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NICOLAS
ses
en 863 par un synode conToqué à Borne, qui déposa aussi Zacharie, l'un des légats, pour avoir donné la main aux fraudes du patriarche. L'empereur Michel n'en maintint pas moins Photius sur le diége de Cbnstantinople ; il alla jusqu'à nier entièrement le droit du pape de s'immiscer dans ces démêlés. £n revanche Nicolas posa en principe que l'empereur n'avait aucun titre à intervenir dans les affaires de VÉglise; une rupture complète suivit cet éclat.
Détenseur inébranlable de la justice au milieu de ces temps de corruption universelle , Nicolas était déjà depuis quelque temps entré en lutte contre un autre prince, Lothaire II ( voy. ce nom ) , qui, par les moyens les plus honteux, avait fait prononcer par les évéques de son royaume le divorce entre lui et sa femme Teutberge. Au commencement de 863, le pape avait député les évêques Rhodoald de Porto et Jean de Cervia auprès du synode de Metz, chargé de la révision de cette affaire. Malgré l'ordre catégorique du pape de juger sans aucune acception de personnes, les prélats de Lotharingie, seuls présents à Metz, confirmèrent leur décision précédente, et maintinrent le mariage que Lothaire avait contracté avec Walrade, autrefois sa mattresse. Les deux envoyés italiens se laissèrent corrompre par de Tor et n'élevèrent aucune objection. Le pape, prévoyant un résultat favorable à Lothaire , avait justement choisi des délégués accessibles à l'appât des richesses, pour faire supposer au roi 4iue l'argent était tout puissant- à la cour de Rome. Aussi Lothaire, Toulant donner à son mariage une complète validité, ne s'opposa- t-il pas à ce que le différend fût en dernier ressort soumis au pape. En l'automne 863 les principaux fauteurs du divorce , les archevêques Gunther de Cologne et Teutgaud de Trêves arrivèrent à Rome, se croyant sûrs d'emporter l'assentiment du pape , moyennant quelques fortes sommes à distribuer aux dignitaires de la cour pontificale. Mais à la fin de l'année Nicolas réunit un concile d'évéques italiens, et leur fit prononcer la cas.«ation des décrets du synode de Metz. Les deux arclievêques furent déposés et les évêques lorrains menacés d'excommunication s'ils résistaient aux prescriptions du saint-siége. La même peine, disait Nicolas, frapperait tous ceux qui dorénavant mettraient opposition aux décisions du pape eu matière de foi et de discipline. Jamais aui cun pape n'avait eu cette hardiesse d'imposer à des ;'têtes couronnées, comme à de simples particuliers, les lois de la morale, et d'enlever à des métropolitains leur siège, sans la participation des évêques de leurs provinces. Maiâ Nicolas savait qu'il était approuvé par l'opinion publique et que les peuples le soutiendraient dans sa lutte contre les déportements des princes. En effet l'empereur Louis, qui, à l'instigation des deux archevêques, accourut devant Rome, pour forcer le pape à se rétracter, y renonça
bientôt, convaincu que Nicolas était d'accord avec le sentiment général. Lothaire, abandonné par son oncle Louis le Germanique, n'essaya pas de résister; lui et ses évêques écrivireat au pape dans les termes de la plus grande sonmission. Il promit d'obéir au saint-siége « comme un homme de la plus humble condition », exprimant par là qu'il renonçait au privilège d^être au-dessus des lois, privilège attribué aux princes par les lois romaines. Il eut à s'applaudir de cette conduite : lorsqu'au commencement de 86S Charles le Chauve et Louis le Germanique s'apprêtèrent à se partager ses États, le pape^ dans te langage le plus sévère, leur mterdit cette spoliation. Peu de temps après, Nicolas envoya aa delà des monts son légat Arsène pour réélit définitivement les grandes questions religieose» alors pendantes dans l'empire franc Tout plia; la reine Teutberge fut reçue par Lothaire comme sa femme légitime et couronnée de nouTeao; Walrade fut remise au légat pour être conduite à Rome, où elle devait faire pénitence.
Arsène se rendit ensuite à Attigny, aopiès de Charles le Chauve, et lui annonça la volonté forroelledu pape que Rothad.évèque de Solsaons, déposé, en 861, à la demande d'Hincmar» archevêque de Reims, fût immédiatement réintégré sur son siège. C'est ici le lieu d'exposer le récit des graves démêlés qui s'étaient à ce sujet élevée entre le pape et le roi de Neustrie. Après && déposition, Rothad avait fait un appel au pape; mais il avait ensuite renoncé à ce moyen, et s'était, en 863, présenté devant le synode de Seuils , qui avait confirmé la première sentence portée contre lin. Pour le dédommager, on lin offrit une abbaye, qu'il accepta. Charles aussi bien que Hincmar avaient le plus grand intérêt à ce que l'afTaire n'allât pas jusqu'à Rome ; ils avaient bien, quelques années auparavant , reconnu les canons du concile de Sardique, qui attribiiaient au pape le droit de recevoir les appels des évêques de toute la chrétienté ; mais dans Temptre franc ce droit n'avait pas encore été mis en pratique; une fois appliqué, il ébranlait le pouvoir métropolitain , le plus solide fondement de l*autorité royale. Cependant, pçussé par des ennemis d'Hincmar, Rotbad , au bout de quelque temps, renouvela son appel à Rome. Immédiatement Nicolas ordonna à Hincmar de réintégrer l'évêque et de se présenter devant son tribunal en personne ou par délégué dans le deUi d'un mois, pour que le différend fAt de nouveau instruit. Sûr de l'appui de Charles, l'arche- Têque refusa d'obéir; mais sur les menaces réitérées du pape, il autorisa Rothad à se rendre à Rome, et accepta en principe la compétence du saint-siége. Cependant, il persista à ne pas envoyer de délégué devant la cour pontificale. Le 25 décembre 864 Nicolas déclara Kotiiad déchargé provisoirement de toute faute, puisque ses accusateurs n'avaient pas osé se présenter. A la suite de ce jugement, il déve-
loppa Doe saite de considérants, établissant au profit de la papauté plusieurs prÎTilégies entièrement nouveaux , celui de convoquer seule des synodes et celui d'être de plein droH juge des contestations concernant les évèques. 11 exposa plus longuement ces principes dans la lettre quil envoya peu de temps après aux prélats de la Gaule. Ce même pape, qui en 863, à propos d*one question que lui avaient adressée ptustenrs évèques de ce pays an sujet d'une fausse décrétaleda recueil du Pseudo-Isidore, avait déclaré que la plus ancienne décrétale auttientique remontait au pape Siridus,s*appuya maintenant formellement sur les documents apocryphes de ce môme recueil. Prévoyant qu'on en attaquerait l'autorité, il rappela qu'Hincmar n'avait pas dédaigné de faire lui-même, en plusieurs occasions, usage des textes du Pseqdo Isidore. Il est liors de doute que ce fut Rothad qui fit remarquer an pape le parti qu'on pouvait tirer de ce recueil, encore peu connu A Rome. Tout en acceptant les services de cet liomme, Nicolas le méprisait; et s'il le fit réintégrer sur son siège par son légat Arsène, il réserva toujours aux accusateurs de l'évèqne de prouver sa culpabilité, pourvu que ce fût devant le tribunal du pape.
Charies le Chauve se résigna à obtempérer aux prescriptions du pape, d'autant plus que celui-ci avait è lui reprocher de nombreuses spo* liations de biens ecclésiastiques, dont il fut obligé de restituer quelques-uns. Mais» dans son irritation, il accepta bientôt après la proposition de Lothaire de résister en commun à la cour de Rome. Lothaire reprit auprès de lui Walrade, qui s'était échappée des mains du légat ; la mallieureuseTeutberge, de nouveau maltraitée, demanda die-même au pape de consentir à son divorce, pour qu'elle pût terminer sa vie dans un cloître. Nicolas répondit qu'il n'y consentirait que si Lothaire s'engageait h ne plus se remarier. Sur ces entrefaites, il s'était de nouveau, en 866, brouillé avec Hincmar, dont il connaissait les sourdes menées contre le pouvoir pontifical. Voici le moyen qu'il avait choisi pour frapper Tarchevêque d'un coup décisif. En 845 Hincmar avait destitué plusieurs clercs, que son prédécesseur, Ébon, avait institués après sa déposition ; cette mesure, confirmée par le synode de Soisson» en 853, avait été ratifiée par Benoit lil et par Nicolas lui-même, sous la réserve cependant que les faits fussent tels que Hincmar lea avait présentés. Maintenant Nicolas ordonna que l'affaire fût de nouveau examinée par un synode , auquel devaient assister les archevêques de Lyon et de Vienne, indépendants du royaume de Neustrie, et que si ensuite les clercs déposés voulaient en appeler à Rome, le litige y fût |)orté immédiatement. Le synode convoqué par le^pe se réunit à Soisbons en août 866; il déclara fondée en droit la sentence de 853, mais il la révoqua par des motifs de clémence et rendit
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' aux clercs leurs prébendes. Du reste le synode abandonna au pape le jugement en dernier ressort de l'affaire. Nicolas ne se contenta pas de cela, il taxa de nullité les décrets de 853 et exigea la remise de toutes les pièces , pour prendre luimême une décision suprême. La chute de Hincmar paraissait certaine, d'autant plus que Charles le Chauve lui avait retiré sa faveur. Mats à la fin de 867 Nicolas écouta les représentations des envoyés que Hincmar, dans sa détresse, lui avait adressés. Il se réconcilia avec l'archevêque, l'un des hommes les plus distingués de l'Église à cette époque ; il lui donna des témoignages publics de son amitié, et l'engagea à faire rédiger des écrits contre l'hérésie des Grecs, avec lesquels le pape se trouvait alors en guerre ouverte.
En effet Photius avait, à la fin de 866, lancé contreNicolas une encyctique remplie d'invectives et l'avait fait excommunier l'année suivante par un concile convoqué à Constantinople, où il fit frauduleusement représenter par des aventuriers les patriarches d'Antioche, de Jérusalem et d'A* lexandrie. Il donnait ainsi cours h la colère que lui avait causée la conversion des Bulgares à 1*£* glise romaine. En 863 ce peuple avait abandonné le paganisme pour adopter la foi des Grecs; mais trois ans après ils avaient embrassé la re« ligion des Latins , parce que Photius exploitait dans des vues politiques sa suzeraineté ecclésiastique. Sur la demande de Michel, leur prince, le pape leur avait donné des prêtres pour les instruire. En réponse à une suite de questions sur des points de religion et de morale que lui avait adressées Michel, Nicolas écrivit une longue lettre, que nous possédons encore et qui est toute empreinte des sentiments les plus élevés et des principes les plus purs du christianisme (1).
Dans l'intervalle Lothaire avait convoqué à Trêves un synode, devant lequel il vodiait forcer Teutberge à s'avouer criminelle; mais» inthnidés par les menaces du pape , les évêques se refusèrent à tremper dans cet odieux stratagème. Voyant que le pape ne tarderait pas à l'excommunier, Lothaire lui fit écrire qu'il traitait Teutberge en femme légitime et qu'il avait renvoyé Walrade. Cependant il savait que la
(1) Voici les passages les plus saillints de cette lettre, où se reflète toute la noblesse du caractère de Nicolas et sa profonde Intelligence. 11 blAme Irès-fortement Michel d'avoir forcé par la violence et par des eiécuttons 'plusieurs de ses sujets i abandonner le paganisme. « Personne , dlt-ll , ne doit être contraint à la fol ; rien de ce qal ne provient pas de la libre volonté n'est bien, w 11 réprouve l'usage fréquent chez les Bulgare.* de la peine de mort; Il déclare contraire ft tout droit divin et humain (a torture employée pour arrachfr un aveu aux accusés. SI d'un côté U fait on devoir aux Bulgares d'abandonner ce qui dans leurs anciennes coutumes etnit en desaccord avec leur nouvelle religion , U If s exhorte en revanche ft conserver ce qui dans leoni merars n'était pas contraire au christianisme et k garder ainsi leur caractère national. Aussi ne voalnt-II pas condescendre à leur demande de leur envoyer les recueils des lois romaines.
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NICOLAS
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fauMeté de ces déclaiationB Mrnit bientôt eoDDue. A bout d'expédients, il se jeta dans les bras de Louis Je Oarmantqee, auqoel il légua ia plus grande partie de ses États , et qui en revanche interoéda aotivement à Rome en faveur de son neveu. Mais Nicolas resta ÎDébranlable, et vers la fin d'octobre 867 il écrivit à Louis une lettre où il lui marquait du ton le plus ferme tout son mécontentement ^ur ce que le roi avait osé lui demander de consentir au divorce de Lothaire. Peu de jours après il mourut.
Nicolas fot un des plus grands caractères du . neuvième siècle. D'une charité inépuisable , il venait au secours de toutes les misères ; le peuple de Rome l'adorait. Il tenait à cœur surtout de A«e maintenir avec une fermeté qui ne se démentit jamais les principes austères du christianisme. S'irritant de la licence générale introduite par . l'indignité des souverains de l'Europe, il forma •Je projet d'élever sur les débris de l'empire de .Chariemagne un royaume plus vaste, où la re- >ligion devait régner sans partage par l'intermé- -dfairb des successeurs de saint Pierre; et il par- « vint à réaliser en partie oe dessein hardi et gêné- ■Rux , nais qui demandait, peur être continué au MproAt de l'humanité, que les papes fussent aussi :irrépfochables que l'était Nicolas. On ne saurait -roiaix définir les résultats immenses que ce ipontffe obtint pendant on règne de quelques années que ne Ta fait Réginon par ees quelques mots : « Depuis les temps de saint Grégoire 1'^ il n'y eut pas sur le trône de saint Pierre de pontife comparable à Nicolas ï". Il a «dompté des rois et des tyrans ; il a gouverné le monde en matire; il était doux et plein de mansuétude envers les évèqnes et les prêtres qui avalent de la piété ; mais envers ceux qui manquaient de vertu et de eonseience, il -était terrible, ot Ton peut dire en vérité : C'était m nouvel Ëlie. » £.- G.
Aasstaftr ic Blbllnth^calre, ftt» PontlfUmm. — Pnidence , annales, — Hincmar, Opéra { jMuém ), «urtoot Chronicon et Annales. - Man^l, Concilia, t. XV. — fteglnon, Chroniron. — Radolfas, Annales FUldenus, <— jtmtalts Treeenan. — Gfroerer, Kirckengetekichte , U Ul. rt GeuhiehU ûjtr Carotiager, 1 1.
NICOLAS II (Girard de Bourgo^e), cent cinquante - neuvième pape , successeur d'Étienne IX, né au château de Chevron, en Savoie, mort à Florence, le 22 juillet 1061 . Après la mort «l'Etienne IX, Grégoire, comte de Tnsculum, se mit à la tôte d'une faction poissante, et les armes h la main (tt rt connaître poor pape Jean, évéque de Yclletri, connu sous le nom de Benoit X, Les cardinaux protestèrent contre cette élection illégale ; mais les uns durent se cacher, les autres s'enfuir, et le cardinal Pierre Damien fut forcé de couronner le nouveau pape. Sor ees entrefaites , le cardinal Hildebrand , prudemment envoyé comme négociateur an Allemagne , arriva à Florence, où il apprit la violence qui venait d'avoir lieu. H écrivit aussitôt aux cardinaux, et de leur consentement proclama Girard, évoque
de Florence, successeur d'Etienne IX. Grâces la proteotlon de Godefroy, duc de Lorraine, Télection se fit paisiblement à Sienne (28 décembre 1066). Lenonveau pape prit te nom de Nicolas il, et assembla aussitôt à Sutri un concile qui déposa Benoît X. Gelui*ci n'Opposa aucooe résistance, et Nicolas pot entrer à Rome. Pour prévenir le retour de nouveaux excès lors des âeetiens pontificales, Nicolas réunit un second concile à Rome, et le chargea de r^ler soicmieîlement la marche à suivre en pareil câs. Le concile arrêta qu'aussitôt que la mort du pape serait connue, les cardinaux-évêques s'occope> raient les premiers du choix d'unsncœsaear, qoe les cardinaux-clercs seraient ensuite afipelés à te prononcer, et qu'on en référerait en dernier lies au bas clergé et au peuple. Dans le cas où nne faction dominerait dans Rome, l'élection puunait être faite dans une ville quelconque ; et que « les événements interdisaient l'intronisatinB înmédiate du nouveau pontife, il n'en serait pas moins dans l'intervalle reconnu et obéi comme tel. Après le concile, Nicolas partit pour k Ponille , où l'appelaient les Normands , réeotas À rentrer, en grtee auprès du aaint-aiégr , et à restituer les domafaies eodésiastiqoes dont Is s'étaient emparés. Le pape cherchant l'appui des Normands» abandonna à Richard, l'oii de leor^ chefs, la principauté deGapoue,et laissa à Rohert Guiscard la Pouille et la Calalwe ; en leur «nposant toutefois une redevance annuelle qui le« constituait ses vassaux. Telfè est l'origme do droit de suzeraineté que les papes ont toajoan prétendu sur le royaume de Naples. Les >crmands, plema de reoonnafesanee, aooompagnènst Nicolas jusqu'à Rome, et le délivrèrent de piesieurs seigneurs qui avaient uanrpé des terres appartenant à l'Église, et qui exerçaient sur elfe une influence dangereuse. Il conserva jusqu'à sa mort l'^vêché de Florenœ; et envoya l'année même de son élection deux légats en Franee pour assitHer au sacre de Philippe I*'.
On tnMve neuf lettres de Nicolas fl dans la CoUêdion éet conciles de Laltbe, tome IX, pages 1092 è 1097. Le décret de ce souverain pontife sur l'élection des papes a été insété dans le tome III du Corpus Mêtorije nrdii Kvi de ■ G. d'Eokhard. On a publié curore : Eptstolx Siephani iX, meoiai li, et Aiesêmdri iffponiijtcum romanomm^ad Gervamms, remensewi arcAlepéscopum, ex àthUotheea PapirH MaaMoni ( Paris, 1910, iii-8* ).
A. FaaNUiit.
yua JVfootai Ti |mjnp, •» cor^nmli Armgmio; «Uih Mantorl, Bemm itaUetmm tetipUns, Ul. Mi. — iTùf. lut, de la France^ VII, M. - Btroulus, jimneUés enksiastiei, XVir. l«. - Allrt», HtU. des papes. I,sa. - Ughelli, Italia usera. — A. QefareUl. Jjê Mfe ée pcmtffiU, — Fh. làffé, Bêpesia posUif^am rtmimurim.
. Niosuis 111 (JetfR-Gaéton ûamt), cent quatre-vingt-quatoTBiènie pape, soœesaeor de Jean XXI, né à Rome, mort le 23 aoAt t»G II était caidioal diacre et biquiiilene flteéral de la
foi ; pea après son élection, qui eut liea à Viterbe (25 novembre 1277), il se rendit à Rome, où il fut sacré et couronné le 26 décembre 1277. La réserre et la prudence dont il avait donné des preuves avaient fait concevoir à son égard des espérances qui ne furent pas réalisées. Son attachement excessif pour sa famille l'entratna bientôt dans une voie funeste; et quand il s'agit de Tenricbir, il ne craignit pas dç prCter les mains aux plus révoltantes injustices. Appliquant les mêmes principes au gouvernement du saintsiége, il se montra jaloux surtout de <;es intérêts temporels. Il parvint ainsi à obtenir de Rodolphe de Habsbourg Bologne» Imota, Faenza» Forli, Ravenne, Rimini et Urbih (30 juin 1278); et en revanche il releva Tempereur du vœu qu^il avait fait d'aller en Terre Sainte. Charles d^ Anjou régnait alors en Sicile ; Nicolas voulut unir un de ses neveox à la nièce de ce prince; celuici refusa, et répondit à l'envoyé du pape : « Bien que Nicolas ait la chaussure rouge, son État n'est pas héréditaire, et sa famille n'est pas digne de s'unir à la nôtre. » Le pape dissimula d'abord son ressentiment; puis, s'alliant avec Rodolphe de Habsbourg;, il enleva au roi de Sicile ses charges de vicaire de l'Empire et de sénateur romain. Son désir de vengeance n'étant pas encore assouvi, il conclut plus tard avec le roi d'Aragon une ligue qui produisit, sous le pontificat suivant, l'horrible massacre connu^ous le nom de Vêpres siciliennes. Nicolas/' accepté comme médiateur dans le différend t\u\ s'était élevé entre le roi de France Philippe le Hardi et le roi de Castille, chercha vainement à réconcilier les deux adversaires ; on ne put même s'entendre sur le choix d'une ville pour les conférences préparatoires. Il ne fut pas plus heureux dans ses rapports avec l'empereur Michel Paléologue, qui désirait la réunion des deux Églises (1280). Nicolas III mourut d'une attaque d'apoplexie près de Viterbe; mais son corps fut transporté à Rome et déposé dans l'église Saint-Pierre qu'il avait presque entièrement reconstruite. 11 eut Martin IV pour successeur. A. F.
ytta meoUii II/, e» ms. Benuwdi CtUdmtUt et rUa
liicolai III ri Ms. bibliothecœ Àmbrwianat, daos Maraforl , ieriptores rerum ttaiicarum, III, 606 et 60S. — Baroniiia. annales êeeteiiaêtirt, XXII, «S6. — Brnys, JJist. des papei, ill, m. — Labbe , Saerotaneta €0»eliia^ XI, lOts. — Jbréçé ekronoioi/ique d« ekisMre ced^siuttiqw. 11, si. - AUetz, Htst. des papes. II, 19.
KICOLAS IV (Jérôme cTAscoH), cent quatrevingt-dix-septième |>ape, successeur d'Honorins lY, mort le 4 avril 1292. Après la mort d'IIonorius , les cardinaux se réunirent en conclavi' près de Sainte- Sabine; mais une épidémie se déclara dans cette ville, six ou sept cardinaux moururent, les autres s'éloignèrent; un seul resta et fut épargné ;. c'était Jérôme, évêque de Pâlcstrine. 11 fut élu À l'ananimité, huit mois après, par les cardinaux,Ta8semblés de nouveau (lô février 1288). Nicolas IV, entré fort jeune dans l'ordre des Frères mineurs, en avait, mal-
gré lui, été fait général en 1274 ; on fut également obligé de forcer sa volonté pour lui faire accepter le cardinalat, et on eut beaucoup de peine à obtenir son consentement lorsqu'il fut élu pape. Dès le commencement de son pontificat, il favorisa le parti gibelin , auquel il était attaclié par des liens de parenté, et se déclara protecti'ur de la famille de Colonne, dont Pierre, qui en était le chef, fut même créé cardinal^ quoiqu'il fût marié. Le sort des chrétiens établi» dans la Terre Sainte attira bientôt l'attention de Nicolas. Le roi de Chypre, qui venait de perdre Tripoli, demandait instamment des secours; le pape lui envoya quelques troupes, et ordonna une croisade, promettant indulgence plénière k tous ceux qui y prendraient part (6 janvier 1290). Sur ces entrefaites, la ville d'Acre fut prise par les infidèles; Nicolas redoubla d'activité, et envoya des légats en France et en Angleterre; mais il était trop tard. Ni Philippe le Bel ai Edouard 1*' ne ooDsentirent à se dévouer à la défense d'une canee évidemment perdue. Le pape contmua pourtant de s'occuper de cette expédi> tion, dont le projet ne fut définitivement abandonné qu'à sa mort. JXicotas est le premier religieux des Frères mineurs qui aoit monté sur le ti'ône pontifical; on ne doit donc point s'étonner qu*il ait aooordé de grands privilèges à cet ordre; il le déclara directement soumis au saint-siége et exempt de toute autre juridiction ; il reconnut tous les imnoeubles qui lui apfjartenaient propriété de Saint-Pierre, et lo mit à la tète de l'inquisition dans le comtat Venaissin. Ce pontife était instruit pour son temps. On dit qu'il eut quelque part k l'établissement de l'université de Montpellier, et on lui attribue des Cornmeniaires sur l'Écriture sainte. Plusieurs de seslettres ont été publiées par BtKovius et parWadding. On a imprimé séparément : BuUa Nkco^ laipçpx IVadCluniacenses monachos, dan»
BulUc très romanorum ponlificum pro reformaiione et observantia regulari mona" cfiorum ordlnis SancH Benedicti abbatis ; Paris, 1616, in-8'*. Nicolas IV eut Céleslin V ponr successeur. A. Fbakxun.
J. Rossl ( Rubea^), f'Ua N\co!ai papm IF i Phe, nsi,, In-S*. - f'Ita'Mieolal papx IF, ex ms. Bemarài Cvidtmis, éBM Muratorl, RermmUaUutrmm seripiorês^ fil, us. ^ W«admg, annales ord. Jftaonim, et Scttiftmnt ord. Mlnorum. — Malnibourff , Hist des croisades, — CIteonlus, FiisB et res pettse ponU/tetn» romanorutn. — BarooKis et aajrmldl, jinnaie» ecdesUutiei. — J.*B».ite Gleo, Hist. ponti/lealé.
2C1GOLAS ▼, pafie, né à Pise (1), en 1396,. mort le 24 mars 1465. Avant d'être élevé À.U papauté, il s'appelait Thomas Parentucelli ; il était fils d'an médecin peu fortuné. Après avoir oommancé de très-bonne heure l'étude de la théologie à Bologne, il se vit obUgé, par son man^pie de ressources, d'acoepter un emploi do précep» teur à Florence, d'abord chez les Albizzî el enaoÙe
(1) Comme son père avait longtemps habité Sarzane , «a U s'éUlt marié, Nleolas, arant aon aTénement à la papauté, s'appelait aossl Thoinas de Sarzan».
NICOLAS
chez les Palla Strozzi. Il retourna à Bologne \ en» 1421, et y obtint le grade de maître en théologie. Peu de temps après H entra dans la maison du cardinal Nicolas Albergati , qui lui accorda toute sa confiance et auprès duquel il remplit pendant vingt ans les fonctions d'intendant et de secrétaire. Albergati alliait aux yertns les plus austères un goût éclairé pour les belleslettres ; il était en relation avec plusieurs des princii)aux humanistes de Tépoque, tels que Pogge et Philelphe. Le jeune Parentucelli les fréquenta assidûment, surtout lorsque Albergati, accompagnant le pape, se fut en 1434 établi à Florence. Dans ce centre du mouvement intellectuel d'alors, il eut ample occasion de sMnstruire dans le commerce des Bruni, Traversari, Manetti, Micooli et autres célèbres lettrés, auxquels il plaisait par sa vive intelligence et par son caractère ouvert et enjoué. Il employait toutes ses épargnes à augmenter sa bibliothèque, et copiait lui-même de sa belle écriture les volumes que ses modestes ressources ne lui permettaient pas d'acquérir. Les voyages qu'il fit en Allemagne et en France à la suite de son maître, envoyé comme légat dans ces pays, lui permirent d'explorer beaucoup de bibliothèques de couvent; il y découvrit les sermons de Saint-Léon :e Grand, plusieurs ouvrages d'Irénée et de Th(^ophile, jusqu'alors inconnus à Florence. Ce goût pour les Kvres loi valut d'être mis à la tête de la bibliothèque publique (la première en date dans l'Europe moderne) que Côme de Médicis venait de fonder, à la demande de Niccoli, dans le couvent de Saint-Marc. Il la fit disposer d'après un ordre de classement méthodique, qui fut suivi immédiatement pour les plus importantes collections de livres en Italie, celles du duc d'Urbin, d'Alenandre Sforce, etc. Parentucelli fut ainsi l'inventeur de fa science bibliographique. Dans les discussions suscitées par le concile convoqué à Florence, pour l'union des Églises grecque et latine, il se fit remarquer par son habileté dans TarguiLentation. Signalé ainsi à l'attention du pape Eugène IV, il reçut de lui une prébende. Après la mort A'Albergati, qu'il soigna jusqu'à la fin avec un dévouement filial , il fut en 1446 envoyé en Allemagne pour aider les légats à rompre Tunion des électeurs dirigée contre Tautorité pontificale. De retour en Italie, il fut appelé à l'évéché de Bologne et créé bientôt après cardinal. Au conclave ouvert par la mort d'Eugène, il allait voter pour Prosper Colonna, qui avait déjà presque les deux tiers des voix , lorsqu'il fut arrêté par le cardinal de Tarente, qui proposa la nomination de Parentucelli; en quelques instants celui-ci eut la majorité. Il fut couronné le 19 mars 1447, et prit le nom de Nicolas V, en souvenir d'Albergati. Reconnu immédiatement par l'empereur Frédéric III, il fit tous ses efforts pour éteindre le schisme , qui depuis huit ans désolait l'Ëgli^e. Il y parvint en 1449; l'antipape Féli\ Y renon^.a au pontificat, et fut nommé
doyen du sacré-collége et lé^t perpétuel en Savoie; les pères du oondle de Bâle et leurs adhérents furent relevés de TexcommunicatioD et recouvrèrent leurs bénéfices. £o 144S Nicolas avait fait mettre la dernière main au concordat d'AschafTembourg, qui régla jusqu'eo 1803 ks rapports de l'Église germanique avec le saiatsiége. Lorsqu'il apprit Tattaque de Mahomet U contre Chypre, il adressa aux princes deTEiirope les lettres les plus .pressantes pour la engager à combattre les Turcs ; en commun avec l'empereur Frédéric, qu'il couronna en 1452, i Rome , il essaya de décider la chrétienté à um nouvelle croisade. Ce fut en vain : Constaotinopte fut pris ; Nicolas ne perdit pas courage*, et envoya de fortes sommes à Scanderberg, qui résistait aux Turcs avec succès. S'il ne négligea aucun de ses devoirs de commun pasteur des fidèles, il ne mit pas assez de soin dans l'administration temporelle de ses États, surtout de la ville de Rome. Les grandes idées qui le préoccupaient, et sur lesquelles nous allons revenir, lui faisaient tenir peu de cas des doléances des Romains, qui, après avoir pendant tant d'années joui d'une grande liberté , ne pouvaient s'habituer à ne plus être consultés sur les aflaires publiques. En 14&3 Etienne Forcari, gentilhomme romain , d'un esprit ardent et généreux, mais chimérique, fse mît à la tête de plusieurs centaines de conjurés, décidés à arracher au pape la reconstitutioo et la république; trahi et arrêté avec ses principasx compiicâs, il fut ainsi qu'eux exécuté par ordre de Nicolas, auquel on avait fait croire qoib avaient eu le dessein de l'assassiner.
Ces événements, les principaux du pontificat de Nicolas V, ne sont pas ce qui l'a rendo si célèbre; ce pape est surtout connu dans l'histoire comme un des plus généreux protecteurs des lettres et des arts, qui aient jamais existé. Possédant des connaissances variées, un peu superficielles il est vrai, il prenait l'intérêt le pla« vif à toutes les branches du savoir humain. Pteia d'idées de gloire, il avait à coeur de faire de Rome le centre intellectuel de l'Europe. Il employa à cet effet toutes les res.<:ources de ses finances florissantes , et s'attacha, afin de n'en avoir rien à détourner pour la guerre, à se maintenir en bonne harmonie avec les princes et les républiques de ritalie, qui continuaient à s'épuiser dans des luttes sanglantes. li attira auprès de loi, en les comblant d'honneurs et de pensiotts, la plus grande partie des principaux humanistes, tels que Pogge, Manetti, Auris|)a, Decerobrio, et même L. Valla, qui avait cependant attaqué avec violence les moines et l'inquisition et qui avait argué de fausseté la donation de Constantin, sor laquelle en partie les papes basaient leur souveraineté tem^torelle. Ces lettrés avaient auprès de lui le plus libre accès, et étaient aussi avant dans sa faveur que les moines Tavaient été dans celle d'Eugène IV. Il prenait soin d'eux comme an père; ainsi il les emmenait tons avec lui eo élo
NICOLAS
daoft sa oésidenoe de San-Fabiano, où îl se mettait à rabri des épidémies; quelques cardinaux seulement partageaient avec eax ce priTÎIége. Cette brillante réunion de savants et de littérateurs, au nombre desquels il faut encore citer Georges de Trébixonde et Théodore de Gaza, n'a- ^t cependant pas le même caractère que le cercle des beaux-esprits qui au commencement du siècle s'était formé à Florence. Ceux-ci s'efforçaient avec un enthousiasme pur et désintéressé de ranimer chez leurs contemporains l'esprit des anciens; ils poursuivaient avec dignité leur noble bat de fidre avancer la civilisation. Les humanistes, accourus de tous côtés à Rome pour profiter des libéralités du pape , n'avaient pas conscience d'une semblable mission ; presque tous cupides et pleins de vanité, ils se jalousaient entreeux et cherchaient de toutes façons à se nuire routuellemeot. Le pape semblait prendre un certain plaisir à leurs querelles furieuses, et maintenait toiqours entre eux la balance égale; s'il abandonnait la direction des affaires politiques et ecclésiastiques à son honnête secrétaire Piero da Noceto , il ne marquait à aucun de ses lettrés,une prédilection exclusive. Ce qu'il leur demandait avant tout, c'était de rendre accessibles à tous par des traductions les trésors de la littérature grecque ; ce désir était digne de l'esprit éclairé du pape. La connaissance du grec était alors extrêmement peu répandue; Nicolas lui-même ne le savait que ^très-imparfaitement; avant d'être traduits, ou, comme l'on disait, donnés à la latinUé, les chefs-d'œuvre des écrivains grecs n'étaient que lettre morte, même pour la majorité des personnes instruites. Les principaux auteurs traduits à la demande de Nicolas sont Thucydide, Diodore de Sicile, Appien , Polybe, Strabon etPlutarque ; d'Aristote on traduisit la Physique f la Métaphysique t VÉlhiquê^ les Problèmes; de Platon la République et les Lois, Il fut encore donné des, versions de plusieurs ouvrages des Pères de l'Église grecque; Nicolas chargea aussi Manetti d'entreprendre sur les textes originaux une traduction entièrement nouvelle de la Bible, et il ne se formalisait pas de voir ce savant s'écarter à ce sujet des opinions de saint Jérôme. Une de ses idées favorites était de faire traduire en vers hexamètres les œuvres d'Homère; elle l'occupait encore à son lit de mort; il venait de faire offrir à Philelphe, pour le déterminer à se charger de ce travail, une maison à Rome montée sur un grand pied, une maison de campagne, une pension considérable, en sus de celle que cet humaniste touchait déjà sur la cassette du pape, et de plus dix mille zecchiaes quand l'ouvrage serait terminé.
Nicolas resta snr le trône pontifical comme dans sa jeunesse, un collectionneur passionné de beaux livres, ce qui mit même de la froideur dans ses relations avec le cardinal Bessarion, qui avait le même goût.
Nicolas fit faire par son envoyé Alberto Enoche des recherches.dans presque toutes les bibliotlièques de l'Europe, pour y découvrir des manuscrits précieux , qu'il achetait ou faisait transcrire par ses nombreux copistes. Enoche rapporta beaucoup de manuscrits très-anciens et de la plus grande valeur; mais il ne découvrit en fait d'ouvrages inconnus que le Traité de cuisine attribué À Apicius et le Commentaire sur Horace de Porphyrion. Les volumes acquis par le pape et munis sur ses ordres de reliures magnifiques montaient à sa mort, selon des constatations certaines, au chiffre de cmq mille. Ils devinrent le fondement de la célèbre bibliothèque du Vatican, créée véritablement par Nicolas Y; avant lui elle ne contenait aucun ouvrage remarquable, comme nous l'apprend Ti-aversari, qoi l'avait examinée anx temps d'Eugène lY.
Nicolas mit aussi un grand zèle à orner Rome de monuments superbes , dont les plans lui étaient fournis par Bemardo et Antonio Rosellini et par le célèbre Alherti. Après avoir fait relever les murs d'enceinte et restaurer les principales églises, il posa les fondements du célèbre temple de Saint-Pierre. A Spolète, Orviète, Civita'Vecchia, et dans d'autres villes , des palais , des ponts, des aqueducs témoignent encore aujourd'hui des goûts de ce pape pour l'architecture; c'est lui qui a fait construire les bains de Yiterbe. Les autres arts n'étaient pas moins encouragés à sa cour, où régnait le plus grand luxe. L'intérieur du Vatican fut orné de fresques par Piero délia Francesca et Fra Angelico; ce dernier fut chargé de décorer l'oratoire particulier du pape; les admirables peintures qn'il y exécuta existent encore aujourd'hui.
Au milieu de toutes ces splendeurs, Nicolas conserva toujours son caractère affable, loncièremeot bon, plein de probité et de franchise. D'une vivacité extrême, il parlait rapidement et avec fougue ; il se mettait facilement en colère lorsqu'il était contrarié, mais s*ap<iisait aussi vite. H était l'ennemi de toute contrainte cérémouiale, et abhorrait tout ce qui sentait l'hypocrisie. Le seul reproclie à peu près qu'on ait pu lui (aire, c'est qu'il aimait un pen trop le vin. Quant à son portrait physique, Nicolas était maigre et de petite stature; il avait les yeux petits, mais étincelants et toujours en mouvement. £. G.
Vespaslano, A'icola F (dans Moratorl, Scriptùres, t. XXV ;. ~ Maaettif f^tta Jftcolai f^lmème recneilj - JEnta» SjWlas, Historia Fridertei III. ~ PlaUna, f^UmpoMyteum. » Glorgl, rUa Nlcolai f . * 0. Volgt, Die U'UdTbtlebung des cUuslschen ^iUrthuwu ( Berllo, 18S9, p. 187-966). — Stefaoo lofexsara, Diarioromano.
NICOLAS on NiBLS , roi de Danemark , tué le 25 juin 1134. Élu à la royauté en 1104, à la mort de son frère Eriii, il eut peu de temps après à soutenir une longue guerre désastreuse contre son neveu Henri , prince de Wagrie, qui n'avait po obtenir de lui la part des domaines royaux qui lui revenait du chef de sa mère , sœar de Nicolas. Après dix ans de succès, Henri com-
NICOLAS
nença d'épitrover des rerers lorsque le roi eut confié en 1115 le goarernement du SIesyig à son antre nereu, Canut, (ils d*Erik» et il consentit enfin à se désister de ses prétentions moyennant une somme d'argent. Ce fbt encore Cannt qui mit fin à la lutte sanglante qui s'était engagée entre ses deui frères, Harald et Erik. L'autorité croissante que son courage et ses rertus lui valaient dans tout le royaume, surtout depuis que l'empereur Lothaire Tarait couronné comme roi des Obotrites (11^), excita ta jalousie de Magnns, fils de Nicolas et de la princesse de Suède Marguerite, lequel venait en la même année 1129 d'être élu roi de Westgothiand. Cédant aux suggestions de son neveu Henri le Boiteux , et craignant qu'à sa mort Canut ne fût choisi pour lui succéder, Nicolas consentit à ce qu'on attit^t ce prince dans un guet-apens, oà il fut assassiné par Magnus (7 janvier li:>l). Ce crime causa dans le pays une extrême animation contre le roi et son fils ; Nicolas se vit obligé de sanctionner la décision de l'assemblée de Ringstedt, qui bannit le meurtrier. Quelque temps après cependant il rappela Magnus ; à cette nouvelle les provinces de Seeland et de Schonen proclamèrent roi Erik, frère de Canut. La guerre civile éclata. Erik fut d'abord soutenu par l'empereur LKhaire, qui Tint à son secours avec une armée ; mais à la vue des préparatifs fonnidables de défense disposés par Magnus au Danawirk, Lothaire se contenta de la déclaration que Magnus lui apporta au nom du roi avec quatre mille marcs d'argent, et- par laquelle Nicolas reconnaissait la suzeraineté de l'Empirei Erik, borné à la défensive, vit son propre frère flaraid se liguer contre lui avec ses ennemis ; par des machines de sièges qu'il fit construire par des Allemands, il parvint à s'emparer du repaire fortifié d'où Harald exerçait ses brigandages. Mais en 1133, attaqué par des forces supérieures , il se vit obligé d'évacuer le Seeland et de se réfugier en Norvège. Pour se venger des Allemands , Harald fit couper le nez à tous les individus de cette nation qui se trouvèrent à Rœskilde. Pour apaiser la colère que Lothaire éprouva en apprenant cet acte barbare, Nicolas dut envoyer Magnus à la diète de Halberstadt (Pâques, 1134) et faire promettre que dorénavant aucun roi de Danemark nv ceindrait la couronne qu'après y avoir été autorisé par Pemperenr. Le 4 juin de la même année le roi et son fils débarquèrent avec vingt mille hommes à Fodvig, dans le pays de Schonen, où Erik avait depuis quelque» mois rétabli son autorité. Erik leur livra bataille avec une cavalerie beaucoup supérieure à la leur, et les défit complètement; Magnus fut tué; Nicolas parvint à s'échapper, et alla se réfugier à Siesvig; il y fut massacré par les membres de la gilde , qui vengèrent ainsi la mort de Canut , qui avait été leur protecteur. Autant le règne de son prédécesseur avait été heureux, autant le sien fbt nuisible à la prospérité du pays. O.
Saxo GraroniatfcQ^. — Hehnoldo*. — Robert <n!lglt.> IjÊçmdade S. Canuta dmcê i ûm.% les icrépCorci et lagtéeeMt i. IV). — Chronicon StaJandim {même rtmi, t. II). ' ^nonvnuu RoàkUdensis (ibidem. tM). - itnalista Saxo (■noées 1191 et nU). - nihlacoB, CitekUMë DanêmaHa, 1. 1, p. Hi-ais.
mcoLAS de Damas (Ntx69Lso; Aafiuxiivé;), historien grec, né à Damas, en 64 avaat J.-C., mort vers le commencement de Tèfe chrétiefliK. Il était fils d'Antipater et de Stratoraee. Soi père, orateur estimé, rempKt les plus hautes migistratnres à Damas et fut employé dans divers! amba.ssades. Nicolas reçut une excellente éducation, et, s| l'on s'en rapporte aux détails o» signés par lui-même dans le récit de sa vif, il montra de bonne heure de brillants taldits. Eicore enfant, il composa des tragédies et des comédies qui furent reçues avec app*audi86eiimi(; mais il quitta tiientôt la poésie pour se «ensacnr à la rhétorique , à la musique, aux roathAntiques et à la philosophie. Il s'attacha partioe- Iièrem%nt aux doctrines d'Arislote, et mériti je titre de péripatéticien. Dans ses études de fWlosophie et de rhétorique, il eut pour caii>ar*ie Hérode, et forma avec ce jenne horaBje, destiie au trône de Judée, une amitié dursMe. On k sait à quelle date commença leur liaison, ni a Nicolas fut immédiatement attaché à «cro* comme secrétaire ; mais la suite des événeroenU noBS les montre constamment ensemble. ï^ 16 avant J.C Nicolas, père' de famille et prtti partir pour Rhodes, où se trouvaient vs fiSf obtint d'Hérdde qu'il intervieadrait en hftvr des habitants d'IKon, condamnés è une fort? amende par Agrippa. L'amende fat remise. î6colas défendit également devant Agrippa h cw* des Juifs, qui étaient accablés de vexations «tas l'fonie. Vers le même temps il s'entretint awc Hérode des avantages qu'un prince peut fffirer de la lecture de l'histoire. Le roi de Jf*^^ si frappé de cette observation qu'il daww* aussitôt à son secrétaire de contpiler db to)'™* neux ouvrage snr l'histoire universelle, ^^c^ s'était déjà mis à l'œuvre lorsqu'il accompagM à Rome Hérode, qui allait visiter Aognsle. Il « rendit agréable à l'empereur, et se chargeai lui envoyer des dattes de Syrie, cboiaes ««« soin. Auguste apprécia si bien cette préteofflire qu'il donna aux dattes 4e nom de Nicolûs. Pa» après, Hérode remporta sur quelques chefsïwte des succès qui excitèrent la défiance et te ctm d'Auguste. L'empereur déclara qu'il n'**^' trait pas même les ambassadeurs que l« P""^ juif lui enverrait. Hérode eut alors reconn « finfluencc que Nicolas possédait sw Angude. L'habile négociateur parvint à détoomcr tort* la colère de rcmpcreor confie les Arabe» « â rétablir l'amiHé entre Hérode cl lui. Hftl tnm heureux lorsqu'il intervint dans ^,^f^ domestiques qui ensanglantèrent la maison dl^ rode. Ses bons conseils n'empêchèrent pM^ prince de sacrifier à d'aveugles soopçons d^ de ses ûls, Alexandre et Aristobnie. Inantre w
NICOLAS
d*H4«ro(1e, AntifMiter, principal instigBteor i)e It mort (le ses A-ères, fat Inentôt après convamca d'avoir voulu faire périr son père, et oondamné à mort par un tribunal que présidait le préfet de Syrie, Quintilins Varns. Nicolas remplit dans cette assemblée le rOle d'accusateur. Après la mort d'Hérode, il défendit auprès d'Auguste et fit triompher les droits d'Archéiaûs au trOne de Judée. Ici s'arrête ce que l'on sait de Nicolas de Damas. Peut-être termina-t-il ses jours à Rome, peut-être alla-til les achever à Apollonie; ce fut là du moins qu'il écrivit sa Vie tTAugmte. Dans sa vie privée et dans ses relations sociales, il était aimable et obligeant. Quoiqu'on lui ait reproché d'avoir été le flatteur d'Hérode et d'Auf^iste, il était loin de rechercher la société des grands et des puissants; il préférait plutôt la compagnie des plébéiens, et on l'en blâmait à la cour (l'Augoàte. Les ouvrages de Nicolas de Damas comprenaient des œuvres poétiques, des œuvres philosophiques et des œuvres historiques. Les tragédies et les comédies de sa jeunes;» périront vite, et il n'en reste que des traces douteuses. £ustBthe, dans ses notes sur Denys Périégcte, parie d'un drame de Sosannîs (Sw. <T<xvvriC ), par un Damascène. On ignore s'il s'agit ici cit' Nicolas de Damas, ou de Jean de Damas, auteur d'hymnes ecclésiastiques. Stobée cite un fra<;ment de quarante- quatre vers, évidemment tins d'une pièce de la comédie moyenne ou de la nouvelle, et qu'il attribue à un Nicolas; l'indication est bien vague, et il se peut qu'au lieu de Nicolas il faille lire Nicostrate ou Nicomaque. De ses ouvrages philosophiques, qui étaient en partie des paraphrases d'Aristote, il ne reste que de brèves indications dans les Commentaire» de SimpKcius sor Aristote. Ses ouvrages historiques sont : 'loToptac ou 'loropia xaOoXix^ ( Histoires ou Histoire universelle), en 144 livres : cet ouvrage était une compilation faite à la hâte et sans beaucoup de critique ; il commençait à l'histoire des Assyriens et des Alides et se terminait aox événements contemporains de l'auteur; — Bio; K«iff«po; ( Vie d' Auguste) , perdue comme l'ouvrage précédent et cpnnue seulement parles Extraits de Constantin Porphyrogénète; — Hepl Tw 18Î0U piou {Histoire de sa vie), perdue à part quelques extraits; — napaSô^cov i6<tf*^ (jwccfùojfi, recueil des ciirioaités des mœurs des difTérento peuples, connu par d'assez nombreuses dlations de Stobée. Les trois prineipaux ouvrages de Nicolas de Damas, ses Histoires, sa Vie d*Àuçuste, et VHistoire de sa vie étaient Importants pour le règne d'Augoste, période sur laquelle on a peu de renseignements détaillés; bien qu'ils ne fessent pas écrits avec ane parfaite sincérité et qu^s continssent beaucoup de flatteries à regard dliérode et d'Auguste, on doit en regretter la perte. Les Fragments de Nicolas de Damas parurent d'abord dans une traduction latine de N. Cragius; Genève, 1593, in-4°. Le texte grec avec une traduction latine fut publié
I pour la premièn* fois par ITenri de Valois, dans ses Excerpta Potgbii , Oiodori;9miB, 1634, in-4*'. J.^C. Orelli en donn«v«ne édition beau* coup plus complète et plus soignée, Leipzig, 1804, in-s**, avec un supplément (1811) contenant des notes et des corrections par A. Coray, Creuzer, SchweighKfuaer, etc. Le nombre de» fragments publiés dans ces diverses éditions n'est guère que le quart de ceux que nous possédons aujourd'hui, et qui ont été tirés des manuscrits d'Bxcerpta de la bibliothèque de l'Escnrial. M. Miller signala ces nouveaux fragments, et M. C. Mfkller aHa les copier en Espagne ; il les inséra dans ses Fragmenta historicorum grmeomm, t. III, p. 343, dans la BibUothèque grecque de A. -F. Didot. l.e plus important des nonveaux fragmentsappartient à ta vie d'Auguste, et renferme nn récit tfè^intéresaant et neuf sur certains fioints de la mort de César; il a été poMié 91'pttrément par M. Picco'os avec une traduction française par M. Alfred Didot; Paris, 1850, in-8». L. J.
Snliias.au mot N'.xoXaoç. — Sévln, tiechtrehet sur rkittoire de fa vir et des amrra^» de ffUoUu de £)amas, dan.s Irs Mémoires de VJcadémWdes inseripUêns,
t. VI, p. 496. — C. Mftilpr, pré/ace de son édlUon.
NICOLAS, évèque de Modon (Péloponnèse)»
à la 4in du ouzième siède. On connaît peu de chose de sa vie ; mais, au jugement de M. Ullmaon, il est., par ses écrits, .un des hommes le» plus distingués de son temps. Sa théologie est fortement imprégnée de .néoplatonisme. C*est ainsi qu'en prétendant, comme le Pseudor-Deois l'Aréopagite, que nous ne pouvons nous faire une idiée de Dieu que par analogie et que nous n'avons pas de termes suffisants pour exprimer le divin, il entre dans les plus grands détails sur la Trinité, sur les rapports des trois personnes qui la composent, etc. On a deiui ; Libellas de corpore et jsmguine Càristi, grec et latin dans le t. II de la Bibliotheca Pairum de Dn Duc (iitic/nr-itttn Ducxanum)', 1624, in-fol.; — 'Avdirru&C tfic OcoXovucî); axov/jMifn»ç np6iUou itXaromMoO (Réfutation de l'institution tbédogique de Proclus le platonioicn ), éd. Wosmel ;. Francfort, 1825, in-8*; — Hiicolai Methonensis aneedoia ; 1825 et 1826, 2 part. Parmi ceux de ses ouvrages qui sont restés inédits, on cite Tractatus très de proeessione Spiritus sancU; — De fninuUu pepa, etc. M. N.
numann . NiMitms von Mètkùnê, dan» Thnlog. ttudienund rrttUm; 1889, 8* litr. — Setaro, Mcolaus Mrtiumensis, Ànsetmus CatUuriensiSf Hugo Crotiu», quoad saU^f€^et»mi»doeMmun; HcUrlbenri isss, tn 4*.
HIGOLAS, religieux bénédictin, né en Champagne, mort après 1 176. Après avoir embrassé la vie religiense, dans l'abbaye de Mootier-Ramey, près de Troyes, il se rendit à Clairvanx , en 1145, et 7 devint on des secrétaires de saint Bernard. C'était un habile liomme, instruit, lettré , qui s'exprimait en latin avec beaucoup d'élégance; mais, suivant saint Bernard, il finit par faire un bien mauvais usage de son saYoir
NICOLAS
et de son talent. Enfin, après avoir commis de nombreuses fourberies, il sortit de Clainraux en 1151, et l'illustre abbé fut obligé de le dénoncer au pape Eugène comme un voleur de livres, d'argent, comme un faussaire. Son principal artifice était, suivant ce qu^il rapporte, d*écrire des lettres dans l'intérêt des personnes qui payaient ses honteux services , et d'apposer à ces lettres des faux cachets. On croit qu'il se retira en Angleterre. Cependant on le voit plus tard rentré à Moutier-Ramey, y jouissant de la meilleure réputation , patroné, recommandé, remercié dans les termes les plus honorables par les papes Adrien lY, Alexandre III, et devenu secrétaire ou chancelier du comte de Champagne, Henri le Libéral. Avait-il donc été mal à propos accusé par saint Bernard, dont la vi^vacité habituelle peut bien être soupçonnée de quelque emportement, et conséquemroent de quelque injustice.' C'est ce qu'on n'est pas en mesure de vérifier. Nous avons de Nicolas des Lettres, au nombre de cinquante-cinq , qui ont été publiées dans le t. XXI de la Bibliothèque des Pères. Ses Sermons, au nombre de dix-neuf, se trouvent dans la Biblioth. de Citeaux, t. IIL B. H.
s. Bemardt Epittolas, pastlou — Hist. UU. de la France, t. XIII, p. SSS.
KICOLAS Cakabé, proclamé empereur de Constantinople en 1204, et mort au bout de quelques jours d^un règne nominal. Lorsque les Latins eurent rétabli sur le trône Isaac l'Ange et son fils Alexis, la population grecque supporta avec impatience les maîtres que les étrangers lui avaient imposés. Des conspirations se formèrent ouvertement contre les deux princes; mais s'il était facile de les renverser, il n'était pas aussi facile de leur trouver un successeur qui bravât les dangers d'une lutte contre les Latins. Le 25 janvier 1204 le clergé, le sénat et le peuple se rendirent à Sainte-Sophie et délibérèrent sur le choix d'un empereur. On jeta successivement les yeux sur plusieurs sénateurs ; mais aucun n'accepta le trône. 11 fallut remettre la délibération , et trois jours plus tard un jeune homme de famille noble, plus faible ou plus hardi que les autres, consentit à recevoir la pourpre impériale. Nicolas Canabé avait, dit-on, de l'esprit, de la douceur et ne manquait pas de courage ; mais il ne fit que traverser la scène politique comme une apparition fugitive. A peine avait-il reçu le vain titre d'empereur, qu'Alexis Ducas Murzuphle, renversant le vieil Isaac, qui mourut de frayeur, et le jeune Alexis, qui fut jeté dans un cachot, se saisit de l'autorité suprême et envoya Canabé rejoindre Alexis dans le même cachot. Quelqus jours après (8 février) Alexis périt égorgé, et Nicolas Canabé disparut. On pense qu'il fut rois à mort par l'ordre de Murzuphle. L. J.
NleéUa, Isaaeius et AUxUftiia». - Le Beaa, Hitt, du Bas-Empire, l. XCIV.
NICOLAS, philosophe scolastique, naquit probablement à Amiens, d'où sa dénomination I
de yicotas d^ Amiens , et moorut aprfes 1204. M. Petit-Radel démontre iiarfaitement qo'oo ne doit pas confondre Nicolas d'Amiens avec un cardinal Nicolas qui vivait en 114j. Mss il s'agit, en outre, de savoir si notre docteur ne serait pas la même personne qu'un diadpie de Gilbert de La Porrée , décooTert pir Martène et Durand dans leur second Vofo^e littéraire, et désigné par une note manoscnte comme ayant exposé plus clairement les opiaiob de son maître. M. Petit-Radel admet plus tolontiers cette identité. Elle lui semble toutefoU douteuse. Un disciple de Gill>ert de La Porrée n'eût pas manqué , suivant ce critique, de ptf* 1er dans ses livres la langue sophistique de féoole, et les écrits de Nicolas d'Amiens lui paraissent purs de tout sophisme. Assurément H. P^ tit-Radel ne les a pas lus. Dans le seul opoiCBlr de Nicolas d'Amiens que possèdent nus bibliothèques publiques, nous retrouvons , en eifet, l'idiome scolastique du douzième siècle, avec tous ses néologismes et toute son audace : il y a plus; nous y remarquons même la fréqooce de certaines locutions dont Gilbert de La Porree a particulièrement fait usage. Il n'est donc ps invraisemblable qu'il ait été, comme on Ta supposé, un des disciples de cet illustre maître. Ob a peu d'autres renseignements sur la Tie de Nicolas d'Amiens. Une lettre d'Alexandre IH nous apprend que vers l'année 1165 il ne possédait encore aucun bénéfice. Une prébende arait été promise à Nicolas par Thierry, évêqoe d'imiens. Thierry étant mort, le pape ordonne q« son successeur Robert remplisse au pins lot cette promesse. Nicolas jouissait donc à Rome d'uii grand crédit. Mais par quels services s'élait^I concilié le puissant patronage d'Alexandre? C^est ce que nous ignorons.
Ses écrits aujourd'hui connus sont ooe Chronique, signalée par Montfaucon dans la bibliothèque du Vatican, et un traité que possède la môme bibliothèque ainsi que la Bibliotbèqoe inpériale, à Paris, sous le titre de Ars fidei cail»licx. Ce traité n'ayant jamais été publié, il no«> importe de le laire connaître. Il est contenu dass le manuscrit du Roi inscrit sous le n" 6â06. Il commence par ces mots : « Indpil prologos in Artem fidei catholicx ediUm a Nicol») Andranensi (1). » Dans le prologue l'anteursadresse au pape Clément HL qui tint le W pontifical du 20 décembre 11 87 au 27marsn9|; ce qui nous apprend à quelle date Nicolas dAmiens composa son livre. L'objet de cet ouvrage est d'opposer une barrière à l'ennhissement des hérésies, et l'auteur déclare qu'il n'enploiera pour les combattre que des argomemi de l'ordre logique. Autrefois, il est vrai, on h» confondait par l'autorité des Écritures. Mais ifi
|iî Poar Jmbianensi. U maniucrlt eit looTcnt Ib«^ rect. Au Itcu de Andranenii, M. PcUt-«»*el i w^- Andratium. U Irtllé d'Alain de LUIe qui port» l«««^ •Itru est un Xbat autre ouvrage.
Écritnres sont tombées dans le mépris", il Taat désormais fout prouver suivant les principes d'Aristote, et mettre la foi d'accord avec la raison. C*est une entreprise devant Jaquelle l'auteur ne reculera pas. Il divise donc son traité en cinq livres ; le premier sur la cause suprême; le second» sur le monde, les anges, la création de l'homme et le libre arbitre; le troisième, sur le Fils de Dieu; le quatrième, sur les sacrements; le cinquième, sur la résurrection. Au commencement de chaque livre, suivant un procédé qui lui est particulier, il place plusieurs séries de définitions (descripimiei), de thèses ( petitiones) , de propositions universellement admises {commwies aninU concep- Hones ), qui devront servir de fondements à ses théorèmes. Ensuite, voici comment il raisonne. La définition de la cause est ainsi conçue : " La cause est ce qui donne Tétre à une autre chose nommée le causé, » La première proposition universellement admise est celle-ci : « Toute chose tient son être du principe générateur de sa cause. » Maintenant voici le premier théorème : » Tout ce qui est la cause de la cause est la cause du causé. Soit, en effet, le causé A, sa cause B, et la cause de B C. » II argumente en énonçant d*abord la définition de ta cause, l*hypotlièse, la première proposition deux fois reproduite, et de nouveau la définition de la cause. Ainsi le théotëme est démontré. Cela dit, l'antear passe au théorème suivant, qu'il démontre en des termes encore plus brefs. M. Petit-Radel s*est donc manifestement trompé : Nicolas d'Amiens est un logicien ; disons même que sa lo- {;ique est d*one àpreté choquante , et qu'on ne rencontre pas au douzième siècle un autre docteur qui soit tombé dans le même excès.
La méthode de Nicolas d'Amiens nous est donc connue; mais il nous est moins facile de qualifier sa doctrine. Estelle nominaliste? Est-elle réaliste? Elle est réaliste par inclination; mais l'auteur évite avec tant de soin de déclarer son propre sentiment sur les questions controversées, qu'on ne sait trop dans quelle secte on doit le ranger. Son quatrième théorème ( livre premier) est ainsi conçu : « Neque subjectam materiam sine forma, neque formom sine subjecta maleria actu posse esse. » C'est une propo.sition téméraire. Elle est, il est vrai, conforme aux principes d'Aristote; Aristote n'admet pas l'actualité de la première des formes, l'Âme, à Tétat de substance séparée : mais Nirolas d'Amiens est-il du même avis.' Non sans doute. Ici donc il énonce une proposition dont il ne soupçonne pas toutes les conséquences. Il est, toutefois, certain qu'il repousse la thèse de la matière informe, considérée comme antérieure en ordre de génération à la matière informée : ce qui est la thèse des platoniciens, reproduite plus tard par Duns Scott. Nicolas d'Amiens est donc un réaliste très-modéré. C'est que le réalisme vient d'être condamné par l'Eglise dans
la personne même de son mailre, Gilbert de La Porrée. Aussi avec quelle prudence s'exprimet-il sur le théorème des attributs divins : « Deus est potentia qua dicllur potens , sapientia qua dicitur sapiens, caritas qua diligens ; cxteraque nomina qux divinx naturx dicuntur competere, de Deo licet improprie prasdicant divinam essentiam. » Ce sont les termes exprès de saint Bernard argumentant contre Gilbert de La Porrée devant le concile de Reims. B. Hauréau.
IJM. Utt. de la France, t. XVII, p. t.
NICOLAS de Brai, poète latin moderne, né vers 1160, mort vers 1230. On ne sait rien sur sa vie. Cependant on admet volontiers, sur une conjecture de dom Brial, qu'il était doyen du chapitre collégial de Brai, en Champagne. Il est auteur d'un poème historique intitulé : Gesta Ludovici VUI , qu'André Duchesne avait le premier tiré des manuscrits, et dont le tome XVII des Historiens de France nous offre une édition plus complète. M. Petit-Radel a analysé ce
poëme. fi. H.
Hiit, lut. de la France, t. XVIIt. p. SO.
NICOLAS, surnommé de Flavigny (1), prélat français, mort le 7 septembre 1235. Nous le trouvons d'abord doyen de l'église de Langres, et il occupait encore cette charge au commencement de l'année 1229. Il s'y était concilié sans doute une grande renommée par son savoir et par son caractère, car en cette année , le 20 février, l'église de Besançon étant agitée depoi» deux ans par de graves discordes, Grégoire IX choisit lui-même pour y mettre fin Nicolas de Flavigny, et de simple doyen le fit archevêque. Ce choix eut en efi'et pour résultat d'éloigner la multitude des com|)étiteurs, dont les ambi* tîeuses menées avaient causé beaucoup de scandale et de rendre la paix à l'église de Besançon* Mais à peine Mcolas fut-il établi dans sa chaire métropolitaine, qu'il s'y vit assiégé par de plus turbulents agitateurs. C'étaient les citoyens de Besançon, ses sujets et vassaux , suivant la loi féodale, qui de. nouveau s'étaient insurgés» avaient prononcé la déchéance de son autorité temporelle, et avaient institué pour y suppléer une commune, une administration civile. Nicolas» dans cette redoutable conjoncture, se rendit auprès de l'empereur, fit valoir ses titres, ses droits^ et obtint de Frédéric II, au mois de décembre 1231, un diplôme plein de menaces contre les citoyens confédérés. Ils se soumirent, mais avec la ferme résolution de recommencer leur entreprise. Les citoyens de Besançon étaient alors très-jaloux de conquérir leur indépendance : ils avaient exilé déjà dans ce but un de leurs archevêques, et ils devaient encore en persécufer d'autres; de tous les adversaires qui pouvaient s'offrir à Nicolas, c'étaient les plus dangereux. Aussi ne put-il les réduire sans avoir
(1) On Ignore il c'était le nota de wn pays naCal o« eelul de m fanillt.
mCOLAS
recours à Tempereiir. Thibaold de Rongemont, \icomte de Besançon, eut aussi de grands dé- Ivats ayec notre archevêque. Ce vicomte s*était attribué dans la ville divers droits, autrefois «xercés par Tautorité métropolitaine. Nicolas l'assigna devant son tribunal, et lui demanda compte de ses abus. Le vicomte résista d'abord : -cependant comme sa puissance n'était pas aussi formidable que celle des citoyens, Nicolas ramena bientôt lui-même, et sans invoquer le bras de Tempereur, à signer un désaveu formel de ses prétentions. Cet événement est de 1232. Vers le même temps , Nicolas ayant aflîaîre au •comte deMontbéliard, qui s'était permis quelque usurpation sur les domaines des moines de Lure, n'hésitait pas à l'excommunier. C'était, on le Toit, un prélat vigilant et ferme. Au mois d'août 1235, il était à Mayence, où il siégeait , •comme prince de l'Empire, dans les conseils de Frédéric n. C'est en revenant de cette ville qu'il mourut. Dans le siècle dernier, on conservait à Clteaux un ouvrage manuscrit de Nicolas de Fia Vigny, intitulé : Concordia Evan^ ^eliorum Nicolai Crisopolitani. On ignore où se trouve aujourd'hui cet ouvrage, dont les différents fonds de la Bibliothèque impériale et le catalogue de M. Gust. Hœnel n'offrent aucun exemplaire. Les auteurs de V Histoire littéraire dé la France ont omis le nom de cet écrivain. B. H.
Donod de Cbaraage, HiU. de VÉglUe de Be$ançùii, t. I, p. IM. — Hulllard-Bréhollet. Hi$U Dipiom. Frederiei il^ t IV. - Caltia CkrisUmna petus, t. 1.
HIGOLAS de Narbonne, supérieur général iles Carmes, né à Narbonne, ou, suivaiitd'autres auteurs, à Toulouse, mort vers 1270. Il fut élu vicaire général de l'ordre dans les contrées orientales en l'année 1250, supérieur ou priear général de toute la congrégation , après la mort de SintKKi Stock, en 1265. Presque toutes les antres drcoostanoes de sa vie sont inconnues , ou racontées en des termes qui les rendent douteuses. Ainsi quelquea écrivains de Tordre, recueillant d'obscures traditions, ont été jusqu'à lui attribuer des miracles. Son titre principal, et le plus authentique à la célébrité, est un ouvrage encore inédit que les bibliographes nomment Sagitta ignea ( la Flèche de feu ). Comme il y raconte; en des termes pleins d'amertume , les fautes, les désordres des cannes orientaux et les malheurs qui en ont été le juste châtiment, cet ouvrage a été plusieurs fois dté par les ennemis d^ llnstittttion monastique. B. H.
CataL hibl. CottoH,, p. M. — Hfitoira littér. de tm France, t. XIX, p. in.
NICOLAS de Bdlèf chef de l'association des Amis de Dieu (Gottés Freunde), répandue au quatorzième siècle en Suisse et sur les bords du Rhin. Il habitait l'Oberiand, et parait avoir exercé une grande influence sur l'esprit de Tau- 1er. On ne sait guère autre chose de ce personnage, qui, comme tous les membres de cette association, s'entourait à dessein des voiles du
mystère. M. le professeur Scfamidi de Strwbourg a publié dans son J>U Goites/reumk in XIV Jahrhund (léna, Uô4, to-6*') un écrit jusqu'alors inconnu de Nicolas de Bàle. M. H.
Ch. Schniidt; Tauler, Hambourg, 1S41. lo-a% ri Étméa tur lemi/stieisme allemand au XI^' aèeie; Parte, iw. p. tu et mW. — Ltterariiehe CeiUralblatt , tsas, a* iz.
NICOLAS (ffenri), hérésiarque hollandais, né à Leyde, vers la fin du quiaziènie siècle. Ob n'a presque aucun détail sur sa vie. n se crot appelé à fonder une nouvelle religion, qa'il appelait la maison d'amour. Il se déclara sapérieor à Moïse, qui n'avait enseigné que l'espéranœ. ainsi qu'au Christ, qui n'avait, disait-tl, prtché que la foi, tandis que lui , Nicolas, apportait aai hommes la doctrine de la charité. Cela ne fcBipècliait pas d'exclure de la félicité étemelle tous ceux qui ne croyaient pas en lui. Ses prineipei, exposés par lui dans quelques écrits, te!s que VEvangelium regn%,^enleniïx documentaUs^ Prophetia spiritus amoris , Paeis suptr terram publicatio, etc., trouvèrent qodqoei adhérents dans le bas peuple de Hollande. Ea 1540, il engagea une discussion avec T.-H. Toikard Komheert, qui voulait aussi établir de nouvelles croyances. Dans le dernier quart da seizième siècle, la secte des Nicoiaîtes, qui était restée peu nombreuse, essaya de faire des prosélytes en Angleterre; mais les édits sévères prononcés contre eux par la reine Elisabeth rendirent vaine cette tentative. O.
Hoornbeek, Summa eontroversiarum. — AlUng, Tke»' toçia kutorica. — Cundea. Janaiei ( ■nnée lisq).
NICOLAS d^Sgmond, théologien boHandais, né dans le comté d'Egmond, mort en 1617.11 entra dans Tordre des Cannes, prit ses degrés à Louvain , et y fut reçu docteur en théologie. H se signala par l'amertume de ses paroles dans ses disputes avec Érasme. La chaire était son arène ; et quand le pape Adrien VI lui eut imposé silence, Egmond exhala sa bile dans des fibelles anonymes. Érasme, qui en parie fréquemment dans ses lettres, ne semble pas beaucoup plus modéré à son égard et le peint ainsi : Home natura/attntSf nec admodum doettis^ mûri- Ims immaniSf prmfracti animi impoienii in* petu, etc. On fit contre Nicolas le distique suivant en forme d'épitaphe : A. L.
Hic Jaeet EgmonduB tellorfs Inntlle poodiis; DUeitt rabicm. non lubeat reqairm.
Érasme. EpistoUe. — Paqaot, Mewtaires.
NICOLAS (Le p.). prédicateur français, aé à Dijon, mort en 1649, à Lyon. Son nom de b> mille était Peltret. 11 appartenait à Tordre des Capucins, et y remplit les chaiges de défiaiteur et de provincial. Ou a de ImiV Esprit du chrétien ecclésiastigue et religieux; Lyon, 1438, 3 vol. in-8**; — Panégyriques sur Us Wfritères de Notre-Seigneur et de lasaimte Vierge; ibid., 1688, 2 vol. in-8** j — Panéggriguet des saints , ibid., 16d3, 2 vol. in-foL^ — Strmems sous différents titres; ibid , 1686 à 1696, 14 vol.
mCOLÂ&'
in-8''. Son Carême a été tracL eo italien ( V«* Dise, 173<), 2 vol. in-4**). P. I*.
Dente de Géui», MU. déiCtpucàu^^ PayiHM, BiH, des auteurs de Bourgogne.
HICOLAS {Augustin}^ littérateur franc»» , né en 1622, à Besançon, où il est mort, le 2ja?Fil 1695. D'un famille ancienne mais pauvre, il fit ses études dans sa ville natale» travailla quelque temps chez un notaire, et embrassa le métier dea armes ; il fit plusieurs campagnes en Italie, el faillit perdre la vie à Kaples, dans la sédition de Bfasaniello. Après avoir servi de secrétaire au cardinal Trivulce, il passa en Espagne, et plaida avec tant de zèle la cause de Charles IV, duc de LoiTame, alors prisonnière Tolède, que ce prince, eo recouvrant la liberté (1661), le choisit pour résident à Madrid avec le titre de conseiller d'État. Le premier ministre Louis de Haro lui confia plusieurs négociations politiques dont il s'acquitta honorablement. En 1666, il devint maître des requêtes au parlement de Dâle. L'un (les premiers à faire >a soumission à Louis XI Y en 1668, il fut forcé, en 1669, quand la Franche- Comté retomba au pouvoir des Espagnols, de chercher refuge en Lorraine, puis à Paris. Après la paix de Nimègue a678), il fut nommé conseiller d'État, et reprit sa place de maître des requêtes au parlement de Besançon. Au milieu cfune existence agitée, Nicolas consacra tous ses loisirs à la culture des lettres. II parlait et écrivait avec facilité le latin, ritalien et l'espagnol, avait des connaissances variées^ et entretenait un commerce de lettres avec La Chambre , Piémont d*Ablancourt, Sinibaldi, Magri.etc. Mais il avait de ses talents une opinion excessive» comme le témoigne le quatrain suivant :
Si iueritiiiB qoarb , toto clrcnmipli» nnuido
Ingrnlt sapèrent quoi moDlmenta meL Mille mels passlm aadarunt pnela libellls
Prastaai. et tote plniiiDiu orix legôp.
Cette variété intempestive lui attira maintes épi grammes; La Monnoye, qui ne Taimait pas, en a recueilli quelques-unes, entre autres, celle-ci en forme d'épitaphe ;
Cl-Rlt Anguctin Nicolas Auteur de la première classe, Béfortnaleur de Vaofelaa , Rival de Virgile et d'IUrace.
InHtrnU des a/falres d'État, Au conseil et dans le sénat U méritait te rang supr«iM .
C'était aa homme eoûn. — Holal De qui tenes-voas tout cela t...
ne qui Je le sais?... de tal-mème.
Nous citerons de Nicolas : Suropa lugens. sive de universa Europx clade carmen elegiacum, cui accesserunt eiegiarum lib. Il- Naples, 1647, in-4-; 2« édit., augmentée; S©! sançon, 1692, in 4«»; — Hutoria delV uUima ruoluiione del regno di Ifapoli; Amsterdam, 1660, in-S' : relation estimée, même des lUliens; — Panégyrique au roi Louis XI V, en vers; Besançon, 1668; in-4^ — Parthenopt furens; Lyon, 1668, Paris, 1670, in-4' : c'est un poème
9dO>i
en tiaq litres, dont finnirreetion de Napletest' le sujet; — Lyrioorum M. II f; Dijon, 1670. m-4» : il y a quatre livres d'odes, au lien détroit qu'annonce le titre; ^Diâeours et Relation vér^ ■ taàleêMrlêsuecès du armet de la France dane, lecomtêde Bourgogne en 1668; s: L, I673,i»4'^ Amsterdam, 1677, in-4» ; — Paradaxeê mormut etpolUûfues; Besançon, 1676, in*4*;— Dûjar* talion morale et juridique si la torture eet un moyen sûr de vérifier les criwui secrets f Arosterdam,l681,in-8»; trad. en latin^Strasboars, 1697, in-8« : ee livre, difficile à troofer, est le meilleur de ceux qu'a produits Nicolas. Dans son épttre dédicatoire à Loaia XIV, il conseille à ce prince d'abolir la tortore. «C'est, dil-il, à u» an monarque de France d'extirper dans son* royaume, par son pouvoir absolu , et d'inviter,* par un exemple aussi noble qoe le sien, les autres princes chrétiens à corriger tant d'injustes moyens de venir à la connaissaBceet ao' châtiment des crime». • — Saggi in poesia' toscana, btuHesca, séria e lirioa^ Besançon; s.d. (1686), inw4«; ~ GUnello amposlo di qualtro gUÀe pellegrine; ibid., 1687, in*4» ; — Raccùlta délie opère galanti in lingua e poesia toscana; ibid., 1687-1689, 2 part. iff^4"; — Dissertation sur le génie poétique; Ibid., 1693, in-^'';— Forêt de rondeaux,\ïnà., 1694. in-^'. P.L.
Danod, Htst. du comté de Bourgogne. III. — Jiiles Chifflet, Mémtareê manuse. — La Moonoye, jtf«ia> gUna^ 1. - Morérl, Grtmd DicLkUt.
NICOLAS (Le P. Pierre ),maUiém«tlclen français, néà Toulouse, en 1663, mort dans la même ville, en 1708. Il appartenait à la Société des Jésnites, et fut l'élève en géométrie du P. Antoine de La Loubére, son confrère. Après avoir rempK divers emplois dans son ordre, où il professa les mathématiques, il devint recteur du collège de Béziers et mourut provincial du Languedoc. Sa vie fut studieuse et consacrée au progrès de la science. Mairan, qui avait connu particulièrement le P. Pierre Nicolas, dit de ce savant : «C'était une des pins excellentes têtes qu'il y eût en ces temps-là pour les mathématiques. Il n'était véritablement exercé que dans la synthétique des anciens et surtout dans cette géométrie d'Apollonius de Perga, dont on dit que Newton faisait tant de cas et qu'il regrettait de ne pas avoir assez cultivée; mais ie ne fais nnl doute qu'il ne se fût également distingué dans les nouveaux calculs, s'il était venu an monde on peu plus tard. » On a de lui quelques ouvrages qui prouvent ses profondes connaissances en géométrie; tels sont: De novis spiralibus exereitalia geometnea; Toulouse, 1693, în-4"; — De lineis spiralibus hgarithmieis , kyperàolieiê, etc.; Toulouse, 1695, ln.4»; — De conehoidibus et eisêùidibus; Toulouse, 1697, ln-4«. « Tous ces morceaux, selon MontHcla,8ont doués d'une élégance charmante pour cenx qui ont encore quei>qae goût pour le style de la géométrie ancienne.
NICOLAS
et qui n'en sont pas venus an point de désirer qn'on pût démontrer les premières propositions des éléments par des équations algébriques. » Une Lettre (\u1\ écrivait en 1698,à Ozanam, qui s'était trompé en parlant de la quadratrice de Tschimhauscn, nous apprend qu'il avait considéré cette courbe sous les mêmes aspects, et qu'il en avait formé un petit lymlé en vingthuit propositions, oii il déterminait son aire, son centre de gravité , ses solides de révolution et leurs surfaces; il y démontrait enfin ce que Tschirnhausen avait avancé sur quelques-uns de ces objets. Ces spéculations prouvent qu'il aurait pu figurer lui-même parmi les géomètres qui s'occupèrent de la cycloide. 11 constate que cette courbe a un cours infini, tant d'un côté que de l'autre de son axe, cl qu'elle rampe entre deux parallèles éloignées l'une de l'autre de la quantité du diamètre du cercle générateur, en le touchant alternativement. » Cette courbe n'est que la projection de l'hélice décrite autour d'un cylindre sur un plan passant par Taxe. L— z— e.
Matran, jcertUsement sur le ProbUmi de la roue d'jiriitote^ à la suite des Lettres au P, Parennin. — Montuela, Histoire des rnathématiques, t II.p. T8.
HICOLAS (Jean), chirurgien français , né à Nîmes, vivait dans la seconde moitié du dixhuitième siècle. Il introduisit dans sa ville natale rinoculetion. En 1756 il se rendit à Genève pour entendre Tronchin. Les préjugés, la routine et l'ignorance ne tardèrent pas à se liguer contre lui. Pour faire taire leurs clameurs, il en appela à rexpérience, et publia la relation détaillée de quatre-vingts inoculations qu'il avait pratiquées. On a de loi : Journal des inoculations; Avignon, 1766, in.l2; — Manuel du jeune chirurgien en faveur des élèves en chirurgie; Paris, 1770, 2 vol. in-S"*; trad. en allem., Augsbourg, 1777, in-8'. M. N.
Michel Nicolas, Hist. litUr. de Nimet, t. Il, Ut «4.
?«icoLAS { Pierre- Fr ançois) f médecin et chimiste français . né le 26 décembre 1743, à Saint-Mihiel , mort le 18 avril 1816, à Caen. Il prit ses degrés au Collège des Médecins de Nancy. Après avoir enseigné la philosophie à Grenoble , il revint à Nancy comme professeur de chimie, et passa de là , en la même qualité, à l'École centrale de Caen. Depuis 1809 il fut chargé de l'enseignement de la chimie et de la physique dans l'académie de cette ville. Il était correspondant de l'Académie des Sciences. On a de lui : Nosologie méthodique suivant le système méthodique de Sycfen/iowi; Paris, 1771, 3 vol. in-8**;trad. du latin de Sauvage ^ — Le Cri de la nature en faveur des enfants nouveau-nés; Grenoble, 1775, in-12; Paris, 1793, in-S", avec un précis sur l'inoculation ; — Cours de chimie théorico- pratique; 1777, in-12; — Dissertation chimique sur les eaux minérales de la Lorraine; Nancy, 1779, in-S»; — Sur les eaux minérales de Saint-Diez; 2* édit., 1784, in-8* ; — Avis sur Vélectricité
considérée comme remède; Nancy, t780, in-S*;
— Histoire des maladies épidémiqua qui ont régné dans le Dauphiné depuis i77S; Grenoble, 1781, in-8*; il y a donné une suite en 1787 pour les épidémies qui depuis 1780 avaieBS régné dans cette province; — Précisées leçems publiques de chimie et d'histoire natwrMe qui se font toutes les années aux écoles ds médeciJie de Vuniversité de Nancy ; Nancy, 1787, 2 vol. in-8*; --Manuel du distillaiewr d^eau-de-vie; Nancy, 1787, in-12; — Mém/nre sur les salines de la république; 1796, in-S*;
— Méthode de préparer et conserver les animaux pour les cabinets d'histoire naturelle; Paris, 1800, in-8% pi.; — Cours de ckimie théorico-pratique;C^ea, 1802, in>S«; ca n'a que la première partie de cet ouvrage ; — (avec Victor Gueudeville} , Recherches et Expériences médicales et chimiques sur le diahetès sucré; Paris, 1803, 1805, in-S" ; — plusieurs dissertations, dont trois ont été cooronnées pv l'Académie de Nancy. Nicolas a été le prioctpal rédacteur du Nouveau Dictionnaire universel et raisonné de médecine ( Paris, 1772, 6 vol. in-8* ) ; recueil sévèrement critiqaé par Haller, qui lui déniait tonte portée adeDtifiqDe.
Roisard, ffotiee sur to vie et les ouvrages 4it P.'F.irècolas; Caen. 1816, ln-S9.
RIGOLAS PAfTLOTiTCH, empereur de Russie, naquit au château deGastcliin, près de Saint- Pétersbourg, le 7 juillet 1796, Tannée mèsne de la mort de Catherine II, son aïeule, et moonit le 3 mars (18 février du calendrier grec) 185S. Il était fils de l'empereur Paul T' et de Marie, priocesiede Wurtemberg. 11 avait deux frères aînés, Alexaadre, né en 1777, et Constantin, né en 1779. Ces deux princes avaient été élevés sous la diredlkm de leur grand'4nère, qui avait pour eux, et sortout pour le grand-duc Alexandre, iineaflectioQ qu'elle n'accordait point à son fils. On soupçonnait même qu'elle avait le proiel d'avoir son petit-fils pour successeur immédiat.
Catherine avait voulu, comme on le sait, mettre la Russie en communication avec TEarope, non point seulement par le commerce H la politique, mais aussi par les mopurs, les idée», les opinions. Elle était en correspondance avec Voltaire; elle avait attiré Diderot; sa cour parlait le français , peut-être mieux que le rosse. C'est dans cet esprit qu'elle veilla à Téducatioa du grand-duc Alexandre. Il eut pour directeur de ses études le colonel Laharpe ; sa jeunesse fut imbue des doctrines philosophiques et des opinions libérales du dix-huitième siècle.
L'éducation du grand -duc Nicolas fnt toat autre. Ce fut l'impératrice Marie qui veilla avec un soin maternel h l'éducation de ses deux jeun» fils, Nicolas, et Michel, qui éUit né en 1798- Elle éUit pieuse, auslère, pénétrée de l'idée dtx devoir et de la règle ; sa tendresse pour ses enfants gardait un caractère de sévérité.
T^ICOLAS
Lorsque legrand-dnc Ale^candre succéda , en 1801, à son père Paul 1*% ▼icHmed'un régicide, son frère Nicolas n'avait que cinq ans. L'impératrice Marie continna de diriger rédncation de «es deux derniers fils, encore enfants; l'empereur Alexandre ne s'en occupa nullement; lorsqu'ils furent parvenus à l'adolescence, il ne chercha pas à leur donner la connaissance des affaires, ne les associa à auom conseil, ne les entretint jamais du gouvernement ni de la politique. Ils étaient de jeunes officiers, élevés avec soin, accoutumés par leur mère à une conduite sage et régulière et surtout à une obéissance respectueuse aux volontés de l'empereur. Lorsque les années de la coalition entrèrent une seconde fois à Paris, en 1815, les deux jeunes grands-ducs avaient accompagné l'empereur. Pendant le séjour des vainqueurs, l'empereur Alexandre se montra, comme l'année précédente, bienveillant pour la France. Ses deux frères jouirent beaucoup de leur séjour h Paris. Tout leur plaisait dans la vie qu'ils y menaient. La belle et noble figure du grand-duc Nicolas et ses manières nobles et polies lui valurent on grand succès dans les salons où il se présenta.
Kn 1817, il épousa la princesse Louise-Chariotte de Prusse, qui, en recevant le baptême de l'Église grecque, prit le nom d'Alexandra. Elle avait alors dix-neuf ans. Fille aînée de la belle et malheureuse reine Louise, elle avait hérité de son charme et de la noblesse de son caractère. Cette union resserra encore l'alliance et la mutuelle confiance des cours de Pétersbourg et de Berlin; jamais mariage de prince ne fut suivi d'un bonheur aussi constant.
La position du grand-duc Nicolas resta la ni6me ; il ne prit aucune part au gouvernement de son frère Alexandre : il n'était associé à au- €on conseil, n'avait à dire son avis sur aucune affaire, et oontinoait seulement à s'occuper de ses devoirs militaires, qui semblaient absorber son attention et son goût.
L'empereur Alexandre mourut à Taganrog, le i«' décembre 1825 ; il ne laissait point d'enfants. Un acte solennel de Paul l'*" avait rétabli l'ancien ordre de succession suivi depuis l'avénement des Romanof et qu'avait aboli un ukase de Pierre le Grand, en vertu duquel chaque souverain avait le droit de désigner son successeur. Ainsi la couronne devait être déférée au grandduc Constantin, alors âgé de quarante-six ans. Le grand-duc Nicolas n'avait que trente ans et son frère Michel vingt-neuf. Ce n'était |)as sans effroi que la noblesse russe, seule classe qui pouvait avoir une opinion , voyait le pouvoir absolu près d'écboir à un prince qui depuis longtemps, et dès sa première jeunesse, était universellement détesté et méprisé. Semblable de visage et de physionomie à son père Paul I", il avait été le fléau* de tout ce qui l'entourait. Colère, brutal, sans pitié, ne connaissant d'antre loi que la discipline militaire, il avait, depuis le
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moment où il était devenu l'héritier présomptif de la couronne, mérité que la voix publique répétât : R II sera impossible de le laisser régner. B Toutefois, il avait toujours montré un attachement sincère et une déférence obéissante à l'empereur son frère ; jamais il n'avait eu un tort envers lui. Le congrès de Vienne avait donné à l'empereur Alexandre un royaume de Pologne distinct de l'empire de Russie; il en avait conféré la vice-royauté à son frère Constantin , qui était plutôt chef de l'armée polonaise que viceroi d'une monarchie constitutionnelle.
Lorsque la nouvelle de la morf. d'Alexandre fut arrivée à Pétersbourg, le grand-duc Nicolas, après avoir consulté sa mère, réunit le conseil de l'empire pour prêter le serment d'obéissance et 'de fidélité à son frère atné, l'empereur Constantin. Mais le conseil de l'empire avait à se conformer à un ordre qu'amt laissé l'empereur Alexandre. Un papier, scellé du sceau impérial, avait été, depuis le 28 août 1823, remis au conseil. Sur l'enveloppe était écrit de la main d'Alexandre la note suivante : « Garder au conseil de l'empire jusqu'à ce que j'en ordonne autrement; mais dans le cas où je viendrais à mourir, ouvrir ce paquet en séance extraordinaire, avant de procéder à tout autre acte. »
L'enveloppe renfermait une lettre du grandduc Constantin , datée du 26 janvier 1822, ainsi conçue : « Ne reconnaissant en moi ni le génie, ni les talents, ni la force nécessaires pour être jamais élevé à la dignité souveraine , je supplie Votre Majesté Impériale de transférer ce droit à celui à qui il appartient après moi... Daignez, Sire, agréer avec bonté ma prière et contribuer à ce que notre auguste mère y adhère. »
A cette lettre était jointe la réponse de l'empereur, où il acceptait la renonciation. Un acte solennel devait promulguer, sous les formes officielles, cette volonté de l'empereur défunt.
Le grand-duc Nicolas n'hésita pas un moment ; il proclama son frère Constantin empereur de toutes tes Russies. Lorsque le conseil de l'empire se présenta pour lui faire connaître les volontés de l'empereur défunt , il répondit : « Je ne suis point empereur et ne veux point l'être, à moins que le grand-duc Constantin persiste à abdiquer ses droits. » — Le conseil insista , en représentant les dangers de la situation et rappela qu'en Russie un interrègne avait presque toujours été une révolution. Le grand-duc fut inflexible, et ordonna que le conseil prêtât serment à l'empereur Constantin , ainsi que toutes les autorités civiles et militaires. Sa mère et les conseillers lui firent remarquer qu'en ce moment même il faisait acte de souveraineté en exerçant un pouvoir absolu. Aucun motif politique, aucune prudence, aucune crainte des troubles, que pourrait susciter un avènement irrégulier, n'inspirèrent la résolution inébranlable du grandduc Nicolas. Il a toujours regardé cette détermination comme l'acte le plus honorable de sa
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Trie; il en parlait 80iiTeDf,et se féliciUit d'avoir observé scrupuleusement la seule loi eonstitutionnelle de l'empire, la seule qu'il croyait être au-dessus de la volonté de» souverains. Il avait toujours professé un grand respect pour la mémoire de son père, et il protestait contre le jugement de l'histoire. « La Russie, disait-il, doit à Paul l'^'^ la pragmatique qui la pré8ei*ve des révolutions. » — La légitimité lui semblait iosé- IMirable de la monarchie.
Ce qui advînt de son refus aurait pu lui montrer qu'il eût mieux fait d'obéir à la volonté de son frère et d'accepter, sans hésitation, la mission que lui destinait la Providence.
Le conseil de l'empire se constitua en conseil de rt^ence.
Le grand-dnc Constantin, en apprenant la mort de l'empereur, avait écrit à l'impératrice sa ^nère, en confirmant la promesse qu'il avait offideilement faite à son frère; il adressa aussi une lettre et son serment de sujétion et de fidélité à l'empereur Nicolas, qui ne jugea point que le désistement fût assez officiellement solennel. Les conseillers quMl envoya offrir la couronne à son frère n'avaient pas un doute sur la réponse qui leur serait faite, et cette mission leur paraissait une vaine formalité. Ils aperçurent quelque impatience , mais nulle hésitation dans la réponse officielle, qni leur fut faite par le grand-duc Constantin.
Les scrupules de l'empereur Nicolas avaient laissé le gouvernement en interrègne pendant quinze jours. Ce fut le 24 décembre 1825 qu'il vint habiter le palais impérial et qu'il signa le manifeste de son avènement. Les grands corps de l'État avaient la veille pi été le serment de fidélité. Depuis plusieurs jours, des révélations avaient appris à l'empereur qu^me conspiration était tramée dans la garnison de la capitale et même dans sa garde. On n'Ignorait pas qu'avant la mort de l'eropereor les armées 4o midi étaient travaillées par les sociétés secrètes ; les derniers moments d'Alexandre avaient été troublés par la certitude qu*one vaste conspiration se préparait. Les communications des ofSciers russes avec les patriotiques sociétés allemandes , un séjour de deux années en France,oû s'agitaient les partis affranchie, par une constitution libérale, avaient répandu dans l'ai^raée rosse un esprit révolutionnaire, Un comité, composé dliommes d'un patriotisme chimérique, appartenant à la plus hante aristocratie . donnait te mouvement à la conspiration que favorisaient l'incertitude de la souveraineté et l'inimohilité du gouvernement.
Lorsque fut connue la réponse dii grand*doc Constantin , et à la veille du jour où les troupes devaient prêter serment , les conspirateurs imaginèrent de persuader à la troupe qu'il fallait <>.rier : n Vive l'empereur Constantin », et proclamer que c'était lui qui devait régner. Les premiers officiers qui se présentèvent pour recevoir Je serment furent frappéa à coups de sabre ou
blessés par des balles. Cette prenaière éoiente k réprimée ; mais bientôt la révolte se propaiçEa, des régiments tout entiers étaient en réwMt mverte. Alors l'empereur, après nvmr confié i« fils aux gardes qui défendaient le finiaift, martài à la rencontre des rebelles avec on baiailki dont la fidélité était assurée ; iln criaient . « Hoora Constantin I » Sans se troofafter â kr dit, en leur indiquant une masae d*inaurfés ^ occupait plus loin une partie de rimmense pfan où le palais est situé : « Hé bien, allez TtjiÀD&* les traîtres » . Sans livrer aoc^m combat, les éimi partie étaient en présence. L'emperenr, enloim de généraux et de régiments fidèles , restait wmt sang-froid sur le champ de bataille et fefnsastée rentrer au palais. Le général Bfikiradovitch, fK^ vemeur de Pétersbourg, col ni qui arait gapr i bataille de Malo-iaroslavetz , le plus iiln&tredfs généraux russes , avança seul pour fparier ac soldats, qui l'avaient toujours aimé et respecta. à peine leur avait- il adressé quelques pmie». qu'il tomba percé d'un coup de knyoQiiette'* d'une balle tirée à bout portant. Le grand-dv Michel était allé à la caserne du régtineiit qrt commandait; il lui fit prêter serment, V^tmm h l'empereur, et demanda à char^r sur les *^ belles. L'empereur hésita d'abord à coromescce combat, il essaya de les faire haranguer pr le métropolitain; mais le peuple russe, qomc^ pieux et fidèle aux pratiques religîeoses, respffst peu les prêtres : le prélat ne fut pus éeoolé; ù .v retira au milieu des menaces et lies inssl:^ Enfin l'eoipereur se décida à réprimer par ^e^ armes une insurrection qni de naoment eo ikh ment devenait plus menaçante; car la popoî^^. gagnée par l'argent et Teau-de-vie, comme» ^i à se joindre aux soldats. Une cbarge de cira- Icrie ne réussit pas d'abord à rom(ire les rasepressés du principal groupe des inssi^gés ; aJor^ on fit feu sur eux, et le comiiat s'cnfsages saB> obtenir un résultat décisif. CependnK le jmr baissait; l'empereur fit annoncer qu'on alMpcourir à l'artillerie; les premières déchaii^ eurent peu d'effet ; mais bientdt la mitrai^ tt un tel ravage que les révoltés se dispersèreat. Us avaient perdu environ deux cents et on en arrêta cent cinquante. Alors 1* après avoir passé de longues et cruelles hesres, en face de la révolte, sans trouble, sans a^tatioa, avec une courageuse patience, rentra au palwy accompagné de M. de La Ferronaiys, ambassadeur de France, qui ne l'avait point quitte. Lin pératrice n'avait pas cessé de plearer et àf^ prier, et loi-même, ému et attendri, ne put rffeair ses larmes. « Ah ! quel osmmenoement de règne 1 » disait-il. Les troupes restèrent sous ks armes , des précautions furent prises : usais i! n > avait plus rien à craimlre. La foule des îusorpes était dispersée; les chefs do complot furent arrêtés. Un des plus importants, le prince TitMibetzkoï, le fut chei son bean-frèpe, le romte d.» l*^ breltem, ambas6ade«ir d'Autriche, et
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Taot Teroperear ; ses pa|Mers ivaient été saisis; il ne pouvait nier soa crime ; il «e jeta aux pieds de ren^Mreur, et demanda grâce de sa vie. — « Asseyez- vous, répondit l'empereur, et écrivez à votre femme, je vais vous dicter. —J^aurai la vie sauve ». VX oomme TroabetzlLoi, troublé, ne pouvait continuer à écrire. — Cachetez votre lettre. Si vous vous sentez le coorage de supporter une vie déshonorée et vouée aux remords, TOUS l'aurez ; c'est tout ce que je puis vous promettre. »
Presque tous les auteurs de la conspiration furent arrêtés ; ils appartenaient pour la plupart aox grandes familles de Russie ; Tempereor assista aux premiers interrogatoires qu'ils suiiirent ; une commission fut instituée pour instruire le procès. Deux jours aprte parut un manifeste qui distinguait deux classes de coupables : « Les uns, pauvres, égarés, ne savaient pas ce qu'ils faisaient; les antres voulaient abattre le trône, supprimer les lois, bouleveraer l'empire, amener l'anarchie. Les soldats n'ont point participé à ces attentats. Je regarde comme un premier acte de justice, comme ma première consolation, de les déclarer innocents ; mais cette même justice défend d'épargner les coupables. ■ Ainsi, lorsque, l'empereur Nicolas, se conformant à l'usage de ses prédécesseurs, signala son avènement par un acte général d'amnistie, il n'y comprit pas les aocpsés de la conspiration ; la procédure continua; la commission fit son rapport; les prévenus furent divisés en deux classes ; les militaires ne furent pas mis en jugement. L'i^mperenr, comme chef de l'armée, prononça la peine qui leur fut infligée ; aucuo ne fut condamné à mort. L'emprisonnement, l'exil ou la dégradation furent prononcés arbitrairement, mais avec clémence.
Lee autres prévenus furent renvoyés devant une haute cour, c'est-à-dire devant une commission dont les membres étaient nommés par Tompereur, pour le jugement spécial de ce procès. Lrs lois existantes avaient conservé toutes les tortures et les atroces supplices qui ont si longtemps souillé les codes de tons les États européens. Mais les arrêts étalent presque toujours commués par le souverain. La haute conr avait été autorisée à graduer la culpabilité* et par conséquent à modifier les peines, sans même en rîéférer au souverain pour les commuer. L'arrêt définitif prononça la peine de mort contre cinq accusés, qui furent attachés à une potence le 24 juillet 1826. Un très*grand nombre tîirent exilés pour la vie en Sibérie, et la plupart n'ont obtenu aucun adoucissement à leur peine pendant tout le règne de Nicolas. U resta inflexible et impitoyable aux instances des familles les plus distinguées. Le souvenir de la conspiration ne s'effaça jamais de sa mémoire, et conserva toujours une influence préponriérante snr ^es opinions et sur la direction de son gouvernement. U se fit pour toute sa vie le cham-
pion de l'ordre, quH croyait toujours menacé^ se faisant un devoir de préserver la Russie de tonte diminution du pouvoir absolu.
An moment où le grand-duc Nicolas succédait à son frère, l'Europe était en paix et les relations de la ooor de Russie avec toutes les puissances de TEnrope étaient faciles et amicales. Toutefois quelques difficultés donnaient lieu À un échange de notes entre la Porte Ottomane et la cour de Russie, qui se plaignait de la violation des articles du traité de Bucharest relatifs aux privilèges garantis aux principautés de Moldavie, Valachie et Servie. Pour prévenir une rupture, qui aurait troublé la paix de l'Europe, le gouvernement anglais chargea le duc de Wellington de se readre auprès de l'empereor Nicolas, afin de le disposer à des procédés de conciliation envers la Porte Ottomane. Un antre sujet d'inquiétude, encore plus grave, avait décidé la mission de lord Wellington. Les Grecs s'étaient depuis plusieurs années soulevés contre la domination ottomane. Ils prétendaient se rendre indépendants; l'opinion publique en Angleterre et surtout en France s'était enthousiasmée pour leur cause. Des volontaires pariaient pour aller combattre arec les Grecs; des comités s'étaient formés pour leur faire passer des seoonrs. Le gouvernement français enconrageait ce mouvement des esprits. C*était poor empèclier la Russie de s'emparer exclusivement du patronage de l'insurrection des^ Grecs qne le cabinet aurais avait donné cette mission au personnage le pins considérable dans la politique enropéame. Lord Wellington fut reçu avec fens les honneurs dus à son importance et an grade de feld-maréchal que lof avait donné Alexandre I'^ II assista aux obsèques de l'empereur Alexandre^ dont la dépouille mortelle avait été transportée de Crimée à Pétersbonrg. On donna son nom à nn réghnenl de Tarmée msae.
La négociation dont le duc de Wellington était chargé ne présenta aucone difficulté. L'empereur l'assura 4|u'il n'était nullement disposé à se faire le protecteur de l'insurrectien des Grecs ; qu'il déplorait les ravages que l'armée égyptienne commettait dans la Mbrée et qu'il était prêt à signer une convenlion d'après laquelle la Russie, la France et l'Angleterre notifieraient à la Porte Ottomane leur intention de mettre fin à une guerre qui menaçait la population chrétienne d'une extermination totale»
Le duc de Wellmgton avait donc réussi an delà de ses espérances et peut-être de son désir, pour la question grecque. Il eut moins de succès quant aux différends qui ponvaient amener une rupture entre ia Russie et la Perte Ottomane. L'empereur lui fit connaître franchement la politique qu'il a suivie pendant tout son règne. Il ne voulait pas qu'une aflaire entre lui et la Porte devint européenne et fîlt semnise à Tinterveation des autres puissances.
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