XVI
Si l’on a prouvé qu’un grand nombre de maladies chroniques naissent de la gale, de la syphilis ou de la sycose, et peuvent être considérées comme leurs suites, il ne s'ensuit pas que toutes les maladies chroniques aient la même origine. Les preuves que Hahnemann cite à l’appui de son hypothèse sont :
1° La généralité de la gale. On ne peut la nier, et depuis que j’y ai accordé plus d’attention, j’ai été étonné de découvrir qu’une très-grande partie du genre humain a été attaquée de cette maladie. Cependant on trouve un grand nombre de familles qui en ont toujours été préservées, surtout dans les rangs élevés de la société, où règne une plus grande propreté et où le contact avec d’autres personnes est moins fréquent. Cela n’empêche pas que ces familles soient atteintes de maladies chroniques, et si Hahnemann prétend que cela vient de ce que les malades ont été , il y a long-temps, en contact avec un galeux, sans remarquer les suites de l’infection, nous voyons de suite quel vaste champ on ouvre à l’imagination en prenant la vraisemblance pour base d’une hypothèse.
2o La ressemblance des symptômes qui se développent après la répercussion de la gale avec ceux de toutes les maladies chroniques. Il est certain qu’il n’y a presque pas une forme de maladie que l’on ne veuille avoir vue déjà comme une suite de la psore. En supposant qu’on n’ait pas mal vu et qu’on ne se soit pas trompé, ce n’en serait pas moins une faute de logique que de vouloir en conclure que toutes les maladies viennent de là. On aurait autant de raison de prétendre que , parce que l’indigo teint en bleu, toutes les couleurs bleues viennent de l’indigo. Mais de même qu’il est certain qu’il y a d’autres couleurs bleues, il est certain aussi qu’il y a un grand nombre d’autres causes premières