devient furieuse par suite d'une congestion de poumons résultant de l'indiofestion.
Une alimentation excessive d'herbe humide, d'herbes très fibreuses, de tiges de blë-d'Inde malpropres ou d'autres aliments indigestes est la cause de cette maladie.
Il faut, dans ce cas, donner une forte purgation et des bouettes légères avec des stimulants. Deux livres de sel d'Epsoni ou de Glauher dissoutes dans deux bonnes pintes d'eau chaude est un bon purgatif. Une bonne dose de mélasse aide beaucoup. Après cela on donnera de fortes injections d'eau de savon. Après avoir donné la purgation, on fera prendre à l'animal deux onces de carbonate d'ccnimoniaque toutes les trois heures, puis en abondance des bouettes légères de farine de graine de lin.
Si l'animal devient furieux, il faudra l'attacher solidement pour qu'il ne puisse arriver aucun accident.
Après la guérison, on lui fait reprendre progressivement son alimentation ordinaire et, pendant la convalescence, des bouettes de son, de farine de
graine de lin avec de la gentiane et du gingembre sont avantageuses.
Météorisation. — Cette maladie se produit lorsque les vaches mangent un excès d'herbes très succulentes, comme le trèfle. Une fermentation se prodans l'estomac ; il s'y dégage du gaz acide carbonique qui gonfle fortement l'animal et peut finir par l'étoufter rapidement.
Le remède est de perforer la panse de l'animal avec un instrument connu sous le nom de " trocar '^ et si on n'en a pas à sa disposition, ave? un couteau à longue et étroite lame. On permet ainsi aux gaz de s'échapper et on empêche la suflbcation. On enfonce l'instrument en un point également distant de la pointe de la hanche, de la dernière côte et des reins ; c'est le centre du triangle formé par ces trois points. On tiendra le trocar verticalement en l'enfonçant, pour éviter d'atteindre certains organes vitaux essentiels, comme les rognons et les muscles des lombes. Lorsqu'on se sert d'un trocar, il reste dans l'ouverture un tube par lequel les gaz s'échappent facilement. On peut injecter dans la panse, au moyen de ce tube, une pinte d'une solution de carbonate d'ammoniaque ou d'une solution de deux onces d'hyposulphite de soude dans une ehopine d'eau. Ces solutions arrêtent immédiate-
ment la fermentation. On peut aussi administrer charbon de bois pulvérisé, 3 onces ; huile de lin crue, S demiards. Pendant la convalescence il faudra donner une alimentation très légère.
Suffocation. — Cet accident a lieu lorsqu'une pomme de terre, un navet ou un corps quelconque reste dans le gosier ou l'œsophage d'une vache. Pour l'éviter, il ne faut donner à ces animaux que des racines coupées.
Dans le cas où il se produit, il faut essayer d'enfoncer dans l'estomac, au moyen d'un bâton bien uni, d'un manche de fouet, par exemple, le corps qui produit la suffocation. La chose n'est pas toujours facile et il faut éviter, pendant cette opération, de blesser le gosier de l'animal. Si le corps étranger n'est pas arrêté trop profondément, on peut essayer de le retirer avec la main. Il est toujours préférable, lorsque la chose est possible, d'avoir recours à un vétérinaire.
Tuberculose. — Cette maladie est une des plus dangereuses et des plus communes parmi les vaches. Lorsqu'un animal en est atteint, il faut l'abattre de suite et ne pas mettre la viande en vente, car la maladie est excessivement contagieuse pour l'homme. Elle se transmet d'une vache à l'autre.
Cette maladie, qui est incurable consiste dans la désorganisation de certains organes et en particulier des poumons, du t'oie, des rognons, sous l'influence de germes très virulents.
Les symptômes de cette maladie sont très variables suivant les parties atteintes, mais il y a en général de la fièvre et perte d'activité ; la peau devient rude, la respiration est nauséabonde, les pattes de derrière deviennent raides et faibles, l'animal a une toux sèche, donne du lait clair et bleu, il désire constamment le taureau, les o-landes de la o-oro-e se gonflent, les yeux sont enfoncés dans leur orbite et deviennent brillants de fièvre. L'animal s'amai* grit progressivement et son appétit est irrégulier.
8i ce sont les intestins qui sont attaqués la diarrhée est forte et continuelle. Souvent un animal atteint de cette maladie, ne présente presqu 'aucun symptômes dans le début. Le développement de cette maladie est favorisé par tout ce qui tend à diminuer la santé de l'animal, comme la réunion d'un trop grand nombre d'animaux dans une étable trop petite, mal ventilée, mal éclairée, humide, les prédispositions héréditaires, le manque d'exercice, une alimentation mal comprise.
Pour empêcher cette maladie d'entrer dans une «table, cette étable doit être spacieuse, bien aérée^
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bien ëclairée, sèclie et ny conserver que des animaux vigoureux et en parfait ëtat de santd ; l'alimentation doit être saine et pas trop forcée ; aucune personne atteinte de consomption ne doit s'approcher des animaux.
Les animaux suspects doivent être isolés et examinés par un médecin, puis abattus immédiatement s'ils sont atteints de la maladie ; leur corps doit être brûlé ou enterré profondément après avoir été recouvert de chaux.
Lorsque, dans un troupeau, un animal en est atteint, il faut faire venir un vétérinaire pour faire subir l'épreuve de la tuberculine à tout le troupeau. L'ébable doit être ensuite sérieasement désinfectée.
La tuberculose des vaches est exactement la même maladie que la consomption des hommes, auxquels elle peut se communiquer, soit par contact avec les animaux malades, soit par la respiration de l'air de l'étable oii se trouvent ces animaux, soit par la consommation de leur lait, spécialement par les enfants, soit par la consommation de leur viande. La question est donc excessivement sérieuse, car cette maladie est très répandue et on ne saurait trop prendre de précautions contre la contamination.
En particulier, le lait d'une vache ou d'un troupeau atteint de tuberculose ne doit jamais être ni consomme par les habitants de la ferme, ni porté dans une fabrique, ni vendu dans les villes, car c'est un poison très dangereux puisqu'il contient toujours de nombreux germes de la maladie.
Pour les maladies des vaches, nous recommandons la lecture du " Précis de viédecine vétérinaire" du Dr Couture, ^ rue Des Jardins, à Québec, puis celle du " Dairjjinan's manual ; practical treatise on the Dairy " par Henry Steiuart, Neiv-York, Orange Judd Company, auquel nous avons emprunté quelques renseignements.
Ejyoque des vêlages. — C'est encore une coutume générale dans la province de faire vêler toutes les vaches au printemps. Beaucoup s'objectent à prendre des mesures pour répartir les vêlages dans tout le cours de Tannée, et principalement l'automne, parce que, disent-ils, il est impossible de faire du bon beurre avec du lait d'hiver. C'est là une erreur :
S'il y a continuellement dans le troupeau des vaches fraîches vêlées ;
Si les étables sont bien aérées et bien propres pour que les vaches n'y respirent que de l'air pur et sans mauvaise odeur ;
Si les vaches reçoivent une nourriture saine et abondante et ont à leur disposition de la bonne eau pure ;
Si on leur donne, ainsi qu'au lait, tous les soins voulus, le lait d'hiver donnera certainement d'excellent beurre ; les nouveaux procédés de fabrication le permettent maintenant et il n'y a pas de doute que ce beurre puisse trouver un aussi bon débouche que le beurre d'été sur les marchés étrangers.
Il y a avantage à faire vêler les vaches, surtout en automne, parce que :
1^ Si les vaches sont soignées convenablement, elles peuvent produire pendant l'hiver en abondance un excellent lait ;
2*^ Parce que le lait se vendrait plus cher en hiver qu'en été, selon les probabilités, au moins dans les premières années ;
8"^ Parce que la conservation et le transport des produits périssables comme le beurre, le lait écrémé, est plus facile en hiver qu'en été. Le feu est moins coûteux que la glace.
4*^ Parce que le cultivateur a plus de temps à donner à ses vaches pendant l'hiver ;
5S Parce que les vaches qui ont vêlé l'automne donneront tout l'hiver une production soutenue de
lait, n'ayant pas à souffrir, comme en juillet et en août, de la chaleur et des mouches, et parce que, lorsque leur rendement tendra à diminuer au printemps, ce rendement se relèvera lorsqu'on les mettra à l'herbe ;
C*^ Parce que les veaux qui naissent l'automne font aussi facilement de beaux veaux que ceux du printemps. Il est donc important que les cultivateurs prennent ces raisons de plus en plus en considération.
Production du lait et traite des vaches. —
Le lait est produit par les mamelles qui ne sont que des glandes analogues aux glandes qui se trouvent sous la langue et produisent la salive. Le sang est amené du cœur aux mamelles par des artères situes à l'intérieur du corps de la vache et qu'on ne voit pas. Dans les mamelles, ces artères se subdivisent en une foule de petits vaisseaux très ténus, des vaisseaux capillaires, comme l'on dit. Ces vaisseaux capillaires se réunissent ensuite entre eux et une partie du sang retourne au cœur par deux grosses veines bien connues sous le nom de veines à lait, que l'on voit sur le ventre l'une à droite et l'autre à pauche de la vache. Elles rentrent dans l'abdomen par deux orifices connus sous le nom de fosses lactées. Immédiatement en rapport avec les
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vaisseaux capillaires, du pis se trouve un autre réseau de canaux très tenus enchevêtrés avec les précédents, et terminés par de très petites poches. Ces^ canaux se réunissent les uns aux autres en augmentant progressivement de grosseur et viennent déboucher dans les trayons. Le tout est empaqueté dans un tissu adipeux spécial et forme le pis. C'est en filtrant pour ainsi dire des veines capillaires dans les petites poches terminales des canaux qui conduisent aux trayons, qu'une partie du sang se transforme en lait d'une manière qui n'est pas encore bien connue. Il y a quatre trayons qui correspondent chacun à un paquet de canaux capillaires et CCS paquets sont réunis deux par deux de chaque côté du pis. Tout ce système est très élastique et la capacité en lait d'un pis vide peut se monter à environ 10 J à llh chopines.
Pour traire une vache, on saisit le trayon à la base et contre le pis avec le pouce et l'index repliés ; on tire vers le bas en serrant avec ces deux doigts d'àbord, puis contre la paume de la main successivement avec le médium, l'annulaire et en dernier lieu avec le petit doigt, de manière à pousser le lait de la base du trayon vers son extrémité. Cette opération doit se Faire avec le plus de douceur possible.
On saisira avec l'une des mains l'un des trayons arrière puis, avec l'autre main, l'un des trayons d'avant du côte oppose, mais jamais à la fois les deux trayons d'un même côte. Voici quelques règles généralement admises pour la traite des vaches.
lo. La traite doit se faire avec toute la douceur possible et de façon à être une opération agréable à la vache. Une vache ne donnera jamais tout son lait à une personne qu'elle n'aime pas ou qui la trait rudement.
2o. La traite des vaches doit être faite aussi rapidement que possible, car on obtient plus de lait par une traite faite rapidement que par une traite faite lentement, parce qu'une partie du lait est sécrétée pendant la traite elle-même et que la rapidité de cette opération excite cette sécrétion.
80. Les vaches doivent toujours être traites à fond, parce que le dernier lait est le plus riche et que la traite faite à fond active la sécrétion du lait et améliore les qualités laitières de la vache. Dans les grandes fermes, aux Etats-Unis, la traite dure environ une heure et on donne à chaque homme ou à chaque femme de dix â douze vaches à traire pendant ce temps.
-to. Se laver les mains avant la traite, laver les trayons avec de l'eau bien pure, les essuyer avec
un linge très propre et surtout ne pas mouiller ses mains avec le premier lait tire, avoir toujours des vêtements propres et non couverts de poussière. La propreté la plus scrupuleuse doit être observe'e pour ne pas contaminer le lait.
DO. Les premières gouttes de lait doivent être tirées par terre : il ne faut pas les mélanger au reste du lait parce qu'elles sont toujours plus ou moins contaminées de mauvais germes qui peuvent ensiute se développer dans le lait et en diminuer la qualité,
60. La traite doit se faire dans un endroit bien aéré et à l'abri des mauvaises odeur, que le lait absorbe facilement, et des mauvais germes qui peuvent le contaminer. Lorsqu'on donne de l'ensilage, ea particulier, la traite doit se faire avant sa distribution. Elle doit se faire aussi avant la distribution du foin qui répand dans l'atmosphère une foule de poussières nuisibles. On doit au moins attendre que ces poussières se soient déposées.
7o. La traite doit se faire deux fois par jour, autant que possible, à douze heures d'intervalle. Le matin et le soir sont les meilleurs moments, ce sont ceux pendant lesquels les vaches sont le plus calme.
80. Les vaisseaux dans lesquels se font la traite iloivent avoir été soiç^neusement lavés avec de l'eau
pure, ébouillantes et séchës dans un air pur, a l'abri de la poussière et des mauvaises odeurs.
Le tableau suivant indique la richesse du lait à différentes périodes de la traite, d'après une expérience faite à la ferme expérimentale du Wisconsin :