‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 71 sur 123 · XLVI · texte numérisé non relu

XLVI

Un grand nombre de symptômes de maladies offrent un caractère d’incertitude tel que l’on doit être en doute s’ils sont engendrés par des altérations de la sensibilité, de l’irritabilité ou de la reproduction, la liaison de ces trois facteurs de la vie étant si intime que beaucoup de phénomènes doivent moins être attribués à une manifestation isolée qu'à une manifestation commune de la vie.

A cette catégorie appartiennent l’augmentation ou ; la diminution de la chaleur vitale de tout le corps ou de quelquesunes de ses parties, depuis la chaleur mordicunte jusqu’au froid glacial, la décomposition des traits du visage, le changement d’éclat des yeux , du teint et de la couleur d’autres parties , surtout des lèvres, de la langue, du palais et des gencives, la nature des différens enduits de la langue, dont on doit considérer aussi l’humidité ou la sécheresse, avec gerçures et crevasses, les modifications de la voix, delà faculté d’avaler, les altérations des fonctions sexuelles , chez les femmes principalement , sous le rapport de la menstruation , la première apparition ou la cessation des règles , les troubles très-divers qui l’accompagnent avec différens symptômes, et enfin tout ce qui est relatif à la grossesse, aux couches et à l'allaitement. Il serait superflu de parier d’une manière spéciale des diverses formes des maladies hémorrhoïdales. On doit accorder la plus grande attention aux éruptions cutanées, à leur forme extérieure, à leurs modifications dans certaines périodes, ainsi qu’à tous les phénomènes d’une affection générale ou locale, tels que prurit, cuissons, etc., qui s’y joignent. On peut en dire autant des excoriations, des vésicules, des nodosités, des aphthes et des croûtes dans la bouche et les narines, dans les oreilles, aux parties génitales, à l’anus, etc. Chez les enfans, les observations répétées, attentives, sont nécessaires pour découvrir leur maladie. On ne doit pas négliger la

DIAGNOSTIC ET THERAPEUTIQUE.

dentition, quoiqu’on général onj lui attribue une influence pathogénétique trop grande. Enfin on doit avoir égard aussi aux nombreux phénomènes qui se manifestent à l’âge de puberté, et surtout à l’influence de l’âge et du sexe.

On doit accorder une attention particulière aux différens rapports sous lesquels s’opèrent les changemens, aux exacerbations ou aux améliorations qui ont lieu aux différentes époques de la journée, quand l’estomac est vide ou quand on mange et qu’on boit, quand on se donne du mouvement ou qu’on reste en repos, au froid ou au chaud, au grand air ou dans la chambre, par un temps humide ou sec, dans le lit ou hors du lit, quand on est assis, debout, qu’on marche, qu’on va en voiture ou à cheval, ou qu’on est couché. Il faut aussi observer avec soin les changemens des symptômes morbides, 'surtout le type plus ou moins prononcé de la fièvre, ainsi que la disparition de certains symptômes lorsque d’autres se manifestent, par exemple l’alternation de la goutte et des douleurs hémorrhoïdales, de la diarrhée et de la migraine, du rhumatisme et de l’asthme, etc. Quand il existe en môme temps des symptômes de différentes affections morbides, il est nécessaire de s’assurer de la priorité des uns ou des autres, comme par exemple quand il y a à la fois céphalalgie et malaise , lesquels peuvent réciproquement de'pendre l’un de l’autre.

Page 1