‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 55 sur 123 · XXX · texte numérisé non relu

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Pour re'soudre le problème souvent très-difficile d’une’diagnose sûre, il faut recourir à divers moyens, nommément à :

I o L’étiologie, doctrine des influences morbifiques . On conçoit sans peine que cette science repose tout entière sur l’empirisme. Mais à mesure que la culture de l’esprit s’est développée, on a senti l’insuffisance d’une classification historique d’observations répétées. On a voulu rechercher les rapports entre les causes et les effets, et élever l’étiologie au rang de science, d’où est résultée une fusion de V étiologie et de la pathogénésie ; cette dernière est donc une étiologie appliquée , et elle est unie tout aussi intimement à Y anamnèse , histoire purement empirique des influences nuisibles d’où naissent les maladies. Le médecin a besoin de l'anamnèse pour connaître les faits antérieurs et en apprécier la valeur avec le secours de l’étiologie ; l’une et l’autre sont donc les fondemens indispensables du diagnostic, la distinction exacte des formes de maladies donnée n’étant souvent possible que par la connaissance des influences nuisibles antérieures.

II y a, par exemple, des exanthèmes qu’on ne peut nullement distinguer de la véritable gale d’après leurs phénomènes extérieurs. Il y a des ulcères syphilitiques vrais ou faux qui se ressemblent extrêmement et dont nous n’apprenons à connaître la nature que quand nous découvrons s’ils proviennent ou non d’une infection. Un enfant se met tout-à-coup à boîter, et l’examen le plus attentif ne nous montre aucun symptôme d’un état morbide général. Mais si nous apprenons que sa bonne l’a laissé tomber , et qu’aussitôt après il a ressenti des douleurs dans la hanche, nous nous faisons une tout autre idée de la cause prochaine du mal que quand on nous dit que l’enfant s’est exposé à un courant d’air en ayant chaud. Deux individus sont plongés dans un état comateux : nous apprenons que l’un s’est empoisonné avec de l’opium et qu’une pierre est tombée sur la tête de l’autre. Nous sau-

DIAGNOSTIC ET THERAPEUTIQUE.

verons le premier avec un vomitif qui tuerait peut-être le second.

Il n’y a que peu d’influences nuisibles qui produisent dans les organismes du même genre des perturbations toujours analogues des fonctions vitales. On peut placer dans cette catégorie les virus contagieux et les poisons. On a donné diverses définitions de ceux-ci; mais pour qu’une définition leur soit parfaitement convenable, il faut qu’elle s’applique à la propriété de provoquer dans des organismes du même genre certaines fonctions vitales déterminées ? et qui soient moins modifiées par l’individualité que cela n’a lieu à la suite d’autres influences nuisibles. Les poisons se montrent plus opiniâtres dans leurs effets, tandis que l’organisme n’est pas affecté d’une manière aussi déterminée par d’autres puissances. On peut donc reconnaître un empoisonnement et même l’espèce de poison aux phénomènes de la réaclion plus facilement qu’il n’est possible de prouver le rapport causal entre d’autres puissances nuisibles et les accidens qu’elles provoquent.

Mais les recherches étiologiques prennent de nouveau de l’importance à nos yeux si nous nous sommes convaincus que des causes éloignées entretiennent souvent seules l’opiniâtreté de la cause prochaine, et que, pour opérer la guérison, il suffit de l’éloigner. Le peintre ne sera guéri des coliques qu’il ressent, que lorsqu’il renoncera à l’habitude de tenir son pinceau dans sa bouche, les couleurs de plomb l’empoisonnant ainsi sans cesse; et tant que l’étameur déglacés travaillera de son métier, on ne pourra le délivrer des souffrances que lui cause le mercure.

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