XXV
La cause des maladies étant de nature dynamique, nous' y trouverons plusieurs catégories. La plus rare est
(a) Une pauvreté générale et uniforme de la force vitale. Où elle existe, les symptômes trahissent moins une anormalité des sensations et des fonctions qu’une faiblesse générale de la vie, parce que la réceptivité et la faculté active sont à un trop bas degré pour développer une activité convenable. On dit d’un homme qui se trouve dans un pareil état : il n’est pas malade , il n’est que faible, comme, par exemple , dans le marasme sénile où même en l’absence de causes extérieures perturbatrices, l’être individuel se dissout , parce que la force , sa condition intérieure s’est consumée , et que la vie, comme une flamme qui s’éteint , s’affaiblit peu à peu et finit par disparaître. Un pareil état adynamique n’accompagne pas toujours, au reste, la vieillesse seule; c’est quelquefois un héritage légué par des parens faibles à leurs enfans, et souvent aussi la suite de la pauvreté et de la misère, d’une mauvaise nourriture, d’efforts excessifs , deoveilles. Cet état est maintes fois la suite de graves maladies dans lesquelles la force vitale s’est épuisée en violentes réactions, sans pouvoir réparer ses pertes. Quoiqu’un semblable épuisement général ne puisse être la source d’un désaccord entre les fonctions organiques, ni produire aucun symptôme d’une disharmonie proprement dite, on doit néanmoins le regarder comme une maladie en tant qu’il n’est pas seulement une condition intérieure d’opération vitale trop faible, mais qu’il contient en lui-même la cause d’un sentiment pénible d’impuissance et d’une dissolution précoce.
(b) Une disproportion dans la répartition de la force vitale entre les organes et les systèmes organiques , laquelle peut être également innée ou acquise. Cette disproportion est de différentes espèces.
L’inégalité de îa répartition de la force vitale est le plus sensi-
ble dans les organes isolés, il y a même peu de créatures chez lesquelles on ne l’observe pas à un degré plus ou moins élevé. L’excès de végétation a pour suite une hypertrophie ou une atrophie de certaines parties. La sécrétion de la bile , de la salive , du suc gastrique, de la semence, de la mucosité, est tantôt trop abondante, tantôt trop peu copieuse. Souvent une disproportion de la sensibilité se montre entre les systèmes cérébral , ganglionnaire et nerveux périphérique, ainsi qu’entre quelques sens. La femme hystérique peut tomber en syncope à la vue d'une goutte de sang, au bruit d’une porte qu’on ferme, à l’odeur d’un parfum. Des anomalies d’irritabilité produisent à leur tour les phénomènes les plus divers, tantôt des battemens de cœur, tantôt des intermissions et la cessation du pouls , d’autres fois des spasmes toniques et cloniques, etc. Il y a dans chaque maladie des anomalies du rapport dynamique, mais souvent passagères et disparaissant d’elles-mêmes. Cependant il n’est pas rare qu’elles soient constitutionnelles et habituelles, et pour cela même des causes tantôt graves tantôt incurables de maladies chroniques.