‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 116 sur 123 · CIV · texte numérisé non relu

CIV

Dans les maladies aiguës, on doit observer un régime sévère, et même d’autant plus sévère que le cours en est plus rapide et le danger plus grand. On peut alors être certain que ses prescriptions seront suivies, parce que les malades ainsi que leurs familles sont convaincus de cette nécessité et que leur désir d’alimens est ordinairement moins vif. On doit défendre le café, le thé, le vin, les épices et toutes les substances médicamenteuses, sudorifiques et diurétiques, par exemple. On peut permettre rusage de la viande selon le caractère de la maladie; mais on le pourra rarement si cette maladie est très-aiguë. Le gruau d’orge et d’avoine recommandé par Hippocrate (l) et généralement trop vanté, ne convient pas dans tous les cas , surtout dans les affections gastriques où toute substance mucilagineuse et nutritive cause des dégoûts et charge l’estomac. Ce qu’il y a de mieux, c’est de suivre l’ancien précepte : sequere naturam. S’il y a du dégoût pour les alimens, qu’on laisse jeûner le malade jusqu’à ce qu’il demande à manger. Il en est de même pour les boissons. Rien de plus croeî que de laisser un malade souffrir delà soif. Asclépiade allait si loin que pendant les trois premiers jours, il ne permettait pas même aux personnes attaquées d’une fièvre de se rincer la bouche. En général, les anciens ne laissaient boire que quand les tempes devenaient humides et le corps moite (2). Plus tard, lorsqu’on eut admis le précepte : aut bibere aut mori; —on a tourmenté les malades d’une autre manière en les forçant à boire beaucoup, afin de dissoudre les humeurs et de faciliter les évacuations critiques. Ni l’un ni l’autre ne valent rien. Etcependant on n’en persiste pas moins , par crainte surtout des prétendus effets nuisibles de l’eau fraîche. Autant il est certain que les apologistes du temps présent exagèrent lorsqu’ils prétendent guérir avec l’eau froide le choléra , la peste et toutes les maladies , autant il l’est que l’eau fraîche est la boisson la plus ra~

(i) De Diæta in acutis.

(a) Gelsus , i c, , 1. m, c, 6.

fraîchissante et la moins nuisible; et l’on doit la préférer de beaucoup à Fhydromel d’Hippocrate, à l’oxymel et à toutes les tisanes en usage. Elle ne peut être funeste que dans les inflammations d’organes intérieurs, par exemple, de la gorge, du poumon, de l’estomac et du canal intestinal, où sa froideur nuit à cause d’une contraction trop rapide. Cependant on peut en permettre l’usage même dans ces formes de maladie à des personnes adultes et raisonnables, pourvu qu’elles n’en prennent qu’une cuillerée à la fois et qu’elles la gardent dans la bouche jusqu’à ce qu’elle ne soit plus trop froide. Il n’y a pas de meilleur rafraîchissement. On peut y joindre aussi du sirop de framboises, de cerises ou de mûres pour la rendre plus agréable. Rarement dans les maladies aiguës , on permettra de l’aciduler avec du citron ou du vinaigre, parce que ce dernier trouble l’effet d’un grand nombre de médicamens employés dans cette sorte d’affection. Dans les fièvres chaudes où la langue et les lèvres sont arides et fendillées, les dents noires, et où le malade désire ardemment de se refraîchir, on a donné souvent une cuillerée d’une mixtion d’huile d’amandes et de jus de cerises, de mûres ou d’oranges douces, excellent rafraîchissant qui ne trouble pas l’effet des médicamens. Dans les maladies chroniques, le malade pouvant se dégoûter facilement d’une boisson, il est prudent d’en changer souvent; aussi le médecin doit-il en avoir plusieurs à choisir selon les circonstances. Je citerai une boisson très-açréable composée de petites pommes coupées et bouillies, la limonade d’oranges douces ou de jus de ^raisin mûr nouvellement pressuré, une décoction de cerises et de prunes, sèches, l’eau panée simple, le lait d’amandes, le lait de beurre, l’eau et le lait, etc. On rencontre souvent, surtout dans les basses classes, le préjugé qu’il ne faut pas laver le corps d’un malade, et cependant la propreté est indispensable. Seulement les'circonstances doivent déterminera employer de l’eau chaude ou froide. Un air pur est tout aussi nécessaire, et il faut le renouveler soit en ouvrant souvent les fenêtres soit au moyen de ventilateurs. Toute espèce de fumigations doit être défendue.

DIAGNOSTIC ET THÉRAPEUTIQUE. 2(59

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