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EN GRÉS QUARTZITE

(University Cnlleye. Londres.

XVIll^ dynastie.)

(D’après Capabt, Recueil de monuments égyptiens. PI. LXXVI,)

est un exemple de développement précoce du bassin et des cuisses.

Une petite statuette en bois du musée du Louvre reproduit le modelé des reins jusque dans le détail des fossettes lombaires latérales très exactes (fig. 131).

DEUXIÈME EMPIRE THEba.IN H9

Je rappelle ici le petit torse en grès quartzite, décrit par M. Capart (4), d’un rare degré de perfection et où le pli demi-circulaire de l’abdomen, détail de fine morphologie féminine, est très heureusement indiqué (fig. 132).

Fig. 133 — Boîte parfUiM en forme de nageuse. tXMlh dynastie. Musée du Louvre.)

(Phot. A. Giraudon.)

Enfin, sur nombre d’autres statuettes, on peut relever la longueur ou la brièveté des membres inférieurs, les genoux portés en dedans (fig. 126), la

massivité de la moitié inférieure du corps opposée à la gracilité du haut du torse, le développement marqué du profil externe de la cuisse (fig. 133 et 134), conséquence obligée de la localisation graisseuse sous-trochanté-

Fig. 134. — La même boîte a parfum, photographiée du dessus

POUR BIEN MONTRER LA FORME DU BASSI.N ET DES CUISSES. (Musée du Louvre.)

(1) Capart, Recueil de monuments égyptiens, PI. LXXVI.

LE NU DANS L’ART

Tienne, dont l’indépendance s’observe chez certaines femmes, etc. Toute la morphologie féminine est là dans sa grâce et dans sa variété, et, fait curieux à signaler, les défectuosités n’j ont pas place ; nous n’y voyons pas, par exemple, cette forme disgracieuse souvent rencontrée dans la nature et caractérisée par l’écartement des genoux.

Fig. 135. — Cuillers a fard.

( üi'ux éme époque thébaine. Musée du Louvre.) (Phot. A. Giraudon.)

1/application de l’art aux objets de toilette donna naissance à toute une série d’objets ingénieux et fort gracieux où la forme féminine tient une place importante et dont le misée du Louvre possède de nombreux spécimens (fig. 135 et 136).

Bas-reliefs. — Lp Nouvel Empire se signale par l’étendue vraiment extraordinaire de son œuvre scui|itée en tia-i-reliets. Elle égale en surface son

DEUXIEME EMIMRI': TilEBAIN

œuvre arcliitecturale. Tous les édifices qu'il a construits, les plus grands comme ceux de dimensions moindres, ont le champ de leurs murailles, non seulement à l'intérieur, mais souvent aussi à l’extérieur, couvert de tableaux dont les sujets varient avec le lieu. Peu ou point de parvis sans décoration. Décorés les temples gigantesques dont les murs brillent sous la chaude lumière du soleil d’Orient: décorées les immenses salles soiiter-

Fig. 136. — Objets de toilette.

(XVIII‘ dynastie. Musée du Louvre.) (Phot. A. Giraudon.)

raines des spéos; décorés les temples funéraires des pharaons divinisés; décorés leurs hypogées; décorés les tombeaux des particuliers.

De Tavis général, les meilleurs de ces bas-reliefs sont ceux de l’époque de Séti I", au temple d’Abydos ou au tombeau de ce souverain. Mais il est certains tableaux de l’époque des Ramessides qui ne leur en cèdent guère. Ils se distinguent par un relief peu accentué, par une grande finesse et une grande pureté de contours. Les détails anatomiques sont négligés; à peine quelques indications au niveau de la rotule et des malléoles. La figure hu-

LE NU U AN S L’AKT

maine est souvent dune rare distinction. Certaines ligures de pharaons, par le geste et la pureté du dessin, touchent aux plus hauts sommets qu’il dit été donné à l’art égyptien d’atteindre. Telle figure de reine ou de courtisane est un chef-d’œuvre de grâce et de charme.

Mais c’est sur place, dans le temple même où elles ont été sculptées et non dans les salles mortes d’un musée, qu il faut voir ces magnifiques productions.

« Assis sur la base ronde des colonnes, dit Ch. Blanc dans son Voyage dans la Haute-Égypte (1), nous regardions les plus parfaites, les plus nobles des sculptures qui aient jamais été ciselées en bas-reliets. Le pharaon Séti était présent dans son temple. Sa belle tête héroïque et humaine, douce et fière, se détachait de la paroi et semblait nous regarder avec un commencement de sourire. Un rayon de soleil venait d’entrer dans le temple et, glissant sur des figures d’une saillie infiniment discrète, leur prêtait un relief saisissant et une animation qui les faisaient sortir de la muraille. Une procession de jeunes filles qui, dans le nu de leurs formes élégantes, étaient voilées de chasteté, s’avançaient vers le héros avec toute la grâce que comporte le respect. Elles étaient si aimables et si pures qu on n osait les approcher. Leur beauté nous attirait en même temps que leur dignité nous tenait à distance. La scène était vivante, et pourtant la pierre n’était qu’effleurée par le ciseau et frisée par la lumière; mais la délicatesse des sculptures était unie à une telle résolution de dessin, à une telle puissance de sentiments que, dans ces jeunes filles symbolisant les provinces de l’Égypte, on sentait vivre l’idée et palpiter le symbole. »

On ne s’étonnera pas du rôle joué ici par le rayon de soleil survenu à propos, car pour bien juger d’une sculpture et surtout d’un bas-relief, il faut la complicité de la lumière. C’est dans des circonstances analogues et sous l’empire d’une semblable fascination que Maspero, au Memnomium d’Abydos, devant le bas-relief qui représente Séti I" et les trois déesses, écrit : « Il faut avoir vu, vers dix heures du matin, par un beau jour de février le Pharaon et les trois déesses, ses compagnes, pour comprendre jusqu’à quel Poirit l’art égyptien, si morne en apparence, peut s’animer de vie et de tendresse exquise (2). »

(1) rage

(2) Égypte, dans la collection Hachette. Ars una, p. 19.3,

DEUXIÈME EMPIRE THÉBAIN

Les proportions des figures sont plus élancées et les membres inférieurs

(Sebàa. XIX^ dynastie.)

(D’après Lepsius, Denkmaler, vo i . III.

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