QUESTIONS DIVERSES
Utilisation du lait écrémé, du lait de beurre et du petit lait. — Répartitions.
Utilisation du lait écrémé, du lait de beurre
et du petit lait.. — Dans la fabrication du beurre on obtient, par mille livres de lait entier, en moyenne, 800 livres de lait ëcrëmé et 190 Ibs de lait de beurre et, pour le fromage, 900 Ibs de petit lait.
Le lait écrémé contient par 1000 Ibs, 130 Ibs de solides totaux, dont 2 Ibs J de gras, 22 Ibs de caséine 6 Ibs d'albumine, 12 Ibs de sucre de lait et 6 Ibs J de cendres. Le lait de beurre contient 14, 91 Ibs de solides totaux, dont 0 Ibs 8 de gras, 3, 77 Ibs de caséine, 0,94 Ibs d'albumine, 8, 3 Ibs de sucre de lait et 1, 1 Ib de cendres.
Le petit lait contient, 45, 8 Ibs de solides totaux, dont 9, 4 Ibs de gras, 22, 6 Ibs de caséine et d'albumine, 93, 5 Ibs de sucre de lait et 63 Ibs de cendres.
Comme l'albumine et !a caséiiie sont des aliments azotés et, par suite, très nutritifs et que le rôle du sucre dans l'aliuientation est aussi important que celle du gras, on voit (jue ces produits sont très intéressants, et qu'en les utilisant on peut diminuer dans une large mesure le prix de fabrication du beurre et le prix de revient du lait.
Le meilleur moyen d'utiliser le lait écrémé c'est l'élevage et l'engraissement des veaux et des porcs. Le lait de beurre et le petit lait conviennent surtout aux porcs. On ne saurait recommander l'emploi du petit lait pour les veaux. Cependant, si la chose est nécessaire, il faut y albr avec précaution et passer graduelleuient de l'alimentation au lait frais et chaud à celle au petit lait. Il est bon de chauffer celui-ci jusqu'à 170 F., avant de le donner. Quelques fermiers y mélangent avec avantage de la graine de lin ou de la moulée. On peut augmenter graduellement la quantité de petit lait qu'on donne aux jeunes veaux, jusqu'à une livre. Pour les veaux, ce qui convient le mieux c'est le lait écrémé et nous avons déjà traité cette question.
La richesse du petit lait n'est que le tiers environ de celle du lait écrémé, comme on le voit par sa composition que nous venons de donner plus haut. Quant à celle du lait de beurre, elle n'est que le
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lOème environ de celle du lait écréme, et il ne convient pas p(.ur les veaux.
Mais le meilleur moyen d'utiliser ces trois sousproduits de la laiterie c'est de les faire servir à l'alimentation des porcs. Par ce moyen, il est facile de retirer du lait ëcrémë 15 à 25 cents et plus par cent livres, du petit lait 5 à 10 cents par cent livres et du lait de beurre 1 à 2 cents par 100 Ibs.
Ce qui paierait le mieux les patrons ce serait l'élevage des porcs à bacon et, comme cet élevage, peu répandu encore dans la province, se pratique en grand avec succès au Danemark, nous ne pouvons mieux faire que de rappeler ici ce qui se pratique dans ce pays, d'après le rapport de MM. G. A. Gigault et J. D. Leclair, publié par le département de l'Agriculture en 1894.
Les Danois s'appliquent surtout à produire du lard propre à faire du bacon et du jambon : 1*^ parce que, pour le bacon on doit abattre les porcs lorsqu'ils sont jeunes et ne pèsent pas plus de ^00 Ibs et que l'engraissement des jeunes porcs est moins coûteux que celui des vieux ; 2^ parce que le prix du bacon est plus élevé que celui du lard salé.
Des expériences faites sur l'alimentation des porcs à la Ferme Expérimentale d'Ottawa ont démontré, qu'en général, après le deuxième mois de la période d'alimentation et quand le poids de l'animal a dépassé cent livres, il faut, pour produire chaque livre de gain dans le poids vif, une quantité graduellement croissante d'î nourriture. Ainsi, pour porter le poids vif de cinq porcs de 430 Ibs à 580 Ibs il a fallu 3,81 livres d'aliments consommés par livre de grain; pour porter le poids des mêmes porcs de 741 à 865 livres, il a fallu 4,64 livres d'aliments consommés par livre de gain.
Pour le bacon, il faut une viande maigre et, dans ce but, les porcs doivent recevoir une nourriture variée. C'est le secret de la réussite dans ce genre d'élevage et d'engraissement. Ce genre d'alimentation permet du reste d'utiliser les déchets de cuisine, des herbages, des racines fourragères qui sont des aliments peu dispendieux.
La nourriture des porcs au Danemark consiste surtout en lait, orge, légumes. On donne parfois de la farine de blé-d'Inde, mais l'emploi de cet aliment n'est pas recommandable pour la production du bacon. En tout cas, il ne faut jamais en employer pendant le mois qui précède l'abattage. L'emploi du blé-d'Inde donne une viande molle qui,aux abattoirs^ est cotée de quatrième classe.
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Les pois raffermissent la viande, ils conviennent, en petite quantité, pendant la dernière période de l'engraissement, pour raffermir la viande. Il ne faut pas les employer en grande quantité.
L'orge, le seigle, les betteraves fourragères ou les pommes de terre, données avec le lait, produisent une viande de première classe. Les pommes de terre se donnent généralement cuites.
Une livre de grain équivaut, comme aliment, à quatre livres de patates, ou à 6 livres de lait écrémé, ou à 12 livres de petit lait, ou 10 livres de betteraves fourragères oa carottes. Les tourteaux donnés seuls forment une viande molle. Le lait écrémé et le petit lait, s'ils ne sont pas donnés avec de l'orge et du seigle, forment une viande de quatrième classe.
Monsieur Holm, un éleveur Danois très expénmenté, donne pendant l'été aux truies et aux jeunes cochons, outre le lait et le grain, du trèfle, de la lentille et de l'avoine verts. Il remplaces cela, en hiver par des betteraves. Aux cochons à l'engrais, il donne des betteraves hachées, de la farine d'orge ou de blé, mais jamais d'avoine.
Les truies sont logées de manière à pouvoir prendre tout l'exercice désirable ; c'est là une condition essentielle dans l'élevage des cochons. Autrement les bêtes restent faibles et meurent en grand
nombre. M. Holm vend ses porcs lorsqu'ils pèsent 200 Ibs au plus. Lorsqu'ils sont trop gras, le prix de vente est moins élevé par livre et la livre de viande ou de graisse coûte plus cher à produire. Le grand Yorkshire amélioré et le ïamwortli sont les deux races les plus rccommandables pour le bacon.
Il faut attirer l'attention des cultivateurs sur cette question importante de l'utilisation des sousproduits de la laiterie, dont ils peuvent tirer un si bon parti avec un peu d'intelligence et de savoir. Pour de plus amples renseignements, consulter le cours fait à ce sujet par monsieur J. C. Chapais, à l'Ecole d'Industrie Laitière de St-Hyacinthe et publié dans le Journal d'Agriculture Illustré, Nos. du 15 avril, 15 mai et 15 juin 1887. C'est un article des plus instructifs intitulé. " Le porc et l'industrie laitière."
Répartitions. — Anciennement, dans toutes les fabri([ues, le lait se payait aux patrons proportionnellement au poids apporté par chacun d'eux. Mais dans ces dernières années, depuis l'usage du babcock surtout, il a été reconnu que, non seulement la quantité de beurre, mais aussi la quantité de fromage fabriqué par 100 livres de lait, dépend de la richesse en gras de ce lait, il a été reconnu aussi que la qualité du lait fourni par les différents pa-
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trons variait dans des limites très étendues : certains laits peuvent ne contenir que 3 ^j^ de gras et d'autres jusqu'à 6 ^2o et phis. Il devenait donc évident que l'ancienne méthode de payement était absolument injuste et que, si l'on avait un moyen de déterminer rapidement et exactement la richesse en gras des laits apportés par les patrons, il serait prérable de payer les laits, non d'après leur poids, mais d'après le gras qu'ils contiennent.
Or le babcock permet cette détermination rapide d'une façon, sinon toute à fait exacte, du moins suffisamment exacte pour qu'il soit bien plus juste de payer les laits d'après la richesse en gras qu'il indique pour chacun d'eux que d'après leur poids.
Cette méthode du payement du lait suivant la richesse en gras s'est beaucoup répandue partout dans ces dernières années et se répand chaque jour davantage et on ne saurait trop engager les cultivateurs à l'adopter.
Pour faire les répartitions d'après ce système de payement, on commence; 1"^ par déterminer la richesse moyenne du lait fourni par chaque patron, par la méthode des échantillons composés dont nous avons parlé page 269 ; 2^ on multiplie, pour chaque patron, la richesse en gras de son lait par le poids qu'il a apporté ; 3° On fait la somme du griis ap-
porte par tous les patrons ensemble ; 4° on détermine le produit net en argent obtenu par la vente du beurre ou du fromage fabriqué avec le lait de tous les patrons ; frais de fabrication, de vente, etc. déduits ; 5^ On divise le produit net en argent par le nombre total de livres de gras apporte par les patrons ; 6° pour avoir la somme à payer à chaque patron il suffit de multiplier le quotient de la division précédente, qui est le prix net de vente d'une * livre de gras, successivement parle nombre de livres de gras apporté par chaque patron.
Exemple :
Le^patron A a apporté 2000 lb« de lait contenant 3, 25% de gras
Ge qui fait que :
Le patron A a apporté 20 x 3, 25=un total de 65 Ibs de gras
" D " 15, OOx 3, 6 = " 54 "
Total du gras apporté 215,3 Ibs
Le rendement total du lait en beurre a été de 240 Ibs qui, vendu à 20 centins a produit $48. Le coût de la fabrication a été de 4 cents par livre, y compris les frais de vente, le fret, etc. Soit $9.60
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pour les 240 Ibs. Il reste donc à partager entre les patrons 48— 9.60 = $38.40, suivant la quantité de livres de gras apporté par chacun d'eux. 240 Ibs de gras rapportent $38,40, une livre de gras rapporte donc $38,40 : 215,3 = $0,1783. Ils reste maintenant à multiplier ce nombre par le nombre de livres de gras apporté par clia(]ue patron pour avoir la somme à payer à chacun d'eux.
Ainsi le patron A devra recevoir 65 x $0,17836=$11,593 B " 30 X $0,17836= 5,351
Total 38.400
Pour avoir le nombre de livres de beui-re par 100 livres de gras il suffit de diviser le nombre de livres de beurre produit, par le nombre de livres de o-ras apporté par les patrons. Dans ce cas, c'est 240 : 215 3= 111,37 Ibs.
Si ce lait avait servi à faire du fromage et s'il en avait produit par exemple 570 Ibs, le prix de vente étant de 9f et ; le coût de fabrication, de vente, fret, etc., de IJ et par Ib. on aurait à partager $55,57 —
Comme les patrons ont apporté 215,3 Ibs de o-ras ils doivent toucher par livre de gras $47,02 : 215,2 = $0,21839, ce qui donne à chacun d'eux :
Patron A 65 x 0,21839 = $14.20
Total 47.01
Si le lait avait ëtë vendu à raison de $0.75 par cent livres contenant 4°2ô ^^ gras, cf^la aurait mis la livre de gras à $0.75 : 4 = $0,1875 et chaque patron aurait eu.
Patron A 65 x 0,1875 = $12.1875
Total 40,368
Les périodes dont on prend l.'échantillon moyen pour la détermination du gras peuvent être de 8 ou de 15 jours et même plus. Si on fait la répartition pour plus d'une période, le gras se calculera pour chacune en particulier, puis, pour la répartition de l'argent, on fera, pour obtenir le gras total, la somme du gras de toutes ces périodes