‹ Nouvel organe de la médecine spécifique ou exposition de l'état actuel de la méthode homéopathiqueChapitre 74 sur 123 · XL1X · texte numérisé non relu

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Le fondement delà thérapeutique est la Connaissance de V objet à quérir , et la connaissance duremède.

Nous sommes déjà entré, en parlant du diagnostic, dans tous

les détails nécessaires sur la première; nous arrivons donc de suite à la matière médicale , nom sous lequel on désigne tout ce qu’il nous est nécessaire de savoir sur les médicamens. Elle se divise en pharmacognosie, doctrine des propriétés physiques et des caractères extérieurs des corps médicamenteux, en pharmacie, doctrine de la préparation et de la composition des médicamens, en pharmaco- dynamique, doctrine des effets des médicamens sur l’organisme vivant, la branche de la pharmacologie la plus importante sans contredit pour les médecins.

Quand on veut opposer une force à une autre, il faut les connaître. Dans notre tendance au rationalisme, nous ne pouvions nous contenter de savoir quels phénomènes sont la suite ordinaire de l’administration de tel ou tel médicament; il fallait aussi s’enquérir des lois d’après lesquelles se manifestent ces phénomènes. De là un plus grand essor donné, d’un côté à l’étude de la physiologie , doctrine des forces de l’organisme vivant, et de l’autre à celle de la physique, afin de découvrir le rapport des puissances en lutte. Car, quelque soin qu’on ait pris pour déduire rigoureusement de la forme extérieure, de la cohésion chimique des substances, des propriétés physiques des corps naturels, leurs relations dynamiques avec l’organisme vivant, nous ne sommes pas arrivés à un résultat satisfaisant, et nous nous sommes aperçu depuis long-temps qu’il est impossible d’élever la pharmaco-dynamique au rang de science à priori.

Cependant elle doit être plus qu’un recueil inerte des faits observés, accumulés par la mémoire. L’esprit doit par ses combinaisons et ses réflexions, arriver à l’idée des différentes espèces d’effets que les médicamens exercent, tant sur la vie dans sa totalité que sur ses divers systèmes ou organes de l’organisme. On ne s’est pas contenté de prendre simplement note des effets cardinaux les plus remarquables des médicamens en tant qu’ils produisent des vomissemens, des effets purgatifs, sudorifiques, ischurétiques, etc. On distingue leurs effets sur des organes déterminés

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et l’espèce particulière de ces effets, par exemple, sur le cœur et les artères, où l’on reconnaît à l’augmentation ou à la diminution des battemens une élévation ou une diminution de l’irritabilité. Les phénomènes d’augmentation ou de diminution de la secrétion des matières séreuses ou muqueuses; de provocation ou de cessa» tion d’une hémorrhagie , de rétrécissement ou de dilatation des vaisseaux par l’administration de certaines substances, ont conduit à l’idée des vertus contractives et expansives. On distingue les effets sur les organes qui secrétent les humeurs, des moyens eucratiques (§17) qui améliorent les altérations de la secrétion et de composition; on en distingue d’autres qui augmentent ou diminuent surtout l’activité reproductive, et d’autres encore qui élèvent ou abaissent immédiatement et de préférence la sensibilité, et qui , par conséquent, guérissent ou provoquent tantôt un érétisme nerveux, tantôt une torpeur. On a étudié avec soin, au moyen de nombreuses expériences, les différences d’effets qui se manifestent après l’administration de doses fortes, moyennes et légères, et la manière dont ils se font sentir le plus distinctement tantôt dans un organe tantôt dans l’autre, selon la grandeur delà dose.

Un grand nombre de médicamens agissent immédiatement sur un certain organe et étendent de là leurs effets sur les autres dans une progression presque toujours égale, d’une manière si marquée qu’il est assez facile de déterminer les effets comme cons» tants. Mais souvent il est extraordinairement difficile de déterminer les changemens dynamiques qui causent les accidents. On a voulu le faire, mais ces tentatives n’ont jeté que trop souvent l’imagination dans le vague, et ont donné lieu à des explications dignes en tous points du roman. Loin de moi la pensée de vouloir déprécier les services des autres. Je m’abstiens donc à dessein de citer des exemples de pareilles rêveries ; on les trouvera d’ailleurs facilement, si l’on consulte nos meilleurs traités sur cet objet.

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