‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 28 sur 123 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

On sait que la syphilis négligée, mal traitée ou incomplètement guérie, laisse souvent pour toute la vie des suites funestes, qui se transmettent même quelquefois aux enfans. Le contagium que produit cette maladie, est très -différent du contagium psorique, quoique, dans certains cas , il donne lieu à des formes d’exanthème qu’on pourrait confondre avec la gale commune. Il est moins volatile et se communique par conséquent moins facilement. J’ai observé souvent que des personnes saines peuvent coucher pendant des mois dans le même lit que des vénériens sans être infectées. La nature moins volatile de ce contagium se montre aussi dans l’individu malade ; il attaque de préférence les organes moins nobles , les membranes muqueuses , les séreuses , dans les cas les plus graves, le périoste et les glandes, tandis que la gale, plus subtile, attaque beaucoup plus souvent l’activité nerveuse et occasionne des épilepsies, des spasmes, delà démence, de la mélancolie ou des maladies des organes des sens.

Si, comme le prétend Hahnemann, tout l’organisme est pénétré du contagium au moment de l’infection, il n’y a plus de différence à faire entre les syphilis primaires ou secondaires, et ces dernières ne sont autre chose que le symptôme devenu général , d’une affection déjà générale , mais dont la manifestation a été circonscrite d’abord à certaines places; On se souviendra à ce sujet des révulsions où un seul organe vicarie pour les perturbations de tout un système. Hunier (l) a prétendu également que tout chancre est le reflet d’une maladie générale, et que ce n’est

(i) Abhandl, über die venerische Krankheit. Leipzig, 1787, pag. 53i,

PUEMIÈRE PARTIE.

qu’après qu’on l’a détruit, que les symptômes d’une syphilis générale se manifestent. J’ai raconté ailleurs (l) l’histoire d’un jeune homme qui portait un chancre depuis plus de quatre ans sans avoir employé aucun remède et sans remarquer aucun dérangement dans sa santé générale. Il n’y a que quelques jours que j’ai eu un exemple pareil. On me pria d’examiner une jeune personne de vingt-huit ans qui habitait la campagne. On disait dans le village qu’elle avait une maladie vénérienne. Je trouvai une destruction horrible causée par des ulcères primitifs qui répandaient uneodeur vraiment cadavéreuse $ mais il n’y avait ni bubon, ni ulcère de la gorge, ni aucun symptôme de syphilis secondaire. Elle avait cette maladie depuis six mois et n’avait encore rien fait pour se guérir. Des cas pareils où des chancres sont abandonnés à eux-mêmes , sont certainement rares ; mais ils prouvent que l’affection peut rester long-temps circonscrite à une place.

Il y a une foule d’exemples de syphilis générale à la suite delà destruction ou de la dessiccation d’un chancre primitif. Mais on raconte aussi un grand nombre de cures où de pareils ulcères primitifs ont étéguéris par l’usage de moyens locaux sans résultats funestes. Peut-être y a-t-il eu de nombreuses illusions. Je sais, par exemple, d’une manière positive qu’un certain médecin se vante d’avoir guéri unjeune homme atteint d’un chancre uniquement par des fomentations d’eau de saturne, sans se douter que *

le malade, ne se fiant pas à ses prescriptions, a pris du sublimé d’après les conseils d’un autre médecin. Il ést triste que des médecins se trompent souvent ainsi et se laissent engager par la persuasion qu’ils ont réussi, à suivre la même méthode dans d’autres cas. Il s’agit surtout de savoir avec quels moyens un chancre primitif a été guéri. Est-ce par le mercure? par la liqueur de Bellostou par un onguent de précipité? On est en droit d’attendre une cure spécifique. Au reste, je veux d’autant moins nier la possibilité de faire disparaître les chancres primaires par d’autres moyens, sans infection syphilitique postérieure , que l’on

(i) Ideen zur wissenschaft. Begründung des Systems der homœopatischen Heilkunst. Giessen. r834* Pag. 73.

PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE

réussit souvent aussi par un traitement antiphlogistique sans mercure. Cependant il y a tant d’exemples de l’apparition subséquente de symptômes d’une syphilis générale, que nous devons nous méfier d’un traitement purement local des ulcères vénériens,

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