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La première règle générale de thérapeutique , c’est d’éloigner toutes les puissances morbifiques . Cette règleest reconnue par toutes les écoles et par les partisans de toutes les méthodes. La seule différence, c’est que, dans l’application, on l’étend ou on la restreint plus ou moins ; quant à la nécessité d’éloigner les influences nuisibles, aucune diversité d’opinion n’est possible. Beaucoup de maladies disparaissent d’elles-mêmes quand l’organisme possède assez de force vitale pour rétablir l’équilibre de ses fonctions. Énumérer toutes les puissances morbifiques, ce serait allonger inutilement notre travail ; nous en avons déjà indiqué quelques-unes (§§ XXIII, XXV), et il suffira de faire observer qu’une seule visite ne nous met pas en état de découvrir toutes les circonstances qui , tant qu’elles persistent, rendent la guérison impossible. On comprend toute l’importance qu’il y a pour le médecin d’être ami du malade, lequel hésite moins alors à lui confier la cause la plus secrète de ses chagrins. Quelquefois un mot de consolation, une marque d’intérêt, un bon conseil, une réconciliation qui termine des querelles domestiques funestes pour la santé, deviennent un véritable baume. Un peu d’argent, un peu de bois , quelques alimens ont souvent plus de prix pour le pauvre que toutes les pilules et toutes les drogues du monde. Il n’y a pas long-temps que j’ai traité un individu qui avait été arrêté par méprise et que le chagrin avait privé de sa raison. Je n’aurais certainement pas réussi à le guérir, si je n’avais obtenu du juge d’instruction et d’autres personnes qui lui voulaient beaucoup de bien qu’ils lui parlassent avec bienveillance et qu’ils
essayassent de le tranquilliser par quelques marques d’intérêt. Dans d’autres cas, l’abandon d’une demeure malsaine, le changement de chambre à coucher, sont des conditions du rétablissement de la santé; quelquefois il faut renoncer à des vêtemens incommodes, cesser, par exemple, de porter un corset ou quitter une habitude mauvaise, telle que celle de manger trop vite, d’avaler les alimens brûlans, de se tenir ployé en étant assis., de se baigner en temps inopportun, de trop fumer ou de trop priser, de chiquer surtout, comme le font principalement les gens du commun et les anciens militaires. Frœnzel (l) a observé une céphalalgie opiniâtre qui disparut après qu’on eut extrait un noyau de cerise de l’oreille du malade. Il n’y a pas long-temps que j’ai délivré un jeune garçon de quatorze ans de fréquens et violens accès de céphalalgie, en lui défendant de se laver la tête avec de l’eau froide aussitôt après son lever, comme il en avait l’habitude, et en lui prescrivant de ne le faire qu’un quart d’heure plus tard. J’ai traité, il y a quelques années , un paysan de ces environs qui avait chaque matin des haut-le-corps et des vomissemens, et toujours un très-mauvais goût dans la bouche; ce n’était pas un buveur, mais un fumeur déterminé. Après lui avoir fait prendre pendant plusieurs semaines, sans aucun résultat, toutes sortes de remèdes, je découvris enfin qu’il se servait d’une pipe de bois à tuyau très-court, dont la tête était garnie de cuivre; je lui fis jeter cette pipe pénétrée d’oxide de cuivre, et dont l’odeur était insupportable, et je lui en fis prendre une en porcelaine munie d’un long tuyau ; huit jours après il était guéri. Bien des dames qui se plaignent de rhumatismes, ne peuvent en être délivrées par cela seul qu’elles ne veulent pas cesser de s’asseoir près de la fenêtre à travers les fentes de laquelle passe un léger courant d’air. Je pourrais citer bien d’autres observations semblables, mais ce que j’ai dit suffit pour attirer l’attention sur la nécessité de pareilles recherches.