ÉPOUX ANONYMES
' (Style de la F' dynastie A. 44. Musée du Louvre,
salle du mastaba.)
servir de modèles. Entre autres, la statue en bois de Tépémankh (flg. 57) est particulièrement démonstrative à cet égard par la largeur exagérée des épaules correspondant à une étroitesse marquée des hanches, le torse étranglé à la taille, la région pectorale bien développée, la région sousmammaire étroite, l’angle xypho’idien fermé, le flanc diminué de hauteur et de volume et la région hypogastrique réduite.
ANCIEN EMPIRE
Les mêmes traits se retrouvent sur les statues en calcaire de Ti (fig. 58) et de Ranefir (fig 59), etc.
Les membres supérieurs de ïi sont fort habilement modelés et si, comme
Fig. 57. — Statue e.v bois DE Tépema.nkh.
{Musée du Caire, 11“ 95.)
Fig. 58. — Statue en calcaire DE Ti.
(V« dynastie. Musée du Caire, n“ 77.)
(Phût. E. Brugsch-Pacha.)
d’ordinaire, la saignée est vue trop de face, la saillie des muscles externes suit la rotation de l’avant-bras et se termine au bord radial du poignet, placé en avant dans l’attitude de demi-pronalion. La musculature des jambes est puissante et, de même que sur Ranefir, montre les caractéris-
LE NU DANS L’ART
tiques déjà relevées, en particulier le bord interne du soléaire, remontant jusque sous l’extrémité supérieure du tibia.
Un bel exemple de personnage gras, autre que celui de Ramké, étudié
Fig. 59.— Statue en calcaire, pack et profil, de Ranefir. (!’« dynastie. Musée du Caire, n® 17.)
(Phot. E. Brugsch-Pacha.)
plus haut et dans la position assise cette fois, c’est la statue de Pehournowri du musée du Louvre (fig. 60). « Modelé exact, faire habile et délicat, .expression franche et heureuse, belles proportions », dit M. Maspéro à son sujet.
ANCIEN EMPIRE
Pehournowri est assis sur un siège cubique dans l’attitude ordinaire. 11 est sculpté suivant la formule que nous connaissons, fort habilement interprétée aux membres inférieurs, un peu brutale aux membres supérieurs et heureusement modifiée au tronc en raison de l’embonpoint du sujet. Le cou, plus dégagé que celui du Sheih-el-Beled, dessine les reliefs des sterno-
Fig, 60. — Pehournowri. dynastie. Musée du Louvre, salle du mastaba.)
mastoïdiens. Les clavicules, d’un dessin si excellent chez celui-ci, sont ici d un modelé grêle et incorrect. Mais tout le devant du torse est habile et bien près de la réalité. La poitrine, bien développée, porte deux seins volumineux, lourds de graisse, reliés en bas par un repli cutané que souligne un sillon transversal et ondulé. Un gros bourrelet traverse horizontalement l’épi-
Fig. 61. — Croquis d’après Pehournowri.
■gastre, refoulé par la saillie abdominale augmentée par la station assise (fig. 61).
Ces détails, habilement rendus, classent Pehournowri dans les très bonnes œuvres de l’Ancien Empire. Il n’est pas bien loin du scribe accroupi, rangé sans conteste parmi les chefs-d’œuvre (fig. 62).
« Les jambes repliées sous lui, dit M. Maspéro, et posées à plat dans «Tie des positions familières aux Orientaux, mais presque impossible à
LE NU DANS L'ART
1 U o+^ -qrnU Pt bien d’aplomb sur les hanches, garder pour un Européen, le buste d fp.nllp de
Ltête levée la main armée du calame.el déjà en place sur la eu, lie de papyrus étalée, il attend encore, à six mille ans de distance, que le ma.tre
veuille bien reprendre intensité de
vie'^de"”' vtare'donrtous les traits tendus expriment l’attention, il se diate de cett: statue une impression saisissante qu. «xe a jamats son image dans l’esprit de celui qui l a contemplée une tes.
Fj, 62. - SCUBE BOVAL (DIT LE SCBIBE ACCBOüPl).
Trouvé par MarieUe au cours des fouilles du Serapeum.
(F*- Oit tTr dynastie. Musee du, Louvre.)
(Phot. Giraudon.)
Au point de vue morphologique, elle a de grandes qualités, à côté de quelques erreur.
Comme la lele de Bamke, ce énergique,
différent, est un morceau p l’ai-tifice connu déjà employé sur
tes yeux bien ouverts, -dus p us^ v.ft par • a.unc^onn^ te,
refml^c^r sté:! dories f.nes UaÊ
ANCIEN EM l' IRE
Les oreilles sont bien détachées, un peu lourdes, d'un dessin moins serré.
Le cou, plutôt grêle, montre le relief médian du larjnx et les saillies latérales et obliques des sterno-mastoïdiens.
Les épaules sont également peu cbarnues. La ligne courbe du trapèze, si bien accusée chez Kamké, est ici presque droite. La clavicule se dessine sous la peau, comme chez les gens maigres, mais sa forme générale et son modelé laissent à désirer. En arrière, l’omoplate montre la saillie transversale de son épine. Et ce n'est qu’au-dessous des épaules que la graisse envahit le tronc dont les hanches épaissies, les seins volumineux et l’abdomen proéminent sont rendus avec beaucoup de vérité. Comme sur Pehournowri, le creux épigastrique est masqué par un bourrelet graisseux transversal bien observé. L’ombilic est profond, large et bien modelé, abrupte par en bas et se fondant en haut avec les parties voisines. En arriére, le pli du flanc s’accuse franchement.
Les bras, corrects dans l’ensemble, n’ont pas la valeur du torse. Ils sont arrondis et sans accent. La saillie de l’épaule en avant est reportée trop en dehors et le pli de la saignée trop rigide vient buter en dehors contre le relief exagéré du long supinateur qui donne naissance à une sorte d’arête rendant presque cubique l’avant-bras dans son tiers supérieur.
La main droite, bien que les doigts en soient un peu longs, est d’un dessin assez habile qui mérite d’autant plus d’être noté que les extrémités sont rarement bien traitées dans la sculpture égyptienne. Le calame est tenu entre le pouce et l’index fléchi, pendant que les autres doigts, presque étendus, s’appuient en se tassant contre le papyrus. Le dos de la main, légèrement arrondi, atteint presque à la vérité.
Mais c est surtout au modelé des genoux que le sculpteur semble avoir donné tous ses soins. On sent la rotule enclavée bien à sa place entre les deux puissantes extrémités osseuses qui forment le squelette du genou, plateaux du tibia et tubérosités fémorales. Tout au plus peut-on faire remarquer que le pli du jarret est accentué trop brutalement sur le genou gauche. Quant aux pieds, en partie masqués, ils ont été manifestement négligés.
Les points faibles de cette œuvre sont peu nombreux, mais nous paraissent pleins d’enseignements. L’attache du bras à l’épaule, trop en dehors, qui donne à la clavicule une longueur exagérée, le dessin de cette clavicule trop grêle, trop uniforme, pas assez courbée, la fosse sus-claviculaire remplacée par une saillie d’autant moins en situation que le cou et les épaules
LE NU DANS L’ART
sont dépourvus de graisse, le pli de la saignée droit et régulier, le long supinateur maladroitement accentué, tels sont les traits qui, sans amo dl le mérite de l’œuvre, la rattachent à un style, trahissent la formule
dont l’artiste égyptien n’a pu se délivrer
Il existe au musée du Louvre une tête de scrihe (fig. 63) traitée avec t
d' "aWeté e. de feemelé qu’on l'a ceue longtemps, en l’absence d’.nd.eat.on
Fig. 63. — Buste en pierre calcaire.
(Ancien Empire. Musée du Louvre.) (Phot. Giraudon.)
dispensera de les décrire en detail.
ANCIEN EMPIRE^ V
A toutes les époques, les Egyptiens sont ^^^ès maîtres dans l’art du portrait. « On a pu concevoir, dit Maspero, le ^trait différemment à d’autres époques et chez d autres peuples, on ne ra |amais mieux traité (1). »
Et, en effet, la tête a toujours attiré l’attelition des artistes d’une manière toute particulière, et 1 on constate dans toutes les œuvres une grande différence entre la tête d’un côté et le corps de l’autre, celle-ci étant toujours,
Fig. 64. — Statue ex calcaire
SCRIliE DE LA V^ DYNASTIE.
(Sakkarah. Musée du Caire.)
D UN Fig. 65. — Tête de la statue di