‹ Nouvelle anatomie artistique du corps humainChapitre 68 sur 81 · GA.MÈS ÉTOUFFANT UN LION · texte numérisé non relu

GA.MÈS ÉTOUFFANT UN LION

(Musée du Louvre, ii° 17.)

pas moins assez restreint. On peut les résumer de la façon suivante :

G’esI d’abord l’extension complète, l’avant-bras étant en supination, avec le poing fermé ou non et sous deux aspects seulement, en avant ou en arrière; puis, l’avant-bras est fléchi à angle droit sur le bras, avec aussi le poing fermé ou la main ouverte et sous les deux mêmes aspects que précédemment. Mais, ici, il y a plusieurs variantes qui résultent de

ART ASSYRIEN

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la pronation de l’avant-bras, geste nécessaire pour présenter la pomme de pin ou s’appuyer sur le pommeau de l’épée, ou même de la supination nécessitée par d’autres gestes.

Lorsque le membre supérieur est représenté étendu, l’avant-bras étant en supination, le rapport des axes des deux grands segments qui le composent, bras et avant-bras, est très fidèlement observé, et ce dernier, dévié en dehors, fait avec le premier un angle obtus ouvert en dehors, de telle sorte que l’axe du bras prolongé ne passe pas au milieu du poignet, mais plus ou moins près de son bord interne (lig. 493 et 494). C’est là un fait d une exactitude rigoureuse, dont je ne connais point d exemple dans lait égyptien qui, d’ailleurs, représente le membre supérieur presque toujours en pronation ou en demi-pronation.

Les modelés musculaires (fig. 493), toujours puissants, tirent leur origine de l’observation de la nature et, à l’exception du bras, vu le plus souvent dans sa partie inférieure seulement, sont, comme il convient, très différents à l’avant-bras, suivant qu’il présenle sa face antérieure ou sa face postérieure.

Le bras est marqué d’un gros relief longitudinal, qui répond bien au biceps, et d’un second relief plus étroit, placé en dedans et représentant le bord interne du triceps, d’autant plus visible que le bras est souvent vu un jieu de trois quarts. Ces modelés sont assez corrects lorsque le bras présente sa face antérieure, mais, lorsqu’il est vu en arrière, ils ne sauraient expliquer la forme très apparente, sous ce point de vue, du gros muscle triceps. 11 y a là une confusion ou une erreur que seul explique le souci de simplifier les formules que l’artiste avait à copier.

Quoi qu’il en soit, il est curieux de constater que l’art assyrien n’a pas tenu compte du modelé du muscle triceps, que l’art chaldéen a reproduit avec tant de bonheur et que l’art égyptien, de son côté, est loin d avoir négligé.

En ce qui concerne l’avant-bras; la différenciation des faces antérieure et postérieure est très nettement indiquée.

En avant, les deux masses musculaires latérales sont bien notées, séparées toutefois par un sillon trop accentué (fig. 495 A). La masse interne s’arrête brusquement au niveau du coude, à la saillie osseuse de l’épitrochlée, mais la masse externe, qui s arrête à la même hauteur, devrait remonter un peu plus haut pour venir mourir sur le bras

En arrière, les muscles, assez fidèlement reproduits, font voir les modelc's suivants (fig. 495 B) :

En haut et en dehors, un relief assez fort répond à la masse com-

Fig, 495. Membre supérieur assyrien en supination comparé au membre supé¬

rieur d’un modèle dans la même position.

A. Vue antérieure. — B. Vue postérieure.

1, biceps; 2, épitrochlée; 3, masse musculaire e.\terne de l'avaot-bras; 4, masse musculaire interne; 5, triceps; 6, olécrane; 7, masse commune au long supinateur et au premier radial; 8, masse musculaire interne; 9, deuxième radial; 10, e.xtenseur commun; H, cubital postérieur; 12. apophyse styloïde du cubitus.

mune au long supinateur et au premier radial; il est séparé du bras par un sillon trop net qui ne s’explique que dans la flexion de l’avantbras sur le bras, mais qui, au point de vue de 1 application des formules I racées d’avance, permettait aux artistes de ne faire aucune différence entre l’avant-bras étendu et fléchi.

Au niveau du coude, en dedans de cette grosse saillie musculaire, une dépression répond à la fossette condylienne, d’où partent les reliefs obliques des autres muscles de la région. On peut y reconnaître, en allant

ART ASSYRIEN

de dehors en dedans, le second radial, l’extenseur des doigts et, contre le bord interne, le cubital postérieur, dont la saillie se termine au poignet parle relief nettement isolé de l’apophyse styloïde du cubitus.

Sur le bras étendu (fig. 496 et 497), cette notation anatomique n’est pas aussi correcte que sur le bras fléchi où elle ne laisse pour ainsi dire rien à

Fig. 496. Génie ailé a tète d’aigle (détail). (Musée du Louvre, n° 23 du Cataloque.)

désirer (fig. 498 et 499). Dans le premier cas, en effet, la saillie qui peut être attribuée au second radial remonte beaucoup trop haut, jusqu’à la fossette condylienne, au lieu de disparaître sous le premier radial, vers le tiers supérieur de l’avant-bras.

La main qui termine l’avant-bras, vue en avant ou en arrière, peut être ouverte ou fermée.

Le poing fermé, comme dans l’art égyptien, montre les doigts fléchis parallèlement entre eux dans la paume de la main, et le pouce est appliqué, sans mouvement d’opposition, sur la face externe de l’index. Toutefois,

LE NU DANS L’ART

lorsque jla main fermée serre un objet, le pouce vient se placer du côté opposé aux doigts de façon que cet objet paraît toujours saisi entre le pouce et les doigts (fig. 496 et 497).

Souvent, le poing est incliné sur le bord cubital; il en est de même parfois de la main ouverte, qui se place ainsi naturellement.

Fig. 497. — Bas-relief mythologique.

(Musée britannique.)

(Phot. Mansell et C'^.J

Les doigts, lorsqu'ils sont étendus, sont dessinés sommairement, sans le soin qu’y avait apporté la sculpture chaldéenne et, quant à la longueur relative des doigts, il ne semble pas y avoir de règle fixe comme en Égypte; tantôt c’est l’index qui l’emporte sur l’annulaire, tantôt c’est l’inverse; d’autres fois, il y a égalité. Toutefois, une régie constante, qui semble bien héritée de Chaldée, c’est la longueur exagérée des deux derniers doigts et, en particulier, du cinquième (fig. 499).

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Le membre supérieur étendu peut être également vu par le dehors, l’avant-bras étant en demi-pronation ou en pronation complète (fig. 500). On constate alors, en comparant le dos de 1 avant-bras à celui d un modèle placé dans la même position, que la musculature est loin d’être aussi exacte que tout à t’heure, l’artiste se servant à très peu près du même

Fig. 498. — Personnage adorant

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