DANS LA MÊME POSE
La troisième photographie (fig. 183) a été prise d’après un modèle femme, et l’hyperextension du genou ajoute encore à la ressemblance avec les figures féminines égyptiennes.
^ U de trois quarts, le bassin est plus étroit encore que s’il était vu de
face, ce qui augmente la sveltesse de la figure, qualité recherchée par l’artiste De plus, cette position de trois quarts du bassin servant de transition naturelle entre le haut du torse vu de face et le profil des membres infé-
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rieurs, donne à toute la figure un accent de vérité qui n’est pas sans entrer pour une part dans l’excellente impression que, malgré l’étonnement du premier abord, les figures égyptiennes produisent lorsqu’on les examine de plus près. On constate, en efl'et, une si juste observation de la nature dans les profils qui, des épaules aux cuisses, limitent le torse, qu’on en reste surpris et charmé. Ces deux profils ne sont ni ceux de la figure de face, ni ceux de la figure de profil; ils sont intermédiaires. Et sur certaines œuvres, ils sont traités avec une sûreté, une exactitude et une délicatesse vraiment surprenantes. Comparez, par exemple, Hosi (fig. 19), Kagemni (fig. 75), Séti 1^ (fig. 141), etc., avec la figure 182.
La ligne qui suit le contour antérieur commence, à partir de l’aisselle, par accuser, le plus souvent fort discrètement, le relief mammaire, puis elle descend oblique, rectiligne, ou mieux fort légèrement bombée par le relief de la cage thoracique, jusqu’à l abdomen dont elle traduit légèrement aussi la saillie, pour se continuer ensuite avec le profil antérieur de la cuisse. En arriére, la ligne qui limite le torse descend obliquement vers le profil antérieur, toute droite ou très peu bombée. Elle s’infléchit au niveau des reins pour circonscrire la saillie toujours très atténuée de la fesse, puis se continue avec la ligne postérieure de la cuisse. Saillie abdominale en avant, saillie fessière en arriére sont ici très peu marquées en raison de la vue de trois quarts du bassin et sont, en somme, le résultat d’une fine observation de la nature, comme le prouvent les quelques exemples, rares il est vrai, dans lesquels l’artiste égyptien, dessinant un torse bien de profil, a su accentuer comme il convenait le relief du ventre et des fesses (fig. 184 et 179 en tête du chapitre).
Le haut du torse est limité par la ligne des épaules, en général plus proche de l’horizontale que sur les statues, et sur laquelle vient se placer
Fig. 183. — Modèle
FEM.ME PRÉSENTANT LA CARRURE DES ÉPAULES, LES CUISSES BOvMBÉES, l’hyperextension du GENOU, PROPRES .AU TYPE ÉGYPTIEN ET PLACÉ DANS LA MÊME ATTI¬ TUDE QUE LES FIGURES FÉMININES DES BAS- RELIEFS.
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le cou vu de profil et que la ligne circulaire du collier ou du vèlcniciit termine souvent par en bas.
Ainsi circonscrit, le torse offre une surface généi’alement plane sur laquelle se trouvent parfois dessinés, avec beaucoup de soin, les détails du vêtement, plis, broderies, colliers, etc., et où les modelés anatomiques, même sur les sujets nus, sont rares. J’ai déjà signalé, sur quelques basreliefs de l'Ancien Fmpire, le dessin des clavicules et du sterno-mastoidien. Le nombril est toujours marqué, cerné quelquefois par en bas d'un relief abdominal peu accentué qui rappelle celui des statues. Le relief de la hanclie est aussi parfois nolé avec soin, mais, en général, on ne voit aucune trace du sein en regard de celui qu'indique le profil, aucun dessin des côtes, etc. Exception doit être faite toutefois pour quelques œuvres de l'Ancien Empire.
Comme sur les statues, les personnages obèses ont des traits caractéristiques. Le sein, que circonscrit le profil, est plus gros et tombant, bien que l’autre sein ne soit pas pour cela indiqué davantage et, au-dessous de lui, l’amorce de plusieurs plis cutanés rappelle les plis demi-circulaires des statues .\u-dessous de ces plis, la saillie abdominale est plus accentuée (1 ).
De même que nous verrons la tête toujours de profil dessinée très exceptionnellement de face, de même il existe quelques exemples fort intéressants de torses dans leur ensemble, dessinés avec les épaules et le bassin de face ou également de trois quarts. (Voyez plus loin les figures de 364 à 393).
Fiü. 184. — Figüues