‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 72 sur 123 · XLVI · texte numérisé non relu

XLVI

Ce n’est pas sans raison qu’on a mis beaucoup d’importance à rechercher quels symptômes morbides sont essentiels ou non es sentiels , il n’est pas aisé de les distinguer convenablement.

L’idée de symptômes essentiels est relative proprement au genre delà maladie, c’est-à-dire à un certain développement de la maladie qui, chez tous les individus, en conserve le caractère commun, et se manifeste par des symptômes analogues. C’est pour cela qu’on appelle aussi ces symptômes pathognomoniques .

Les symptômes non essentiels , au contraire , sont ceux qui, chez chaque individu , diffèrent selon sa disposition différente à des affections sympathiques, et qui par conséquent peuvent man-

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quer ou être tout différens. Ils sont produits par une complication purement accidentelle, sont absolument indépendans de la marche de la maladie, et deviennent essentiels à leur tour, relativement à la complication.

Si un individu est atteint à la fois d’une fièvre intermittente et d’une gale, les symptômes fébriles typiques sont seuls essentiels par rapport à la première de ces maladies, de môme que l’exanthème, avec son prurit insupportable , l’est par rapport à la gale. Les symptômes d’une complication qui ne mérite dans le traitement qu’une attention secondaire, pourraient recevoir le nom de symptômes accidentels. Les affections sympathiques ne sont pas accidentelles. Elles le sont relativement au caractère générique, dans le système nosologique, mais non relativement à l’individu, qui doit être soumis à un traitement médical, parce qu’un traitement convenable doit avoir égard aux individualités de toute espèce pour trouver les indications de guérison.

On ne peut arriver à une certitude complète que dans la mathesis pure, et non dans la médecine. L’acquérir autant que possible, telle doit être la tâche du praticien; et quand il amis en œuvre tous les moyens auxiliaires qui peuvent le conduire à cette certitude relative, il a fait son devoir. Je n’ai pas besoin de dire quelles connaissances préliminaires, quelles facultés intellectuelles , quelle exactitude scrupuleuse il lui faut pour cela. L’observateur léger, superficiel, restera un gâte-métier aussi certainement que celui à qui sa mémoire seule aura valu le bonnet de docteur, et avec lui le pouvoir d’écrire des ordonnances pour le bonheur ou le malheur de l’humanité souffrante.

La plupart des erreurs en diagnostic viennent de ce qu’on n’emploie qu’une partie des différens auxiliaires de cette science.

En examinant avec soin les rapports constitutionnels de l’individu à traiter, en recherchant les influences étiologiques, en suivant historiquement les développemens de la maladie, en prenant note de tous les symptômes, supposé que nous n’ayons rien négligé de ce qui pourrait nous en faire sentir l’importance , nous arriverons, dans la plupart des cas, à la connaissance de la cause prochaine, du véritable objet du traitement, et quand nous ne

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le pourrons pas , l’ensemble des symptômes nous fournira encore le moyen de résoudre le problème thérapeutique.

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