ISTAR, LA VÉNUS BABYLONIENNE
(Musée du Louvre. j
Ll:; NU DANS L’ART
Fig. 484. — St.\ti'ettes de terue ceite de c.\bvlome. Type de i..y déesse Istar.
('Musée hritannifiuej
Fig. 485. — Figurines en terre cuite de la collection de Morgan.
A l'oppose du g'i’oupe de la ligui’c 4SI, sont i-éunis les exemples du lype do la déesse impudique décrite par Heuzoy, avec une exagérai iuii encore plus considérable du volume des cuisses dont on voil des degrés variés.
ART CHALDÉEN
type de la Véous impudique, on y trouve la plus habile, la plus rationnelle et même la plus noble interprétation du nu féminin. C’est à leur sujet que Heuzey, pour expliquer cette étonnante perfection, invoque l’influence du type de la Vénus grecque. Quelles que soient 1 origine de ces
Fig. 486. — Figurines en terre cuite de la collection de Morgan.
Enfin un troisième groupe pour ainsi dire intermédiaire réunit, dans la rangée du haut, des ■déesses'pressant sur leurs seins mais dont la nudité, qui n’a rien de choquant, se rapproche de celle des figures du premier, groupe et, dans la rangée du has, des figurines dont les mains se croisent au-dessous de la poitrine, dont les cuisses sont minces comme dans le premier groupe, mais dont le triangle sexuel est exagéré.
curieuses figurines et les influences variées qui ont présidé à leur réalisation, notre rôle se borne à l’étude de la forme du nu. Or quel riche champ d’observation nous offre cette collection à ce seul point de vue! Nous y reconnaissons d’abord les types déjà signalés, celui dont la nudité est chaste sans exagération du volume des cuisses, ni brutale accentuation du triangle sexuel et dont nous avons déjà parlé (fig. 481). Les deux mains.
LE NU DANS L’ART
sur ces figurines, sont croisées au-dessous des seins, suivant le geste chaidéen. Mais à côté, nombreux sont les exemples de la Vénus orientale à l’impudique nudité décrite par Heuzey. Ce groupe, dont nous avons réuni quelques spécimens (fig. -485), offre un certain nombre de variantes du type. Sur quelques-uns, Texagération du volume des cuisses atteint un degré qui dépasse l’imagination. On dirait un vaste pantalon à la hussarde serré aux genoux et s’y terminant. Rien d’aussi volumineux
Fig. 487. — Statuettes babyloxiexxes.
(Musée du Louvre.)
ne se voit sur les statuettes de même catégorie au Louvre et au Musée britannique. Sur d’autres, les cuisses ont un développement plus modéré, mais sur toutes, les genoux sont le siège de deux plis horizontaux fortement accentués, le triangle sexuel est très exagéré et les deux mains pressent les seins.
En outre de ces deux catégories nettement tranchées, on voit d’autres figurines qui échappent à la classification morphologique précédente. Nous en avons réuni quelques-unes figure 486. On y voit des statuettes dont les mains pressent les seins et dont le reste du corps n en est pas moins traité avec finesse et modération, se rapprochant en cela de la petite Vénus de la figure 482. Sur l’une d’elles, en particulier, dans la rangée du haut de la figure, non seulement le ventre est d’un modelé délicat, mais les cuisses et les genoux sont habilement traités. D’autres, au contraires (deuxième
AhT CHALDÉCN
rangée de la figure^ croisent les mains sous les seins suivant le geste de la tradition chaldéenne qui éloigne toute idée voluptueuse, possèdent des cuisses d'^un développement fort modéré et néanmoins se voient affligées d’un triangle sexuel démesuré.
Il résulte de ceci qu'une classification rigide de ces statuettes est impossible. Ce qu’il importe de retenir, c’est la perfection du modelé dont témoignent certaines d’entre elles.
C’est ici le lieu de rappeler les curieuses statuettes féminines d’origine babjlonienne et dont on voit des spécimens dans tous les musées (fig. 487 et 489). En terre cuite ou en albâtre, debout ou couchées sur le côté, elles se distinguent par des hanches très volumineuses qui rap¬
pellent la stéatopygie, mais elles n’ont rien de l’indécence de la Vénus Stèle de Naram-Sin, roi d’Agadé. babylonienne. (Musée du Louvre.) (Phot. .4. Giraudon.)