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Les puissances morbifiques internes doivent être éloignées (i) Med. Zeilung. Berlin, ï S 35, u°24.
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également. Nous entendons parla toutes les substances nuisibles à la santé qui se trouvent dans le corps, peu importe qu’elles y aient pénétré de l’extérieur ou qu’elles s’y soient formées. Le fondateur de la méthode spécifique a reconnu la nécessité d’expulser aussi promptement que possible par un vomitif les poisons avalés; mais il n’admet pas celte nécessité dans les cas d’indigestion, parce que la nature cherche, dans ce cas, à se soulager elle-même, et qu’elle rejette les substances nuisibles par des vomissemens volontaires. Si les envies de vomir ne sont pas assez fortes, on peut chatouiller le gosier avec une plume, afin de provoquer le vomissement, et faire boire du café pour chasser vers le bas ce qui reste dans l’estomac ; mais il faut ordinairement attribuer à un désaccord dynamique l’indigestion même qui résulte d’une surcharge de l’estomac, et alors la plus faible dose d’un médicament spécifique, delà pulsatille, par exemple, suffit pour guérir en peu d’heures.
Cela est vrai en grande partie. C’est un bonheur pour nous d’avoir appris à connaître des médicamens qui, dans la plupart des cas d’indigestions très-graves même, accompagnées de nombreux symptômes d’une turgescence vers le haut, avec langue fortement chargée, mauvaise odeur par la bouche, éructations dégoûtantes, malaise pénible et haut-le-corps sans résultat, enlèvent en peu de temps tous ces accidens comme par enchantement, et cela par le seul motif qu’ils excitent d’une manière spécifique la force vitale de l’estomac, et accélèrent la marche de la digestion troublée. J’ai fait trop d’expériences de cette nature pour ne pas ressentir un juste mécontentement de l’impudence avec laquelle certains adversaires de la méthode spéficique proclament erreur et mensonge tout ce qui a été dit en sa faveur, Souvent, après la guérison d’une indigestion opérée en très-peu de temps par des médicamens spécifiques, on m’a demandé où avaient passé les substances nuisibles qui semblaient jouer un rôle si important quelques instans auparavant, et dont on n’apercevait plus aucune trace. Il est vrai aussi que le café se montre très-efficace quand la digestion est paresseuse et les selles supprimées; seulement il n’agit pas homéopathiquement, mais uniquement d’après l’ancienne maxime : cun -
traria contrariis. C’est là un fait que je signale à ceux qui, avec une servilité peu louable, manifestent un zèle passionné contre tout traitement antipathique.
La recommandation de chatouiller le gosier avec une plume, quand les envies de vomir ne sont pas assez fortes, trouvera peu d’approbateurs. Pour mon compte, je la rejette entièrement, parce que j’ai appris par expérience que de pareilles irritations mécaniques sont trop violentes, et que jelesai vues provoquer souvent des vomissemens de mucosités sanguinolentes. L’irritation de l’estomac est propagée vers le bas par les nerfs oesophagiens , et perd en route une partie de sa force', voilà pourquoi de violens mouvemens anti-péristaltiques de l’œsophage ne déterminent souvent aucun vomissement. Pourquoi différer alors à adminislier un vomitif qui agira d’une manière certaine? Je n’en vois pas la cause. Si nous avons mangé de quelque mets qui nous répugnait, ou pris quelque aliment que nous ne pouvons digérer, ce qu’il y a assurément de mieux à faire, c’est de nous en débarrasser le plus tôt possible : il suflit souvent pour cela de boire quelques verres d’eau chaude où l’on a mis un peu de beurre frais; si ce moyen n’agit pas, quelques doses d’ipécacuanha, à des intervalles de dix à quinze minutes, et plusieurs verres d’eau chaude, seront plus efficaces; le dérangement qui reste dans l’estomac cédera immanquablement à un peu de café noir pris quelques heures après. J’ai parlé ailleurs d’un cas où un paysan fut délivré d’une cardialgie opiniâtre par un vomitif qui expulsa un morceau de couenne de lard visqueuse qui séjournait dans son estomac depuis long-temps. Si l’on me demande si une telle cure est homéopathique, je répondrai que non ; cependant elle n’est pas non plus en contradiction avec la méthode spécifique ou avec tout autre, car elle a pour fondement ce principe généralement admis : toile causant. Mais si nous y restons fidèles, nous nous garderons de tomber dans la tentation d’abuser des vomitifs , et de les administrer quand les crudités ne sont que la suite d’une force digestive affaiblie. Dans ce cas , ils ne seraient d’aucun secours ; car alors meme que le malade rend des matières visqueuses, le soulagement n’est que de peu de
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durée, parce que les crudités recommencent à se former immédiatement après. On ne guérira pas non plus un coryza en se mouchant ni un catharreen crachant, il faut pour cela diminuer la sécrétion excessive de mucosités. De même aussi , la lièvre muqueuse ne cédera jamais à des vomitifs; il faudra faire disparaître le désaccord de la vitalité affectée des membranes muqueuses.
Doit - on débarrasser l’estomac d’une surabondance de bile ? - — Sans doute ; mais non par un vomitif. Je renverrai à ce qu’ont dit Domling (1), Van Hoven (2) et surtout Reil (5), pour combattre l’opinion qu’un épanchement bilieux est une cause de la fièvre. On a considéré le vomissement d’une bile aigre, âcre, excessivement corrosive, et l’on en a conclu la nécessité d’évacuations artificielles pour délivrer l’estomac d’un fardeau qui le détériore chimiquement , pour en prévenir l’absorption dans le canal intestinal et pour garantir les humeurs d’une corruption générale. Mais il ne faut chercher que dans une activité anormale de la sécrétion du foie la cause d’une qualité vicieuse de la bile, et tant que cette activité ne sera pas redevenue normale, la source du mal ne sera pas tarie. D’ailleurs la vitalité de l’estomac est le meilleur préservatif contre l’action chimique du produit de la maladie. Ce produit, sera neutralisé surle-champ d’une manière vraiment étonnante, dès que la sécrétion aura été améliorée, et les effets de la matière âcre ne sont nullement à craindre, puisque la nature elle-même s’efforce de l’expulser par le bas. Reil convient d’avoir guéri sans vomitifs un grand nombre de maladies contre lesquelles il avait coutume d’en administrer. Le succès, dans ce cas, dépend uniquement de l’éloignement de l’anormalité dynamique. C’est le seul moyen d’exciter l’estomac à se débarrasser lui-même de son pénible fardeau.
(1) Disserlalio , Sistens morborum gastricorum auctorum patliologiam. Wurzburg5i 797.
(2) Versuch liber das Wechselfieber. Wmterllmr , 1789. iro part., p. 148 et suiv.
(3) Fieberlehre, 3 vol,, § 17 5.