‹ Nouvelle bibliotheque des predicateurs, ou, Dictionnaire apostolique (volume 3)Chapitre 37 sur 47 · S\ NOUVELLE BIBLIOTHEQUE · texte numérisé non relu

S\ NOUVELLE BIBLIOTHEQUE

sit<:, par la nouveauté; l'or . • 1 1 < • i 1 , par l'adul ition ; la malignité, par uirc;la timidité, pat les clameiii I » invectives; la presdttip-

tion indocile, par la liberté dépenser; rânioiir-propre, par ta licence d'agir; la politique^ par les craintes; l'ambition, parles espérances; la compassion, par les plaintes et les soupirs; la pieté peu éclairée, par l'ombre des vertus; ainsi se faisant tout à tous, ils faisaient tous les autres à eux-mêmes; et, en réunissant tous les penchans, ils s'assuraient de tous les suffrages : Eruni hommes cupldi.... oportet et hcereses esse.

De là quelle conclusion? puissiez-vous, mes chers auditeurs, ne l'oublier jamais ! quoique ce soit dans l'esprit que la foi réside, c'est dans le cœur, c'est par le cœur que l'Enfer a coutume de l'attaquer; c'est donc dans notre cœur qu'il s'agit de la soutenir, de l'appuyer, de la maintenir : par conséquent, si nous voulons mettre notre foi à l'abri de toute séduction étrangère ou domestique, commençons par fermer notre cœur à la voix des passions , de ces passions surtout dont on se défie moins, parce quelles ne sont pas si dangereuses pour les mœurs ; de ces passions dont quelquefois on devrait se défier davantage, parce qu'elles sont plus funestes à la foi ; liaisons mondaines, amitiés trop naturelles, complaisances molles et faciles, antipathies et aversions secrètes ou déclarées; désir de plaire de briller, de se distinguer dans le monde; crainte de déplaire crainte de se voir oublié, dédaigné, méprisé ; at trait de no uveauté de réputation, de liberté; plaisir de connaître, de décider, de iu^er par soi-même; respect pour les idées, pour les caprices, pour les modes et les goûts de son siècle : voilà ce qui, dans tous les temps, a perdu les âmes d'ailleurs les plus droites, les plus sapes les plus timorées. Ah! mes chers auditeurs, réglons nos penebans par la foi, ne réglons point notre foi par nos penchans ; que notre cœur reçoive la loi, qu'il ne la donne pas; si nous le prenons pour guide, il nous égarera, il se jouera de notre faible raison; or, après l'avoir écartée de la vérité, n'en doutez pas, il ne réussira que trop à l'enhardir, à l'affermir contre l'autorité.

2° Et pour vous convaincre de tout ce qu'un cœur prévenu, séduit, peut mettre d'obstination et d'indocilité dans l'esprit, il ne faut ooint sortir du sujet que je traite; non , je ne sais si toute l'histoire des hérésies nous fournirait un autre exemple aussi marqué de la hauteur indécente que les passions inspirent contre l'autorité. Je ne dis point que les protestans trouvaient l'Eglise universelle en possession de la foi du Purgatoire; tel est, selon la judicieuse remarque de Terlullien, le sort de toute hérésie, d'être

aujourd'hui, de n'avoir pas été hier, et de porter dans sa nouveauté le caractère, le sceau de sa réprobation ; telle est, selon saint Hilaire, la destinée de tout hérésiarque et de tout hérétique, qu'il leur faut commencer par l'orgueil insensé de contester à l'Eglise l'autorité que Jésus-Christ lui a donnée, et d'usurper une autorité qu'ils se donnent eux-mêmes. Je vais donc plus avant : je dis : Les protestons trouvaient l'usage de prier pour les morts établi dans les temps les plus reculés de l'Eglise, et môme avant l'Eglise chrétienne, sous la loi de Pvloïse; n'entrons point dans la dispute qui s'est émue sur l'authenticité , sur la divinité des livres des Machabées; ne les regardons que comme un monument historique, fidèle dépositaire, témoin irréprochable du culte établi, des cérémonies pratiquées en Israël; ces livres nous montrent un sacrifice solennel pour les morts, ordonné par le chef de la nation sainte, offert dans le temple par les prêlres et les lévites, en présence du peuple qui fournissait les victimes. Je ne vous ferai point observer qu'il serait inconcevable que du sang du religieux Mathatias fût sortie la dépravation du culte saint en Israël; que ces héros suscités de Dieu pour relever les ruines du sanctuaire, pour purifier les vases sacrés, pour exterminer de Sion le peuple incirconcis et les superstitions profanes, que les illustres restaurateurs de Jacob qui combattirent pour le Seigneur, et pour qui le Seigneur Dieu des armées, fixant autour d'eux la victoire, combattit par tant de prodiges; je ne vous ferai pas, dis-je, observer qu'il serait inconcevable qu'ils eussent placé sur l'autel une abomination presque aussi coupable que celle qu'ils en avaient ôtée, et plus dangereuse, parce qu'elle était plus propre à se perpétuer : je ne vous ferai point remarquer que c'est le comble de la téméraire présomption dans les protestans , de se flatter qu'ils ont plus de lumières, plus de zèle pour la pureté du culte, que ces fameux zélateurs de la loi, que les Pères proposent pour modèles au peuple del'Evangale; je me contente de dire: Cet exemple ne permet pas de douter que la prière et les sacrifices pour iei morts n'aient composé avant Jésus-Christ une partie des observances légales.

Or, si c'était une erreur, si c'était un abus, comment Jésus-Christ, qui tonne en tant d'endroits contre les usages récens, contre les traditions intéressées qui avaient altéré la simplicité de la loi primitive, comment n'a-t-il point condamné, n'a-t-il point réprouvé cette pratique superstitieuse? Comment les Apôtres chargés de développer la doctrine de leur Maître , ces Apôtres si empressés à hâter la chute de la synagogue ; un saint Paul, si appliqué à mon-

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