PREMIÈRE PARTIE
état n’est pas déterminé, la pause peut également être plus ou moins longue.
Je ne connais aucune observation de syphilis ou de gale latente abandonnée à elle-même , et tout ce que j’ai recueilli à ce sujet se rapporte à des cas où la maladie avait disparu objectivement après l’emploi de différens remèdes, et ne s’était remontrée que plus tard. Le docteur Bœhr (l) de Berlin, entre autres, a publié des exemples remarquables de syphilis larvée ou latente. Après avoir sommeillé des années, la maladie se manifesta sous différentes formes, par exemple sous celles de blépharopthalmie, d’iritis avec le rétrécissement des pupilles particulier à l’iritis syphilitique , de hémiplégie , d’insomnie , de céphalalgie , d’amaurose , de rhumatisme violent , d’épilepsie avec consomption dorsale, hépatite et pneumonie, etc. Walther a vu se former, après un bien-être de douze ans, une carie à la joue et une excroissance polypeuse à la vessie chez un individu guéri d’un chancre par les corrosifs (2). Je connais quelques cas où des hommes qui avaient eu la syphilis, ont communiqué à leurs femmes, après avoir joui d’une santé parfaite pendant des années, une maladie qui se caractérisait par des érosions dans le vagin avec leucorrhée mordicante. Un d’entre eux a eu un fds qui, bientôt après sa naissance, fut attaqué d’ulcères plats , puants, au scrotum et sous les bras, et qui mourut d’atrophie. Le père resta bien portant, et ce ne fut que plusieurs années après qu’il eut de fréquens accès de strangurie. La mère fut guérie par le thuya et l’acide nitrique. Il est vraisemblable qu’une guérison imparfaite, une neutralisation du contagium syphilitique ou sycotique avait eu lieu dans ces cas. L’organisme propre semble pouvoir s’habituer peu à peu, avec le reste de la force physique générale , à l’irritation du principe morbide modifié, en sorte qu’il ne s’y fait aucune réaction sensible , quoiqu’il reste toujours capable de communiquer l’infection à d’autres personnes. C’est ainsi que des troupeaux de bœufs de la Podolie ,
(1) In Hufelands und Osanns Journal der Prakt. Heilkunde, i836. r cah.
(2) Ibid. 18 35. 5 cah.
PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE. 79
même parfaitement bien portans, répandent l’anthrax dans les pays étrangers où on les transporte, et qu’au tribunal d’Oxfordles prisonniers extraits des prisons remplirent la salle d’une odeur de pourriture qui provoqua chez tous les assistans une fièvre putride pernicieuse, bien qu’eux-mêmes fussent restés bien portans.