XVIII
La division des maladies en aiguës et chroniques n’est d’aucune utilité, ou d’une utilité très bornée dans la pratique ; car lors même que tout le monde s’accorderait (ce qui n’est pas le cas malheureusement), sur la notion de la fièvre , on est assez généralement d’avis que la fièvre n’est pas elle-même le but du traitement, parce que, comme dit Jaftn. (1), ce n’est pas la maladie, mais seulement son ombre, c’est-à-dire un trouble sympathique se manifestant par une réaction générale du système vasculaire, à la suite de quelque affection primitivement locale d’un organe. La question de savoir s’il y a une fièvre primitive essentielle, n’a pas encore été résolue, et elle ne le sera que lorsqu’on se sera entendu sur la notion de Localité. Un grand nombre de phénomènes semblent prouver que certaines propriétés du sang peuvent produire des réactions générales du système vasculaire, ou ce qu’on appelle une fièvre vasculaire pure (angioténique), et en finit que l’on est autorisé à considérer comme générales les maladies du sang, puisque ce dernier circule dans tout le corps, on peut admettre aussi des fièvres essentielles. Mais il reste encore à savoir si la modification de la masse du sang, lequel, à ce que nous supposons, se forme dans le système capillaire, provient d’un trouble généralde la métamorphose, ou ce qui est plus vraisemblable, de l’affection de quelque organe, affection dont nous ne possédons pas encore des signes évidens. Voilà pourquoi le traitement de toutes les fièvres soi-disantes essentielles est purement symptomatique.
Il n’a en vue que de modérer ou d’enlever la réaction contre quelque chose d’inconnu , tandis que dans tous les autres cas, il se dirige d’après le trouble fondamental d’où naît la fièvre. On dis-
(t) System der Physialrik. i vol. Eisenach. 1 835.
PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE
lingue donc des fièvres inflammatoires , des fièvres de suppuration, des fièvres gastriques, des fièvres hectiques, etc., et fou agit, quand on veut suivre un traitement rationnel, moins contre la fièvre que contre ses causes, dont la découverte est souvent la pierre de touche d’un bon diagnostic.