XXXVIII
Nous retirons de grands avantages :
5° De C historique de la marche de la maladie. Dans chaque cas isolé qui n’est pas bien caractérisé, nous devons interroger avec soin soit le malade lui-même , soit les personnes qui l’ont observé , sur les premiers signes de la maladie,, sur les soi-disants prodromes. Il semble d’abord qu’on ne puisse rien apprendre par là ; cependant une réponse amène une autre question, et finalement on arrive au but qu’on désirait atteindre. J’ai souvent remarqué que parmi les alentours du malade, ceux dont on devait le moins attendre d’éclaircissemens étaient précisément ceux qui avaient le mieux observé : la mauvaise humeur de son maître avant sa maladie, la flaxiditéde ses chairs, n’échapperont pas à son domestique ; personne ne remarque mieux que le barbier la mauvaise haleine, et en entendant son maître se plaindre de la fadeur des mets , la cuisinière en conclura qu’il a perdu l’appétit. Rien n’est plus utile que de rechercher la suite des symptômes, si l’on veut apprendre quel organe ou quel système a été attaqué le premier, et de quelle manière la maladie, partant d’un point, a pris de l’extension ou s’est communiquée au reste de l’organisme, d’après les lois de la sympathie. Il est souvent difficile d’arriver à un résultat satisfaisant, d’après les motifs exposés au § 00; mais c’est pour cela même que nous ne devons pas
DIAGNOSTIC ET THERAPEUTIQUE.
nous en tenir à un seul des moyens auxiliaires du diagnostic , mais les mettre tous en usage. L’histoire de la maladie entière , depuis son commencement et ses progrès graduels, est encore ce qui m’a fourni le plus de lumières sur la cause prochaine dans les cas les plus compliqués; et lors même qu’un anneau manque à la chaîne des symptômes , nos connaissances en physiologie peuvent nous rendre compte des écarts apparens de la marche de la maladie. Nous savons d’une manière certaine que la pauvreté en nerfs est la cause pour laquelle l’affection de certains organes ne se manifeste point ou ne se manifeste que très-tard, et que la grande sensibilité d’autres parties est le motif pour lequel leurs affections sympathiques, même légères, s’annoncent par des symptômes plus distincts.