‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 52 sur 123 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Il arrive très souvent que les organes sécrétoires soient'les premiers attaqués ou qu’ils soient entraînés dans le cercle de la maladie à cause d’un rapport sympathique. Si la fonction en est troublée ou interrompue, une augmentation de l’activité de sécrétion doit avoir lieu nécessairement lors de la réaction , et cette augmentation doit se montrer réellement dans ses produits plus abondans. Ce phénomène a été la source de beaucoup d’erreurs. Car on a été enclin de tout temps à établir une liaison causale et idéale entre l’augmentation des sécrétions et le retour du malade à la santé, et à chercher dans cet accident la cause de la guérison , quoique ce ne soit la plupart du temps que des suites simultanées d’un changement dynamique. On ne peut nier qu’il s’opère souvent des sécrétions réelles de certaines substances introduites de l’extérieur dans l’organisme ou produites dans son intérieur par suite du trouble de l’activité reproductive et agissant à leur tour d’une manière funeste; d’innombrables observations ne laissent aucun doute à cet égard. Mais ce n’est pas toujours le cas, comme le prouvent les fréquens retours à la santé sans change* mentaucun ou sans augmentation des sécrétions, mais simplement accompagnés de phénomènes de perturbation du système nerveux, tels que de défaillances, d’attaques d’épilepsie, etc.

Dans les terminaisons des maladies, on ne doit pas considérer seulement la force vitale comme cause des différences ; car :

2° Les qualités des organes malades n’exercent pas sur elles une influence moins grande, que l’affection en soit primitive ou secondaire. Les plus nobles sont toujours les plus vulnérables , et ordinairement leurs maladies se décident le plus promptement. L’inflammation d’un poumon tuberculeux change facilement en suppuration, rarement en gangrène; l’inflammation du tissu cellulaire se change en bydropisie ; le phlegmon d’un muscle en résolution ou suppuration, et le calcul urinaire n’est jamais la suite de la chorée, mais fréquemment de la goutte, qui a aussi son siège dans les organes sécrétoires.

Il y a des terminaisons de maladies où une inflammation trèsviolente et accompagnée d’une forte tumeur , se transforme en

PHYSIOLOGIE ET PATHOLOGIE

atrophie, comme on l’observe quelquefois après une orchite; mais ce phénomène n’est pas le résultat de la tendance de l’organisme à produire un état contraire à la reproduction, c’est la suite de l’épuisement causé par l’irritation trop violente d’un organe naturellement très-irritable, et de la paralysie de la force vitale reproductive , d’où résultent la consomption et la mort de l’organe lui-même.

La cessation d’un grand nombre d’états morbides ne se manifeste pas d’une manière évidente comme opposition de l’état antérieur; elle paraît n’en être qu’une négation. La tranquillité succède aux douleurs et aux convulsions ; c’est donc un état négatif apparent. Cependant la réaction existe , quoiqu’on ne puisse la reconnaître objectivement ; car, à la place dü rapport dynamique intérieur qui causait la douleur ou les convulsions, il s’en est établi un autre; au lieu de la contraction, c’est l’expansion qui prévaut, ou réciproquement.

Ce que j’ai cru devoir dire sur cet objet, nous donne la conviction que Hahnemann, en regardant tes manifestations de là force curative de la nature comme de misérables et impuissans efforts , est tombé dans une erreur aussi grande que beaucoup d’autres médecins qui ne veulent voir dans tous les symptômes de la maladie que des manifestations d’une force curative spontanée de la nature.

DIAGNOSTIC ET THÉRAPEUTIQUE

Page 1