‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 111 sur 123 · XCIV · texte numérisé non relu

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Dans les maladies compliquées on doit rechercher avec soin si les maladies sont accidentelles et indépendantes l’une de l’autre, ou si elles sont la continuation d’une première maladie; s’il s’est opéré entre les différentes maladies une telle fusion qu’elle modifie complètement le caractère de l’état morbide dynamique.

Dans le premier cas, il faut d’abord chercher à enlever la maladie la plus importante , et guérir ensuite celle qui est moins dangereuse. Si, par exemple, un homme qui est affecté de dartres ou de gale, est atteint de la grippe, d’une dyssenterie ou d’une pleurésie, lors même qu’on aurait commencé le traitement de l’exanthème, il faudrait le suspendre et chercher avant tout à guérir la maladie aiguë.

Si la maladie subséquente n’est que la suite de la première, elles forment alors un seul tout, et l’on aurait grand tort de vouloir les faire disparaître séparément. Hahnemann, il est vrai, a établi en règle générale (Organon , 5e édit., § 167, 168 ) que dans les cas où le médicament donné ne couvre pas tous les symptômes, mais n’en enlève qu’une partie et provoque même des affections secondaires, on ne doit pas le laisser épuiser son action ( c’est-à-dire, en d’autres termes, ne pas perdre son temps à attendre en vain d’heureux résultats), mais qu’on doit choisir un autre médicament qui réponde à l’ensemble des nouveaux symptômes, et faire disparaître ainsi successivement les symptômes jusqu’à complète guérison. Je ne suis pas de son avis; car, de deux choses l’une, ou le médicament donné répond au siège de

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la maladie ou il répond aux affections symptomatiques : dans le'premier cas, il doit, si non guérir, au moins procurer un soulagement général; si l’amélioration ne fait pas de progrès, c’est que l’effet du médicament n’est pas assez puissant pour porter l’organisme à une réaction complète, et alors il faut ou le répéter, ou en administrer un autre qui réponde encore mieux à 1 état présent, afin d’aider à la guérison. Quelquefois des organes sensibles sont si fortement attaqués uniquement par sympathie, qu’ils restent encore affectés même après que le siège de la maladie primitive est détruit. Dans ce cas , on doit considérer et traiter ce reste delà maladie comme une maladie idiopathique; mais si un médicament ne répond pas du tout au siège de la maladie, ou qu’il réponde seulement à certains symptômes sympathiques , on ne doit rien en attendre, si ce n’est un changement de forme qui annonce l’erreur qu’on a commise dans le choix du médicament, et qui doit nous déterminer à employer avec un redoublement de soins tous les auxiliaires diagnostiques qui sont en notre pouvoir, afin de découvrir la véritable racine de la maladie.

Des complications se confondent d’autant plus facilement que les différentes parties de l’organisme concourent toutes au but commun de l’unité, et que par conséquent des maladies isolées causent un trouble plus ou moins général dans tout l’organisme. Les dyscrasies jouent en outre un grand rôle, ce qui se conçoit aisément, et la guérison des maladies tant aiguës que chroniques en devient extrêmement difficile. Souvent, dans des cas de maladies aiguës, même inflammatoires, chez des personnes qui n’onî eu que quelques petites dartres , il arrive qu’aucune amélioration ne se déclare avant l’administration d’une dose de soufre ou de lycopode comme moyen intercurrent ou avant l’emploi de quelque autre médicament eucratique qui réponde à l’état. Après la prise de ces médicamens, il paraît ordinairement un érythème miliaire à la suite duquel les autres medicamens développent parfaitement leur action. Il en est de même dans le traitement des maladies chroniques. La guérison des fies ne s’opère souvent qu’après avoir administré quelques doses de soufre, et si un enfant scrofuleux est atteint de la gale, il faut néces-

saïrement l’en guérir avant de pouvoir arrêter le développement de l'affection du système glanduleux. Ces expériences montrent aussi l'imperfection d’un traitement purement symptomatique et la nécessité d’agir autant que possible contre les causes.

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La syncope, l’asphyxie et les états semblables où l'activité vitale est presque nulle , exigent une prompte excitation, ce qui ne peut se faire au moyen des petites doses de médicamens spécifiques. On a guéri, il est vrai, des cas d’asphyxie chez des enfans avec la camomille (l), ce qui m’a réussi souvent aussi chez des enfans affectés d’un asthme thymique, tant qu’il n’y avait pas perte complète de la connaissance. Pétroz (2) vante le bovista dans l’asphyxie par la vapeur de charbon, et le solanum mammosum dans 1 asphyxie des noyés. Eiwert (3) et Heichelheim (â) ont guéri des apoplexies avec Y opium, la belladone et la coque du Levant. 3Ialaise (5) a délivré en deux heures un jeune homme d’une paralysie du côté gauche qui s’était déclarée avec une apoplexie, au moyen d’une seule dose de belladone. Mais dans tous ces cas il existait encore de la force réactive. Quand cette force a cessé, quand le pouls et la respiration ont disparu , il faut recourir aux excitans pour réveiller l’activité vitale. Hartmann (6) a donné à ce sujet de fort beaux préceptes. Dans certains cas une saignée peut être même nécessaire, non pas tant pour diminuer la masse du sang que pour lui rendre quelque mouvement. Mais si, après avoir réveillé l’activité vitale, il reste encore des suites, telles qu’une paralysie, des convulsions, etc., on obtiendra tout le succès désirable par des remèdes spécifiques bien choisis.

(1) Archiv fur die Homœopath. Heilkunst. 8 vol., 3 cah., pag. 86.

(2) Bibliothèque homéopatique de Genève, août i836.

(3) Hygea, 2 vol., pag. 134.

(4) Clinique homéopathique. Bruxelles, r 8 3 7, pag. î,

(5) Thérapie aculer Krankheits-formen, 2 vol„ § 286, etc.

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