M. JOHN BARROW
De tous les Anglais qui ont voyagé y nul , sans en excepter le célèbre Cook , n'a plus vu de pays , et n'en a plus décrit que John Barrow, membre de la Société rbyale de Londres. Nous avons de cet infatigable coureur 5 des Voyages en Afrique , en Chine ,
en Amérique , et tout récemment en Gochin* chine : en lisant ses ouvrages, on s'étonne , malgré soi , et de tous les pays qu'il a vus y #et de toutes les connoissances qu'il déploie dans ses Descriptions , car rien ne lui paroît étranger ; politique , histoire naturelle j reli* gion , critique , il parle de tout Son Voyage à la Cochinchine a été traduit de l'anglais , aveic des notes et des additions, par M. Malte-Brun, Paris , 1807 , a vol. in-8^. Des deux volumes dont cet ouvrage se compose , il n'y en a pas la moitié du second employée à décrire les mceurs, les usages et le commerce des Cochinchinois. Mais nous conviendrons avec le traducteur , que dans ce petit nombre de pages , M. Barrovr asu jeter tant de vues profondes et tant de détails.curîemc,* qu'on ne sauroit trop acheter le plaisir de les lire. On lit avec intérêt , dans ce Voyage, l'histoire d'un missionnaire Français , nommé Adran , qui , dans le temps qu'une afireuse révolte éclata en Cochinchine ( en 1774 ) , étoît l'ami et le conseil du roi , et le précepteur de son fils unique , héritier de son trône. Les rebelles s'emparèrent du roi , et le firent mourir avec une partie de sa femille ; Adran trouva le moyen d enlever la
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d'un homme de GOUT. 4i5
reine , le jeune prince son fils , son ëpouse et leur enfant , et il se sauva avec eux. Le courageux missionnaire açriva en France en Tannée 1787 , tivec le jeune prince ; il retourna en Gochinchine et y arriva en 1790.
Le style du traducteur n'est pas toujours très-correct ; mais il est souvent élégant , et ses notes sont curieuses et instructives.
l'abbé richard.
L'Histoire naturelle et civile du Tunkin , par l'abbé Richard , Paris, 1788, 2 vol. in-12 , a ëté rédigée sur les Mémoires de l'abbé de Saint-Phalte , missionnaire au Tunkin, et sur les Relations précédentes de ce royaume. L'auteur donne des renseignemens satisfaisans i sur la population, les lois, le gouvernement , la religion , la langue , les sciences , les arts , le commerce, les coutumes et les usages de cette contrée': c'est l'objet du premier volume ; le second est uniquement consacré à l'histoire des missions dans le Tunkin.
WL PERGIVAL.
Le Voyage dans l'île de Geylan , fait dans les années 1797 à 1800 , par Robert Percival , officier au service de S. M. Britannique ,
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traduit de l'anglais par M. Henry, Paris ^ i8o3, 2 vol. in-8^. , renferme les connoissances en tout genre qu'on pouvoit désirer d'avoir sur cette île. Au tableau des conquêtes qu'ont successivement faites à Ceylan les Portugais , les Hollandais , les Anglais qui en sont enlin restés les maîtres y le Voyageur fait succéder une Description générale des établissemens situés sur les côte»; celle de ses ports surtout est du plus grand intérêt.
Le gouvernement est purement despotique ; mais^ il existe des lois fondamentales auxquelles le roi lui-même est tellement soumis; , que s'il les violoit , il s'exposeroit à êtxe déposé ou mis en juggment et puni de mort : il y en a plusieurs exemples. L'une de ces lois rend la mclnarchie élective dans le cas qui vient d'être énoncé ; le peuple peut choisir le successeur dans les branches les plus éloignées de la famille régnante , ou appeler même un étranger.