‹ Nouvelle bibliotheque des predicateurs, ou, Dictionnaire apostolique (volume 3)Chapitre 11 sur 47 · I 34 NOUVELLE BIBLIOTHEQUE · texte numérisé non relu

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dessin des espaces de l'air , ri du firmament , laissant bien Loin derrière moi, et les astres , et toute cette magnifique armée des cieux, pour aller plus loin ent ore, et par delà ces corps lumineux qui se meuvent et qui changent, mé lancer jusqu'au sein de cette nature immuable, résidant en elle-même, que nulle vicissitude, nulle dégradation ne sauraient atteindre, de qui tout dépend, qui gouverne et soutient tout, principe universel des êtres dont elle enchaîne tous les mouvemens aux plans de sa profonde sagesse; et pouvoir non seulement connaître cette divine essence, mais m'entretenir familièrement avec elle jusqu'à l'appeler mon Père? Quels sentimens, quelle confiance ne suppose pas un tel langage ! D'après lidée encore si faible, si bornée que vous vous faites de Dieu; quand, pour retracer son ineffable gloire, votre intelligence réunit toutes les perfections de bonté , de sainteté , de puissance et d'éclat , de gloire , de pureté, d'éternité, pour en composer son adorable essence ; quand la révélation de son Ecriture et vos propres méditations vous ont appris ce qu'il est, oser l'appeler du nom de votre Père! Mais l'oserez-vous bien, quand vous ne retrouverez dans vous rien qui lui ressemble! Le Dieu dont la nature est d'être bon , peut-il être le père de celui qui n'est pas bon ? Le Dieu trois fois saint, le Dieu immuable, le Dieu de pureté et de toutes les vertus, le Père de tout bien , peut-il être le père de celui dont la vie est souillée de crimes? Oser, avec une conscience chargée d'iniquités qui n'ont pas été expiées par la pénitence, appeler Dieu son père, c'est lui faire outrage, c'est le donner pour auteur de son iniquité. Car ce mot de père rappelle le principe qui adonné la naissance. Mais quelle alliance, demande l'Apôtre , entre la lumière et les ténèbres 1 ? La lumière ne s'allie qu'avec la lumière, la justice qu'avec la justice, les contraires avec ce qui leur ressemble ; car le bon arbre ne produit pas de mauvais fruits. Proférer mensongèrement les paroles de l'Oraison dominicale , ce n'est donc pas invoquer le Père céleste, mais le démon , mais le père du mensonge et de toutes les œuvres de mensonge. Péché par essence, il est le père du péché; et comme dans l'Ecriture les pécheurs sont appelés les enfans de perdition ; de même, par une conséquence contraire, les justes sont appelés les enfans de la lumière, les enfans de Dieu. Jésus-Christ, en nous enseignant à appeler Dieu notre Père, ne veut donc pas, ce me semble, faire autre chose que de nous apprendre à mener une vie toute divine, en ressemblant, par nos

* H Cor., vi, 14.

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vertus, à celui que nous regardons comme le composé de toutes nos vertus; car la vérité éternelle ne nous peut pas apprendre à mentir. Vous n'êtes occupé que des richesses et des illusions de la terre ; vous faites dépendre votre gloire des hommes ; vous êtes asservi à vos penchans déréglés, et vous dites à Dieu : Mon Père; que voulez-vous que vous réponde celui à qui votre vie tout entière est présente, et qui entend votre prière ? Je crois l'entendre vous dire : De quel Iront souilles-tu par l'hypocrisie de ton langage un nom aussi saint que le mien ? Si j'étais ton père, tu te ferais reconnaître à tes œuvres pour être mon fils. Ma famille à moi ressemble à son céleste Auteur. Cherchez un autre père, celui-là que vous retracez par vos œuvres; car il n'y a rien de commun entre vous et moi.

Notre Père, quiètes au ciel. Ces paroles nous remettent sous les yeux, et la patrie que nous avons perdue, et la famille d'où nous sommes déchus. Elles se rattachent à l'histoire de l'enfant prodigue que l'Evangile nous raconte. Ce n'est qu'après avoir senti l'humiliation de son état présent, et qu'après avoir fait sur lui-même un sincère retour de pénitence qu'il s'écrie : Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre vous 8. Pourquoi contre le ciel? Parce qu'il reconnaissait la patrie que le péché lui avait fait perdre; et c'est cette reconnaissance qui lui facilite le retour à son père. Aussi voyezvous celui-ci le prévenir, accourant au devant de lui, l'embrassant, le revêtant d'une robe, et de laquelle? non pas d'une autre, mais de la première robe dont il avait été dépouillé par le crime de sa désobéissance. Or, il n'y a qu'un chemin pour arriver au ciel, c'est de fuir le péché; par là nous devenons semblables à Dieu, participant à ses vertus.

2° Que votre nom soit sanctifié , que votre règne arrive. La loi mosaïque, qui ne fut que l'ombre des biens futurs, et présageait la vérité par les figures de ses cérémonies, ne permettait au prêtre l'entrée du Saint des saints qu'après qu'il était purifié par les lustrations et par des sacrifices d'expiation, et qu'ensuite il s'était revêtu de ses habits pontificaux. Mais notre saint législateur Jésus- Christ a dépouillé la loi des voiles qui la couvraient, il a fait cesser les énigmes et les figures. Ce n'est plus le prêtre seul , séparé du reste du peuple, qui peut pénétrer dans l'intérieur du temple pour y converser avec la majesté divine; chacun de nous, investi du caractère sacerdotal, peut également prétendre à cet honneur;

1 Luc, xv, 18.

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ce oe sont plus des ornement empruntés à l'art qui composent la décora tiou du prêtre et lui prêtent une beauté étrangère $ c'est

une parure propre et naturelle que lui donnent les vertus qui le distinguent. I oe conscience pure, la fidèle observation des commandeinens, les bonnes œuvres, animées par la charité, soutenues par l'espérance des biens futurs, voilà la pourpre, l'or, l'éphod et les brillantes pierreries qui l'introduisent dans le Saint des saintc. 3° Que votre nom soit sanctifié , que votre règne arrive. Mais quand je ne le demanderais pas, le nom du Seigneur en sera-t-il moins saint, sa puissance moins souveraine, moins universelle? Quel est donc le sens de ces paroles , le Seigneur veut être glorifié par la vie de ses serviteurs ? Nous lisons dans l'Ecriture que Dieu condamne ceux qui sont cause que l'on insulte à son nom. Par exemple, les infidèles observent avec grand soin la vie de ceux qui ont embrassé la foi chrétienne. Quand ils leur voient des mœurs contraires à leur profession, plongés dans l'idolâtrie de l'avarice, dans l'ivresse et dans l'intempérance, leur censure ne s'arrête pas à ceux qui vivent ainsi; ils s'en prennent à la doctrine elle-même, qu'ils accusent d'autoriser ces sortes d'excès. De là les ana thèmes dont l'Ecriture frappe ceux qui provoquent de tels jugemens de la part des infidèles. Par une conséquence naturelle , je dois donc établir en principe que ma vie doit être telle qu'elle n'occasionne pas de semblables jugemens, mais qu'au contraire elle porte à faire glorifier et sanctifier le nom du Seigneur. Car quel est l'homme assez étranger à tout sentiment de justice et d'humanité pour que. à la vue d'une conduite pure, vertueuse, irréprochable, signalée par la tempérance, par la sagesse, par la fermeté à résister aux assauts des passions, aux amorces de la volupté, aux séductions de la mollesse et de la sensualité, à tous les mouvemens de l'orgueil, n'usant de ses biens qu'autant que le besoin l'exige, luttant contre la chair, faisant consister dans la vertu seule et toutes les richesses, et toute la puissance, il ne s'empresse pas de glorifier le saint nom qu'il voit invoqué par de telles mœurs? C'est pourquoi celui qui dit : Que votre nom soit sanctifié , exprime à la lettre ces paroles : Seigneur, qu'à l'aide de votre secours, soutenu de votre grâce, je devienne exempt de toute faute, juste, pieux; que j'évite toute action coupable, ne disant rien que de vrai, ne faisant rien que de légitime, marchant dans la voie droite, enflammé d'un saint désir pour le ciel, plein d'un souverain mépris pour les choses d'icibas, aspirant à la perfection des esprits célestes! C'est là ce que sous-entend cette courte parole : Que votre nom soit sanctifié. Pas

d autre moyen pour l'homme de glorifier Dieu que de témoigner par ses œuvres qu'il les doit à l'assistance de la puissance divine.

4° Que votre règne arrive. Demande-t-on par là qu'il soit le monarque du monde? il l'est de toute éternité. Il lest sans avoir à craindre de révolution, sans que l'on puisse supposer pour lui une augmentation de puissance et de bonheur. Mais ce n'est point un roi despote, qui soit jaloux d'étendre sa domination par la contrainte et par la nécessité de lui obéir. Il ne veut que commander librement, et qu'on lui obéisse par choix. Parce que l'abus de notre liberté nous a entraînés dans la servitude des passions et nous a assujétis à la tyrannie du démon, qu'elle nous a faits victimes de la mort,*nous demandons d'être affranchis de notre esclavage par la seule puissance capable de nous rendre l'empire que nous avons perdu. Nous demandons d'être à l'abri de la corruption et de la mort, d'être délivrés des liens du péché. Nous lui demandons de ne pas permettre que l'ennemi prévale contre nous, mais que le règne de Dieu arrive sur nous ; que les attaques des vices et des passions qui nous captivent aujourd'hui , non seulement s'amortissent et se calment, mais qu'elles soient anéanties.

Que votre règne arrive. Parole pleine de charmes ! C'est comme si nous lui disions : Que les puissances des ténèbres soient vaincues et l'armée de l'étranger mise en déroute; que la guerre de l'esprit contre la chair soit terminée; que l'ennemi de notre salut ne se fasse plus de notre corps son asile et sa citadelle ; que la cour de mon roi se déploie; que les célestes légions renversent à leurs pieds les insolens ennemis qui combattent contre lui. Que votre règne arrive, pour bannir la douleur, la tristesse et les gémissemens, et amener le triomphe de la paix et de l'éternelle joie.

5° Que votre volonté soit faite, sur la terre comme dans le ciel! Le crime et le malheur de l'homme est d'obéir à sa volonté propre, en désobéissant à celle du Seigneur. Le vrai médecin de nos âmes est venu les guérir et les réparer, en nous montrant dans le sacrifice de notre volonté , et dans la parfaite obéissance à celle de Dieu, le remède contre nos maux et le gage de nos espérances. La volonté de Dieu, c'est le salut de l'homme. Lors donc que nous disons à Dieu : Que votre volonté soit faite en moi , il faut que nous commencions par reconnaître que, faute d'avoir obéi à cette volonté sainte, nous nous étions rendus les ministres du démon, exécutant contre nous-mêmes ses perfides desseins. C'est pourquoi, touché de mon malheur, accordez-moi , ô mon Dieu , de n'obéir enfin plus qu'à votre volonté seule! De même qu'un flambeau

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porté dans l'obscurité d'un cachot elî dissipe la nuit et y fait naître la lumière, ainsi, avec l'obéissance à votre volonté, disparaîtront tous les iiioiivemens désordonnés dont mon aine est obscurcie. La tempérance et la modestie triompheront de tous les désirs déréglés d<i l'esprit; l'humilité domptera l'orgueil] la charité fera disparaître tous les vices qui lui sont opposés, la haine, l'envie, la dissimulation , la colère avec ses emportemens et ses vengeances , la perfidie avec ses embûches, l'amour de l'argent, que l'Ecriture appelle une idolâtrie déguisée.

Pourquoi sur la terre comme dans le ciel? Jésus-Christ nous apprend à purifier notre ame de tout péché, afin que, nous élevant jusqu'à la perfection d'une vie céleste, la volonté de Dieu ne trouve plus en nous d'obstacle à son entier accomplissement. Comme si l'on disait: De même que votre volonté s'exerce avec un empire absolu sur les trônes et les principautés, sur les dominations et sur toute l'armée céleste, où nulle affection contraire n'empêche l'action du 1 ien ; ainsi le bien se fasse et se perfectionne en nous tellement que, sans aucun mélange de volonté contraire de notre part, votre volonté seule domine souverainement dans nos âmes. Mais comment , dira-ton , avec des corps sujets à tant de besoins, atteindre à la perfection des Anges?

Cette objection est prévenue et résolue par ce qui suit: 6° Donnez-nous notre pain de chaque jour. Les Anges n'adressent pointa Dieu de semblable demande; non sans doute, parce que leur nature toute spirituelle les met au dessus de tous les besoins. Il n'en est pas ainsi de l'homme, obligé de réparer ses forces à mesure qu'elles s'échappent. Mais se borner au simple nécessaire, tel que l'exige notre nature, sans étendre les besoins au delà, c'est se rapprocher presque de la nature des Anges, et transporter au sein de la frugalité humaine toute l'abondance de ces esprits bienheureux. Nous disons à Dieu: Donnez-nous le pain. Nous ne lui disons pas: Accordez-nous les richesses, les plaisirs de l'opulence, des habits de pourpre, de l'or et des pierreries, des commandemens d'armées et de provinces , de nombreux troupeaux d'hommes ou de bêtes asservis à notre luxe, les talens qui font l'orateur, les récompenses que les hommes décernent au mérite; tout cela ne fait que détourner lame de ce qui doit faire son premier besoin: nous lui demandons du pain. Dans ce seul mot, quelle profonde philosophie! Cessez , ô mortels! de vous répandre en vaines et frivoles sollicitudes; cessez d'aggraver les laborieux embarras qui vous pressent. Ce que demande la nature se réduit à bien peu

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de chose; ce que vous devez à votre chair, c'est de la soutenir par quelque aliment toujours facile à lui procurer, si Ton n'envisage que le nécessaire. A quoi bon multiplier des tributs qui retombent sur vous? A quoi bon vous lier et vous enchaîner vous-même par tant de liens , à la découverte de l'argent, à la fouille de l'or, à la piste d'un métal brillant? Et pourquoi? Pour servir aux fantaisies d'un exacteur sans relâche, d'un ventre qui n'a jamais assez de jouissances? Vous lui devez du pain, pour suppléer à ce qui ne lui est pas fourni par le corps, et vous allez affronter les mers et les tempêtes pour iui apporter quelques mets dont la saveur ne va pas plus loin que le palais.,.. Dites à celui qui fait sortir le pain du sein de la terre, dites à celui qui donne aux corbeaux leur nourriture, qui donne à toute chair sa substance, qui ouvre sa main , et tout ce qui respire est comblé de sa bienfaisance ; dites-lui: Donnez-moi du pain, et qu'il soit le prix de mon travail légitime. Je dis légitime, car puisque Dieu est le principe de la justice, ce n'est pas de ses mains qu'on reçoit le pain que l'on doit à des moyens injustes. Il vous a exaucés quand le bien dont vous jouissez n'est point acquis par la fraude et l'usurpation , s'il n'a pas fait couler des pleurs et si votre opulence n'a point fait de malheureux. S'il en était ainsi, pendant que vous disiez à Dieu : Donnez-moi du pain, un autre s'écrierait: Adressez-vous , non pas à Dieu, mais au démon près de l'injustice....

Donnez-nous aujourd'hui notre pain. Pourquoi aujourd'hui? pour nous avertir que nous ne devons point être inquiets du lendemain ; la même Providence qui vous fait jouir du jour présent vous met aussi en possession des biens qui tiennent au jour présent.

Qui fait naître le soleil ? qui met en fuite les ténèbres de la nuit ? qui fait briller à vos yeux ces rayons delà lumière? qui ordonne les mouvemens et les révolutions du ciel, pour suspendre ainsi sur la terre le flambeau qui l'éclairé? Celui qui créa pour vous ces merveilles a-t-il besoin de vous pour donner à votre corps ce que ses besoins exigent? Voyez les animaux : ce n'est pas la raison qui leur fournit les alimens nécessaires à leur subsistance, ils n'en ont pas ; montrez-moi les plaines qu'ensemencent les corbeaux; montrez-moi les greniers de l'aigle. Eh! n'est-ce pas la divine Providence dont la bienfaisance universelle a pourvu à tous leurs besoins! Le bœuf et l'âne puisent dans leur seul instinct toute la philosophie nécessaire pour se donner ce qui leur convient; ils s'inquiètent peu du lendemain ; et nous, il nous faut des conseillers pour nous faire comprendre combien est fragile et incer-

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taine cette vie d'un jour que nous passons dans la chair! Manquonsnous donc d'expériences qui uous l'apprennent, et bien capables de réformer nos erreurs sur les intérêts de notre vie? Que servit au riche de L'Evangile ce vaste amas de grains sur quoi se fondait l'orgueil de ses vaines et avides espérances, abattant, construisant, ^abandonnant à d'ambitieux projets; et cette longue suite d'années, dont chacune allait enfouir de nouveaux trésors? L ne seule nuit a confondu ces rêves brillans , et n'en a fait qu'un vain songe. La vie du corps appartient au temps présent; mais celle qui repose sur 1 espérance est la part de lame. Mais les hommes s'abusent également sur l'une et sur l'autre. Ils prolongent la première par leurs espérances; ils sacrifient l'autre à la jouissance des biens présens, dont elle ne saisit encore qu'une ombre fugitive, et détournent de leurs regards la perspective des biens futurs : d'où vient qu'ils les manquent tous à la fois. Sachons donc ce qu'il nous faut demander et pour le jour présent, et pour le temps à venir : à savoir, le pain, c'est-à-dire les choses nécessaires à la conservation du corps, et les béatitudes qui nous sont promises dans le royaume du ciel.

y° lie mettez- nous nos offenses comme nous les remettons a ceux qui nous ont offensés,

La suite du discours nous amène à ce qui fait le comble de la vertu, en nous indiquant ce que doit être le Chrétien qui s'unit à Dieu dans la prière. Il semble ne plus tenir à l'humanité, mais s'identifier avec la Divinité même, en faisant ce qu'elle seule a droit de faire. Car il n'appartient qu'à Dieu de remettre les offenses, ainsi que nous le voyons dans l'Ecriture.

La première réflexion qui se présente ici, c'est que Jésus-Christ nous invite à vivre de manière que nous puissions demander avec confiance la rémission et l'oubli de nos péchés. Il n'est pas possible que celui qui est méchant s'accorde avec celui qui est bon; il ne l'est pas davantage que celui qui a des sentimens cruels se trouve en rapport avec le Dieu qui est miséricordieux. Vous voulez que vos péchés vous soient remis ; remettez-les aux autres. La miséricorde que vous aurez exercée à l'égard du prochain sera la mesure de celle que Dieu exercera envers vous-même.

O prodigieux effet de la miséricorde ! elle fait non seulement que nous imitons Dieu, selon le commandement qui nous en est prescrit, mais que Dieu lui-même daigne imiter l'homme; comme si on lui disait : Seigneur, ce que j'ai fait, faites-le à votre tour. J'ai pardonné, pardonnez-moi; je n'ai pas dédaigné le suppliant,

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ne repoussez pas mes supplications à moi-même. J'ai renvoyé mon débiteur plein de joie et de contentement ; ne renvoyez pas le vôtre dans l'affliction et dans l'amertume. La dette que j'avais contractée envers vous est bien plus considérable; je ne le désavoue pas; mais je ne suis qu'un homme; vous êtes le Dieu. Ce que j'ai fait est peu de chose; ma faiblesse n'en permettait pas davantage; mais vous êtes le Dieu immense en perfection , et votre pouvoir sans bornes vous permet d'accorder à votre générosité tout ce que vous voulez.

Comment oseriez-vous demander à Dieu de vous pardonner, si vous ne pardonnez pas? Vous avez un débiteur; vous le prenez à la gorge pour qu'il vous paie ce qu'il vous doit. Vous voulez que Dieu annule la cédule de condamnation portée contre vous; et vous comptez avec grand soin les obligations et les échéances de l'argent qui vous est dû, vous les grossissez par des intérêts usu raires; vous faites mettre votre débiteur en prison ; et vous voilà , vous aux pieds de Dieu, lui demandant que votre dette vous soit remise : non , votre prière ne saurait être exaucée : votre voix est étouffée par les cris de votre victime.

Vous vous irritez à la plus légère offense qui vous est faite : n'avezvous pas offensé le Seigneur, et combien de fois, et combien plus grièvement? etc.

8° Ne nous laissez pas succomber à la tentation; mais délivres* nous du mal; c'est-à-dire des pièges du démon. (Saint Grégoire de Nysse. )

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DIVERS PASSAGES DE LLCRITIIti: SI II LA PRIERE.

Scitote qiioniam exaud'wt Dominas preces vestras , si manenteê permanseritu in jejunio et orationibus in conspectu Domini.

Soyez sûrs que Dieu exaucera vos prières si , demeurant en sa présence, vous persévérez dans le jeûne et dans la prière, (Judith., 4 5 I2-)

Quoniam ad te orabo , mane exaudies orationem meam.

Seigneur, je vous adresserai ma prière, et vous écouterez ma voix au matin. (Ps. 5,4-)

Respexit orationem liumilium, et non s prévit preces eorum.

Dieu a regardé favorablement la prière des humbles, il n'a point méprisé leurs prières. ( Ps. loi , 18. )

Qui déclinât aures suas ne audiat legem , oratio ejus erit exe- CJ^abilis.

La prière de celui qui détourne l'oreille afin de ne pas écouter la loi sera en exécration. (Prov., 28> 9.)

TV on impediaris or are semper.

Que rien ne vous empêche de prier toujours. [Eccli. , 18, 22.)

Ante orationem prœpara animant tuam , et noli esse quasi homo qui tentât Deum.

Avant la prière, préparez votre ame, et ne soyez pas comme un homme qui tente Dieu. (7sec/., 18, 2.5.)

Oportet semper orare , et non deficere.

Il faut toujours prier et ne point se lasser de le faire. [Luc,

Vigilate omni tempore orantes , ut digni habeamini fugere omnia a uœ fut ura sunt , et stare ante Filium Hominis.

Veillez en priant toujours, afin que vous soyez rendus dignes d'éviter tous les maux qui arriveront, et de paraître avec confiance devant le Fils de l'Homme. (Luc, 21, 36.)

Quid oremus sicut oportet nescimus , sed ipse Spiritus postulat nobis gemitibus inenarrabilibus.

Nous ne savons ce que nous devons demander à Dieu dans nos prières; mais l'Esprit-Saint prie lui-même pour nous par des gémissemens ineffables. (Rom., 8, 26. )

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Christus Jésus qui est ad dexteram Dei, qui etiam interpellât pro nobis.

Jésus-Christ, qui est à la droite de Dieu, où il intercède pour nous. (Rom., 8, 34.)

Orabo spiritu , orabo et mente.

Je prierai d'esprit, et je prierai aussi avec intelligence. ( /. Cor.} i4, i5.)

Qui enim hœsilat, similis est fluctui maris qui a vento movetur et circumfertur; et non ergo existimet homo Me quod accipiat , aliquid a Domino.

Celui qui doute est semblable aux flots de la mer qui est agitée , et emportée çà et là par la violence du vent; il ne faut donc pas que celui-là s'imagine qu'il obtiendra quelque chose du Seigneur. (Jacob, 1,6.)

Estote prudentes, vigilate in orationibus.

Soyez prudens et vigilans dans la prière. (/. Pet., 4? 5.)

Si cor nostrum non reprehenderît nos, fiduciam habemus ad Deum; et quidquid petierimus , accipiemus ab eo.

Si notre cœur ne nous condamne point, nous avons assurance devant Dieu ; et quoi que ce soit que nous demandions , nous l'obtiendrons de lui. (/. Joan., 3, 21, 22.)

Hœc est fiducia quam habemus ad eum, quia quodcumque petierimus voluntatem ejus, audit nos.

Ce qui nous donne de l'assurance envers Dieu, c'est qu'il nous exauce en tout ce que nous lui demandons qui est conforme à sa volonté. (7. Joan., 5, 14.)

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