DU SCHÉMA DU TORSE ÉGYPTIEN
LES FORMES
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l’ébauche, devait former le plan antérieur de la poitrine et le plan supérieur de l’épaule. En effet, elle est mince et uniforme, n affectant qu une seule courbure très atténuée, à convexité antérieure et directement étendue du creux sus-sternal au-dessus de l’épaule.
Le tronc, dans son ensemble, est très généralement aplati, large aux épaules, étranglé à la taille, étroit au niveau du bassin. Son dessin est trés^ simple (fig. 180).
Les pectoraux, en raison de leur largeur, paraissent courts, mais, le j>lus souvent, ils ne le sont pas (1). Leur relief est puissant et présente, comme il convient, son maximum en bas et en dehors. La surface en est uniforme. Le sillon médian qui correspond au sternum est large et régulier, marqué quelquefois d’une légère saillie transversale qui correspond à l’angle sternal. Limitée supérieurement par la saillie claviculaire déjà notée, la région pectorale se confond souvent en dehors avec l’épaule. Sur les meilleures œuvres, cependant, le relief de l’épaule en avant est parfaitement accentué et une vallée plus ou moins large, qui correspond au sillon pectoro-deltoïdien, le sépare du grand pectoral. La limiteinférieure de ce muscle est d’une grande vérité. Elle est formée de deux parties qui s'unissent sous un angle plus ou moins oIRus, en dedans le sillon sous-mammaire qui descend en bas et en dehors, en dehors le bord antérieur de l’aisselle qui remonte vers l’humérus (2). Cette disposition anatomique a souvent été exagérée par les artistes égyptiens qui, surtout sur les bas-reliefs, font remonter l’aisselle beaucoup trop haut.
Au-dessous des pectoraux, le torse se rétrécit rapidement pour s étrangler à la taille, un peu avant d’atteindre le niveau de l’ombilic, 'loute la région sous-mammaire est sacrifiée dans l’art égyptien, et la cage thoracique, qui devrait descendre jusqu’à quelques travers de doigts du bassin, ne saurait se mouvoir à l’aise dans ce torse rétréci. C’est évidemment l’exagération du type normal que les artistes avaient sous les yeux et qui a été défini plus haut comme grand et élancé, avec les épaules larges et le bassin étroit.
La région abdominale peut être ainsi décrite. Le sillon médian est large
(1) La proportion qui, du menton au bas du pectoral, donne la hauteur de la tête, est le plus souvent applicable aux statues égyptiennes.
(2) Vovez la description que j’en ai donnée {Anatomie arlistiqrie, p. 173) pour le sillon sous-mammaire et p. 172 pour le bord antérieur do 1 aisselle.
LK NU DANS L’ART
et peu profond. Il se creuse au-dessus de l’ombilic, où il se termine. Les reliefs, assez effacés, sont au nombre de trois : deux latéraux et supérieurs qui répondent aux côtes inférieures, et un autre médian, de forme demicirculaire et embrassant l’ombilic par en bas. L’angle xyphoïdien (vol. 11, p. 12 et 178), qui limite le ventre par en haut, est très fermé et ne reproduit jamais le plein cintre cher à l’art grec. De même qu’on ne voit jamais les plans quadrilatères des muscles grands droits schématisés avec insistance par ce dernier.
Sur les côtés, les flancs auxquels les Grecs devaient donner un si large développement, sont courts et peu saillants. Ils se fondent avec les régions voisines. La région hypogastrique est également sacrifiée, autant que permet d’en juger la schenti qui la voile presque entièrement.
Le bassin, ainsi que je l’ai déjà dit, est étroit dans son ensemble sur les statues debout et sur les bas-reliefs. Le seul détail anatomique qu’il laisse paraître est une saillie discrète de la crête iliaque. Sur les statues assises, il reprend souvent tout son développement, si bien que sur les groupes assis qui représentent l’homme et la femme, la largeur du bassin est semblable sur les deux
Je n’ai point relevé de différences appréciables dans le modelé de la partie antérieure du torse, que le sujet soit assis ou debout.
La partie postérieure du tronc n’est visible que sur un petit nombre de statues, la plupart assises, à genoux ou accroupies, ou bien encore sur les statues de bronze et de bois. On constate d’une manière générale que, comme la poitrine, le dos est aplati. Le sillon médian est large. L omoplate sommairement traitée est noyée dans les chairs et elle se sépare des régions voisines seulement en haut et en dedans par un relief en rapport avec la saillie des fibres charnues du trapèze et du rhomboïde. Un trait bien nature, qui mérite d’être relevé, c est le bourrelet du flanc chez les personnes grasses. Il est fort bien reproduit sur le scribe accroupi du Louvre.
L’art égvptien a créé un type gras dont les scribes sont dotés le plus souvent. La poitrine est saillante, l’abdomen arrondi et volumineux marqué au-dessus de l’ombilic de plusieurs sillons réguliers qui limitent de gros plis schématiques. Ces détails, seins pendants et plis abdominaux schématiquement indiqués, sont également reproduits sur les bas-reliefs.
Je n’ai pas besoin d’insister sur l’étrangeté de la formule imaginée par
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l’art égy ptien dans le dessin ou le bas-relief ; elle rappelle l’œil de face dans une tête de profil. Toutefois, elle n’est point aussi arbitraire, et l’art égyptien, en plaçant le bassin de trois quarts, a su la rendre vraisemblable. Elle peut, d’ailleurs, être réalisée dans la nature et les deux photographies ci-contre (fig. 181 et 182) prises sur deux modèles dont l’un répond au type
trapu et l’autre au type élancé, éclairent
Fuî. 181. — Modèle fohi
F/r TR.APr PL.\CÉ D.\.\S LA POSE DE LA FIGURE d’un BAS-RELIEF ÉGYPTIEN.
L'ne erreur a été commise dans la forme du poing; le pouce devrait être placé contre l'index et non d.tns la position d’opposition.
Fig. 182. — Modèle plus élancé