‹ Nouvelle anatomie artistique du corps humainChapitre 12 sur 81 · ÉGYPTIENNE · texte numérisé non relu

ÉGYPTIENNE

{ ^îiisée d (zrcJiéoloQïù de Genève ~ )

(D'après Naviu.e, Recueil des travaux relatifs à la philologie et à l archéologie égyptienne et assy- TienuCf publié par iMaspéro, 21 ^ année, 1899, p 212 )

LE NU DANS L’ART

L’art égyptien s’exerçait déjà à reproduire des déformations dont il dotera plusieurs de ses dieux, tels que le Ptah embryon et surtout le giotesque Bès et sa famille.

En outre des statuettes et figurines dont il vient d’être question, il existe de cette époque primitive plusieurs statues fort curieuses et qui sont vraiment les ancêtres de celles que l’Ancien Empire va nous montrer.

Nous avons déjà cité plus haut, à cause de son aspect géométrique, la statue n“ 1 du Caire.

Cette statue (fig. 4), en granit noir tacheté de rouge, de petite dimension, a toujours été considérée, rien que par la laçon dont elle est traitée, comme une œuvre de la plus haute antiquité. La découverte à Abydos de noms de bannières royales qui se retrouvent gravées sur l’épaule de cette statue, la font remonter à la I" dynastie ou au commencement de la seconde, époque que l’on assigne aux rois de Négadah et d’Abydos. Elle prend donc de ce fait une grande importance et mérite que nous nous y arrêtions un instant.

La tête portée en avant tout en restant droite, le personnage est représenté à genoux, le derrière sur les talons, les deux mains ouvertes appliquées sur les cuisses. Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’aspect géométrique de toute la figure déjà signalé (p. H) et sur lequel je ne reviendrai pas.

Sur ce coiqis taillé comme à la serpe, la tête trop grosse, portée en avant mais non pendante, se distingue par une exécution bien supérieure, comme il arrive d’ailleurs dans la généralité des œuvres égyptiennes. Bien qu’encore un peu aplatie, la face est bien modelée et la tête, dans son ensemble, est correctement arrondie. Les pomme'tes ne sont point trop saillantes et les joues tournent assez bien. Le front un peu fuyant, le nez droit et saillant, les lèvres assez fortes et le menton qui rentre légèrement léalisent un type qui se rapproche de celui des premières œuvres citées plus haut. Enfin, l’expression de soumission et de crainte de toute la physionomie a un accent individuel qui s’accorde bien avec 1 attitude générale.

La plupart des statues de cette époque, comme on en voit à Turin, à

Fig. 24. — Figurines d’ivoire.

(Égypte primitive.)

A. (D'apl■è.^ Quibell, HiérakonpoliSyl. PI. XI.)

B. (D’après Navii.i.e, col- Jection MacGrégor. iJecueiî des travaux relatifs à la philologie et à l'archéologie égyptienne et assyrienne, année 1900, p. 65.)

PÉRIODE^ PRIMITIVE

Lejde, à Bruxelles, à Paris dans la salle du Mastaba (fig. 25), sont lourdes et trapues, avec une grosse tête, le cou épais €t court, la tète enfoncée dans les épaules, le corps massif et traité sommairement, traits qui les apparentent aveclastatue n°l du Caire, dont nous venons de parler. Elles sont ou enveloppées de vêtements ou grossièrement taillées et ne sauraient nous occuper plus longtemps.

Un en est pas de même des statues trouvées à Hiérakonpolis et à El-Kab par M. Quibel. Elles appartiennent à la même époque que les tombeaux d’Abjdos (Amelineau) ou de Négadah (de Morgan).

C’est d’abord les deux statues assises de Kha-Sekkem, aujourd’hui au musée du Caire. L’une, en calcaire, est réduite en morceaux. La

tète est conservée à peu près intacte (fig. 26 et 27), ainsi que la partie inférieure du corps avec le siège. L’autre, en schiste, est entière et n’a perdu que la moitié droite de la tête (fig. 28).

11 en reste assez toutefois pour constater, en la comparant à la tête de la statue de calcaire, que c’est bien le même personnage et que les traits ont un caractère individuel très prononcé. Cette tête est traitée avec une réelle habileté; l’œil gros et à fleur de tète, grand ouvert, avec les deux paupières bien placées, est fort bien enchâssé dans l’orbite; la joue, bien modelée, laisse voir la saillie des pommettes, sans exagération. Elle tourne admirablement. Elle est séparée de la bouche par un sillon naso-labial bien observé.

Fig. 2.5. — A. 38. Statue d’un FONCTIONNAIIIE DE LA Ilin DYNASTIE.

(Louvre, salle du Mastaba.)

Fig. 26. — Tête de

LA STATUE BRISÉE DE Kha-SekKEM (calcaire).

(Égypte primitive.) (D'après J. E. Qui- BELL, Hiérakonpolis, I PI. XXXIX.)

Fig. 27. — Tête de la STATUE BRISÉE DE Kha-

Sekkem (calcaire).

(Eg pte primitive.) (D'après .1. E. Quibell. Hierakonpolis, 1. PI. XXXIX.)

LE NU DANS L’ART

Les lèvres fortes sont bien ourlées et le menton est rentrant. Le front fuit légèrement. L’oreille, par sa place trop haute, inaugure une tradition dont nous retrouverons plus tard de nombreux exemples. Ce n’est qu’à la fin de la période archaïque que l’on pourrait trouver dans l’art grec une tête susceptible de lui être comparée.

L’ensemble de la figure est de bonnes proportions ; malheur,eusement, la robe dont elle s’enveloppe nous en cache le nu. On observe toutefois le poing carré avec les doigts finement taillés et le pied avec les orteils plats et parallèles.

Mais l’autre souverain découvert par M. Quibel à El-Kab, et qui porte le nom de Nefer-Shem-Em, nous montre un bras nu et les deux jambes (fig. 29).

Bien que plus lourde et plus grossièrement traitée, elle fait Toir une anatomie qui, étant donnée sa baute antiquité, nous semble présenter le plus haut intérêt, car on y voit indiqués fort nettement les grands caractères qui constitueront le nu égyptien.

On y reconnaît le modelé du deltoïde avec ses diverses portions, la saillie correcte du long supinateur et celle des extenseurs de 1 avant-bras. Mais c est surtout aux jambes que les détails anatomiques, nettement indiqués, prendront toute leur valeur quand nous aurons étudié l’art de l’Ancien Empire.

C’est, en eflet, en dehors, le plan des péroniers et, en dedans, les plateaux

Fig. 28. — Grande

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